‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 66 sur 95 · ÉLEVÉE À DIEU. 365 MÉDITATION · texte numérisé non relu

ÉLEVÉE À DIEU. 365 MÉDITATION

Sur le méme sujei.

Si J'ai quelque amour pour vous, à mon Dieu !

| si quelque zèle pour votre gloire m’anime , com- | bien nedois-je pas gémir de vous voir sisouvent, si

| grièvement offensé par le scandale ? Mais surtout | avec quelle douleur ne dois-je pas déplorer les | scandales que je puis avoir moi-même donnés ? | La voix de son sang s’élève peut-être ici contre moi et contre mes scandales ; j’implore celle de votre grâce et de votre gréndé miséricorde , pour

|en gémir sincèrement , et en obtenir le pardon , | dans la résolution absolue où je suis de les éviter | dans la suite, et , autant qu’il sera en moi, de les | réparer.

s, que vos s'élèvent un| d’implaca-

PREMIER POINT

Considérons, Ô mon âme ! combien le scandale est commun dans le monde , afin de nous mettre

Len garde contre }1 séduction.

Combien de scandales dans le monde , 6 mon

| Dieu ! et en combien de manières ne le donne-t-

Lon pas ! Quel déluge d’iniquités sur la terre ! Ne | dirait-on pas que les hommes ne vivent ensemble

que pour se perdre mutuellement et se donner la mort éternelle par leur scandale ! On le donne dans tous les temps, dans tous les lieux, dans tous lesétats, eten toutes les manieres.

On le donne dans ces discours libres qui présentent sans déguisement le venin , ou dans ces discours équivoques et à double sens , qui ne le déguisent que pour le rendre plus subtil , et par là mème plus dangereux. Peut-on ignorer que , par la dépravatior du cœur humain, toute parole à double sens est ordinairement prise dans le mauvais ?

On le donne dans ces livres pernicieux , où, selon le Prophète , la mort entrant par les yeux, se glisse insensiblement dans les âmes. On ne s’en aperçoit pas , et le poison a déjà déchiré les entrailles. Combien d'âmes ont fait à cet écueil un funeste naufrage ?

On le donne dans ces tableaux indécents , dans ces peintures qu’on étale aux yeux de la passion, et qui, à la honte du christianisme sont souvent l’ornement des appartements des chrétiens.

On le donne dans ces airs évaporés, dissipés et mondains , dans ces manières peu réservées, dans ces modes, ces parures immodestes et peu décentes, souvent tristes indices et derniers soupirs d’une pudeur expirante.

On le donne dans ces maximes perverses qu’on

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débite, qu’on répand ; qui se perpétuent et qui sont dans les âmes des plaies qui saigneront peut-être à jamais.

En quoi et comment donne-t-on le scandale ?

Hélas ! disons, en quoi et comment ne le donne-t-on pas ? On le donne à dessein formé , voyant bien qu’on le donne, et mettant en œuvre des moyens qu’on sait bien devoir le produire. On le donne dans le temps et dans les occasions où par emploi on est spécialement obligé de

; l'empêcher et de le proscrire. On le donne dans

le temps et à ceux-là même à qui on est obligé

par état de donner l’édification et l’exemple. Mon Dieu ! juste Dieu! de quel œil voyez-vous

de tels crimes, ct cependant des crimes si

| communs dans le monde ? Hélas ! je déplore le | scandale dans les autres; j’en gémis , j'en ai hor-

reur , ct que n’ai-je pas à me reprocher à moi-

même ? combien ne me trouverai-je pas coupable

et responsable en ce point ? Si Je m’examine sé-

s à A e Ï . .n ” | rieusement devant vous, Ô mon Dieu ! si J'entre

en jugement avec moi, combien de scandales n’ai-je pas donnés dans ma vie ! combien de fois n'ai-je pas laissé échapper devant les autres des paroles peu réservées et peu mesurées ?

Combien de fois dans les entretiens n’ai-je

pas badiné et tourné en dérision les personnes de piété ?

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Combien de fois n'ai-je pas fait des railleries indignes et peu décentes sur certaines pratiques de dévotion et de religion ?

Combien de fois, dans des manières trop libres et peu réservées, n’ai-je pas donné occasion à l’offense de Dieu. Dans les Eglises, ai-je toujours été avec la modestie et le respect convenables ? Dans les préceptes de l'Eglise, ai-je toujours observé sans respect humain la sainteté de la loi ? |

Combien d’âmes peut-être n’ai-je pas ou engagées au mal , ou arrêtées dans la pratique du bien ? Hélas ! peut-être y a-t-il quelque âme dont j'ai occasionné la perte , et dont j'aurai à me reprocher le malheur. Quel sujet, 0 mon Dieu! de gémir devant vous !

SECOND POINT

Considérons quel est le malhenr de ceux qui donnent aux autres des sujets de scandale , et quel redoutable poids de vengeance ils attirent sur eux, Pour lecomprendre , Ô mon adorable Sauveur ! faut-il entendre d’autre anathème que celui que vous avez vous-même prononcé : Væ mundo a scandalis : malheur au monde à cause de ses scandales ? Il est nécessaire qu’il arrive des scandales dans le monde , dites-vous ; mais

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malheur à celui par qui viendra le scandale ; il eût mieux valu pour lui qu’attaché à une pierre il eût été précipité dans le fond des mers. Pécheur scandaleux ! ajoutez-vous , tu as causé la perte de tou frère , et voilà la voix de son sang qui s'élève contre toi; c’est ce sang que je te demanderai un jour ; je t’en rendrai à jamais respon— sable ; tu en rendras compte âme pour âme :

Sanguinem ejus de manu tua requiram !. Ce sont à présent les jours de ténébres, où l’ivraie croit avec le bon grain ; mais viendra un jour, le jour des vengeances , où j’ordonnerai à mes anges, ministres de ma colère , de ramasser tous les scandales qui désolaient mon royaume : Colligent de regno omnia scandala ?. Hs les lieront en faisceaux pour être jetés dans le feu : Zn fusciculos ad comburendum.

Mes enfants , disiez-vous encore à vos chers disciples , votre main droite vous est nécessaire , votre œil vous est précieux ; mais, je vous le dis en vérité , si votre main droite , si votre œil est pour vous un sujet de scandale , n’hésitez pas , retranchez cette main , arrachez cet œil ; il vaut mieux pour vous, entrer dans le ciel ayant perdu un œil ou une main, que d’avoir vos yeux et vos mains, et d’être précipités dansles feux éteruels

1 Ezxcch, 33. — ? Matth. 31.

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