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un effetde la miséricorde de Dieu qui pouvait
| me précipiter dans ces gouffres d’horreurs, où
} Je serais actuellement abreuvé du fiel et de l’amer- | tume d’un désespoir éternel. De sorte que j'ai À plus d’obligation à Dieu de m'avoir préservé de tomber dans l’Enfer, que si, y étant déjà tombé , il m'en avaitretiré.
Si Dieu rappelait Caïn de ce lieu de supplices, de cette prison éternelle , quels retours de reconnaissance , de pénitence, d'horreur du péché, ne concevrait-il pas? aurait-il assez de sentiments à offrir à Dieu, assez de rigueurs à exercer contre lui-même? Or, ma reconnaissance doit être encore plus grandeet plusanimée. Car le bienfait est bien plus signalé , depréserver que de retirer du malheur.
J'ai mérité l’enfer : voila, Ô mon Dieu! le
triste et funeste état où je me suis jeté par mon péché; et voilà la grâce que vous m’avez accordée de m’en retirer par votre miséricorde, préférablement à tant d’autres qui sont morts dans cet état de péché et qui en subiront à jamais la peine. Votre tendresse ne s’est point rebutée de mes iniquités; elle m'a supporté ; elle m’a rappelé ; elle m'a attendu ; elle n’a point consenti a me perdre, Mais toujours est-il.vrai que de ma part j’ai mérité plusieurs fois l’enfer, et que je me suis rendu digne de tous ses tourments. A cette vue je ne dis plus quelle doit être ma reconnaissance | mais quels doivent être mes transports ? Un seul péché mériterait toutes mes larmes, puisque un seul péché pouvait me damner à jamais. Puis-je donc trop pleurer des péchés sans nombre? puis-je trop gémir sur des péchés multipliés,et malheureusement accumulés tant de fois!
J’ai mérité l’enfer : à cette vue désolante , d mon Dieu ! mon âme se trouble, consternée, abattue aux pieds de votre justice, sans oser vous regarder ni vous parler que par ses soupirs. Regardez-les comme l’hommage le plus sincère que je puisse vous. offrir de ma reconnaissance et de ma douleur.
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SECOND POINT
Je suis incertain si actuellement même je ne mérite pas encore l’enfer ; certain d’avoir mortellement péché , je suis incertain si j’en ai fait pé-
A nitence, du moins une pénitence véritable, sin-
« cère, proportionnée à la grandeur demes crimes, © capable d'apaiser la colère de Dieu, de me ren- | dre sa grâce que j'avais perdue. Je me suis appro- … ché dusacré tribune! dela pénitence ; mais suis-je “ assuré de l'avoir fait avec les dispositions né+ . cessaires , pour l’examen, la déclaration, la dou- . leur, le propos ? or, si j'ai manqué à quelqu'un de ces points, mon péché ne m’a pas été pardonné let si cela est, je suis encore actuellement en état À de péché, et actuellement encore je mérite l’enfer !
À Cehendant, hélas ! je suis et serai toujours incer- | tain sur tous ces points essentiels au salut de mon | âme. Je suis donc et je serai toujours incertain si,
RS
i à chaqueinstant de ma vie, je ne mérite pas l’enfer.
}'Ah , quel malheur d’avoir à jamais offensé Dieu ñ et perdu le précieux trésor de sa grâce ! Heureuse … et mille fois heureuse une âme qui l’a toujours
+ conservée ! heureux les enfants qu’une mort pré-
maturée a enlevés de ce monde après leur bap-
tème ,etavant qu’ils eussent le malheur d'être
infectés du funeste poison du péché!