L'AMR
de plus haut; disons : nous sommes malheureux, parce que noussommes coupables : la main de Dieu est levée sur nous, parce que le péché l’a armée contre nous.
Et que serait-ce encore, à mon Dieu! si après M
ces malheurs présents, ces calamités que nousavons sous les yeux, il était permis de lire dans vos décrets divins, de tirer le voile redoutable qui dérobe l'avenir à nos yeux? On montrerait des malheurs plus grands qui menacent encore, peut-être les morts tragiques et funestes qui sont réservées aux pécheurs. On annoncerait à l’un, qu’après avoir durant un temps pris part aux amusements, aux festins, aux spectacles, aux folles joies de cemonde, sa fin arrivera lorsqu'il y pensera le moins; que le temps de la pénitence ne sera plus pour lui, et qu’une pénitenceéteruelle lui est destinée. On dirait à l’autre , qu’à la fleur de son âge, au temps d’une santé florissante, lorsqu’ilse promettait une longue course, la mort le frappera sans lui laisser même le temps d’apercevoir le coup qui le frappe. O verrait celui-ci étendu sur un lit de douleur, que des amis, des parents, une femme, des enfants trompent par une fausse et cruelle tendresse, en le laissant mourir sans secours, sous un faux espoir de guérison dont ils le flattent, On découvrirait à celui-là comment et avec quelles inquiétudes, pressé par le poids de ses crimes, sitôt qu’il se sentira atteint du trait mortel , il demandera le ministre de la réconciliation, et par un
abitwu aflre:
et liv d’am de D cons.
Jama
malheureux, main de Dieu ché l'a armée
ieu ! si aprés 1enousavons dans vos déle qui dérobe des malheurs peut-être les réservées aux près avoir dunts, aux fescemonde, sa joins; que le pour lui, et ée. On dirait temps d’une tune longue aisser même frappe. O puleur, que des enfants dresse, en s un faux On décou- Iles inquiérimes , sitôt , il demanet par un
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juste, mais terrible jugement de Dieu, ce ministre ne se trouvera pas, ne sera pas à temps ; et le pécheur en prononcant le nom de pénitence mourra en impénitent et en réprouvé. On mani. festerait à cet autre le funeste désespoir où le plongera à ce dernier moment la vue de ses crimes, l’horreur de sa vie, les approches de son Dieu qui viendra à lui, et qui viendra non en sauveur, mais en juge, mais en vengeur : non, se dira ce pécheur, mes péchés sont trop grands, il n’est plus pour moi de miséricorde : je suis perdu. Ainsi tenant encore, pour ainsi dire:
Jésus-Christ sur les lèvres, ayant le crucifix en main, il mourra, le crime et le désespoir dans
‘ le cœur : le moment est venu, il expire. Le corps
étendu sur le lit n’est plus qu’un cadavre, et l’âme
adéjà paru devant Dieu avec ses péchés. La voila
cette troisième mort plus funeste que toutes les
autres, et la’punition, du péché la plus redoutable,
30 La mort éternelle. Voilà cette âme a jamais
lo ignée de Dieu, séparée de Dieu, maudite de Dieu , à jamais précipitée dans la profondeur des abiwes, dansles feux dévorants, dans des ténèbres affreuses, à jamais déchirée de remords accablants, et livrée à des regrets stériles; à jamais abreuvée d’amertume et de fiel; à jamais victime de la colère de Dieu, sans que jamais la moindre lueur de consolation vienne briller à ses yeux, parce qu’à jamaisle péché vivra dans cetteâme, subsistera dans
cette âme, élevera des cris vengeurs vers Dieu contre cette âme, demandera une vengeance éternelle rent contre cette âme. O péché ! à mort dans le péché ! veng
Hélas! pour plusieurs qui lisent ces grandes , dau:
ces terribles vérités , ne sont-elles que de simples M jerr menaces ? Combien peut-être, combien sont des- ® sur tinés à une mort prochaine ? combien à une mort "À les subite? combien finiront leur course pur une # ou mort sans préparation, sans pénitence, sans sacre- péc ments, ou précédée des sacrements, mais accom- # l’ho
pagnée des remords, et suivie de la réprobation? Combien peut-être termineront leur carrièrelivrés aux horreurs d’une présomption diabolique, d’une impénitence affreuse et volontaire , ou d’un désespoir encore plus affreux? quel sort ! quel malheur! Nous n’y pensons point, nous ne le prévoyons pas : et peut-être l’arrêt va être porté con-
tre nous, peut-être Dieu a-t-il déjà les yeux sur @ pren nous pour nous désigner à la mort; peut-être @ ciel. dans peu va-t-il lui ordonner de frapper; etnous # vue: nous livrons aux amusements , aux folles joies de # Pins ce monde; et nous vivons tranquillement dans le # glaiv péché. Est-ce folie? est-ce aveuglement? où # deD est notre foi ? 4 pour MÉDITATION ie P Sur le méme sujet. | de
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Pour concevoir une juste idée du péché mortel , com!
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considérons-le sous quatre points de vue différents, ou plutôt sur les quatre grandsthéâtres des vengeances de Dieu ; je veux dire l’ange rebelle dans le ciel , le premier homme dans le paradis jerrestre, tant de malheureux dans les enfers et surtout Jésus-Christ sur le Calvaire; car en voyant les peines terribles auxquelles Dieu condamne, ou pour le péché, ou pour la seule apparence du péché , nous comprendrons aisément quelle est l’horreurinfinie que Dieu en a, ce que nous avons à craindre, si nous venons à le commettre et à y persévérer.
Mon Dieu, éclairez mon espritet touchez mon cœur : c’est ici surtout où j'ai besoin du secours de vos grâces, pour apprendre à détester l’unique ennemi que j'aie à craindre ence monde.
Premier théâtre des vengeances de Dieu, et première victime du péché, l’ange rebelle dans le ciel. De quelle frayeur ne suis-je pas saisi à la vue de sa punition? L’ange désobéit à Dieu, et à l'instant il porte la peine de sa désobéissance. Le glaive de Dieu est levé sur lui; l’ange éloigné de Dieu, chassé à jamais du paradis, précipité pour toujours dans le sein d’une éternité malheureuse : d’un ange le péché fait un démon.
Pensée terrible et effrayante pour moi, dans la comparaison que je fais de mon péché avec celui de l’ange coupable! Car enfin l’ange n'avait commis qu’un seul péché, et un péché de pensée,
et un péché d’un moment ; et moi, à mon Dieu! qui ai commis tant de péchés, de si grands péchés et qui en ai commis si souvent ! L’ange n'eut pas un seul moment pour se reconnaître ; le même instant qui le vit coupable, le vit malheureux ; et moi, depuis mon péché, Dieu m'a accordé le temps de rentrer en moi-même; la grâce me l’a souvent inspiré, ma conscience n’a cessé de crier contre moi; et malgré cela j'ai langui, j’ai différé , je gémis peut-être encore dans le péché. Ah, Seigneur ! ce funeste délai dans le péché n'est-il point un péché plus grand que mon péché même ? Il semble , 6 mon Dieu! qu’il devait bien vous en coûter de perdre une créature aussi parfaite que l’ange , au moment qu’elle sortait de vos mains. Que si malgré cela vous avez sacrifié à votre colère l’ange rebelle, quelle vengeance ne ferez-vous pas éclater contre l’homme pécheur ?
Deuxième théâtre des vengeances de Dieu sur le péché, le premier homme dans le paradis terrestre. L’homme à peine sorti du néant par la création, se précipite dans un néant encore plus affreux par le péché. Bientôt son crime est suivi de sa condamnation et de son malheur; chassé du paradis, dépouillé de tous ses avantages, condamné à une pénitence de neuf cents ans, enfin aux horreurs de la mort, ce n’est encore rien. Adam par son péché allume la colère de Dieu contre lui; mais ce n’est pas contre lui seul qu’elle
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éclate; toute sa postérité est enveloppéte dans le même arrêt, et frappée dans le même anathème.
Ici, Ô mon âme! formons-nous une image de tous les malheurs dont le genre humain est accablé; réunissons en esprit toutes les calamités qui ont mondé l’univers, la faim , la soif, les infirmités, les maladies, les chagrins, les guerres , les pestes, les famines, et tous les fléaux de Dieu; et disonsnous : voila les effets du péché, et les funestes rejetons de cette tige maudite. Sans le péché, il n’y aurait jamais eu de malheurs sur la terre.
Allons plus loin , descendons en esprit dans le sein des tombeaux ; représentons-nous les cadavres de tous ceux qui y ont été ensevelis , ce tas affreux d’ossements, les cendres , la poussière où ils ont été réduits , les vers dont ils ont été dévorés ; et dans notre frayeur , disons-nous encore : voila les effets du péché ; sans lui il n’y aurait jamais eu ni ossements , ni cadavres. O mon Dieu ! il faut que le péché soit quelque chose de bien affreux , il faut quela source d’où coulent tant de maux soit bien empoisonnée , pour produire des effets si terribles.
Ce qu’ily a de plus effrayant, Ô grand Dieu, juste Dieu ! c’est que votre colère , qui depuis six mille ans est armée contre nous par le péché, ne s’est point encore rallentie, votre main veugeresse est encore levée sur nous ; celte étincelle a produit un funeste incendie , qui ne s’éteindra
que par l'extinction du genre humain. Tant qu'il restera une goutte du sang d'Adam sur la terre il faudra que ce sang soit purifié par le feu de votre colère ; et ce feu vengeur ne cessera sur la terre , que pour s’allumer avec plus de fureur dans l’enfer, et pour y pour suivre implacablement les restes de cette race coupable et maudite, Mon Dieu , que votre justice est redoutable, et que le péché doit être horrible à vos yeux ! 30 Nouveau théâtre des vengeances de Dieu , encore plus terrible , tant de millions de réprouvés dans le sein des enfers. Transportons-nous un moment à l’entrée de ce séjour des vengeances, et placés pres un de ces soupiraux embrasés qui vomissent sans cesse des feux et des flammes , formons-nous l’idée du péché et de ses horreurs : voyons ces gouffres affreux ; c’est le péché qui les a creusés dans le sein de la terre ; ces feux dévorants , ces flammes vengeresses , c’est le péché qui les a allumés par le souffle de la colère de Dieu ; ces ténèbres épaisses , elles sont encore moins affreuses que celles que le péché répand dans une âme : ces victimes infortunées , c’est le péché qui les a précipitées dans ces gouffres d'horreur : écoutons les soupirs, les gémissements les hurlements lamentables et désespérants , c’est le péché qui les pousse par leurs bouches. Allons donc en esprit dans ces abimes y puiser l'horreur du péché; considérons-le à
tr'av que gero pou Sou:
exci puis anat A nous théä redo rest nous SOyo nous Parr time r'uisS Dieu cond victit
. Tant qu'il sur la terre ar le feu de cessera sur s de fureur re implacable et mauredoutable, os yeux !
s de Dieu, e réprouvés hs-nous un engeances, mbrasés qui s flammes , s horreurs :
péché qui ; ces feux es , c’est le le la colère sont encore hé répand ées, c’est es gouffres :s gémisset désespépar leurs es abimes ‘rons-le à
ÉLEVÉE A UIEU. 157
lravers ces sombres lucurs, ces épaisses ténèbres : quelque sombres qu’elles soient , elles se changeront pour nous en autant de vives lumières , pour nous faire connaitre et détester le péché. Sous cette affreuse image , pourrait-il ne pas exciter toute la haineet l’exécration de nos cœurs, puisqu'il mérite toutes les malédictions et les anathèmes du Dieu des vengeances ?
4° Mais oubliant , s’il se peut , tout ce que nous avons médité , considérons un quatrième théâtre des vengeances de Dieu, encore plus redoutable que tous les autres ; c’est le Calvaire. C’est là où un Dieu Sauveur , un Dieu mourant nous appelle. Placés aux pieds de sa croix, soyons témoins du spectacle sanglant que la foi nous présente ; déja le bras de Dieu est levé , l’arrêt est porté contre le Saint des saints, la victime est attachée à la croix , le sang de l’Agneau ruisselle à grands flots sur la terre ; le Fils de Dieu même expire sur une croix. Voilà où l’ont conduit nos péchés, dont il s’était rendu la victime.
Ce qu'il y a d’étonnant , c’est que Jésus- Christ n’avait en lui que la seule apparence du péché , et que cette seule apparence a suffi pour le rendre anathème aux yeux de Dieu, et en cette qualité , pour le faire condamner à la mort ; et cequ’ily a de plus étonnant encore , c’est qu’il ne fallait rien moins que la mort et les
mérites d’un Dieu pour expier le péché. Non, toutes les vertus des saints, tous les mérites des Justes, tous les tourments des martyrs, tous les mérites mêmes de la Reine des anges et des saints n’aurait pas suffi pour expier un seul péché. Mais ce qu’il y a de plus déplorable, c’estque la mort d’un Dieu n’ait pas encore touché nos cœurs , pour les arracher au péché. Oui, mon adorable Sauveur ! par votre mort vous aurez fait éclipser le soleil, vous aurez ébranlé les fondements de la terre, vous aurez fait ouvrir les tombeaux, vous aurez fait fendre les rochers et nos cœurs , plus durs que ces rochers mêmes , seront insensibles ct ne gémiront pas sur l’horreur du péché, qui a élevé votre croix, quia versé votre sang , qui à causé votre mort! Y sera-t-il encore insensible ce cœur ? Non, mon Dieu , à ce moment il vase livrer à l’amertume de sa douleur.
Pour moi, à mon Dieu ! il me semble que pour connaitre, déplorer et détester le péché, on n’a besoin ni de raisonnement ni de discours. Je me prosterne aux pieds de votre croix , je lève les yeux sur elle, et à la vuc du terrible spectacle que me présente la foi , je me dis à moi-même : Voila l’effet du péché. Cette tête penchée , c’est l’effet de tant de pensées criminelles qui se forment dans nos esprits ; ces yeux noyés dans leurs larmes, c'est l’eflet de tant