‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 85 sur 95 · TRENTE-UNIÈME LECTURE · texte numérisé non relu

TRENTE-UNIÈME LECTURE

Sur la paix de l'âme.

La paix intérieure est l’état d’une âme qui est avec Dieu, qui a le bonheur de vivre dans la grâce et l’amitié de Dieu, qui: sans pouvoir se dire, non plus que l’Apôtre, qu'elle est justifiée devant Dieu, peut cependant se rendre ce doux témoignage, que la conscience ne lui reproche rien ; que s’il fallait mourir et aller paraître devant Dieu , elle espèrerait trouver grâce à ses yeux : la paix véritable est l’état d’une âme qui évite avec soin toute faute volontaire et délibérée , quelque légère qu’elle paraisse ; qui vit dans une fidélité inviolable à la grâce; qui craint souveraineient de lui résister, de la contrister ; qui tâche de retrancher dans elle tout ce qui pourrait être un obstacle à cette paix. Si elle a des doutes, elle les éclaircit ; si elle a des remords, elle en retranchela cause; “ai elle a des retours, des inquiétudes et des peines, elle les offre à Dieu dans le sein de la résignation. Ainsi à couvert des doutes, des retours et des peines , elle ne s’occupe qu'à servir le Seigueur, à observer sa sainte loi, à se conserver dans la crainte salutaire de ses jugements et plus encore dans la douce espérance en ses miséricordes.

Voilà la paix véritable : en voila la source, la

le qui est e dans la ouvoir se justifiée ce doux reproche re devant 5 yeux :

vite avec quelque e fidélité ement de e retrannobstaes éclairela caut des peirésignatours et le Seiver dans s encore rdes. urce , la

base et les fondements. Or c’est de cette paix que l'on peut dire, heureuse, mille fois heureuse l’âme qui la possède , qui en connaît le prix, qui en conserve la possession, Jugeons-en par les prodiges que ceîte paix opère dans l’âme, et par les délices ineffables qu’elle fait goûter, mille fois préférables aux plaisirs des sens : pax Dei quæ eœuperat omnem sensum 1.

Cette paix entre-t-elle dans l’âme? tous les biens entrent de concert avec elle; l’ordre, lg calme , la tranquillité, la joie , la consolation , la douceur ; avantages précieux, qui font dire avec le Sage, le prince pacifique par excellence : tous les biens me sont venus avec elle : venerunt mihi omnia bonapariter cum illa ?. On est a Dieu : on vit avec Dieu ; on est content dans l’union de son Dieu ; ni l'inquiétude ne fait point sentir ses agitations, ni les chagrins ne viennent point verser leursfunestes poisons, ni les alarmes ne viennent point porter leurs cruelles atteintes. Dans un calme profond des passions , dansune tranquillité immuable de sentiments , l’âme se possède elle-même, et se laisse posséder à son Dieu ; l’âme est dans la paix ; la paix est dans l’âme ; l’âme et la paix sont dans Dieu. Pax Dei,

Cette paix est-elle établie dans l’âme ? l’âme

! Ad Philip. 4. — 2 Sap. 7.

dès lors devient le véritable règne de Dieu , regnum intra vos est 1. Dieu veut régner dans une âme, mais il veut y régner en paix. Non, Dieu n’habite point dans l'agitation, non in commotione Dominus *. Quand une âme est dans le trouble , c’est comme lorsqu'un état est agité par des guerres civiles, et déchiré par des divisions intestines. Le trouble, l'efiroi, le fer , le feu , le carnage y dominent , et avec eux toutes les horreurs. Dans un état paisible au contraire, tout est calme , tout est tranquille ; les lois y sont observées , les vertus honorées, le peuple heureux, le monarque respecté : cette douce paix, devient comme l’âme de cet empire; elle s’insinue dans ses membres pour les animer , et faire couler partout la joie et l’abondance avec elle : voila le règne de Dieu dans une âme; par cette paix elle devient son trône, son séjour , son empire. C’est le trône où il veut se placer ; c’est le séjour où il veut habiter; c’est l'empire où il veut résider ; toutesses perfections résident de concert dans cette âme ; il la sauctifie par sa présence; il y préside par sa sagesse ; il y commande par son autorité; il y domine par sa puissance ; il aime:la paix, il cherche la paix , il est par excellence le Dieu de la

1 Luc. 17. — ? 3. Reg. 19,

paix qu'il

semi et i flots l’ora conf face le cal nité paix !

l’éten la pre deur imme sente son 5 Di paix !

ses pe si vi de D Coinr homn situde se p repos

eu , reglans une n, Dieu in com- | dans le agité par divisions e feu , le les hor- ,) tout est t obser— eureux ;, , devient nue dans uler parvoila le paix elle e. C'est ur oùil résider ; aus cette side par ités il y il cher-

s de la

paix; c'est par ellequ'il règne, c'est avec elle qu'il veut régner : paxæ Det.

Cette paix est-elle dans l’âme ? l'âme est alors semblable à une vaste mer, à un océan pacifique et immense. Si les vents se déchainent, si les flots se brisent, si la fureur de la tempête et de l'orage s’élève, c’est le règne de l'horreur et de la confusion : si la mer est paisible , tout change de face ; cette douce tranquillité se fait-elle sentir ? le calme étend biex au loin son empire: la sérénité règne dans les airs. Belle image de l'âme en paix ! l'étendue immense de cette mer représente l'étendue del’empire qu’elle exerce surelle-même; la profondeur de cette mer représente la profondeur de la paix dont elle jouit; et la quantité immense des eaux que la mer renferme, représente les biens immenses que cette paix porte dans son sein , et fait goûter avecelle : Paæ Dei,

Disons plus encore, l’âme est-elle dans cette paix ? elle devient le miroir fidèle de Dieu et de ses perfections adorables, Non, rien ne représente si vivement, si sensiblement la majesté éternelle de Dieu, que cette paix inaltérable de l’âme. Comme il n’est rien de si ordinaire parmi les hommes que le trouble, l'inquiétude, la vicissitude , et le changement, quand on voit une âme se posséder constamment elle-même, dans le repos imperturbable de cette paix, elle, paraît

élevée au dessus de la condition humaine et comme transportée jusqu'aux confus de la Divinité. Car qu'est-ce qui nous donne plus l’idée de Dieu, et nous fait plus admirer la grandeur de son être, si ce n'est de le voir toujours le même, toujours inaltérable, toujours invariable, tou. jours immuable ; toujours inaltérable dans la possession de sa paix , toujours invariable dans le calme desessentiments, toujours immuable dans la consistance de son être et de son bonheur ? Voilà Dieu : voici son image, une âme daus le sein de la paix. Eh! quoi de plus grand, de plus sublime, de plus divin que de voir cette âme toujours la même, toujours paisible, toujours tranquille, sans agitations, sans variation , sans altérativn, toujours datisla même assiette et le même état, toujours se possédant intimement elle-mème ?

Voilà l’image la plus sensible de Dieu. Le ciel représente sa gloire ; la terre représente sa stabilité, la mer représente sa profondeur ; l’âme représente sa paix et toutes ses perfections parce que toutes ses perfections sont établies dans le sein de la paix. Pax Dei.

Disons, s’il se peut, quelque chose de plus grandencore. Cette âmea-t-elle la paix? dans cette paix et par cette paix elle paraît dès lors entrer commeen part de la félicité et de la joie desélus dans la gloire; elle porte jusque la son bonheur. Ce qui

maine et e la Divil’idée de indeur de le même, le , tou.

ins la pos- dans le ble dans la ur? Voila le sein de s sublime, toujours anquille, tération , ème état , mème ?

Le ciel te sa stas l’âme ns parce daos le

de plus Ans cette s entrer blus dans . Ce qui

fait proprement le bonheur des saints dans le ciel, c’est cette paix inaltérable dont ils jouissent, et qui les met en état d’entrer dans la jouissance de Dieu ; c’est cette paix qui possède leur âme; c’est cette paix qui inonde leur cœur ; c’est cette paix qui les fait nager dans des torrentsde délices; t’est dans cettepaix qu’ils vivent, qu'ils règnent, qu’ils vivront, qu’ils régneront à jamais.

Or voilà ce que la paix de l’âme produit en quelque manière dés cette vie ; elle fait goûter les prémices de cette joie ; elle en donne l’idée, elleer présente l'attrait, elleen donne le gage ; et dans cette vie même, dans le pèlerinage de cette terre, elle donneun avant-goût des délices célestes. Pax Dei.

Plaçons à présent cette âme dans les différents états où l’on peut se trouver dans la vie : considérons-la sous les différents rapports qu’elle peut avoir avec Dieu, avec le prochain et avec ellemême ; je ne dis plus quels effets , mais quels pro-

.diges n’opérera-t-elle pas ?

Cette âme est-elle en possession de la paix?

que fera-t-elie par rapport à Dieu? que trouverat-on dans elle ? que soumission, que résignation ) que dépendance? : ‘fidélité inviolable à sa grâce, abandon total à sa providence, sara union entière à ses sentiments.

Par rapport au prochain, que trouvera-t-on dans une âme en paix, que charité, que bonté,

qu'affabilité, que condescendance? Dans elle ni ressentiments , ni fiel, ni aigreur, ni jalousie, ni envie; ce ne sont pas là les sentiments de la paix ; dès lors ils lui-sont inconnus ; ne voyant des défauts que pour les supporter , des besoins que pour lessoulager, des misères que pour y compatir..

. Dans elle-même, toujours même égalité , dans quelque circonétance qu’elle se trouve. Quoi qu’il arrive, quelque événement qui survienne, rien ne l’altère, rien ne l’abat ; dans la perte.de tout trouvant tout dans l’abondance de cette paix. Les biens seront enlevés , la fortune tombera, la santé s’altèrera , le monde périrait, la paix ne serait point altérée; dans la décadence de tout le reste, la paix seule subsistera ; et sur les débris mêmes de tout le reste elle s’élèvera, et établira le triomphe et le trône du Dieu de la paix.

‘Ainsi en est-il des choses temporelles ; ainsi en sera-t-il encore des choses de piété, des pratiques de religion. Partout voustrouverez l’âmedans cette paix, et cette paix faisant les délicefide l’âme,

Faut-il aux pieds des autels ou de son oratoire offrir à Dieu l'hommage de sa prière ? elle y va avec confiance , elle y est avec joie’, elle l'offre à Dieu par les mains de la paix. Faut-ils’approcher du sacré tribunal de la pénitence ? ellele regarde comme lesacrement desaréconciliationavec Dieu: elle voit ses péchés ; ses péchés l’humilient, la confondent,

mais r s’appr celui 0 transpt

1 Dieu

en pai Fau recevoi préparé affectio ce Die du cœu en trio Ains pagne | suivra e jamais € Jeme ments, :

rant. Q toutsen entouré rités du frayeur pour le vous da

! Ma

} Dans elle ni jalousie, ments de la e voyant des besoins que y compaiir.

alité , dans + Quoi qu’il ienne , rien erte.de tout te paix. Les ra, la santé x ne serait ut le reste, bris mêmes établira le s; ainsi en s pratiques edans cette ide l’âme, pa oratoire e y va avec fre à Dieu her du sade comme : elle voit nfondent,

ÉLEVÉE A DIFU.

mais ne la découragent, ne l’abattent pas; elle s'approche donc de ce sacré tribunal comme de celui de la paix ; et elle est toute consolée, toute transportée, lorsqu’en sortant’, le ministre de

| Dieu lui fait entendre ces douces paroles : allez

en paix; vade in pace 1,

Faut-il s'approcher de la sainte Table ? elle va recevoir le Dieu de la paix; c’est la paix qui lui prépare les voies ; c’est la paix qui dispose ses affections | qui prépare ses sentiments ; et quand ce Dieu de bonté vient à elle, la paix est a la porte du cœur pour le recevoir, elle l’introduit comme en triomphe dans l’âme.

Aivsi cette paix règle, dirige, console, accompagne l’homme durant le cours de sa vie; elle le suivra encore à la mort, et alors même plus que jamais elle lui fera éprouver ses faveurs.

Je me transporte en esprit dans ces derniers moments, ces moments mea an d'un homme mourant. Quel spectacle! je considère autour dé lui, toutsembléée réunir pour l’effrayer et l’intimider : entouré des ombres de la mort, investi des obscurités du tombeau, assailli de spectres lugubres; les frayeurs, les craintes, les terreurs, tout l’environne pour l’alarmer. O paix intérieure ! le délaisserezvous dans ce triste état? au milieu des sombres

! Marc. 5.

ténèbres, la paix , l’aimable paix viendra allumer

son flambeau ; .et à la lueur de ce céleste flam-

beau les ombres se dissiperont, les nuages seront dispersés, les spéètres lugubres s’évanouiront ; la

‘paix se montrera à ses yeux, elle rappellera la tranquillité dans son âme, elle modèrera l’excès de ses frayeurs ; elle recevra enfin ses derniers soupirs, et faisant changer de face à tous les objets elle ne présentera la mort que comme un doux sommeil ; lesouverain Juge, que comme un tendre père ; l’avenir, quecomme un doux asile; la fin de cette vie périssable et mortellé, que comme le commencement d’une vie immortelle et durable ; l'éternité, que comme la région des vivants, parce qu ‘elle est par excellence la RAR de la paix.

O paix ! à délices ! à ciel ! qu’avez-vous de plus |

grand, de plus consolant ? Paix céleste, résidezvous en ce monde ? et ne devons-nous pas craindre que, dédaignant cette terre, vous n’ayez pris

votreessor vers le ciel, pour y fixer vôtre séjour?

oùêtes-vous, à paix desirée! oùrésidez-vous? où faut-il aller pour vous chercher ? faut-il se transporter au delà des mers, aux extrémités de la terre, pour vous trouver ? que faut-il donner pour vous acheter? que faut-il faire pour vous posséder ?

C’est dans vous-même , âme fidèle > que vous

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Déco Dieu !

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que vous

ÉLEVÉE A DIEU. h93

la trouverez , que vous la posséderez, si vous la desirez sincèrement. Elle ne cherche que des cœurs préparés pour y résider; disposez le vôtre elle y établira son séjour et somrègne , avec celui de Dieu même. É.S 5

MÉDITATION

Sur les moyens d'acquérir et de conserver la paix de l'âme.

La paix de l’âme étant un bien si grand, si nécessaire, et si divin, il n’est point de moyens au monde que. je ne doive prendre pour l’acquérir et la conserver.

Découvrez-moi ces moyens salutaires, Ô mon Dieu ! je.ne, desire. les: connaître que pour les employer ; et je ne desire les employer qu’en vue de cette paix ineffable que le monde ne saurait donner, et qûe votre grâce seule peut nous

‘procurer, +

Le premier moyen d'acquérir et de conserver la paix, c’est d’éviter le péché. C’est là l’ennemi, implacable de cette paix ; c’est le glaive qui perce le. cœur ; c’est le poison qui le déchire; c’est le ver rongeur qui le dévore : jamais le péché et la paix ne firent éntr’eux d'alliance :

et — ve MR Er RDS en PE =

eh ! quelle paix peut-on goûter, quand on sait qu’on est ennemi de son Dieu ?

Je le’ comprends, à mon Dieu ! rien qui soit

plus selon les Je votre sagesse et de votre

Justice : il est que quand on perd votre &râce, on perde la paix ; que quand on devient votre ennemi, on devienne son propre ennemi ; que quand on cherche sa satisfaction hors de vous, on n’y trouve qu’afiliction d’esprit et amertume de cœur : et quel serait mon malheur si , étant dans le péché , j’y trouvais la paix ? Si je vivais tranquille dans le désordre, ne serait-ce pas pour moi le plus grand aveuglement et leplus grand malheur tout ensemble ?

ne serait-ce pas une marque que vous vous seriez entièrement retiré de moi, que vous m'auriez abandonné à mon’ égarement ? quelle ressource me resterait-il, si par l’agitation intérieure de mon âme, vous ne me faisiez comprendre que je ne suis pas ce que je devrais être; que mon âme sera dans le trouble tant qu’elle sera dans le péché; et que la paix une fois perdue , tout bonheur est perdu pour moi ? L’oracle est porté, et l’oracle s’accomplit tous les jours ; une âme coupable trouve à jamais dans elle-même son propre tourment : jussisti , Domine , etc. Comprenez-le donc, à mon âme ! et ne l’oubliez jamais; si vous voulez jouir de la paix in

térie trem tre; e le pé banni ché q aurie desire Le ver la fléchie la voi l’a dit le, con Dieu, resistil ble de compre le cœur dans sc persuas agité , € s’écarte selon le la paix ce baise paœ osc

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érieure de endre que ; que mon s sera dans due , tout le est porours ; une elle-même ine , elc.

et ne l’oula paix in

térieure, fuyez le péché, craignez le péché, : tremblez à sa vue, comme à la vue d’un monstre; et soyez bien assurée que du moment que. le péché entrerait dans vou, la paix en serait

i Evous offrir le pés

bannie ; et que pourrait aloi ché qui vous dédommageât defle auriez faite en perdant la paix , unique bien à desirer en ce monde?

Le. second moyen pour acquérir et conserver la paix, c’est d'éviter toute. infidélité réfléchie, toute résistance volontaire à la grâce et à la voix de Dieu. L'Esprit saint même nous l’a dit, et l'expérience d’un million de pécheurs le, confirme ; quel est. celui qui, en résistant à Dieu , a jamais trouvé le bien de la paix, quis resistit ei, et pacem habuit 1? Il est impossible de résister volontairement à la grâce sans comprendre. qu’on déplait à à Dieu, qu ‘on afflige le cœur. de Dieu, qu’on contriste l'Esprit saint dans son cœur set avec cette vue et dans cette persuasion intime , peut-on n’être pas troublé, agité , et sentir qu'on s'éloigne de l'ordre, qu’on s’écarte des voies de la grâce ; et que dès lors, selon le langage de l'Esprit saint, la justice et la paix ne peuvent se donner dans notre âme ce baiser sacré qui en fait les délices. Justitia el pa osculatæ sunt *.

1 Job. 9, — 3 Psalm.

perte que voüs:. :

L’AMF.

Ah ! je ne l'ai que trop éprouvé dans moimême; si bien souvent dans ma vie j'ai perdu la paix de mon âme; si dans certains moments je me trouvais tout agité, tout inquiet , devais- “Méen chercher d'ääitre cause que mes résistances Met mes infidélités à la voix de la grâce ? n'était- "te pas une voix secrèté qui en s’élevant dans moi , contre moi, me disait intérieurement : tu déplais à Dieu, tu t’éloignes de Dieu, tu contristes l'Esprit saint dans ton cœur , tu perdras la tranquillité et le calme de ta conscience ? Cependant combien dé résistances et d’infidélités n’ai-je pas à me reprocher? combien de fois n’ai-je pas par là banni la paix de mon cœur? j'étais quelquefois étonné du trouble de } mon âme , je lui disais : pourquoi vous trou- ‘bler , Ô mon âme! et vous livrer à ces agitations , quare ? tristis es ? Ne devais-je pas comprendre que j’en portais la cause en moi-même, et què mes résistances à là grâce en étaient la funeste source? Non, jamais plus de résistance - ainsi réfléchie à vos saintes lumières, d mon Dieu ! les ténèbres, le trouble, les remords la suivraient bientôt ; et comme je veux conserver la paix de mb âme au prix de tout autre bien, PAR tout ce qui pourra !* troubler :

1 Psalm. 42.

et co infidé vera « âme, mes r irrité quelle seraittrouble lui apr

Le t l'âme, des se!

la pair vous-m repos., dre. de il faut.

mises à en sou:

son rè une sel le déso:

. Vou:

pas ve glaive;

lans moi- ’ai perdu .moments |, devais- ‘ésistances >? n'étaitvant dans ement : tu |, tu conu perdras cience ?

et d’infiombien de ix de mon

trouble de }

ous trouces agita- B pas comnoi-même, étaient la résistance es, Ô Mon mords la *x conserout autre troubler :

et comme toute résistance à votré voix , toute infidélité à votre grâce serait un obstacle à cette paix ineflable , jamais pareille résistance ne trouvera d’entrée dans mon cœur. Je craindrai$fts même instant de voir ia paix sortir défie.

âme, m’abandonner à mes cruelles agitation | mes remords dévorants. Je croirais vous vôir irrité , armé contre moi ; et dans cet état, de quelle paix pourrais-je jouir ? mon cœur. ne serait-il pas comme une espèce @enfer par le

trouble et les larmes qui se répandraient dans

lui après mes infidélités envers vous ? :

Le troisième moyen de conserver la paix de

Vâme, c'est la mortification des passions et

des sens. O mon. âme !. voulez-vous avoir la paix avec Dieu ? déclarez-vous la guerre à vous-même. Toute passion est ennemie de notre repos., parce qu’elle trouble et. renverse l’ordre de Dieu. Pour que la paix règne dans nous, il faut que les passions soient dominées et soumises à son empire. La paix veut régner comme en souveraine , il faut que tout lui soit soumis , son règne ne saurait s'établir que dans le calme, une seule passion suffit pour jeter le trouble et le désordre dans une âme, |

. Vous l’avez dit, adorable Sauveur ! je ne suis pas venu au monde apporter la paix, mais le

glaive; c’est à dire que pour avoir Ja paix dans

nous , ik faut nous armer contre nous-mêmes ;

prendre le glaive de la mortification en main ; combattre constamment nos passions, nos in- Hina ions ; nos penchants, ce n’est que par mille mnBats el une guerre continuelle contre nous-

mes que nous pouvons obtenir la victoire et la paix ; ; il faut détruire et subjuguer ses ennemis; autrement ils s’élèveront sans cesse contre elle et cogtre nous, et nous réduiront enfin sous leur Ÿ tyrannique et leur esclavage honteux, ef

Avec füel soin ne dois-je donc pas entreprendre ce corïbat , si je veux avoir et conserver cette paix iutéiqure , seule capable de faire le bonheur de ma vie ?: Aidez-moi , Ô mon Dieu ! 6 vous le Dieu de la paix ! fortifiez-moi dans le combat des passions , si difficile à mon cœur , et cependant si nécessaire à la paix de mon âme. C’est pour mon bonheur , il est vrai, que je la desire , mais c’est encore pour votre gloire, puisque je ne puis la perdre sans vous déplaire et vous offenser.

Le quatrième moyen, et le moyen le plus sùr, le plus infaillible d’acquérir , de goûter, et de conserver la paix de l’âme, c’est une conformité entière et absolue à la volonté.dé Dieu, un ‘abandon total et sans réssrve à sa providence ; c’est de se jeter entre ses bras et de le lais-

s-mêmes ; en main ; , nos in-

> par mille

ntre nousvictoire et ses enne- ‘esse conront enfin esclavage

as entre— ef! conserapable de i, Ô mon rtifiez-moi ile à mon a paix de l'est vrai, pour votre sans vous

n le plus e goûter,

une conde Dieu , sa provide le lais-

ser , en maitre absolu , disposer souverainement de notre sort , nous en reposant entièrement sur lui de tout ce qui nous regarde; et dès lors s’abandonner entièrement à sa divine conduite , st. plus se permettre ni retour, ni réflexic à || tous les événements de la vie. : dans cette het reux état , qui pourrait jamais troubler la paix d’une âme qui veut tout ce que Dieu veut ou permet ; qui ne regarde en tout .gye la disposition de la Providence; qui leva les yeux au ciel , adore dans tout celui qui dispose dé tout ?

. O que ce moyen est divin ! qu’il est assuré ! qu’il est infaillible pour avoir la paix ! qu’une âme , qui entrerait dans cette vue, entrerait bientôt dans les voies de la paix ! qu’elle y marcherait à grands pas ! qu’elle y serait saintement, sûrement , invariablement établie ! qu’elle y coulerait des jours sereins et heureux !

O mon âme ! tu t'es refusée à ces jours précieux et tranquilles , tu n’as pas voulu marcher dans cette voie d’un saint abandon ; ah ! si tu avais su connaître ce que Dieu te préparait pour le bien de la paix, quelles délices il t’aurait fait goûter l quels mérites n’aurais-tu pas acquis ! st cognovisses quæ ad pacem tibi !. Mais aveuglée par les nuages de tes passions et de tes illu-

} Luc. 19.

boo L'AME

sions, tu as méconnu la voie de bonheur ; tu l'es égarée des sentiers de la paix ; et en count après des satisfactions trompeuses et passa-

» tu t'es privée des véritables et solides dou-

s. Nunc autem abscondita sunt.

mon Dieu ! je connais mon erreur ; je déplore mon égarement. Insensé que j'étais , je cherchais la paix, je la desirais , je disais : pa, pa ' ; et la paix se refusait a mes desirs, parceque ‘je me refusaisses sages conseils, et non erat

Mon Dieu ! pourquoi nous égarer ainsi ? persuadés que vous êtes notre père , que vous voulez notre bien ,; que vous savez ce qui nous convient, qu'avons-nous à faire , qu'à nous tenir en paix et tranquilles dans le sein de votre providence, comme un tendre enfant dans le sein de sa mère? nous serions saints, et nous serions heureux.

PRIÈRE

Dieu de bonté! plus que jamais je desire la paix de mon âme , je ne desire que ce bien en ce monde ; je le desire par dessus tous les biens de la terre. Dieu de la paix , si jamaläije vous ai demandé une grâce avec instance , avec

1 Jerem, 6.

heur ; tu

en couet passades dou-

r, je déétais , je JS * paz;, ar ce que ion eral

nsi ? perous vouqui nous

nous te-

le votre dans le “el nous

e desire bien en es biens Nije vous » -avec

ÉLEVÉE A DIEU. bor empressement ; avec un desir sincère et ardent de l’obtenir, c’est la grande grâce que je sollicite aujourd’hui, la paix de mon âme : que les autres vous demandent les douceurs, les | solations de la vie; pour moi, je porte Mes vœux vers cette paix ineffable ; je vous. la demande dans toute l’étendue de mon cœur, et selon toute l’étendue de vos miséricordes. Je ne la demande pas au monde, je sais que le monde ne peut la donner ; mais vous savez aussi que ce fruit précieux ne naît pas dans mon fonds. Je porte au contr aire dans moi-même tous les

. principes qui peuvent l’altérer et me la ravir :

«les passions violentes , des. inclinations perverses, des penchants sonlbeurens | , tout dans moi combat contre cette paix ; il n’est donc que vous qui puissiez me l’accorder, m’en conser-

ver la possession, Je vous la demande par votre

bonté infinie, par cette paix que vous êtes venu annoncer à la terre, par cette paix que vous faites régner dans le ciel, et plus encore par cette paix inaltérable qui règne dans votre cœur. De ma part, pour obtenir de vous un bien si nécessaire et si précieux , voici ce que je me pro-

pose ges votre grâce, source de tout x pen et surtout du bien de la paix. |

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