‹ L'âme élevée à Dieu, par les réflexions et les sentimens: Pour chaque jour du moisChapitre 26 sur 29 · PRATIQUES · texte numérisé non relu

PRATIQUES

Durant votre travail, vous pourriez vous occuper à de saintes pensées et de bons sentiments ; votre travail môme vous en fournirait sans cesse des occasions, si vous en saviez profiter. Par exemple :

Quand vous cultivez la terre, et que vous en arrachez les mauvaises herbes , priez Dieu de cultiver lui-même votre cœur et d'en arracher les passions et les mauvaises inclinations.

Quand vous jetez le grain dans cette terre, priez le Seigneur de Jeter le bon grain de sa grâce , et de le faire fructifier dans votre âme. ^^j^

Quand les orages, les grêles, les in^ations ravagent la campagne, pensez aux ravages que le péché fait dans une âme.

Quand vous moissonnez et que vous faites votre récolte, examinez si vous avez recueilli une abondante moisson de mérites pour le Ciel , et si vous avez amassé beaucoup de bonnes œuvres pour mettre dans les trésors de Téternité.

En un mot, dans toutes vos actions de la journée, faites attention aux réflexions qu'elles vous présentent. Ces bons sentiments rendront vos peines consolantes, du moins elles les rendront méritoires.

Mais surtout, quand vous considérez la terre, et que vous voyez cette belle verdure, ces fleurs, ces fruits, tout ce grand et magnifique spectacle qu'elle Boas présente; quand surtout vou^X^e^^^xX^^^"^^-

et que vous voyez ta beauté du Ciel et des astres, dites-vous à vOilis-même : Que Dieu est grand dans tous ses ouvragés ! et s'il à tant fait pour les hotnmesvivant dans uii lieu d'exil, que ne ferâ-t-il pas en faveur de ses élus dans le séjour de sa gloire?

Exemple et motifs de consolation.

La profession de cultivateur de la terre a été comme la première occupation de tous les habitants de rUnivers. Dans les premiers temps, les grands, les riches, les généraux d'armées eux-mêmes cultivaient leurs champs de leurs mains, et se nourrissaient du fruit dé leurs travaux. Si dans la suite cette profession a perdu de son lustre devant les hommes , elle n'a rien perdu de son mérite devant Dieu. Quelque abjecte qu'elle paraisse, elle a produit des saints , et de grands saints ; témoin un saint Isidof^, laboureur ; témoin tant de saints solitaires constamment occupés des travaux de la terre après le temps destiné à la prière. Que les personnes dévouées à cette profession se consolent dans les peines de leur état; elles peuvent contribuer infiniment à leur salut, si elles les offrent à Dieu dans un esprit véritablement chrétien; que d'occasions d'exercer les vieî'tus ne leur offrent-elles pas ! l'humilité, la patience, la mortification, la conformité à la volonté de Dieu , semblent naître pour elles du sein de la terre qu'elles cultivent; si par la pratique de ces vertus elles attirent sur elles les bénédictions du Ciel, leur état est plus grand, plus relevé devant Dieu que celui des riches, des grands, des heureux de la tierre, qui abusent de leurs richesses et de ièiir grandeur. Rien de graud devant Dieu c^ue

SUR LE CALVAIRE. Mt

ce qui est saint; et on peut être aussi saint dans cet état que dans tous les autres. Voilà la grande consolation qui doit les soutenir dans les peines de cette vie , en attendant la récompense qui leur est pré^ parée dans l'autre. C'est par la croix qu'on obtient la couronne.

les Domestique^.

Pour remplir les devoirs que leur état leur imposOf les domestiques doivent drois choses à leurs m9h très ; le respect, l'obéissance, la fidélité :

1** Le respect pour leurs personnes ;

2° L*obélssance à leurs ordres;

S"" La fidélité dans leur servicp. On 4ttt ajopter le zèle pour leurs intérêts, surtout dans les points dont ils sont spécialement chargés.

En recevant le salaire, les domestiques engagent leur temps, leur travail et leur liberté ; ils ne sont plus à eux-mêmes, ils sont à leurs maîtres, auxquels ils doivent obéir dans les choses qui ^ont selon la conscience ; car si les maîtres ordonnaient quelqua chose évidemment contre la loi de Dieu, il est cou? stant qu'un domestique ne devrait point obéir. Dieu est le premier maître, et |a conscience la première loi.

Tous les devoirs doivent être remplis, et ils ne peuvent être remplis sans qu'il en coûte et sans faire bien des sacrifices. Cette privation entière de la liberté, cette dépçqdance absolue des maîtres, cet assiyettissement continuel k\euTSNO\o\iVÀ%^^ftk%xï^V^

su L'AME

souvent si pénible de leur humeur et de leur caractère, n'être jamais à soi, toujours incertain de son sort, toujours dans la crainte de ne.pas contenter, d'essuyer des plaintes et des reproches; tout cela est triste et aflligeant; mais enGn tout cela entre dans les engagements de cet état. Encore une fois, quand on est au service des autres, on n'est pas à soi; mais on peut et on doit être à Dieu.

Que si cet état a des peines selon la nature, il y a aussi bien des motifs qui peuvent les adoucir selon Dieu. Que les domestiques fassent attention aux considérations suivantes, et qu'ils se les rappellent souvent :

l*" Que Jésus-Christ venant au monde a dit qu'il ne venait point pour être servi, mais pour servir luimôme ;

^^ Que cet état, pénible devant le monde, peut leur donner bien des occasions de mériter devant Dieu ;

3" Que dans tout autre état ilsauraient à souffrir, et à porter d'autres croix peut-être encore plus pesantes;

4«Enrin que dans le Ciel nous serons tous égaux, et que les domestiques seront même un jour audessus de leurs maîtres, s'ils ont été plus fidèles à Dieu.

PRIÈRE

Vous nous avez dit, adorable Sauveur, que vous

étiez venu au monde, non pour être servi, mais pour

servir vous-même les autres : que cette parole est

bien capable d'adoucir les peines de mon état ! elles

sont grandeSy et j'en sens que\ç\viefo\s IomI \a ^ovds.

SUR LE CàLVÀlRE. 315

Ah ! Seigneur, si je les prenais dans votre esprit, que n'aurais-je pas à mériter pour le Ciel! me faudraitil d'autres pénitences et d'autres mortifications? Celle-là venant de votre main, et se trouvant dans Tordre de la Providence, ne suffirait-elle pas pour expier mes péchés et pour me faire mériter une place parmi vos élus ? C'est là à quoi je vais me résoudre, ô mon Dieu, comme à l'unique moyen d'attirer vos grâces, d'adoucir mes peines et d'opérer mon salut. Voici les résolutions que je vous consacre :

l"" Je regarderai votre personne même dans celle de mes maîtres, et je ne leur parlerai jamais qu'avec la déférence et le respect que je leur dois;

2° Je vous offrirai chaque jour les peines de mon état, comme la pénitence de mes péchés;

3"* Je conserverai la paix avec tous ceux avec qui j'ai à traiter et à vivre ;

4<> Je me consolerai des peines du temps par Tespérance du bonheur de l'éternité;

S"" Sur toutes choses j'éviterai avec soin l'oisiveté, les mauvaises compagnies et les mauvais exemples ; car, je le comprends, ce sont les trois plus grands ennemis à craindre dftns cet état.

HISTOIRE

n y a des domestiques fidèles, laborieux, pacifiques, ayant à cœur le service et les vrais intérêts de leurs maîtres ; maiâ il faut aussi convenir qu'il s'en trouve quelquefois dans des dispositions bien con* tndres et bien opposées. \o\c\Y€ifôeK\^.^^v^^v^^

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