‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 27 sur 95 · EE ST ES · texte numérisé non relu

EE ST ES

tres, de m’avoir fait naître de parents chrétiens M

éclairés des lumiéres de la foi ; tandis que tant d’autres gémissent dans les ténébres de l’erreur, et les ombres de la mort. Je pouvais y naitre comme eux , et comme eux je pouvais y mourir. Dès lors , éloigné des voies du salut , jamais Je n’aurais eu de part au bonheur des saints ; éternellement j'aurais été séparé de Dieu , condamné aux ténébres et aux tourments éternels, La bonté de Dieu en a disposé autrement en ma faveur ; je suis dans le sein de l’Église, au nombre de ses enfants ; jen’ai qu’à écouter sa voix, suivre ses maximes, et marcher dans le chemin qu’elle me montre, assuré de marcher dans la voie du ciel, et d’y arriver un jour, si jusqu’au bout je suis fidèle à la suivre.

L'Eglise m’a comme recu entre ses bras ; en naissant , elle m’a régénéré dans les eaux sacrées du baptême ; toute ma vie elle m’instruit , me dirige ; j'espère qu’elle recevra mes derniers soupirs; après ma mort mêm,e jaurait encore part à ses prières et à ses sacrifices. Quelle grâce quelle faveur ! grâce d’autant plus grande |, que je n’ai rien fait , ni rien pu faire pour la mériter. Dieu me l’a accordée par sa bonté purement gratuite. Grâce d’autant plus précieuse , qu’elle devient pour moi la source d’un nombre presque infini d’autres grâces durant cette vie, et que sans elle, toutes Îles autres me seraient inu-

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1 cipe et le gage du bonheur éternel dans la 4 gloire.

Soyez-en mille fois béni , Ô mon Dieu! je

reconnais la grandeur du bienfait , c’est un pur “effet de votre bonté et de votre tendresse pour moi. Tant d’autres en auraient mieux profité, et “seraient devenus de grands saints. Si les habitants de Tyr et Sidon avaient recu les mêmes lumières,

ls auraient vécu sous le cilice et la cendre. Si Lu d’infidèles et de barbares étaient nés dans le sein du christianisme , ils auraient été sdiffts. Mais , hélas ! cette grâce qu’a-t-elle produit dans Moi , et quel usage en ai-je fa jusqu’ à présent ? Ôù est la reconnaissance que J'en ai marquée ? où sont les fruits que j'en ai tirés ? où sont les Yertus chrétiennes que j’ai pratiquées : ? Vous le “voyez , ce vide et cet abus , Ô mon Dieu !

ous en êtes offensé , et je n’en gémis pas dans T'amertume de mon cœur ! Si ce cœur a été ingrat, “infidèle , au moins devrait-il être affligé et con- “rit : formez-la , cette contrition dèns moi ; ajoutez cette grâce à tant d’autres, de peur “u’elles ne me soient inutiles, qu’elles ne servent “qu'a me condamner , et qu’au lieu de former un

“thrétien, elles n'aient trouvé qu'un ingrat et

Mn infidèle.

L'AME SECOND POINT

Je suis chrétien : j'en porte le nom , en ai-je les

vertus? j'en ai les grâces, en ai-je les œuvres? |

Quel sujet n’ai-je pas de gémir , en considérant ce que doit être un chrétien, eten voyant ce que je suis devant Dieu ?

Un chrétien doit être l’image vivante de Jésus- Christ : quels traits de ressemblance ai-je avec lui? ai-je eu ce divin modèle devant les yeux ? l’ai-je gravé et retracé dans mon cœur ?

Ab. chrétien doit être détaché du monde , éloigné du monde, crucifié au monde, et je ne vis que pour le mon@;je ne respire que pour le monde, Penser comme le monde, agir comme le monde, suivre en tout les idées, les maximes, les exemples du monde, est-ce là être chrétien?

Un chrétien doit être humble, fuyant et craignant les honneurs, aimant ou souffrant les mépris; et je ne suis que vanité, qu’orgueil ; ne cherchant qu'a m’élever, me distinguer, et paraitre ; sensible au moindre mépris au moindre manque d’attentions et d’égards : est-ce là un chrétien véritable ?

Un chrétien doit être mortifié, mort à lui-

mème, embrasser les rigueurs et les austérités

de la pénitence, se faire violence combattre ses M passions, ses inclinations, faire de lui-même une M

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victime continuelle ; et je me recherche en tout ; j'aime mes aises, mes commodités ; je crains tout ce qui m’incommode etme gène ; je ne veux rien souffrir, ou je ne souffre qu’avecpeine. Si pour ma religion il fallait souflrir le martyre , trouverait-elle en moi un martyr ou un apostat ?

Un chrétien doit être doux, patient, condescendant, charitable, se faisant tout à tous, suppor-tant leurs défauts, compatissant à leurs peines, excusant leurs fautes : hélas! je trouve dans moi des sentiments tout contraires; vif, impatient, quelquefois colère, emporté ; d’ailleurs critiquant, blâmant , censurant les autres; nourrissant ‘dans

… mon cœur des ressentiments, des aversions, des

envies, des jalousies. En quoi donc suis-je chrétien? et l’ai-je été jusqu’à présent ? quelle ombre, quel fantome de christianisme !

La vie d’un chrétien doit être la preuve de sa religion , c’est à dire, la vie d’un homme comme tout céleste, vivant en ce monde comme n’y vivant pas; possédant comme ne possédant pas ; n’ayant quele corps sur la terre, et les sentiments élevés ou ciel ; toujours disposé et prêt à mourir. À ce portrait puis-je me reconnaitre ? les sentiments chrétiens vivent-ils dans mon cœur? Le sang chrétien coule-t-il encore dans mes veines ? Hélas ! Ô mon Dieu! si je ne rougis pas de ma conduite , ma religion rougit elle-même de moi. Je suis chrétien , et je n’en ai que le nom, et en-

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core, ce nom je le déshonore, je le trahis, je semble le renoncer dans ma conduite et mes mœurs. Ai-je pensé à ce que j'étais, et à ce que je devais être? la vie d’un honnête païen est-elle bien différente de la mienne? A ce prix, fallait-il naître, pour ainsi dire infidèle, et ne mourir peutêtre qu’en réprouvé ?

TROISIÈME POINT

Je suis chrétien , et c’est en qualité de chrétien qu’un jour je serai jugé. Que ce jugement sera rigoureux! qu’il sera redoutable ! Quand il me faudra rendre compte de tant de temps que j'ai perdu, de tant de grâcesdont j'ai abusé, de tant de devoirs que j’ai violés, de tant de moyens de salut que j'ai négligés, de tant de sacrements que j'ai recus, de tant d'exemples édifiants dont j'aurai élé souvent témoin, et souvent touché; enfin, de la grâce ineffable que Dieu m'avait accordée, en me faisant naitre dans le sein du christianisme ; qu’aurai-je à répondre ?

Il me semble que Jésus-Christ m’appelle en ce moment, qu’il me transporte à son tribunal redoutable , et que me faisant assister au jugement d’un mauvais chrétien , je l’entends lui adresser cette terrible parole : Quid potui facere, et non

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corde. Ame infidèle, qu’ai-je pu faire pour toi, que je n’aie pas fait? je Lai fait naître dans le LMsein de mon Eglise, je t’ai éclairée des lumières de la foi, je t’ai comblée de mes grâces, je t'ai

“ide bonheur; en était-ce assez pour remarquer “ina tendresse? en était-ce trop peu pour te de-

feci '. Vènez, chrétien indigne, venez rendre compte à ma justice des bienfaits de ma miséri-

achetée de mon sang, je te préparais une éternité

“nander ton cœur ? Que devais-je attendre de toi ? malheureux! je voulais être ton Sauveur, et tu Mr'obliges àte perdre : je t’avais créé pour avoir Part à magloire, ettu n’auras part qu'à mes ana-

themes. Précipité à jamais dans la profondeur des abimes , avec les païens et les idolâtres, tOute l'éternité malheureux avec eux , comme eux, # plus qu'eux, jusqu’à pousser des soupirs de fu jusqu’à verser des larmes de sang sur les grâces Que tu auras reçues, sur l’abus que tu en auras Mit, tu les compteras, ces grâces, elles seront sans ombre ; tu les regretteras, elles seront sans reur; tu appelleras ton Dieu , et ce Dieu irrité se robera à tes yeux. Tu verras ce qu’il a été pour Di, et ce quetu as été contre lui: lui toujours Miséricordieux , toujours compatissant, toujours Mn; et toi, toujours rebelle, toujours ingrat, Mujours obstiné à te perdre. Ni cette miséricorde,

1 Jsaï. 6.

112 L'AMF

qui t'avait prévenu ; ni le ciel qui l'était ouvert ni un enfer, dont tu étais menacé, n’ont pu te ramener dans la voie. Réduit à former ce souhait ? désespérant, et à dire éternellement, inutilement, # inconsolablement : Oui, il eût mieux valu milleMS C’ fois pour moi n’être jamais né, n'avoir jamais été M vous éclairé des lumières de la foi, avoir été plongé dans # con les ténèbres de l’idolâtrie, n'être jamais sorti du mes 4 sein du néant; ce n'eût été qu’un homme de Miquel moins dans le monde, et ce sera un chrétien de # pensi plus dans l'enfer. Un chrétien dans l'enfer! 4 c’est quelle horreur ! et quel monstre ! chrétien, et #jefor ennemi de Dieu! chrétien , et maudit! chrétien, Æma v et réprouvé! croix O Dieu Sauveur ! à Dieu de bonté! qui nous @mêm avez appelés à la lumière de la vérité, préser- #que 1 vez-nous de ce malheur, et ne permettez pas Mque | que nous en éprouvions jamais les horreurs. “lire, : Je le sais, je le sens, voilà à quoi s'expose et à p'essu quoi sera réduit tout chrétien qui ne vit pas se- ®@nes 0 lon la sainteté de sa foi : ne m'y suis-je pas exposé nouve moi-même, en vivant comme j'ai vécu, en dés: 'empl honorant en moi le caractère et le nom de chré-#fment. tien, en contredisant ma foi par mes œuvres, 4 amai en rougissant même souvent de paraitre chré- 4 tien, en vivant comme si je ne l’étais pas? Dieu « des miséricordes, ayez pitié de mon âme, recevez! mes regrets, et daignez encore écouter mi priere. ;

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t’était ouvert

+ n'ontpu te ra- PRIÈRE ‘ ner ce souhait t, inutilement, ! «

x valu mille | ï C’est par une grâce spéciale, 6 mon Dieu! que voir jamais été vous m'avez fait chrétien : jusqu’à présent , je n’ai été plongé dans Æ# connu ni la dignité de mon état, ni la sainteté de jamais sorti du mes obligations , je n'ai presque eu de chrétien un homme de #8 que le nom et les grâces ; il est bien temps que je n chrétien de % Qrense a en prendre la conduite et lessentiments : dans l'enfer! 4 c'est désormais le grand et l’unique dessein que ! chrétien, et #je forme, bien résolu à y travailler jusqu’à la fin de udit! chrétien, Mma vie. Je sais à quoi je m'engage, à porter la “croix, à mépriser le monde, à mourir à mointé! qui nous même, à ne craindre que le péché, à n’estimer érité, préser- J ACC la grâce, à n’aimer que la vertu à ne desirer permettez pas Mque le ciel, à ne penser qu’à l'éternité, c’est à horreurs. Llire, à vivre en chrétien, et mourir en saint, pour pi s'expose ct ik r'essusciter en prédestiné. Telles sont, Ô mon Dieu ! i ne vit pas se- « Mnes obligations; je m’y engage dès ce moment de is-je pas cs 1 Mouveau, et toute ma vie je vais m'appliquer à les i vécu, en dés- #'emplir fidelement, généreusement et constamnom de chré- ment. Que je serais heureux, si je nc m’en étais mes œuvres , Mjamais écarté !

paraitre chré- 4 tais pas? Dieu PRATIQUES.

âme, recevez“ écouter mi 19 Honorer d’un culte spécial le saint dont

nous portons le nom, surtout en imitant ses vertus.

20 Le jour de notre baptème, et quelquefois dans l’année, renouveler les sacrés engagements que nous avons contractés, et en rappeler les saintes obligations.

30 Former souvent sur nous le signe de la croix : mais le former avec plus de respect : c’est le signe du chrétien , et comme la profession de sa foi.

4° Demander souvent à Dieu la grâce de vivre et de mourir en véritable chrétien , et nous tenir toujours prêts à ce dernier passage.

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ÉLEVÉE A DIEU, imitant ses Vi. Sos ds HUITIÈME LECTURE.

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engagements rappeler les

Sur le péché mortel.

Le péché est appelé mortel, parce qu’il donne la mort à l’âme. Il y a trois sortes de morts, qui sont la suite et l’eflet du péché ; une mort spirituelle, une mort temporelle, une mort éternelle. Mort spirituelle ; par la privation de la grâce et de tous ses biens. Mort temporelle , par les cala- 1 mités, les misères de cette vie et ledernier instant « qui doit la terminer. Mort éternelle, par la damnation, sion persévère dans un état de péché. . Trois terribles vengeances, dont le péché est la ‘ cause funeste.

“ 1° Mort spirituelle , par la privation de la … grâce, et de tous les biens de la grâce. Peut-être, parce que cette mort n’opére pas au dehors ses redoutabies effets, paraîtra-telle moins à craindre au pécheur : mais, hélas ! de quels traits mortels cette âme n'est-elle pas percée, et en quel état funeste est-elle réduite ! morte aux yeux de Dieu, # cetprivée de la vie de la grâce, elle est dépouillée, à elle est dégradée , elle est abandonnée, elle est

livrée en proieaux vers rongeurs qui ladéchirent. Mon Dieu ! quel abime de maux.

Elle est dépouillée , dénuée de tout , des dons précieux de la grâce, qui faisaient son plus bel

signe de Îa espect : c’est rofession de

râce de vivre et nous tenir

ornement devant Dieu , et sans lesquels elle n’est plus qu’un objet d’horreur à ses yeux ; dénuée de tous les mérites qu’elle avait acquis, qui faisaient son plus précieux trésor , et sans lesquels, réduite à unc affreuse indigence, il ne lui reste que son péché , et ses suites funestes.

Elle est dégradée. A quelle gloire la grâce de Dicu , le sang de Jésus-Christ répandu sur elle, ne l’avait-il pas élévée! quels droits ne lui avaitil pas donnés? dans quelle heureuse liberté des enfants de Dieu nel’avait-il pas établie? de quelle sainte alliance avec Dieu ne l’avait-il pas honorée ? à combien de titres sacrés ne pouvait-elle pas se glorifier d’appartenir à Dieu, et ce Dieu à son tour lui appartenait ? Dieu était son père , Jésus- Christ son Sauveur, l'Esprit saint son céleste Epoux , le ciel son héritage, les mérites infinis d’un Dieu rédempteur son trésor ; mais, à funestes ravages du péché , et de la mort qu’il donne à l’âme! dansun moment il enlève tous ces titres, brise tous cesliens, efface tous ces traits glorieux : tout ce qu'elle avait de grand dans l’ordre de la grâce lui est enlevé. Le péché portant la mort dans cette âme, la fait entrer dansun état plus triste que le néant, dont la grâce l’avait tirée.

Elle est abandonnée : ce n’est pas que Dieu lait entièrement délaissée : sa miséricorde le porte à jeter encore sur elle quelques regards ; mais ce ne sont plus ces regards de tendresse et de com-

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t-elle pas se Dieu à son père, Jésusson céleste érites infinis is, Ô funesqu’il donne us ces Litres, its glorieux :

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s que Dieu rde le porte ds ; mais ce et de com-

plaisance. Il lui donne encore des grâces , mais c’est avec poids et mesure; il lui donne des grâces dansle cours ordinaire, ce nesont plus ces grâces, privilégiées et choisies , il lui donne des grâces mais reviendra-t-elle avec ces secours ? elle le pent, c’est tout ce qu’il y a d’assuré ; le reste est plusqu’incertain ; il lui donne des grâces ; il en donnait à ces pécheurs malheureux dont il disait : C'en est fait, qu’il s’aveugle, qu’il s’endurcisse, qu’il se perde; puisqu'il veut périr, qu’il périsse ; sa perte ne peut s’attribuer qu’a lui-même: «Cura- » vimus Babylonem et non est sanata, derelinqua-- » mus eam : » Babylone a abusé de nos soins, livrons-la à son sort et à son malheur !,

Enfin elle est en proie aux vers rongeurs qui

… l’agitent, aux remords qui la déchirent. Ici, la | raisonreprésente au pécheur malgré lui l'horreur

de sa conduite et le déplorable état de son cœur ; là , la conscience par sa syndérèse excite au dedans de lui une guërre intestine et implacable dans ses terribles combats. D’une autre part, la religion lui représentant , tantôt l’image de la mort qui le menace, tantôt les rigueurs d’un jugement à subir , tantôt ouvrant à ses yeux les abimes éternels qui lui sont préparés; toujours réveillant sa foi, et avec sa foi, ses alarmes ; elle fera son tourment depuis qu’elle ne fait plus sa consola-

1 Jerem. 51.

tion. Toutes les passions déchainées de concert contre lui l’agiteront, le tourmenteront, le tyranniseront : malheureux ! environné de tant d’ennemis, il setournera contre lui-même dans les violentes agitations de son cœur; tantôt il se réjouira deson péché , tantôt il le détestera ; quelquefois il voudra le quitter, bientôt il se repentira de l’avoir voulu : roulant tour àtour des projets de conversion et des projets de crime : et dans cecombatintérieur, éprouvant déjà en quelque manière un prélude funeste du dépit, de la rage, du désespoir des damnés, Heureux encore, s’il éprouve de salutaires remords! le malheur serait à son comble s’ils étaient étouftés,

si le pécheur était tout à la fois coupable et tran-

quille.

20 Mort temporelle; c’est à dire, les événements funestes, les accidents, les revers, les morts tragiques, ettant d'autres malheurs; car en vain voudrions-nous souvent en chercher d’autres causes que le péché , qui en est la source la plus ordinaire. N'est-ce pas en effet le péché qui dès les premiers temps attira le déluge qui submergea l’univers! qui fit descendre le feu du ciel sur les villes infortunées , et leurs criminels habitants? qui arma le bras de l'ange exterminateur contre les premiers nés de l'Égypte? qui peupla le désert de serpents! qui fit engloutir les enfans d’Aaron dans le sein de la terre! Et sans

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recourir à ces exemples éloignés, d’où viennent tant de malheurs dont le monde est comme accablé ? d’où naissent depuis tant d’années ces renversements des saisons, ces stérilités des campagnes, tant d’accidents imprévus et sunestes ? pourquoi la mort enlève-t-elle si souvent, si indifféremment dans tous les âges ! pourquoi ce qu'on regardait presque comme un prodige parmi nos péres, et devenu si fréquent parmi nous, ces morts tragiques , ces victimes transportées tout à coup d’un festin , d’une assemblée, dans le cercueil et dans le tombeau! Pourquoi ces spectacles terribles sont ils plus fréquents, si ce n’est parce que les péchés se sont multipliés ? Peut-on s’aveugler au point de méconnaitre en cela les vengeances de Dieu et les punitions du péché ?

Et que serait-ce, si, pénétrant dans l’intérieur: des maisons , on cousidérait les terribles fléaux dont elles sont quelquefois frappées, les fortunes renversées, les héritages dissipés, les procès suscités , les révolutions imprévues, les infirmités avcumulées, les santés dépéries, et plus encore lesdivisions, les dissensions intestines ? On gémit sous le poids des malheurs; on les attribue au hasard, à l'injustice des hommes, au destin rigoureux et aveugle : reconnaissons qu'ils n’ont d’autre cause que le péché qui règne dans les maisons, et qui y attire les vengeances célestes : au lieu de nous en prendre aux créatures , reconnaissons que le coupest parti

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