SIS L*AME
lo Comprenons combien il faut se défier dei ' faux rapports, et se mettre en garde contire leur suf prise.
29 Adorons la providence spéciale de Dieu dam la protection qu'il donne souvent à Finnocence, et dans la punition qu'il exerce contre la calomnie.
3"" Ayons une dévotion particulière envers le sacrifice de la messe, et, autant que nous le pourrons, procurons-nous la consolation d'y assister.
Les personnes consacrées au service des pauvres et au soulagement des malades et des affligés.
Cet article regarde bien» des personnes qui ont besoin d'être soutenues dans leurs bons sentiments, pour soutenir elles-mêmes la bonne œuvre qui leur est confiée. Il intéresse tout à la fois •
Les dames de la Miséricorde
Les sœurs de la Charité,
Les hospitalières,
Les sœurs de saint Joseph,
Ceux qui sont chargés des prisons.
En un mot, tous ceux qui consacrent leur temps, leur zèle, leurs soins, leur charité au soulagement des pauvres malades, des affligés, de tous les malheureux qui réclament leur assistance.
Dans les vues de la foi, rien de si grand que cette œuvre ; elle e. l infiniment agréable à Dieu ^ elle est très-wéritoire pour c^ux qui YexeTceoVs ^W^ ^'^X
très- édifiante pour ceux qui en sont les objets et les témoins ; enfin elle est canonisée par Jésus-Christ même et toute conforme à l'esprit de son évangîle.
Mais cette œuvre, qui d'une part annonce de si grands avantages, de l'autre présente aussi bien des difficultés, des obstacles et des contradictions ; car enfin, parmi ces pauvres , ces malades et ces affligés, il s'en trouve de tout caractère et de toute espèce.
Il y en a de rebutants qui , par eux-mêmes , ne seraient capables d'inspirer que de l'éloignement et du dégoût.
Il y en a d'ingrats , incapables de sentir un bienfait et d'en témoigner la moindre reconnaissance.
Il y en a d'importuns , qui demandent sans cesse et reviennent tous les jours à la charge.
Il y en a de brusques et de colères, qui ont plutôt dit une parole dure que fait un remercîment.
Il y en a qui ne sont jamais contents ; quoi qu'on fasse pour eux, on n'a jamais rien fait. Il en est tel pour qui seul on s'épuiserait, et encore à peine serait-il satisfait.
Ilyenade médisants, de murmurateurs, dont les mauvaises langues ne cessent de lancer les traits les plus odieux, les plus injurieux contre leurs bienfaiteurs mêmes.
Si dans cette bonne œuvre on n'écoutait que les sentiments de la nature, on serait rebuté ; le dégoût, l'ennui, l'impatience saisiraient bientôt ; on s(^ livrerait au découragement, et dans ce découragement on serait tenté de tout abandonner. Des sentiments plus dignes de Dieu doivent soutotùr^ %fiLM&s»> ^^^^
•I» vm9-
grands imtiiMpta aitt nmnmM dnwéeil f^ owTra de diaidié :
foQue dans les personnes de ees pannes f^i|f cesmalades eUes considinNfit til peivpqpfi dq f^^ Ghrîst ; eette grande vue mile infjmil Roqr Ppjsf sunnonter toutes les répngnanots ^ tdôndr toqtlif les amertumes ;
a» Quand elles seimit dégetttes, F^qféflf Mr les peines que présente la bonne œuvre, qii*f4|^ pensent à la gnundeur i}e la |!élbwip«RP9 WÎ 1»! ^ promise ;
^ Qu'elles rappellent le souvenir d^ iBSfffi Ht diés, et qu'elles s'esUmi^t beiui^mifiR Â'|wpr q^ielque pénitence à offrir à Pieu; ui) h^îuJ df^ Igufy p^ dbés aurait mérité Fenfer ;
4** Qu*elles pensent que Dieu aurait pu le^^ipttiip elles-mêmes dans le triste état qù ^i)t ce^ pauvfes, ces malades et ces aflligé^. Qu'ontr^lles fs^it à Die)i pour n'être pas nées dans cetO çonf^iliqn et rpdifjtes à la misère ?
5? Si piles y étaient, que vQ|]dnJpn|;-eIIes que l'pn fît pour les soulager? Qu'elles le fassf|i^| ç^Rpc ellesmèmea à l'égard des autres; encore v^mMI mîpux soulager les malheureux que dp|'être ;
6^ Mftis i^urtout qu'elles pensant à ce qui arrivera au grand jour du jugement. Que dirf( jésp^-Chriçt? Venez, les bien-aîmés (le pfiqn Père : Vei^ite^ bfmeclicii Pairis K^^i. (|lat.t)i. XXY.) J|>i eu faipi, et ypus m*ayez nourri; j'ai ei| isqif, et yqu^ qf^'ayez désaltéré; j'étais saps habit, et yous m'avez revétp; j'étais pi^lf^dP «ur un lit 4^ (^quieiir, prisonnier et Â/î^ Je S^ln des P#pho^ fit ^PM? W>V€^ visité^ sou-
SUR LE CALVAIRE. îïèl
lâgé, bôAsoié ; le tehips dés técôthtiéhses est arrivé ; venez, ehtrez danà !ë rbyàumfe t*ilefeté ^ni Voiià a été préparé : Pôssîdeié re^nUin ^Ûbd k)obîs paratum est à constitutione ihûhdL Dr, ârtle^ cHârïtablëâ cbHsacrées au sdiitagëihenl; de^ affligea, ti*eât à vouaitiètheâ que iésùs~lc;hhstadrèsséi*a Uh jdiib ces divines paroles; c'est vbus-ttiêrrièà d^ai âui^ëi lâfcbnsdlatibn db les ëtîtéhdi'é dé Isi bôiiehe de Vbtre Sauveur, fet c'est en votre fàvèuir qu'il àctldmtililra ces maghiflqliës prbmesèés.
Continuez donc bbn§tân1ttient à vdiiâ deVodéi* à une œuvre si digne de votre feligioil; âurmbtitôz généreusehient leâ répugnances que vous pouvez y éprouver i pliis vous prendrez i^ur tous, ^lus voUs mériterez devant Dieu. Non-seulenlëiit surmontez ces i'éplignsinces, mais tâctie^ ttieitie de tie pas les laisser apercevoir; que Dieii seul soit le téMoiu de vo^ sacrifices : parmi les malades et leâ affligés, choisissez par préférence ceux ^Ui soHt ^IU§ capables de rebuter; lémoignez-lèur pliii de bohté et de zèle; agissez Uniquerheilt ëh VUé de Diëd âëtil; que la vanité, le respect huttiàin, h*altèrënt èrt rien la pureté de vos intentions et le ihëMtê de yOè àètions; il est trop précieux pour ert i'Iëfl {jërdrë; sUhtout regardez toujours en tout la personne de Jésus-Christ, celle des pauvres vous deviendra respectable.
PRIÈRE
Oui, mon adorable Sauveur! tels sont les âetltlments que je désire prendre; je veux les gr«lvër dans mon cœur, ou plutôt les puiser dans le vôtre , ea faire to règle de ma coudLVV\V^A^\SL^>cil^^^^^^
K2 L'aME
actions, la consolation dans mes peines; et, par amour pour vous, voici à quoi je m'engage :
1» Loin de me laisser rebuter par mes répagnances dans cette bonne œuvre, je m'y consacrerai de nouveau, et avec une nouvelle ardeur.
2^ Je n*aurai en vue que vous seul, et le désir de vous plaire et de vous servir.
3» Je vous offrirai tous mes dégoûts et mes répugnances en esprit de pénitence pour mes péchés.
i"" Je compatirai de cœur au& souffrances et aux misères des pauvres affligés ; je me dirai souvent : Je pouvais être à leur place.
50 Les plus rebutants et les plus délaissés seront par préférence l'objet de mes soins et de mes attentions.
6"" Surtout, adorable Sauveur! je vous regarderai vous-même dans 'chacun de ces affligés.
Pardon, mon Dieu, des sentiments contraires que j'ai montrés jusqu'à présent; j*étais indigne d'être employé à une œuvre si sainte ; je n'en connaissais ni le mérite, ni le prix ; vous avez daigné me le faire connaître, vous daignerez encore me soutenir. Heureuse si je pouvais finir ma course dans ce saint exercice I
EXEMPLE
On peut dire que sainte de Chantai, quoique encore dans le monde , avait déjà puisé Fesprit de charité , de patience et de zèle dans le cœur de Jésus-Christ et au pied de la croix. Elle exerçait cette charité envers tous et en toute occasion; mais son plus grand attrait , son attrait vainqueur fut toujours pour les pauvres el poux \ç«i tcv^^^^^s».
Elle n'était pas de ces personnes qui ne regardent les pauvres que comme des importuns, el qui ne leur donnent que pour se délivrer de leurs importun] tés; elle les aimait, elle les respectait , elle leur donnait avec plus de joie qu'ils ne recevaient. Durant une cruelle famine, elle nourrit nonseulement les pauvres de ses terres, mais encore tous ceux de tous les lieux d'alentour : ils accouraient à elle de toutes parts comme à la mère commune de tous les affligés. Elle fit plus encore; elle ordonna de chercher et de lui amener tous les malades des environs, surtout les plus délaissés : elle fut obéie et servie suivant ses désirs. On lui amena un pauvre infortuné trouvé dans un chemin, étendu le long d'un haie, couvert d'une ulcère à inspirer de l'horreur ; quel trésor pour elle ! Elle reçoit ce lépreux comme un présent du Ciel, elle panse ses plaies, elle lave son ulcère pendant quatre mois entiers, elle le sert elle-même, souvent à genoux ; elle le garde chez elle- jusqu'à la mort. Sur le point qu'il est d'expirer : « Madame, lui dit-il , si le Seigneur exauce la prière des pauvres, que votre récompense sera un jour abondante ! —Allez , mon enfant, lui dit-elle en l'embrassant et l'arrosant de ses larmes, vous avez ressemblé au Lazare pendant votre vie ; vous allez être porté comme lui dans lé Ciel par les mains des anges. » Il expire à l'instant : elle veut Tensevelir de ses propres mains ; et comme on veut l'en empêcher, de crainte qu'elle ne contracte son mal : « Non, dit-elle, je ne crains d'autre lèpre quecelle du péché. » Quels sentrments! quelle foi ! Telle était madame de Chantai à l'âge de vingt-deux ans. Entendei-N0us»4m^%\&w^\!âskv
nés, âi^licates et sensuelles? Vous l'ealendn avec plus de consolation, vous, dames chrôtJennef qui consacrez vos soins, votre temps, votre zèle au soulagement des pauvres et des malades; cette grande sainte, que vousavez prise pour modèle dans vos charitables Tonctions, vous obtiendra aussi l|i j"ste récompense de vo^ pénibles travaux, M
Les P uTres.
Il faut convenir que \a pauvreté, si on ne la vot^ sidère que dans les vues purement humaines selon les idées ordinaires du monde, c'est un él bien triste et bien affligeant pour ceux que la lYo^l videncB y a condamnés.
Etat de disette et d'indigence qui réduit à man^ quer de tout, souvent même des choses les plus nécessaires A la vie, et sans leËqUelles bn ne saurait subsiâter.
Etat de moHilication et de souflïanee : que n'at-on pas à endurer dans cet état? mal habillé, mal nourri, mal logé ; exposé à toutes les rigueurs du froid, de la chaleur, à toutes les incommodités des saisons; sdns pouvoir s'en mettre à couvert.
Etat de sujétion et de dépendance, on est obligé de ramper en quelque manière devant les autres, et de se rendre comme esclave de leurs voloittés, de leurs caprices et de leur humeur ; on en gémit, mais le besoin y réduit.
Etat d'humiliation et d'abjection, jusqu'à essuyer les refus, les rebuts, jes mépris des riches, banni des sociétés et des asseqDblées, n'osant presque paraître
SUR LE GALVÀIRS. ^55
nulle part sans ôtre exposé àquelquo nouvelle amertume.
Etat de perplexité et d'incertitude. On souffre à présent sans savoir ce qu'on deviendra à la fln de ses jours, réduit peut-être à une situation encore plus déplorable; en un mot, la pauvreté est une misère qui en produit une infinité d'autre*'.
Personnes pauvres ! tel est votre état; si vou3 ne l'envisagez que sous ce point de vue, vous n'y trouverez que des gémissements et des soupirs, vous n'y puiserez que des pleurs et des larmes; mais si , élevant vos idées, vous le regardez dans les sentiments de la foi, il se présentera sous un point de vue bien différent à vos yeux. Faites donc attention aux motifs suivants :
1° Considérez d'abord que Jésus-Christ venant au inonde, a choisi votre état préférablement à celui des riches, ne possédant rien sur la terre, manquant quelquefois des choses nécessaires, n'ayant pas même où reposer sa tête.
â* En conséquence, votre état de pauvreté vous donne une sainte conformité avec ce divin modèle des prédestinés, et dans cette conformité un gage comme assuré de votre bonheur éternel.
30 Elle vous meta couvert d'une infinité de dangers pour votre salut, où les riches sont sans cesse exposés , et où ils font souvent un funeste naufrage.
4<» La pauvreté vous met hors d'état de contenter des passions auxquelles vous ne seriez peutêtre que trop naturellement portés, si vous aviez eu le moyen de les satisfaire,
5"* Elle vous donne occasion de pratiquer bien des vërluB, humilité, douc^vsix, ^^\^PSQL^^ ^v.v»sX
tSt Vàsu
d'autres qd, dan on état d'abondance, tons ait rairat été inoonnaes,
•• Elle voua détache de la vie, et vous adoucit les rigueurs de la nimt : on n'est giite^ attaché à cette vie quand on n'y trouve que des souffrances, et à la mort les liens sont bientôt rompus ; quand on ne tient à rien , on quitte sans peine un séjour ob l'on ne vivait que pour souflHr ; mille fois ou avait désiré de finir sa course avec ises misères.
Enfin considérez que la pauvreté temporelle , si elle est accompagnée d'un esprit de foi et de détachement intérieur^ est élevée au rang des béatitudes par Jésus^Christ même, et qu'elle donne dès ce monde un droit comme anticipé au royaume du Ciel ; c'est ce Dieu Sauveur même qui vous en assure: « Bienheureux, dit-il, les pauvres d'esprit,, parce que le royaume des Cieux leur appartient. » Quel oracle ! quel motifl quel fonds de consolation pour vous , si vous savez y puiser î
Mais prenez garde, pour goûter ces douces consolations promises à la pauvreté, je l'ai dit, il faut en prendre Tesprit : humilité , douceur , patience , conformité à la volonté de Dieu, résignation dans les peines , abandon à la Providence ; car si , au lieu de ces sentiments, vous vous livrez aux plaintes, aux murmures, aux impatiences, le dirai-je ? aux imprécations , aux blasphèmes, à une espèce de désespoir, hélas! loin d'adoucir vos souffrances, en attirant les secours du Ciel, vous offensez Dieu, vous éloignez ses grâces, vous perdez les mérites de toutes vos peines, et après avoir souffert con- //oueJJement en ce monde, vous vous exposez encore à souflfipîr étemellemenl dans VawVce.
dUR LS CALVAIRE. S57
PRIÈRE
Jusqu'à présent, ô mon Dieu 1 je n'ai fait attention qu'aux incommodités et aux peines de mon état , et je n'en connaissais pas les avantages , du moins pour l'éternité; et par là, au lieu d'en profiter comme je le devais, je me suis abandonné au chagrin, à rabattement, et, ce qui est encore plus coupable, aux plaintes et aux murmures. Je vous en demande pardon, ô Dieu de bonté 1 je ne jugeais des choses que selon l'aveugle nature , et non selon la foi consolante. J'accepte donc les peines de mon état en esprit de Soumission et de dépendance à vos ordres. Ah! quand je pense que vous-même , adorable Sauveur , vous avez choisi cet état par préférence à celui des riches, que vous l'avez honoré et sanctifié dans votre personne, ne dois^je pas m'estimer heureux d'avoir cette sainte conformité avec vous ? Du moins, à votre exemple, ne doisje pas supporter toutes les peines que cet état présente , en vue des récompenses qu'il fait espérer? Je suis pauvre en ce monde, je puis être riche dans l'autre ; je vis dans l'humiliation parmi les hommes, elle peut me procurer la gloire même des élus ; je n'ai pas la graisse de la terre, je puis espérer la rosée du Ciel. Rappelez-vous souvent ces saintes pensées, ô mon Dieu ! elles me sont nécessaires pour me soutenir dans la misère et l'indigence où je passe mes jours. Peut-être, hélas! me la suis-je procurée par ma faute; j'en accepte la pénitence ; heureux si elle peut m'attirer vos mi« séricordes et vos gr&ces l
Ht VàMÊ
Les fiches.
S'il est jqste de donner des motjffi de eqpsplar tjQD 9UX pauvres qui gémissent dans la disette, pe|]t-6tre, danp m peqs, ser|iit-il i^éc^ssaini de Hqjh ner d^ motifs de dovileur et d^ crainte ftux ripbps qui qagent dans Tabondapce. Que de lujets en eget n'ont'fils pas de gémir et de craindra df^Qs leur (&tat? Tout riches qu'ils sont, tout hfiqreux qu'ils peiiy^pt pAr^ttre, Rattachement aux bieps qu'|||s possédât» le soin de les conserver, le désir avide de les aygmç;nter 9 la prainte continuelle de les perdre , Iq chagrin , ie regret , l'espèce de désespoir , s'ils viennent k les perdre en effet : tout cela , s*ils y réfléchissaient bien devant Dieu, leur fournirait bien des sujets de gémissements et de craipte; cependant ce ne ^ont point encore là les plus grands; il est encore des objets bien plus à craindre pour eux.
Le terrible danger où ils vivent pour leur salut d^ns cette abondance de biens , les moyens qu'ils leur donnent de contenter toutes leurs passions, l'abus criminel qu'ils en font si souvent , le compte terrible qu'ils auront un jour à rendre à Dieu de l'usage qu'ils en auront fait; voilà ce qui devrait les jeter dans les plus vives alarmes sur le péril imminent et continuel où le salut de leur ame est exposé.
Le pauvre souffre, le malade languit, la veuve
et l'orpheljn son^ abandonnés, la calamité des temps
réduit des familles entières à se nourrir à peine du
pain arrosé de leurs larmes , el I0 tvcYv^ ^to^\«>\^
SUR LE GALYAIBE. 259
son abondance en jeux, en festins, en débauches, en dépenses superflues et criminelles.
Grand Dieu! juste Dieu! quel jugement^ que\ châtiment préparez- vous à ces cœurs durs, à ces entrailles de fer?
Aussi le Sauveur du monde, en parlant des riches du siècle , disait-il dans une espèce d- exclamation, ^ qu'il est aussi diffîcile à un riche de se sauver que de faire passer un chameau par le trou d'une aiguille; » et ensuite, prenant un ton de menace et de terreur : « Malheur à vous , riches! malheur à vous , ajoutait-il, parce que vos trésors périssables se changeront un jour en trésors de colère : • et Tapôtre saint Jacques, entrant dans les sentiments de son divin maître : «Pleurez, dit-il , riches de la terre, poussez des gémissements et des hurlements lamentables sur votre état et sur vos dangers; viendra un jour où vos richesses vous abandonnant ne vous laisseront que les regrets, Tamertume et le désespoir. »
Terribles oracles, effrayants anathèmes, capables d'alarmer tout homme abondant en ses possessions! Il est vrai qu'ils ne regardent que les riches avares, impitoyables, qui s'attachent criminellement à leurs richesses, et qui en font l'aliment de leur passion; car, si d'ailleurs ils en font un usage légitime ; s'ils n'y attachent pas leur cœur; si, selon le conseil de TApôtre , ils les ont comme ne les ayant pas, ils les possèdent comme ne les possédant pas; si surtout, écoutant la voix de Jésus- Christ même, ils font part aux pauvres de leur abondance ; s'ils ouvrent leurs cœurs aux cris de Vindigence , et leurs mains k \a mv5fe.\:^ o^^ \^Oc^r
260 L'Ain
ment leur ateistance, alors Us auront de quoi se oonsoler dans les dangers de leur état parce que, dans ces sentiments, leurs ridbesses, loin d'être un obstacle , pourront devenir même un moyen de salut.
Combien de bonnes œuvres qu'ils pourraient pratiquer , et qui se présenteraient tous les jours i eux ! tant de flunilles désolées quMls pourraient soulager; tant d'enfants abandonnés à qui ils pourraient procurer une éducatkm; tant de jeunes personnes dont la pauvreté met la pudeur en danger, et qu'ils pourraient mettre à couvert; surtout tant de misères caidiées qui n'osent s'annoncer et se produire, qu'ils pourraient prévenir, aider, oonsolor; quelle consolation ne serait-ce pas pour eux-mêmes de faire un si saint emploi de leurs biens , et de les consacrer ainsi à faire des heureux ! S'ils savaient semer le bon grain par leurs richesses , qu'elle abondante moisson de mérites ne recueilleraient-ils pas I Alors leurs richesses deviendraient des sources de bénédictions et de grâces, au lieu d'être une occasion de péché et de damnation , comme elles ne sont que trop ordinairement entre les mains des riches. Qu'ils prient donc le Seigneur de les éclairer , de les toucher , de leur faire connaître la manière dont ils doivent user des biens qu'ils possèdent, mais qu'ils se souviennent toujours que leur état est dangereux , qu'il leur donne mille occasions de se perdre, et que, pour l'ordinaire, l'état des riches n*est pas celui qui forme les saints. C'est au pied de sa croix que Jésus-Christ appelle ses élus; et tout ce qui éloigne de la croix ne saurait conduire à la vie.
8UR LE GàLVÀlRE. S61
PRIÈRE
Serait-il possible , ô mon Dieu , que les faveurs dont vous m'avez comblé devinssent la source de mon malheur , et que les biens périssables que je possède en ce monde, fussent par ma faute un obstacle à mon salut étemel I Je comprends combien il est aisé de se laisser séduire à l'attrait des richesses; elles portent naturellement à l'orgueil et à l'ambition, elles occupent l'esprit, elles enflent le cœur, elles inspirent mille vains projets, elles fournissent le moyen de contenter tous les désirs ; en faut-il tant pour se pervertir et se perdre? Avec le secours de votre grâce, je me déGerai de leur séduction, je réglerai le saint usage que je dois en faire, je m'en détacherai de cœur et d'esprit, j'en ferai part aux indigents qui gémissent, je penserai que je dois les quitter un jour , que je ne les ai que pour un temps et comme d'emprunt; que je dois vous rendre un jour un compte sévère de remploi que j'en aurai fait; ces pensées salutaires seront pour moi un contre-poison au venin répandu sur les richesses; je les posséderai en effet comme ne les possédant pas, et, suivant le conseil de l'Evangile, des biens fragiles que je possède sur la terre, je me ferai des amis solides dans le Ciel, qui, comme je l'espère, me recevront un jour dans les tabernacles éternels où résident les véritables richesses dans les célestes trésors.
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donner eei misérffbleii restes; offles]||i«^t «ok
cbienf, qui repeient Ucher ses lAcires.
» Le pauvre, coqsuipé de misères, vint à mourir, et sop ime fut portée piir les pnges dans le sein d'Abraham; le riche mourut aussi, et il fut précipité et enseveli dapii les enfers. Au milieu de ses tourments , il lève les yeux en haut ; il voit de loin Abraham, et Lazare reposant dans son sein. Abrahani| mon Pèrel s'écria-t-il, ayez pitié de moi ; envoyez Lazare, qn*il trempe {'extrémité de son doigt dans l'eaiii et qi;11 vienne rafraîchir ma langue; car je anîa çruellenieqt tourmenté dans ce feu. Non, répondit AbrahapD, souvenez-vous qne durant votre vie vous avez joui de tous 1^ piens, c^t que Lazare a eu tous les maux en partage ; à présent Lazare est inondé de délices , et vous êtes condamné aux tourments que vous avez mérités. »
Cette parabole montre i« que \ea ^xxNi^b^ çî^\
SUR LE GALVàIRB, 26S
sont résignés dans leur indigence seront un jour consolés de toutes leurs peines ; mais quils pretH n'^nt garde d'en perdre le mérite par leurs impar : Mîces et leurs plaintes !
2» Que les riches cruels et impitoyables seront livrés en proie à la rigueur des plus grands tourments. Si cependant ils savent iaire un saint usagé de leur abondance, loin de nuire à leur salut, ella pourra devenir pour eux une source de mériteft et un moyen de sanctification.
perte des parents et amis, et des persopnes qui nous sont chères.
Les liaisons légitimes du cœur , si elles étaient durables, seraient une des plais grandes clouceurs et un des plus grands agréments de 1^ yi^ : rien n'est si doux que d'avoir quelqu'un d'assuré sur qui on peut compter, et dans qui on peut verser son cœur avec confiance ; mais rien d'asjsur^ et (Je permanent en ce monde; les liens du s^ng et delfi parenté sont rompus ; les douceurs de la société sont altérées, la tendresse et l'affection ne sopt pas à couvert des vicissitudes et des revers ; ces liaisons , fussent-elles encore plus douces > eussentelles été encore plus constantes, ne sont pas éternelles ) indépendamment de mille événements qu| peuvent survenir dans la vie, la mort vient enfin les terminer et interrompre leur cours.
Ces événements sont tristes, ces séparations son( amsibles; on se livre a\x àiaçs\\^ ^ ^\i ^'^XiSîe^^^'
dans la douleur , on n'est occupé que de la perte qu*on a faite et qu'on regarde comme irréparable. Le malheur est qu'on n'envisage toutes ces choses que dans des vues purement naturelles , et dans le court espace des bornes du temps. Si on savait se tourner du côté de Dieu, considérer les choses dans les vues de la foi et de l'éternité, ne point regarder la mort comme une destruction et une espèce d"anéantissement, mais , comme elle Test, un pas» sage à une autre vie, mi voyage que l'on commence plutôt qu'un autre , pour l'attendre au terme, alors la mort ne paraîtrait point une mort totale et absolue , mais une séparation de quelques années, après lesquelles on espérerait de se réunir à jamais dans le sein de la vie véritable.
Dans ces sentiments qu'inspire la foi , j'entre dans une maison de tristesse et de deuil, je trouve tout le monde en pleurs; les soupirs et les gémissements retentissent de toutes parts ; tous sontnoyés dans leurs larmes; la mort leur a enlevé une personne chérie. Et pourquoi vous affliger ainsi à l'excès de cette perte? pourquoi ne regarder cette mort que dans le temps où tout disparaît comme un songe, au lieu de la considérer en vue de Téternité que l'espérance promet? Tendre fils, vous avez perdu un père; épouse affligée, vous avez perdu un époux chéri; mère désolée, vous avez perdu un fils objet de votre tendresse; ami sincère, vous avez ;| perdu un ami , et dans lui un autre vous-même ; = j je prends part à votre affliction, elle est légitime, |i il est juste de donner à la nature ce quelesen- Ç timent exige d'un cœur bien placé. Mais pourquoi porter ainsi votre douleur à Vexcès*^ po\xTcçio\> ^«x^
votre douleur , ne pas rappeler les grandes vues que votre religion et l'éternité vous présentent ! I^on, non, ce père, cet époux, ce fils, cet ami, ne sont point perdus à jamais pour vous; s ils sont morts dans la grâce de Dieu, ils ont flni leur exil pour entrer dans la céleste patrie, ils ont terminé leur course mortelle en ce monde pour en commencer une plus heureuse dans l'autre ; ils sont séparés de vous pour un temps, vous pourrez un jour les revoir ; consolez-vous donc; ils ne sont rien moins que morts et perdus; ils sont allés vous préparer les voies ; ils vous attendent dans le sein de l'immortalité, les voilà qui vous appellent du haut du Ciel, ils vous tendent les bras, empressés de vous revoir dans le sein de Dieu même, pour vous y réunir à jamais.
vous donc , personnes affligées, qui que vous ' soyez, et qui que ce soit que vous ayez perdu, gardez- vous bien de vous livrer à un excès de douleur, comme ceux qui n'ont point d*espérance : Non eontristemini sicut et cœteri qui spem non habent. ( I Thess. iv.) Donnez à la douleur ce que le sentiment naturel exige; mais, après ce tribut rendu à la nature, revenez aux grands sentiments de la foi, aux douces attentes de l'éternité; votre douleur excessive ne ranimera pas les cendres de la personne que vous regrettez, et votre foi soumise pourra lui attirer le soulagement dont elle aurait besoin pour l'expiation du reste de ses fautes. Voilà rattachement véritable et solide que vous devez, hii témoigner, et ne pas vous borner à des larmes itériles pour vous et pour elle.
Mon Dieu , vous m'avtiz enlevé la personne qtii m'était bien chère en ce monde, j'en suis prîv^ : daignez vous-môme me tenir lieu de tout, et la rflntplacer dans mon coeur. Elle méritait mon attachement, Je lui lilais dévoué, et j'espérais jouir plus longtemps de sa présence et de son secours; vouï en avez disposé autrement , que votre sainte volonté soit accomplie sur elle et sur moi. La grande consolation que j'ai dans sn perte , c'est l'espérance que vous l'aurez reçue dans le eein de votre miséricorde , et que vous daignerez un jour m'unir avec elle. Si un reste de salisfaction pour ses foutes l'arrêtait encore dans les peiues, et l'empêchait de s'aller bieiilût réunir à vous , Je vous offre k son intention toutes mes prières et mes bonn- s œuvres , et surtout ma résignation d«ns la perte que j'ai faite ; rendez cette résignation eatiire et digne de vous.
Arbitre suprême de notre sort, mattra absolu de nos destinées I disposez souverainement de houe et de nos jours ; nous ne sommes point à nous , mais à vous ; vous avez pris ce qui vous appartenait , vous ne me l'aviei prôté que pour un temps; soyez béni et adoré dans toutes les dispositions de votre providence.
Cette mort qui me fait verser des larmes doit produire dans moi un effet plus solide pt plus salutaire; elle me dit que mon heure viendra de même y que je dois m'y préparer sans délqi , et me tenir mCme prêt â tous les instants : faites , Diau de bonté I qu«, quand le moment sera anWfe vovu:TO.ov,\ft«^\i«».
SUR LB CAl4VAIRE« 867
ét«t d'aller paraître devant vous , et de me rejoindre à jamais & la personne que je regrette, pour vous bénir et vous louer étQme)lQpieii|) §vçç elle. Ainsi soitriK
HISTOIRE
Une personne en avait perdu une autre qui lui était extrêmement chère, et qui faisait la douceur de sa vie. Cette perte l'avait jetée dans une douleur inconcevable; elle passait ses jours dans les soupirs et les larmes , et rien n*était capable de la consoler dans son affliction. Après bien du temps ainsi passé dahs les gémissements et les pleurs , un jour la grâce lui présenta cette réflexion salutaire. Mais enfin que fais-je donc , se dit-elle à elle-même? au lieu de pleurer continuellement cette personne, ne vaudrait-il pas mieux prier le Seigneur pour elle ? Mes larmes sont également inutiles pour elle et pour moi , et mes prières pourraient être salutaires à Tune et à l'autre. Alors elle prit la résolution d'aller faire une neuvaine de prières sur le tombeau même de la personne qu'elle regrettait t il fallut se faire en cela une grande violence ; elle se la fit , et Dieu répandit sa bénédiction sur ce sacrifice. La neuvaine fut accomplie ; et, à mesure que cette personne affligée offrait ses prières , la douleur insensiblement s'apaisait et se calmait ; elle était encore vive et sensible, mais elle était plus sensible et plus résignée. Comme elle vit le fruit de cette sainte pra* tique, elle la cotitinua encore pendant quelque temps ; et à la fin , sa résignation à la volonté de Dieu fut entière et parfaite. Quelle est Tafflictioa sigrBtide qui ne soit adouQl^ k \^^\>fe^'^\^^^wiw^
Tant il est rnii que c'est auprès de Dieo quil but aller chercher te consolation dans ses peines; et quelque grandes que soient les alflictions que nous prouvons, quelque sensibles que puissent Mre les pertes que nous avons faites , nous trouverons toujours dans la prière un secours et un adoucissement que nous chercherions inutilement ailleurs.
Là perte des Heis.
Les biens de ce monde peuvent fbire des riches » mais sûrement ils ne feront pas des heureux. On les désire avec empressement» on les possède avec at* tacbement, on les augmente avec avidilé,on est dans une crainte continuelle de les perdre; et si on vient à les perdre en effet, dans quels chagrins, dans quels regrets, dans quelle douleur ne tombe-t-on pas ! II semble qu'on devrait être moins sensible à la perte de tous ses biens qu*à la perte de la moindre des grâces; et cependant il y a tel riche qui serait moins affligé de la perte de la grâce de Dieu , qu'il ne le serait de celle de la plus légère partie de ses biens. De telles dispositions marquent bien peu de foi et d*amour de Dieu ; si on en avait, on serait bientôt consolé de la perte de ces biens périssables ; on n'a rien perdu quand on a encore la grâce et l'amitié de Dieu.
Cependant, comme il faut compatir à raffliction de ces âmes faibles, voici les motifs de conso- Jation qu'on peut leur donner , ou du moins les réflexions salutaires qu'on ceux. Vcvw ^^xc^^^mœt ^
pour adoucir leur peine, et les engager à roffrir à pieu.
10 Vous étiez trop attachés à ces biens fragiles , et cet attachement excessif vous faisait comme perdre de vue les biens étemels , qui seuls méritaient vos soins et pouvaient assurer votre bonheur.
2^ Ces biens, à qui appartenaient-ils ? à vous ou à Dieu ? Le Seigneur vous les avait donnés, leSeigneur vous les a ôtés ; en quoi avcz-vous à vous plaindre?
3» Examinez votre conduite : ces biens, quel usage en faisiez-vous ? Les pauvres étaient-ils soulagés, leur indigence soutenue, leurs misères adoucies , leurs cris écoutés , leurs larmes essuyées? Vous prètiez-vous aux bonnes œuvres? Faisiez-vous part de votre abondance à la veuve affligée et à Torphelin délaissé ? Je ne dis rien dç la manière dont vous avez amassés ces biens ; sur tout cela jugez vous vous-même , et rendez- vous justice.
^^ Reconnaissez-le devant Dieu ; ces biens vous donnaient le moyen de contenter vos passions, et c*est souvent le seul et criminel usage que vous en faisiez. Dieu vous so'ustrait des sources funestes de perdition et de damnation ; ce n'est pas un bien que vous avez perdu, mais un poison dont il vous a mis à couvert.
5<> Prenez garde que votre douleur excessive, et peut-être vos plaintes amères et vos injustes murmures sûr les biens que vous avez perdus, n*engagent Dieu à vous enlever encore ceux qui vous restent, et à vous réduire à un état bien plus déplorable que celui sur lequel vous faites entendre vos géaùasementa.
SVft VàMi
C" Rn supposant mAme que vous fassiez un usage légitime tte vos biens, vous saviez qu'un jour il faudrait les quilter, et diTe,jelaUse, Je laisse. •G'ieu^ . parcelle perle, vous a préparé k celle séparation 1 tolak* qui vous sera alors mnins sensible, parce que i vous aurez connu le ni'anl et la vanité de tout ce qui n'est pas éternel. A la mort, vous aurez moins de liens ji rompre, et votre Ame, dégat^ée des biens de va monde, le quittera avec moins de regrets; on quitte sans peine ce qu'on possédait sans attachement.
Enfin, pensez que, par un acte sincère de résignation, vous pourrez acquérir des gi"àces spirituelles, qui vous dédommageront bien de la perle de ces biens temporels ; vous aurez perdu quelque chose J de la graisse de la terre , et Dieu versera sur vous I avec abondance la rosop du Ciel : ne vous refuses ' pas cette consolation, c'est la seule solide pour vous; et d'ailleurs i quoi serviraient tous vos regrets et toutes vos plaintes, qu'à vous rendre plus coupables, et par là même plus malheureux? Allez vous mettre au pied de la crois, vous y trouverez les grâces de Dieu et l'adoucissement de vos peines.
FBIÈBE.
Vous m'avez enlevé les biens que vous m'aviez prêtés , ô mon Dieu ! vous en étiez le principe et la fin, je ne dois pas me plaindre de ce que vous reprenez 06 qui était à vous; j'en étais ledépositaira pour un temps, et non le possesseur et le maître. Je me soumets aux ordres de votre sagesse. Mon coeur a été trop sensible ft cette perte, je le reconnais; cette sensibilité marque un trop gT&ad sU&âvom^mVt
et cet attachement excessif me rendait indigne de l'es posséder. Insensé que je suis! j'ai versé plus de larmes sur la perte de mes biens c[ue sur mes péchés et sur la perte de votre grâce ; je manquais de foi, et je n'avais point d'amour pour vous. mon Dieu ! en m'enlevant les biens de ce monde, que je devais perdre un jour, accordez-moi vos grâces, et par elles le désir des biens solides et éternels, qui ne finiront jamais. Que je serais heureux, si, par la privation de ce3 trésors fragiles, je pouvais acquérir les trésors éternels 1 faites du moins, 6 Dieu de bonté I que la perte que j*ai faite d'ui^e partie de mes biens me rende plus circonspect et plus sage dans l'usage que je ferai de ceux que vous m'avez laissés. Je suis bien résolu, avec le secours de votre ^âce, d'en user plus chrétiennement, de ne point m'y attacher criminellement, d'en faire part à l'indigent et à Taffligé, enGn de les posséder comme ne les possédant pas : soyez vous-même tout mon trésor et toutes mes richesses.
HISTOIRE
Un homme du monde, à qui il était arrivé un événement triste, vint un jour trouver son confesseur ; et entrant subitement dans sa chambre, il lui dit d'un air fort tranquille : Mon père , je viens vous voir avec empressement ; je sais la part que vous prenez à ce qui me regarde ; félicitez- moi. Eh! de quoi donc. Monsieur? C'est que je viens de perdre dix mille livfes) Djei^ 1'^ perntjs, g^-jl en soit béni ! Ah! mon cher Monsieur, répondit le confesseur, quaad vdui prenei amsi \«» %SSiv&>XQ\A^ x^>^% v^"^*!-
2Ï9 l'ahe
bien raison de demander que je tous félicite; je le fais, et je vous embrasse du meilleur lie mon cœur. Ce n'est pas une perle , mais un gain que vous avra fait : vous avez perdu quelques biens périssables, el vous avez acquis des trésors célestes. Rendez grâces à Dieu des sentiments qu'il vous donne, et conservez-les toute votre vie.
Ils s'entrelinrent ainsi longtemps ensemble du néant des choses humaines, du détachement des biens de ce monde, des bontés de Dieu, des dispo- * sillons ineffables de sa Providence, et lisse retirèrent pleins de consolation l'un et l'autre.
Que Dieu est bon de nous tenir compte de nos sacriliccs, el de nous faire trouver des douceurs i dans les événements môme les plus tristes! C'est que nous ne sommes riches qu'en misères, et qu'il est infiniment riche en miséricorde. Qu'on est heureux , quand on prend les afflictions dans ces sentiments 1 Si tous les hommes étaient dans ces dispositions , tous les hommes seraient saints et seraient heureux; ils regarderaient les arflictions comme des faveurs, les plaintes et les muuuures se change raient en cantiques de louange, et quelque légère perte de la graisse de la terre produiraient l'abondance des rosées célestes; dédommagement bien avantageux de tout ce que nous pourrons perdre en ce monde. Qu'a-t-on perdu , quand on a conservé la grftcedeDieu?
L'élalde maladie et dlnfirmilé.
l'état de maladie est un ètsl çfaiùMf > — Vsiik«
SUR LE Calvaire. â?3
de la nature , mais uq état salutaire dans les vues de la grâce : soit que ce soit une maladie violente qui peut en peu de jours décider de notre sort, soit que ce soit une maladie de langueur qui prolonge son cours , elle porte avec elle des sujets de douleur, et bien des occasion§ de mérites.
Pour consoler un malade dans son affliction, re^ présenton3*Iui les effets précieux que peuvent pro* duire dans nous les maladies.
i'' Elles nous détachent de la vie et des faux plaisirs de ce monde. On ne s*attache guère à la vie, quand on ne vit que pour souffrir.
2° Elles nous font connaître le néant et la vanité des choses humaines. Durant la maladie, on a le temps de faire bien des réflexions, et ces réflexions font revenir de bien des illusions oii l'esprit s'égarait.
Z^ Elles nous font rentrer saintement en nousmêmes. On est bien plus à soi quand on est moins au monde, et la maladie met un grand intervalle entre nous et le monde.
40 Elles nous engagent à revenir à Dieu, si nous en étions éloignés. Combien de pécheurs n'ont pensé à rentrer dans les voies du salut que depuis qu'ils ont été étendus sur un lit de douleurs !
5<> Elles nous donnent le moyen d'expier nos péchés. Toutes les pénitences sont salutaires; mais celles que nous oflrons par la maladie n'est autrement éflicace pour satisfaire à la justice divine.
6"* Elles nous font pratiquer toutes les vertus chrétiennes, la foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la patience dans nos maux , la conformité à la volonté de Dieu 9 l'abandon à sa pTOV\deiiCj^\N«tV?^%k\:S^v*
974 VkMZ
mes, dont l'exercice est si souvent n^ligé durant la santé I
Enfin la maladie, par un dernier et précieux avantage, nous prépare à la mort; elle nous dispose , par plusieurs sacrifices réitérés, au dernier et total sacrifice de nous-mêmes ; on y meurt souvent en détail avant que de mourir; chaque mo-. ment de souffrance est une annonce de dissolution.
Mais, pour trouver ces précieux avantages, et pour goûter ces douces consolations dans la maladie, il faut entrer dans les vues de Dieu, et les recevoir dans les mêmes sentiments qu'il nous les envoie : sentiments de patience pour nous soumettre à ses ordres ; sentiments de pénitence pour expier nos péchés; sentiments de confiance, espérant tout de son infinie bonté. Par ces sentiments nous atti* rerons ses grâces, et nous éviterons les fautes et les défauts dans lesquels on tomtte si souvent durant le cours de la maladie : inquiétude, mauvaise humeur, vivacités, impatiences, plaintes, murmures, et tant d'autres fautes qui aigrissent le mal, qui font perdre le mérite de toutes les peines , qui aOligent et édifient mal ceux qui ne sont auprès de nous que pQur nous servir et nous soulager. Est-ce là prendre la maladie en chrétien ? et dans ces sentiments peut-on y trouver un moyen de salut et une source de consolation devant Dieu ?
Entrons dans des dispositions plus chrétiennes : mettons en œuvre les saintes pratiques que la religion et la piété consacrent dans les maladies; de 1 eau bénite k côté de nous; sous nos yeux, Timage d'un Dievt crucifié ; dans le cc&uX) de Créqueuts actes
SUR LE CALVAIRE. â75
de résignation; sur toutes choses, se disposer à recevoir les derniers sacrements ; ne pas attendre Textrémité, ni s'exposer à ne pas les recevoir ; au contraire, les recevoirà bonne heure, les demander soimême; il y a en cela plus àe mérite pour soi, et plus de consolation pour ceux qui nous assistent. Enfîn, après les avoir reçus, ne s'occuper plus que de la pensée de l'éternité, ayant auparavant sagement réglé tout ce qui regarde les choses temporelles.
PRIÈRE
Dieu tout-jpuîssant , arbitre suprême de notre sort et maître souverain de nos jours, tels senties sentiments dans lesquels je désire recevoir les maladies, qnand vous daignerez me les envoyer : si je ne suis pas alors en état de vous le dire , je vous les offre dès à présent. La créature doit être soumise à son Créateur, et l'ouvrage se tenir entre les mains de l'ouvrier : vous ne nous avez formés que pour votre gloire, il est juste que vous disposiez de nous; vous ne nous avez mis au monde que pour un temps , la maladie nous avertit de nous préparer à Onir notre course. Dès ce moment, je vous offre mon sacrifice : si vous voulez que cette maladie termine ma carrière, que votre sainte volonté s'accomplisse ; daignez seulement m'accorder la girâce de la patience pour en supporter les douleurs, et surtout le bonheur de recevoir les derniers sacrements, et de ne pas mourir avant que d'être muni de tous les secours de l'Eglise ma tendre mère, désirant de mourir dans son sein, toujours soumis à ses décisions, et de rendre enfin le dernier soupir entre ses mains.
S76 L'ami
EXEMPLE
Nous rapporterons ici Texemple d'une patience bien héroïque dans la maladie, et d*un amour de Dieu bien parfait dans le cœur. Peut-être la délicatesse de quelques-uns en sera-t-elle blessée; mais bien d'autres auront assez de générosité pour en être édifiés et touchés.
Une personne était tombée dans une maladie également douloureuse et humiliante ; il s'était formé sur elle une grande plaie qui avait à la longue engendré quantité de vers. Cette personne en était rongée toute vivante, et souffrait des douleurs excessives ; cependant la vivacité de son amour pour Dieu surmontait la violence de ses souffrances ; en sorte que, si quelqu'un de ces vers venait à tomber elle le ramassait avec soin et le remettait dans la plaie, disant qu'elle ne voulait rien perdre du mérite de ses douleurs , et qu'elle considérait ces vers comme autant de perles précieuses qui pourraient un jour orner sa couronne.
prodige ! c'est bien ici que Ton doit reconnaître la force de cette grâce qui a fait recueillir à Samson le miel dans la gueule des lions, et le bras de Dieu, qui, du sein des rochers, a fait sortir les eaux les plus abondantes. Admirons le courage de celte grande àme ; et si nous n'avons pas assez de force pour nous porter à des actes si généreux, ayons du inoins assez de patience pour supporter les douleurs ordinaires des maladies que Dieu nous envoie. Toutes les actions héroïques des saints ne sont pas à imiter; mais du moins doivent-elles confondre notre lâcheté dans les souffrances communes.
Les personnes qai essuient des persécutions, des calomnies , et autres mauvais traitements de la part de leurs ennemis.
Le Sauveur du monde nous Ta annoncé, et tous les jours son oracle s'accomplit à la lettre : tous ceux qui veulent vivre dans la piété, auront des persécutions à essuyer : Omnes qui piè volunt vivere, persecutionempaiientur. (Tim. m.] Une injure atroce, un affront insigne, une calomnie infamante, une persécution déclarée, mille traits odieux que rjnjustice et la malice peuvent lancer, et qui ne vont à rien moins qu*à flétrir une réputation jusqu'alors sainte et entière ; ces mauvais traitements sont sensibles, surtout quand on croit ne les avoir pas mérités, et plus encore quand ces traits partent d'une main dont on n'aurait jamais dû les attendre.
11 est bien dangereux dans ces circonstances que le cœur ne soit ému, que l'âme ne suit ébranlée, que la patience n'échappe, que la piété ne soit altérée, du moins qu'on ne se laisse aller à la tristesse , à l'affliction et au découragement, qui ferait perdre tout le mérite de ce qu'on a à souffrir. Pour vous soutenir, ftme chrétienne, dans ces occasions critiques, voici les motifs salutaires que votre religion vous présente.
lo Jésus-Christ votre Sauveur et votre modèle a été exposé à toutes sortes de persécutions , d'affronts et d'outrages ; en désirant de marcher sur ses traces, ne devez- vous pas vous attendre à avoir les mêmes traitements, les mêmes contradictioas à essayer? Le disciple est-iV avi-àft^ws ôsi T^a^^x^'^
^ 11 ne faut point être surpris , dit saint Augustin, des persécutions que le monde suscite sans cesse contre les gens de bien; la grande occupation de Jésus-Christ sur la terre a élé de combattre le monde, et de déclarer la guerre à ceux qui suivent ses pernicieuses maximes; et l'occupation du monde est de combattre Jésus-Christ et de persécuter ses fidèles disciples. Opprimons le juste^ disent les impies dans le livre de la Sagesse; armonsnous contre lui, tendons-lui des pièges, et n'oublions rien pour le perdre; sa conduite est un reproche et une condamnation continuelle de la DÔtr(>.
3» Dieu a d'autres vues sur les justes eti periuo. tant ces persécutions : par là il les éprouve, il les purifie, il les sanclifie, il leur donne des occasions de mériter, il les lient dans une sainte vigilanée sur eux-mêmes , il les met à couvert du funeste poisoti de la vanité et de la flatterie. Il leur est avantageux qu'il s'élève des ennemis contre eux, afin que la vue des traits malins où ils sont exposés les empêche de tomber dans une fatale sécurité qui pourrait les perdre.
40 Dans ces temps orageux des persécutions, âme chrétienne, vous avez surtout deux funestes écueils à craindre et à éviter. Le premier : prenez garde de vous laisser décourager et abattre, et d'abandonner l'œuvre de Dieu, à raison des oppositions des hommes. Dans certains moments la nature souffre, gémit sous le poids, et 'serait tentée de se démentir; ranimez votre courage, recueillez vos forces : nous serions indignes de Dieu, si là vue des obstacles et des contradictions nous faisait abandonner son œu* vre, ses iiJlérêls et les nôtres.
50 Le second écueil est encore plus à craindre pour vous, âme fidèle et affligée : fiaites bien atten? tion aux sentiments qui peuvent s'élever dans votre cœur, à l'égard de ceux qui vous persécutent ; prenez garde que jamais vous n'y donniez entrée, je ne dis pas seulement à la haine et à la vengeance, mais même à Téloignement et à rindifiTérence. Jésus- Christ votre divin maître veut que vous portiez encore plus loin la perfection de vos sentiments; il veut que vous aimiez vos ennemis, que vous priiez pour eux, que vous soyez prête à leur rendre ser^ vice, s'ils vous le demandaient en son nom. C'est beaucoup exiger de la faible nature : mais que ne peut-on pas avec le secours de la grâce et le motif de l'aipour?
Consolez -vous donc, âme chrétienne; suivez l'exemple et les conseils de votre divin Maître : vous avez une belle occasion de lui plaire et de mériter; il daigne vous associer à l'amertume de son calice,. prenez les sentiments de son cœur.
Cependant, si au milieu des persécutions vous éprouvez quelque émotion involontaire, ne vous en étonnez pas; Dieu ne demande pas de nous un cœur insensible, mais un cœur résigné : les premiers mouvements ne dépendent pas de nous; pourvu qu'on ne s'y,arrête pas, il n'y a point de péché; majs aussi, dès que vous vous apercevez de ces émotions naissantes d'indignation, d'aversion, de ressentiment, de rancune, ayez grand soin de les com- JDattre, de les réprimer, de les étoufler; si vous leur (laissiez prendre racine, vous auriez ensuite beaucoup de peine à les calmer, et elles pourraient vous faire oerdre tout te mérite de ce c\\ieNO\SA vt^^x V%^\2!&^»
S80 L'amB
Enfin, pour vous donner un motif de Gonsolatkm qui renferme tous les autres, n'oubliez jamais les divines paroles de Jésus-Christ, quand il dit : Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux : BeaU qui persecutionem patiuntur propter iusUtiam, qwh niatn ipsorum est regnum Cœlorum. (Matth. v.) Cette seule pensée, bien méditée, est capable de vous mettre au-dessus de tous les efforts, et des hommes et du monde, et de tout l'enfer conjuré contre vous.
Pourrions-nous, ou du moins devrions-nous nous plaindre d*avoir des persécutions, des injustices, de mauvais traitements à souffrir, nous coupables pécheurs, tandis que le Dieu que nous adorons , et qui était rinnocence et la sainteté même, en a eu de si grands et de si sensibles à essuyer ? Ce qui devrait causer notre peine et notre douleur, c'est la manière peu chrétienne dont nous nous comportons souvent dans ces occasions ; que de vivacités, que d'impatiences, que d'indignations, que de mouvements intérieurs s'élèvent souvent dans nos cœurs ! Quelle sensibilité ne taisons-nous pas paraître contre ceux qui nous accusent, qui nous méprisent, qui nous persécutent! Si on fait de nous quelques faux rapports, si on interprète mal nos intentions, si on blâme, si on censure nos actiohs, nous nous plaignons, nous nous aigrissons, nous jetons les hauts cris; on ne peut nous calmer et nous apaiser ; nous voulons des justifications, nous exigeons des réparations ; et si on les refuse, nous serons çtèls k^\iN^wvt a.vix
SUR LE CiOiVàlRE. S81
éclats. Chrétiens, où est notre foi ? Humilions-nous, confondons-nous , à la vue de ces sentiments si opposés à ceux de notre divin Hattre. Qu'a-t-il fait paraître en toute rencontre ? que douceur, que pa* tience, que charité, que paix et tranquillité d'âme ? Environné d'ennemis, chargé d'injures et de.calomnies, abreuvé d* amertume et de fiel, a-t-il jamais laissé altérer dans son cœur la douceur de Tagneau ?
Ah ! que nous sommes éloignés du divin modèle qu'il nous a présenté ! et en contredisant ainsi ses exemples, méritons-nous qu'il nous fasse part de ses grâces ?
PRIÈRE
Dieu Sauveur, vous daignez me faire part de votre calice, et je refuse de le recevoir de votre main ; vous en avez bu toute l'amertume pour l'amour de nous, et pour votre amour je crains d*en prendre la moindre goutte ; au moindre affront, à la plus lé* gère contradiction, mon cœur est ému, toute la nature se révolte en moi. Hélas ! j'oubliais presque que j'étais chrétien, je perdais de vue les grandes, les saintes maximes que vous nous avez tracées dans votre Evangile : Aimez vos ennemis : faites du bien à ceux qui vous insultent; si on vous frappe sur une joue, présentez l'autre, etc. Voilà, mon Dieu, les grandes réflexions qui auraient dû calmer mes sentiments et mes inquiétudes : en calmant toutes mes inquiétudes, elles m'auraient attiré vos grâces, et vos grâces auraient fait ma consolation. Ce sont les sentiments que j*irai puiser désormais dans voire codOT et «a pied de votre croix*
HISTOIRE
Les ppraoTines les plus rppéprocbables et les plus saintes peuvent élre exposées aux plus grandes persécutions et aux calomnies les plus noires; saint Athanase en est un exemple bien marqué. Qu'est-ce que ce grand saint n'eut pas à essuyer de la part de ses ennemis? Ils inventèrent contre lui toute sorte d'horreurs, l'accusant d'hérésie, de magie, d'înjustico, de cruauté, de vexations, de vols, de larcins, en un mot, de toute sorte de critnes et d'excès. Un jour entre autres ils l'accusèrent d'avoir assassiné un nommé Arsène, etdea'ètre servi de sa main coupée pour faire des sortilèges ; ils avaient fait disparaîtra cet homme, et produisirent eu jugement une main sanglante qu'ils disaient être la sienne. Saint Athanase, qui «vait été averti du coMptot, avait eu le moy«n de trouver AtsAos, et quand set ennemis aKenlhlét s'y attendaient l« moins, il le ppoâuisit plein de vie au milieu de I^aMemblée. 8i jamai'i oalomnie dut âlre oonfondue, c'était Bfipi'nient dans «ette occasion ; mais les méchants, au tieu de patsons, appellent l'imposture et l'audace k leur se-cours; ils accusent Athanase d'fitre magicien^ etâe faire illusion, en faisant paraître un fantâmeà leurs yeux i ils se séparèrent ainsi plus furieux et plus envenimés que jamala contre lui.
Pour ce grand saint , dana les plus violentes persécutions et les traits les plus empoisonnés de taoa* lomnie, jamais il n'eut envers ses persécuteurs que Ifss sentiments de la douseur, dalapatimee, de la charité la plus héroiqiw. Vint» A« ttÂis&%4i.<b& twa,..
SUR |ilB CALVàlRE.
tes ses afflictions» et Iç^ Qt; epfin triornpbW 4^ tops ^ds çnQemis.
■ ,i..lH ■ ■ ■'.
les p^rsonn^^ religieuses.
Dans la religiori, comme dans le mon4ey il peut y ^Yoir des croix. Les états les plus samts et les plus parfaits ne sept pas exempts de peines et de sacrifices ; souvent môme oe sont ces états od les peines sopt plus sensibles et les sacrifices plus grftnds, Dipu demandant plus di^ ceux à qui il a plus donné. Quand Dieu les a appelés à un état si pQrfsit, îl leur a fait entendre que la croix serait leur partage. Il peut y en avoir de deux sortes , selon la disposition différente des ftmes qui ont ces croix à porter.
1» Quand de jeunes personnes entrent en religion pleines d'ardeur et de zèle, elles s'imaginent quelquefois que leur vie ne va être remplie que de grands sacrifices et d'actes héroïques ; elles n'envisagent les choses qu'en grand, selon Télévatiop de leurs sentiments ; et ensuite, quand, entraut dans le détail, elles trouvent que leur vie n'est en effet composée que d'actions communes et ordinaires , d'une suite de menues observances, d'exercices simples çt unis, d& pratiques journalières, toutes saintes à la vérité selon Dieu, mais qui n'ont rien par elles-mêmes qui élève l'Orne et qui donne lieu à de grands sacrifices, elles sont comipd étonnées. Cette uniformité de vie, cette continuité d'actions simples et ordinaires peut leur in^pir0F quelque dégqiitf quelque eianui'^teui ii\sA ^^\xVV^>xt ^^^&&S5^