AT L'AUE
«time Îles appliquant à moi-même, je me dis en esprit de foi :
19 Ilest donc vraique tout cequi arrive, arrive par une permission particulière de Dieu; pourquoi donc m’inquiéter de ce qui pourra m'arriver en ce monde? Dieu le veut, ou du moins il le permet ; il sait pourquoi. Laissons-le donc maitre absolu de tout : ce qui est entre ses mains paternelles pourrait-il jamais nous éloigner de son cœur divin ?
29 Dieu fait mieux ce qui me convient que
moi-même; pourquoi donc ne pas me reposer sur lui de mon sort ? Que dirait-on d’un homme sur mer qui Oôterait le gouvernail de la main du pilote pour conduire le vaisseau? serait-il bien éloigné d’un triste naufrage ? d’autant plus malheureux, qu’il se serait attiré lui-même son propre malheur.
39 Souvent les moyens qui paraissent les plus contraires à mon bien, sont ceux qui m'y conduisent plus sûrement : j’eu ai des preuves bie convaincantes dans le cours de ma vie. Quand ie me rappelle tout ce qui m'est arrivé, que «déve nements singuliers! que de traits de miséricorde: que de prodiges d’une providence marquée!
Pourrais-je m'en défier après ce qu’elle à fai pour moi? Et combien d’autres traits qui me sont inconnus , el qui sont peut-ûtre encore plis
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admirables dans les vues de Dieu ? Je les connaitrai un jour, et je l’en béniraï à jamais. 4° Dieu a tracé à chacun de nous un chemin particulier pour nous conduire au ciel; le mien est marqué de sa main : ne craindrais-je point, en voulant me conduire moi-même, de m'égarer, de quitter cette voie qui doit conduire au salut, et de prendre quelque sentier détourné qui ne pourrait aboutir qu’a quelque précipice ? Hélas! ma volonté serait comme ces feux nocturnes et trompeurs, qui brillent aux yeux, et qui entraînent enfin dans l’abime.
bo Cet abandon total que je ferai de moi entre les mains de Dieu, sera pour lui un nouveau motif de me conduire au terme ; et dès lors quel nouveau motif pour moi de m’abandonner entierement à sa conduite ? Dieu ne se laisse pas vaincre en libéralité, et à son égard plus on donne, plus on recoit. Si je me livre donc sans
réserve à sa conduite, que n’aurai-je pas à espérer | " 9
de sa bonté ?
Etablie sur ces fondements inébranlables , 0 mon Dieu! ma conformité pourrait-elle n’être pas entière , mon abandon total et à jamais sans réserve ? Voici donc les sentiments que je forme et l’acte que mon cœur vous offre. Daignez le recevoir : c’est à votre cœur et à votre amour que je le consacre à jamais.
Sentiments d’une dme qui s'abandonne entièrement entre les mains de Dieu.
Mon Dieu, mon Sauveur et mon Père, je viens faire de moi-même un abandon total entre vos mains, c'est à dire dans le sein de votre ineffable bonté. Je sais que vous êtes infiniment sage et que vous connaissez tout le bien ; infiniment bon et que vous ne voulez que le bien; infiniment puissant , et que tout le bien est entre vos mains. Je sais que vous savez mieux que moi-même ce . qui me convient. Je vous abandonne donc dès ce moment tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que j'espère, mon esprit et toutes ses pensées, mon cœur et toutes ses affections, ma vie et tous ses moments, mon espérance même et tous ses desirs. Je veux tout ce que vous voudrez, je ne veux que ce que vous voudrez, que comme vous le voudrez, qu’'autant de temps et de la manière que vous le voudrez.
Tout ce qui me viendra de vos mains me sera sinon agréable, du moins respectable; tout ce que vous permettrez de la part des créatures me trouvera soumis. Si vous me donnez des consolations, que votre saint nom soit béni; c’est une faveur que je ne mérite pas. Si vous me ménagez des épreuves et des croix , que votre saint nom soit encore béni; ce sont des punitions que je
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ÉLEVÉF A DIEU.
n’ai que trop justement méritées. Vous êtes le maître absolu de mon sort, de mes biens, de ma réputation, de ma santé, de ma vie. Je vous remets tout, rien n'est plus à moi. Dès ce moment je vous en conlie le dépôt pour toujours, disposez en souverain de sobgèur la prospérité et pour l’adversité, pour la pauvreté et pour l’abondance, pour la maladie et pour la santé, pour la vieet pour la mort, pour le temps et pour l'éternité. L’abandon que je vous offre, à mon Dieu! et que je vous demande, est un abandon total et absolu, un abandon continuel et de tous les instants, un abandon éternel et irrévocable, Qu'il commence dès cet instant, qu’il dure autant que ma vie, qu’ilse renouvelle au moment de ma mort, qu'il soit ma dernière pensée, mon dernier sentiment ; mon dernier soupir , et qu’il remette mon âme entre vos mains, pour vous
bénir , vous louer , et vousaimer à jamais. Ainsisoit-il,
PRATIQUES
19 Former souvent des actes d’un saint aban— don.
a0 Dans toutes les croix et les afflictions de la vie, se dire à soi-même : Dieu le veut, Dieu le veut ; et s’en tenir la.
30 Dans les grandes croix et les événements extraordinaires, penser que Dieu a quelque dessein de miséricorde sur nous, et s’abandonner alors plus que jamais entre ses mains.
4° Cependant de son côté faire ce que l’on peut et ce que l’on doit : sans cela l’ahandon ne serait qu'illusion et que présomption ; ce serait tenter Dieu.
5o Se bien persuader que pour aller à Dieu, N I la voie d’un saint abandon est tout à la fois la plussüre, la plus méritoire et la plus consolante, en un mot, la plus parfaite.
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que l’on ndon ne ce serait
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