NEUVIÈME LECTURE
Sur la mort.
L'affaire la plus importante de notre vie, c'est de nous préparer à la mort, et le moyen le plus assuré de nous y préparer, c’est d’en rappeler, d'en méditer souvent la pensée. Du sein même des ombres, dont la mort est environnée, sortiront les plus vives lumières. Voici les grandes vérités qu’elle offre à nos réflexions.
1° Nous mourrons : l'arrêt immuable est porté contre nous, chaque jour il s’exécute sur quelqu’un des enfants d'Adam. Au moment même où je médite, il y a quelqu'un dans le monde qui rend le dernier soupir, et qui commence son éter-
nité. Peut-être que celui qui doit le suivre, c’est
moi-même. Ÿ pense-t-on? la terre entière n’est qu’un vaste théâtre, toujours couvert de quelque cadavre nouveau, et un abime immense qui s’ouvre pour l'engloutir ; et cependant cet arrêt porté contre nous, qui est-ce d’entre nous qui se donne le temps de l'écouter, de le méditer, de l’approfondir ? Hommes mortels et toujours mourants, nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir ; nous éloignons même la pensée de la mort, comme si, en éloignant la pensée nous évitions ses horreurs. Ainsi vivons-nous dans l'oubli
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