‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 43 sur 95 · HUITIÈME LECTURE · texte numérisé non relu

HUITIÈME LECTURE

Sur l'esprit de Pénitence.

Il y a deux sortes de pénitences consacrées dans la religion ; la pénitence extérieure et des sens ; la péuitence intérieure et du cœur : l’une et l’autre nécessaires et indispensables. Nous sommes chrétiens ; la pénitence est l'apanage de notre religion. Nous sommes pécheurs ; la pénitence est la peine de notre péché.

Pénitence extérieure et des sens qui mortifie, qui afflige le corps. C’est une illusion dangereuse, et cependant une illusion bien commune, de pen- " ser que la pénitence intérieuresuffise au pécheur , et que la pénitence extérieure et des sens ne soit pas absolument nécessaire pour expier le péché. Erreur funeste que la raison désapprouve , que PEvangile condamne. Il est vrai que la pénitence intérieure est plus excellente et plus méritoire ; mais il n'est pas moins vrai que la pénitence ex— térieure est nécessaire et indispensable,

C’est une maxime fondamentale dans la morale chrétienne , que le péché ne peut être expié que par la pénitence , et que tout ce quia été infecté par le péché doit être purifié par la pénitence, Suivant ce principe, le corps

a contribué au péché ; le corps doit donc être puni. Le corps a souvent été le complice du crime ; il doit participer à la pénitence. L’apôtre ne l’appelle pasautrement qu’un corps de péché ; il en a été l’instrument et l’organe , ilen doit être la victime et l’objet.

Tout l'Evangile, toute l'Ecriture sainte nous prêche la pénitence du corps avec celle du cœur. Chaque page annonce cette vérité, et impose cette obligation. « Quiconque veut être mon disciple, dit le Seigneur, qu’il renonce à soi-même, qu’il

enne sa croix , et qu’il me suive. Le royaume 4 ciel se prend par lu force , et on ne l'emporte que par violence : 6 que le chemin qui mène à la vie est étroit , et qu’il y en a peu qui y entrent ! Non, Je ne suis pas venu apporter la paix , mais la guerre. » En sorte que l’Evangile nous met à tous , en quelque manière , le glaive à la main, pour nous armer contre nous et nos corps, et nous faire à nous-mêmes une guerre continuelle. Tels sont les oracles de la vérité même.

Formé à cette école de mortification et de pénitence , saint Paul explique plus clairement encoïëces oracles divins. Tous ceux, dit-il , qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié 1é leur chair avec ses vices etses convoitises. Ce n’est pas seulement le cœur qui doit être crucifié, mais encore la chair , cette chair criminelle, toujours

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rebelle à l'esprit , toujours excitant une guerre intestine entre l'esprit et le corps. L'obligation que saint Paul imposait aux autres , il la prenait sur” lui-même : de châtie mon corps, disoit-il et je le réduis en servitude, de peur qu’après avoir prêché le salut aux autres, je ne sois réprouvé moi-même : j’accomplis en moi ce qui manque à la Passion de mon Dieu, c’est de m'en faire l'application par une peine personnelle : À dimpleo quæ desunt passionum Christi.

Ainsi ont pensé, ainsi ont agi les saints : on les a vus , les instruments sanglants de la pénitence à la main, couverts du cilice et de la cen— dre , affliger leur corps , le réduire en servitude , Poffrir en holocauste à un Dieu outragé et vengeur. On les voyait le corps exténué de jeûnes, de veilles , de macérations , se consacrer à une pénitence continuelle : leurs membres déchirés , leurs visages pâles et défigurés annonçaient les rigueurs qu’ilsexercaient sur eux-mêmes ; et après touts ces austérités et ces combats ils trembloient encore et ils se demandoient les uns aux autres, plus par leurs soupirs que par leurs discours entrecoupés de sanglots : espérez-vous qu'après nos péchés, Dieu voudra un jour nous faire miséricorde? Hélas ! 6 mon Dieu ! avons-

1 Colos. 1,

D om. np RE OT em.

nous la même foi qu’eux ? suivons-nous le même Evangile ? espérons-nous le mème ciel et la même récompense ?

Que si ces exemples touchants ne suffisent pas , et s’il faut un motif encore plus pressant , allons sur le Calvaire, portons les yeux sur Jésus-Christ même; le grand , le divin modele que nous devons suivre , si nous l’adorons. Ah ! que vois-je, Ô mon adorable Sauveur! dans quel état êtes-vous réduit , et quel spectacle présentez-vous aux yeux étonnés de la foi? votre tête couronnée d’épines, vos yeux noyés dans les larmes , votre bouche abreuvée d’amertume et de fiel, vos mains sacrées , percées douloureusement , votre cœur lui-même percé d’une lance, tout votre corps déchiré et ensanglanté, vos plaies profondes comme autant de voix touchantes et éloquentes , la voix même de votre sang , tout cela, si nous voulons l’entendre , que nous annonce-t-il, si ce n'est la mortification du corps et des sens? Et si nous ne l’entendons pas, membres délicats sous un chef couronné d’épines, ne semblons-nous pas renoncer à notre foi ?

A cette vue, si on est chrétien, dira-t-on encore ce qu’on dit quelquefois dans le monde : les austérités, les mortifications ne sont pas de notre état ; c'est le partage des cloitres et des déserts. Langage de l'illusion ! la religion

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l'a-t-elle jamais conuu ? ne l'a-t-elle pas toujours détesté ? comme si les attaques des passions et des sens étaient moins fréquentes, moins dangereuses dans le monde ; comme si les péchés ne devaient pas être expiés dans le monde par la pénitence ; comme si dans le monde on était dis— pensé de la loi générale qui ordonne aux chrétiens de porter leur croix , de crucifier leur chair , de se renoncer eux-mêmes, d'entrer dans la voie étroite ; comme si les pénitences corporelles n’étaient pas encore plus nécessaires aux pécheurs dans lemonde , qu’à des âmes souvent inuocentes dans la religion. C’est à dire, comme si lesremèdes étaient moins nécessaires aux malades, qu’à ceux qui jouissent de la santé ; comme si , parce qu’on est plus pécheur, on devait être moins pénitent. En un mot, qu’on considère les mortifications corporelles, ou comme précaution pour se préserver du péché , ou comme pénitence pour l’expier ; à ce double titre n'est-il pas évident qu'elles sont plus indispensablement nécessaires dans le monde, que dans les cloitres et les déserts ? L'état dans le monde, dit-on , ne les supporte pas : qu’on sache bien que le premier état est celui de chrétien, et le second celui de pécheur, et en conséquence, de pénitent. Les saints dans le monde étant sous la pourpre et sur les trônes ont pratiqué la pénitence et les mortifications; et

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par les anortifications et la pénitence ils .ont consacré le trône et la pourpre; c’était pour eux une moindre gloire d’être grands et d’être rois, que d’être pénitents et chrétiens.

Que dit-on encore ? et qu'est-ce que l’amourpropre n’inspire pas contre la pratique des pénitences ? La santé ne les permet point, ajoute-t-on; Dieu ne demande pas l’impossible : mais la santé ne permet-elle rien ? ne permet-elle que ce qu’on fait ? ne se flatte-t-on point? ne s’écoute-t-on point en fait de santé ? n’est-ce point un prétexte, plutôt qu’une raison ? mais, malgré ce peu de santé, ne pourrait-on pas retrancher quelque chose de son sommeil, se priver de quelque chose dans les repas , s’assujettir à quelque travail des mains, et à quelque occupation journalière , endurer quelque chose de la rigueur des saisons, supporter quelque incommodité sans tant s’en plaindre? et tant d’ornements , tant de parures, tant de superfluités , tant de vanités, tant de délicatesses ne pourraient-elles pas fournir matiére à quelque sacrifice ?

Quoi qu’il en soit, Dieu ne demande pas l'impossible : mais Dieu jugera un jour de cette impossibilité. Car ce qu’ily a d’étonnant et de déplorable en ce point, c’est que bien souvent on ne peut rien souffrir pour Dieu , et on est en état de tout souffrir pour le monde : on veillera, on

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pourra donner les nuits aux jeux et aux amuse— ments eton ne pourra pas donner une heure à la prière , à une lecture de piété. On sera en état de courir tout un jour pour vaquer à une affaire, ou pour contenter une passion ,; eton ne pourra pas s’assujettir à une visite aux pieds desautels C’est à dire qu’on n’a ni santé ni courage pour être pénitent de la religion et de Jésus-Christ ; et on en a pour être pénitent et martyr du monde et du démon.

O Dieu ! quel aveuglement ! 6 chrétiens , quel désordre et quel crime! Membres de Jésus- Christ , revenons à notre chef et à notre modele ; et prosternés aux pieds de sa croix et à la vue de ses souffrances, de sesplaies ? de ses membres ensanglantés , de son corps déchiré, disonsnous : Voilà mon modèle ; et si le pouvant , je ne limite pas, voilà mon Juge, voilà ma condamnation. Tout corps de péché est dévoué à la pénitence : et si le feu de la mortification ne le purifie pas en ce monde , le feu vengeur le consumera à jamais dans l’autre, Voilà l'Evangile, voila la loi : là dessus jugeons-nous nous-mêémes , ou attendons-nous un jour à être jugés. Ce qu’il y a de sûr , c’est qu’il n’y a que deux voies pour aller au ciel, l'innocence , ou la pénitence : si nous avons perdu l’une, que nous reste-t-il que de neus condamner à l’autre ?

MÉDITATION

Sur le méme sujet.

C’est un cœur pénitent etcontrit que je viens vous offrir , à mon Dieu ! ou plutôt que je viens vous demander à vous-même pour vous l’offrir : daignez le former en moi. Le péché est l’ouvrage de l’homme : la douleur du péché ne peut être que l’ouvrage de votre grâce qui l’engage à la pénitence. Faites, Ô mon Dieu! que j'en connoisse la nécessité, que j’en prenne les sentiments, que j’en accomplisse les œuvres.

Quelle est la nécessité de la pénitence intérieure? premier point : Quels en sont les sacrés

caractères ? second point.

PREMIER POINT

Pénitence intérieure et de cœur : c’est surtout le cœur qui a péché, c'est surtout le cœur qui doit être puni; c’est le cœur qui a goûté une funeste complaisance | c’est le cœur qui doit éprouver une salutaire amertume. C’est dans le cœur, nous dit Jésus-Christ, qu'ont été concus les desirs coupables , les affections déréglées , les projets criminels ; c’est du cœur que doivent sortir les regrets, la componction, les soupirs. C’est sur cet autel du cœur que doit être immolée la vic-

que je viens ue je viens ous Poffrir :

est l'ouvrage Je peut être engage à la xe j'en conne les sentires.

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c’est surtout le cœur qui a goûté une r qui doit *est dans le

été concus réglées , les doivent sorbupirs. C’est molée la vic-

time, et la victime qui doit être immolée, c'est le cœur lui-même. C’est le premier holocauste que Dieu exige, et sans lequel tous les autres sont rejetés comme défectueux.

Si on connoissoit bien ce que c’est que Dieu, et

ce que c’est que le péché, auroit-on besoin d’être

excité à la douleur et au repentir ? Ah! si le cœur est sincèrement pénitent , quels mouvements secrets, quels sentiments douloureux ne concevrat-il pas à la vue d’un Dieu si grièvement offensé, et de tant de péchés malheureusement accumulés! Qu'il est triste, qu’il est amer, quand on vient à ouvrir les yeux sur ses péchés, de voir que toute la vie n’a été qu’un égarement continuel ; qu'on n’a travaillé qu’à sa perte, qu’on n’a vécu que pour pécher; qu’on s’est éloigné de son Dieu, de sa fin dernière ; qu’on a abusé de ses dons, qu’on a toujours couru en aveugle dans la voie de la perdition; que tous les jours que l’on a vécu ont été couverts de ténébres.

Que de réflexions accablantes se présentent alors à l’esprit pour affliger le cœur! les vingt, les trente années sacrifiées au monde, données aux passions, perdues pour le salut et l'éternité. Vous m’en demanderez compte de ces années, à mon Dieu! elles sont marquées dans les trésors de votre vengeance : il me reste a en subir le rigoureux châtiment : je le mérite et je m'y sou

mets; il est juste que vous soyez satisfait, et que Je sois puni : trop heureux que ce soit en ce monde! Punissez-moi , juste Juge ! j”’y consens ; mais punissez-moi dans votre miséricorde, et non dans votre colère.

O douleur! à repentir! se dit alors une âme

pénétrée ; où étoit ton Dieu , et qui étois-tu envers lui! tu t’es servie de ses propres dons pour l’offenser : tu as pu vivre dans sa disgrâce sans te mettre en peine de l’apaiser, et de revenir à lui; il sera dit éternellement que les plus précieux Jours de ta vie ont été employés à le fuir et à l’offenser : de quel œil te regarde-t-il à présent ? a-t-il écouté tes soupirs? a-t-il reçu tes regrets?

a-t-il accepté ta pénitence? Quel état ! quel malheur pour toi! jamais tu ne seras assurée d’avoir retrouvé celui. que le péché a banni de ton cœur,

O retour amer! à moment douloureux ! mais retour et douleur nécessaires. Il faut que ce qui a fait le plaisir du coupable, devienne son supplice; il faut que le triste souvenir du péché purifie l’âme par son repentir. Il faut qu’une amère douleur de s’être éloigné de Dieu , sépare la satisfaction criminelle de s’être attaché à la créature. Tels ont été de tous temps les sentiments des vrais pénitents. On en a vu dés le commencement de leur conversion, pénétrés d’une tristesse si vive, plongés dans un accablement si pro-

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fond , pousser des soupirs si violents, si amers, qu’il sembloit que le cœur ne pouvant soutenir ses transports alloit se fendre et se briser de douleur. Heureuse l’âme qui concoit de pareils sentiments ! Que vous devez en être glorifié, ô mon Dieu ! et qu’ils réparent bien à vos yeux le malheur qu’on a eu d’offenser votre cœur !

SECOND POINT

Mais en même temps, à Dieu saint ! que fautil penser de la douleur tranquille de tant de prétendus pénitents , qui auroient de si grandes raisüns de gémir et de soupirer devant vous? Que dois-je penser moi-même de la mienne après tant de crimes et d’égarements? à mon âme! où est cette douleur marquée par les sacrés caractères de la vraie pénitence? où sont les sentiments qui doivent faire le partage des vrais pénitents ?

Où est cette douleur intérieure qui pénètre le cœur et qui le brise à la vue de ses‘infidélités et de ses désordres ; cette douleur surnaturelle puisée dans le sein de Dieu, et qui ne düit avoir que Dieu pour principe et pour fin; cette douleur universelle qui s’étend à tout, qui gémit sur tout, qui déplore tout ce qui peut déplaire à Dieu et affliger son cœur ; cette douleur souveraine, plus sensible à l’offense de Dieu, à la perte de la grâce

20h « L’AME

de Dieu , qu’à la perte des biens , de la liberté, de la santé, de la vie, qu’à tous les malheurs qui pourroient arriver ? En est-il de plus grand, à mon Dieu, que celui de vous avoir oflensé ?

Ai-je bien gravé dans le cœur cette généreuse détermination de tout accepter, de tout faire

pour apaiser la colère de Dieu ; ce ferme propos , È

cette constante résolution de mourir plutôt un million de fois, que de m’éloigner jamais de Dieu et de son service? où est enfin cette douleur qui doit être au dessus de toute douleur.

Je sais, Ô mon Dieu ! qu’il n’est pas nécessaire qu’elle soit sensible ; cette sensibilité ne dépend pas de nous : mais du moins cette douleur estelle sincère? si elle l’étoit au point qu’elle doit l'être, que n’auroit-élle pas produit de changements et d’eflets dans mon cœur, dans toute ma

conduite? Ah! quand un cœur est sincèrement | pénitent, que n'est-il pas en état d'entreprendre, | de sacrifier , de souffrir? qu’ai-je fait? qu’ai-je |

sacrifié, qu’ai-je souffert pour Dieu?

Ce qu'il y a de certain, et ce qu’il y a de terri- } ble , c’est qu’il suffit d’avoir commis un seul pé- ! ché mortel dans sa vie, pour avoir un sujet de | pleurer le reste de ses jours; c’est que mes péchés 4

ont fait couler les larmes et le sang d’un Dieu; c'est que le péché est l’unique chose qui mérite mes pleurs et mes larmes. |

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ÉLEVÉE A DIEU. 20h

Ainsi pénitence intérieure tellement nécessaire, que sans elle le péché ne sera jamais pardonné ; tellement nécessaire , que sans elle il n’y aura jamais de salut; tellement nécessaire, que si on ne la fait pas en ce monde , il faudra la subir éternellement dans l’autre par le regret et le désespoir.

Touché, pénétré, effrayé de ces grandes vérités et à la vue de tant de péchés, je desire ardemment dans ce moment, à mon Dieu! vous en témoigner un regret éternel, et vous en offrir l’acte de la contrition la plus vive, la plus amère, et la plus parfaite. Voici les sentiments de mon cœur que je consacre à la douleur et au repentir; quelque amers qu’ils soient, seront-ils jamais proportionnés à la grandeur de mes crimes ?

Sentiments d’une Ame pénitente.

Dieu des miséricordes! je viens me présenter à vous tout couvert de plaies, chargé et accablé du poids de mes crimes. J’ai péché contre le ciel et contre vous , Ô Dieu saint! j’ai étouffé les lumières de ma conscience! j’ai abusé de vos gràces ; J'ai violé votre sainte loi ; j’ai foulé aux pieds votre sang adorable; j'ai mérité l'enfer. Quand je passerais toute ma vie à gémir, à pleurer amèrement sur mes offenses : quand je verserais autant

206 L'AMF

de larmes qu’il y a de gouttes d’eau dans le sein des mers ; quand je souffrirais tous les tourments qu'ont jamais souflerts les martyrs ; quand je livrerais mon corps au fer et au feu ; je ne vous offrirais pas encore la juste satisfaction et la dou- | leur proportionnée, à la grandeur et à l’énormité de mes péchés. Dieu saint ! Dieu juste et vengeur ! je ne puis que me Jeter à vos pieds et entre les bras de votre miséricorde, implorer votre infinie bonté , vous cunjurer d’avoir pitié de mon âme qui vous a coûté si cher, vous offrir les mérites et les souffrances de votre divin Fils. Ecoutez la voix de son sang qui s’élève vers vous pour toucher votre cœur, satisfaire à votre justice. Je déteste tous mes péchés uniquement pour l’amour | de vous et parce qu’ils vous dépiaisent. Que ne | puis-je les laver dans mes larmes et dans mon sang ! Dieu de bonté ! faites éclater votre miséricorde en sauvant un pécheur qui revient à vous, qui n’espère qu’en vous, qui veut enfin être à vous dès ce moment jusqu’au dernier soupir de sa vie.

PRATIQUE

19 Faire souvent des actes de contrition.

20 Observer inviolablement les préceptes de l'Eglise sur l’abstinence et le jeûne.

FLEVÉR A DIFU, 207

30 Se mortifier dans les aises et les commodités de la vie.

4° Approcher souvent du sacrement de la pénitence, |

bo Quand on a commis quelque faute, s'imposer soi-même quelque pénitence.

60 Surtout offrir toutes les peines et les afflictions de la vie en esprit de pénitence pour ses péchés.

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