‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 34 sur 95 · DIXIÈME LECTURE · texte numérisé non relu

DIXIÈME LECTURE

Sur le jugement particulier du pécheur.

Le jugement particulier est celui qui se fera de nous au moment même de notre mort ; car avant le dernier jour, ce grand jour des vengeances, où tous les hommes cités à la vallée de Josaphat, doivent paraitre au jugement universel pour la justification solennelle et publique de la Providence, il y aura un autre jugement particulier et personnel >» que chacun de nous doit subir à la fin de ses jours.

Jugement moinsredoutable en apparence, parce qu'il sera sans appareil, sans solennité , sanséclat ; mais jugement, en effet, plus redoutable par ses suites et ses effets, puisque c’est là que doit être décidé le sort éternel de chacun de nous, et que ce dernier jugement qui doit suivre ne sera que la manifestation du premier qui aura précédé.

Ainsi, après le court espace de quelques années qui se sont écoulées sur la terre, après urre vie souvent passée dans la vanité, les amusements de la vie, quelquefois dans le désordre et l'excès des passions, après une maladie peut être longue et languissante, peut-être courte et de quelques jours; après les agitations , les angoisses, les défaillances du dernier combat, viendra enfin le moment dé-

cisif où nous finirons notre course, et où l’on dira de nous ce que nous avons dit de tant d’autres, 7/ est mort. Quelques larmes, ou sincères ou simulées, quelquesregrets ou par tendresse ou par bienséance, accompagneront le cadavre du mort, qu’il faut bientôt enlever aux yeux effrayés des vivants,

J’accompagne en esprit l’âme qui vient d’en être séparée : la voila entrée dans l’éternité, transportée dans cette région sombre des morts. Quelle est en ce moment sa surprise à l’entrée de cette nouvelle carrière? seule, étonnée, éperdue, comme investie de la majesté souveraine de Dieu, elle se trouve abandonnée absolument de tout. |

Abandonnée du monde et des créatures : ses amis, ses parents, ses protecteurs, tout ce qu’elle avait de plus cher au monde l’a suivie jusque là ; mais à l'entrée de cette terre étrangère, sur le bord de cette région de ténèbres, tout s’est éloigné. Où sont-ils à présent ces bras de chair, ces objets enchanteurs , cette idole trompèuse du monde ? Hélas ! durant sa vie elle leur a sacrifié ses biens, son repos, son salut; et dans ce moment tout * disparu, l’âme reste seule avec ses œuvres et ses regrets. :

Abandonnée de sa propre conscience, je veux dire de cette conscience fausse, erronée, qui l'avait séduite et aveuglée durantsa vie, mais qui, devenue alors une conscience droite, et qui sortant de son assoupissement et de ses erreurs, livre le pé-

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ÉLEVÉE A DIFU, 147

cheur à lui-même, à ses regrets et à son malheur.

Ces abandons sont terribles : maisil en estun autre bien plustriste et plus accablant. Abandonné de son Dieu, c’est à dire de ce Dieu autrefois si plein de bonté, de tendresse et de miséricorde pour elle, et ne trouvant plus en lui qu’un Dieu

juste, irrité et vengeur : ce n’est plus que le Dieu

terrible, le Dieu des armées, qui se dépouille du nom de père tendre, pour prendre celui de juge irrité et d’ennemi implacable.

Représentons-nous donc cette âme dans cette situation terrible , dans ce moment effrayant. La voila, au sortir de son corps, transportée à l’instant au tribunal de son juge, seule avec Dieu seul; le ciel d’une part , l'enfer de l’autre, le tribunal de Dieu entre deux ; et l’âme suspendue entre l’un et l’autre; tremblante aux pieds de son Juge, dans l'attente formidable de son arrêt éternel. Quels objets vont s’offrir alors à cette âmeétonnée ! le triste tableau de toute sa vie sera présenté à ses yeux, depuis le premier usage de sa raison, Jusques au dernier soupir; toutes ses pensées toutes ses paroles, toutes ses actions, tous ses péchés entrent en jugement avec elle. Que de sentiments secrets ! que d'objets cachés ! que d'illusions ! que de faux principes ! que de mystères d’iniquité ! que d’excès.

Et ne pensons pas qu'il faille un long temps

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pour faire cette discussion, et décider du sort éternel de cette âme coupable ; un instant déci— dera de tout pour toujours : oui, à l'instant même que l’âme sort de son corps , elle trouve son Dieu, il se présente à elle, et ne s’y présente qu’en qualité de juge. À ce même instant la lumière divine frappe ses yeux, et dans elle, comme dans un miroir éclatant ; elle voit tout à la fois ses péchés, sa sentence, et son sort éternel. Elle y voit ses péchés, leur nombre, leurs circonstances, leur énormité, leur durée; elle y voit la sentence qu’elle mérite, elle la lit de ses propres yeux, elle en voit l'équité , les motifs, l’étendue; elle voit son sort durant toute l'éternité, fixé, irrévocable, et par la

même désespérant: c’en est fait, lui dit le souve-

rain Juge, tu es jugée, fues répouvée, je te rejette, je te maudis, je t’éloigne de moi pour toujours; mes yeux et mon cœur sont fermés pour toi; tu ne me verras jamais. À l'instant même les miuistres du Dieu des vengeances se saisissent de la victime, l’entrainent dans ce lieu d'horreur, oùles tourments seront à jamais son partage ; elle y est précipitée, et tout est fini.

Hélas ! 6 mon Dieu ! il u’y a qu’un moment que cêtte âme a rendu le dernier soupir, son corps est encore étendu dans le lit de douleur, et ressent encore un reste de la chaleur naturelle, les assistants en pleurs l'entourent dans un morne silence, l'arrosentencore de leurslarmes, le considerent

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lecorps n’est point encore enseveli dansla terre , et déjà l’âme est ensevelie dans les enfers.

Eglise sainte, vous vous revêtez d’ornements lugubres à la perte de vos enfants ; incertaine de leur sort, vous priez encore poureux; vous invitez par de tristes sons les fidèles à joindre leurs prières ; vous envoyez vos ministres offrir le sacrifice des vivants et des morts. Arrètez, Eglise sainte ; ministres du Dieu vivant, suspendez vos vœux ; et vous , cloches lugubres , faites entendre sur cette âme des sons encore plus lamentables : il n’est plus de ressource pour elle ; prières , larmes , supplications , sacrifices , tout est inutile ; le règne de la miséricorde a fini ; celui de la justice commence, pour ne finir jamais.

Telles sont donc pour cette âme les suites terribles de ce jugement redoutable ; la malédiction éternelle de Dieu qui tombe sur elle; des peines affreuses qui commencent , pour éterniser son tourment ; un désespoir affreux qui comble tous les malheurs. Voilà , dis-je, cette âme frappée de Dieu, maudite de Dieu, éloignée de Dieu pour

toujours, Non, Jamais elle ne verra Dieu,

jamais elle ne se réunira à l’auteur deson ètre ; un sombre nuage le dérobe pour toujours à ses . yeux ; elle fera entendre ses soupirs , ils seront rejetés ; elle poussera des cris lamentables,

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jamais ils ne seront écoutés ; et celui qui par sa possession devait assurer sa félicité , par sa séparation et sa perte , fera à jamais son malheur.

Qu'il sera affreux , qu’il sera accablant le désespoir de cette âme, qui sentira qu’elle aurait pu être heureuse , et qui se voit condamnée à un malheur sans consolation , sans espérance , à jamais sans remède ! Mais c'en est fait , le jugement est porté sur cette âme, le sort arrêté , le malheur à son comble ; les abîmes se sont ouverts pour l’engloutir à jamais. Le chaos immense se ferme sur elle ; et sur cet abime fermé, la main de Dieu grave en caractères de feu ces paroles à jamais redoutables : éternité, éternité , éternité.

MÉDITATION

Sur le méme sujet.

Le jugement redoutable que cette âme vient de subir , je sais , Ô mon Dieu ! que je le subirai moi-même un jour, et qu’au moment mêmede ma mort je paraitrai devant vous pour rendre compte de toute ma vie ,et recevoir l’arrêt de mon sort éternel. Je vais m’y disposer , seul avec vous seul comme je serai alors , présterné à présent au pied de votre croix comme alors au pied dc votre tribunal, je vais me juger moi-

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même , ou plutôt me présenter à vous comme à mon souverain Juge, et apprendre sur quoi un jour je serai jugé.

Soutenez-moi , d mon Dieu ! je vous demande en ce moment toutes les lumières qui peuvent éclairer mon esprit , toute la douleur qui doit pénétrer et briser mon cœur ; enfin, toutes les grâces pour me préparer à ce terrible jugement, et pour en prévenir les rigueurs.

Le souverain Juge étant doncassis sur son tribunal, l’âme tremblante, effrayée au pied de ce tribunal, dans l’attente formidable de son arrêt éternel , Dieu ouvre le livre de vie et de mort à ses yeux, et le jugement redoutable commence. Voici, à mon âme! quelle en sera la matière : voici les sept chefs principaux sur lesquels nous serons interrogés, et sur lesquels nous aurons tous à répondre; préparons-nous-y ; c’est là dessus que se décidera notre éternité,

1° Jugement sévère des péchés que nous aurons cominis ; péchés de pensées , de paroles, d'actions , d’omissions ; péchés de tous les temps et de tous les âges ; péchés dans leur espèce et leurs circonstances ; péchés peut-être cachés dans le tribunal de la pénitence, parce qu’une fausse honte aura fermé la bouche , malgré les remords secrets d’une conscience alarmée ; péchés déguisés , qu’on n'aura déclarés qu’à demi, qu’on aura palliés ou dissimulés , voyant qu'on laissait

des replis dans l'âme , et que le cœur n'était pas en repos; péchés oubliés, mais peut-être comme volontairement oubliés , parce qu’aussitôt qu’ils venaient se présenter à l'esprit, on les éloignait comme autant de pensées importunes qui troublaient les plaisirs, et réveillaient les remords : que de monstres cachés jusque alors paraîtront ad grand jour !

Peut-être durant ma vie aurai-je dissimulé, excusé mes péchés. Dieu me;!25 présentera alors dans toute leur énormité : hésas ! quelque grands qu’ils soient, si onles avait déplorés , ils seraient pardonnés ; mais s'ils ont subsisté jusqu’à la mort, ils vivront dans l'éternité , pour la rendre à jamais malheureuse.

2% Jugement rigoureux des péchés que nous aurons fait commettre ; tant de mauvais conseils , tant de mauvais exemples , tant d'occasions dorfnées à l’offense de Dieu : et à la perte des âmes ; ces discours libres et licencieux qu’on auratenu : ces livres pernicieux qu’on aura communiqués , ces airs libres et indécents, ces ornements, ces parures mondaines , ces railleries impies sur Ja religion et ses saintes pratiques ; tout cela ne rendra-t-il pas responsable de tout le mal qu’on aura occasioné devant Dieu? combien peut-être seront à ses yeux plus coupables par les crimes qu’ils auront fait commettre aux autres , que par ceux qu'ils auront eux-mêmes commis?

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O mon Dieu! n’était-ce pas assez pour moi du poids accablant de mes propres péchés sans me charger encore des ceux des autres? tel sera cependant le jugement que vous m’en ferez subir, et le compte que vous m’en demanderez.

3° Jugement terrible des péchés que nous n’aurons pas empêché de commettre , y étant obligés. Dans mille occasions on le pouvait et on le devait. On était chargé de l’édification , du bon ordre ; on l’a négligé. On voyait cette personne remplie d’amertume et de fiel; un mot l'aurait adoucie. On était chargé de l'éducation de cette autre; on l’a laissée à ses penchants : onen répondra sang pour sang, âme pour âme. On entendait la médisance déchirer la réputation du prochain, l’impiété, l’irréligion débiter de funestes maximes, un lâche respect humain a fermé la Fouche ; ce silence même est un crime, souvent un scandale, quelquefois une prévarication et une espèce d’apostasie, Combien d’âmes porteront devant Dieu le terrible fardeau et des péchés qu'elles auront commis, et de ceux qu’elles auraient dû empêcher de commettre ?

N’ai-je rien à me reprocher en cepoint? Dieu en

jugera, non plus dans sa miséricorde, mais dans

la rigueur inexorable de sa justice ; et qu’aurai-je à répondre, si je suis moi-même foréé de me condamner !

4 Jugement redoutable du bien que nous

n’aurons pas fait. J'entends l'apôtre qui dit : « Scienti bonum et nonfacienti, peccatum est illi ':; Connaître le bien et ne pas le pratiquer, c’est un crime. Que de bien qu’on aurait pu faire et qu'on aura négligé! On aunonçait la parole de Dieu ; y avons-nous été assidus? On offrait le sacrifice divin ; y avons-nous assisté ? On exhortait à l'approche des sacrements ; les avons-nous fréquentés ? Les cris de l’indigence et de la misère sont /allés jusqu’à nous; avons-nous ouvert à leurs besoins un cœur tendre et une main bienfaisante ? les malades , les avons-nous soulagés. dans leurs infirmités? les aflligés , les avonsnous consolés dans leurs peines ? les prisonniers , les avons-nous visités dans leurs fers? Combien se rassurent, parce qu’ils n’ont pas commis de grands crimes , quand ils devraient trembler pour n’avoir pas pratiqué de grandes vertuss ayant tant de moyens de le faire ! O mon âme! priez, tremblez; jugez-vous vous-même, et n’attendez pas que surtout cela Dieu vous appelle à un jugement sans retour.

5° Jugement formidable du bien même que nous aurons fait; car le Dieu vengeur inenace d'appeler en jugement les justices mêmes. Nous aurons pratiqué de bonnes œuvres, mais comment, et par quel motif, et dans quelles vues ?

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ÉLEVÉE A DIFU. 155 La vanité, le respect humain n’y a-t-il point eu de part? des aumônes sans choix, des prières sans attention ; des confessions sans douleurs , des communious sans préparation et sans fruit arbre trompeur , vous n’avez porté que des fruits gâtés : le ver rongeur de l’amour-propre les à tous infectés. Hélas ! quel sera notre sort ? nous croirons avoir amassé des trésors de mérites, et nous paraitrons devant Dieu les mains vides.

Mon Dieu, que vos jugements sont terribles !

peut-être que mes vertus mêmes en feront la matière, et que ce que je croyais devoir mériter quelque chose devant vous sera un titre de condamnation contre moi.

6 Jugement effrayant des grâces que nous avons reçues, et dont nous n’aurons pas profité ; tant de lumières, de saintes lectures, d’exemples édifiants, de vives inspirations , de remords salutaires. Dieu tenant la balance en main, mettra d’une part ses dons et ses grâces ? et de l’autre, il attendra que nous mettions notre fidélité et notre correspondance. Que sont devenues tant de grâces, et quel fruit en avez-vous retiré ? Tyr et Sidon, venez confondre ces chrétiens ingrats et perfides. Malheureux! vous m'obligez de mettre mes grâces négligées au rang de vos crimes accumulés ; ét ce qui devait assurer votre bonheur, va mettre le sceau à votre perte et à votre réprobation.

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Comment, à mon Dieu! ne tremblerais-je pas à la vue et dans l'attente d’un examen si rigoureux ! Si cette seule pensée est capable de m’alarmer à présent, que sera-ce donc au moment de l'exécution!

7% Jugement , et jugement encore plus formidable des grâces mêmes que nous n’aurons pas reçues. Hé quoi! 6 mon Dieu! sommes-nous coupables de ce que vous n’avez pas été libéral ? Voici l’explication de ce redoutable mystère du

Jour des vengeances. Ces grâces, Dieu nous les

avait préparées; c’est par notre faute que nous ne les avons pas reçues. Si nous avions été fidèles elles nous étaient assurées; les premières en auraient attiré d’autres, qui auraient été suivies d’autres encore plus précieuses : notre infidélité lesa éloignées et nous en a rendus responsables. Le soleil brillait, et nous avons fermé les yeux ; sommes-nous excusables, si nous nous sommes aveuglés? Ames infortunées , tandis que plusieurs seront condamnés pour les biens qu’ils auront recus, vous le serez encore pour ceux mêmes dont vous aurez été privés.

Que de grâces vont en ce moment s'élever contre vous, et contre vous demander vengeance !

Tel et plus redoutable encore sera le jugement que j'aurai à subir à ma dernière heure ; sur tout cela je serai examiné, je serai jugé. Hélas ! ne me

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trouverai-je point alors dans l'état de cette âme coupable dont j’ai médité le malheur.

Que restera-t-il donc alors? si ce n’est que le souverain Juge porte enfin sur cette Âme la terrible sentence, qui doit fixer à jamais son sort avec son malheur : Retirez-vous de moi, dme maudite, allez au feu éternel. Terribles paroles! je suis assuré de les entendre prononcer un Jour , et Je suis incertain si elles ne seront point prononcées contre moi. Que puis-je désormais autre chose, que d’en fairele reste de mes jours le sujet de mes réflexions , de mes craintes, et de mes regrets ?

PRIÈRE

Que vos jugements sont redoutables, 0 mon Dieu ! et que les hommes sont aveugles , de ne pas les méditer jour et nuit! Demain peut-être ils les subiront, et ils vivent aujourd’hui dans la dissipation et l’égarement. Juste Juge, n’entrez pas en jugement avec votre serviteur : le juste même ne pourrait en soutenir les rigueurs ; que sera-ce de l’homme picheur et coupable ? Quel sera mon sort en ce jour formidable? serai-je au nombre des élus? aurai-je'le malheur d’être rejeté avec les réprouvés ? Vous êtes encore à présent un Père plein de bonté, écoutez la voix de mes regrets et de mes soupirs, tandis qu'il est temps. De ma

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part, je vais me disposer à ce grand jour , et voici les résolutions que je forme au pied de votre croix, comme au pied du tribunal de votre

justice.

PRATIQUE

1° Je méditerai souvent sur la rigueur de vos jugements, J'en rappellerai souvent la pensée, bien capable de m'en inspirer la crainte sanb ic

2° Je tâcherai de m'y préparer chaque jour ; je me jugerai sévèrement moi-même; je me mettrai au dessus des jugements des Rome: quand ils m’éloigneront de votre sainte loi.

3° Je suivrai le conseil du prophète pénitent : dans toutes mes pensées, mes paroles, mes actions vos jugements seront la règle de ma conduite , puisque tout cela doit être la matière de mou jugement.

4° Enfin j’espèrerai en vous, j'implorerai votre miséricorde, je tâcheraide me tenir prêt à paraitre devant vous quand vous m’appellerez.

Ainsi travaillerai-je à me rendre mon Juge propice, et son jugement favorable? tels sont mes sentiments : puis-je les conserver toute ma vie, et les porter gravés dans mon cœur jusqu’au moment où j'ivai paraitre devant vous!

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