TRENTIÈME LECTURE
Sur la mort du Pécheur.
Une mort funeste, c’est là le terme où conduit d'ordinaire une vie criminelle, S'il n’y avait qu’a mourir , et que la mort dût conduire à un heureux terme, loin de la craindre, on pourrait la desirer et soupirer après elle ; mais quand la mort nedoit être suivie que du plus grand des malheurs, et que la fin du temps ne doit être que le commencement d’une éternité malheureuse, de quels sentiments doit être pénétrée à ses approches une âme coupable, dont la vie n’a été qu'une suite de crimes et un tissu de désordres ? Telle est la mort du pécheur : durant sa vie il avait été dans le sein de la joie , de la prospérité et de l'abondance ; quel changement funeste ! à la mort il ne lui reste que des regrets et des alarmes : des regrets à la vue de ce qu’il perd ; des alarmes à la vue de ce qui l'attend. Quelle mort !. Fallait-il naître pour mourir ainsi ?
1° Le pécheur mourantse trouve dans un état de privation et de désolation. Quelles pertes ne fait-il pas en perdant la vie ? Perte des biens qu’il avait possédés ; perte des amis avec lesquels il vivait ; perte des objets auxquels il s’c-
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ÉLEVÉE À DIEU, 469 tait attaché ; perte des grâces dont il aabusé: que lui reste-t-il donc ? que ses péchés avec ses remords.
Plus malheureux encore par l’état de désolation où il se trouve au milieu des douleurs de la maladie qui doit le conduire au tombeau : douleurs vives, douleurs aiguës , douleurs violentes, Quel état pour une âme à qui la religion ne vient
. pointen adoucir les rigueurs ! Le juste souffrira
à la mort, il est vrai ; on ne meurt pas sans douleurs : mais le juste s’était accoutumé à souflrir ; il avait mortifié son corps et ses sens ; il s’y était préparé par les rigueurs et les austérités de la pénitence. Le juste souffre, mais il est résigné ; il offreses douleurs en esprit de satisfaction et d'expiation ; il les unit aux souffrances de son Dieu souffrant et mourant ; son Dieu même les lui adoucit par sa grâce etl’espérance de la récompeuse. Le pécheur au contraire, peu accoutumé à souffrir, à se mortifier, à recourir à Dieu, ,attaché à son corps, à ses commodités, à ses aises, ses plaisirs , sentira toute la pointe et toute la violence des derniers accès de douleurs, et il souflrira sans adoucissement et sans fruit, De la ces impatiences, ces inquiétudes, ces agitations ; de là cet état de violence ,de transport où on le voit quelquefois, jusqu’à afliger , a désoler ceux qui l’assistent, et qui malgré tous leurs soins,
47o L’AME
ne peuvent calmer les violences où il se porte.
Dieu juste ? vous l'aviez annoncé à ce pécheur , vous l’en aviez menacé ; et tous les jours encore vous accomplissez ce terrible oracle sur les pécheurs mourants. Vous m'avez abandonné, leur dites-vous, pendant votre vie, vous m'avez outragé, vous avez méprisé mes menaces, vous avez insulté à ma loi et à mes préceptes ; et moi jé me vengeraien vous délaissant, en vous livrant a toutes les rigueurs et les amertumes de votre mort : Ego quoque in interitu vestro ridebo vos ', Terrible punition! redoutable vengeance!
Ah ! qu'ilest triste, qu’il est amer d’avoir abandonné son Dieu durant la vie , et de s’en voir comme délaissé à la mort! Si on Pavait servi comme on a servi le monde, si on s’y était attaché comme on s’est attaché au monde, aurait-on: à la mort les regrets dont le pécheur est dévoré et accablé ?
La pensée de l’avenir est encore bien plus accablante pour lui. Le pécheur mourant voit un avenir devant lui, et quelles funestes images ret avenir vient-il offrir à ses yeux alarmés ? Ii craint tout à la fois un avenir certain, un avenir prochain , un avenir terrible, un avenir inévitable, un avenir éternel ? et de quels sentiments cet
1 Prov. 11. :
mot affai que lan ses tés ; mes de t étei dan: plus nuag les nr prés croi!
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il se porte.
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YLEVÉE A DIEU. 71
aveuir ainsi présenté doit-il agiter, accabler son cœur ?
Il craint un avenir certain. Durant la vie, le monde , le péché, les passions avaient tellement affaibli, altéré sa foi qu’à peine lui en restait-il quelques traces, ce n'était qu'une foi faible, languissante , et comme morte ; il avait éloigné ses lumicres ; il avait révoqué en doute ses vérités ; peut-être l’avait-il combattue dans ses dogmes. Faible étincelle couverte sous les cendres de tant de passions, qu’elle paraissait presque éteinte ; à la mort elle se réveillera, et rentrera dans ses droits ; ses lumieres seront plus vives, plus éclatantes, n’étant plus obscurcies par Îles nuages des passions. Les doutes s'évanouiront, les nuages se dissiperont, les grandes vérités se présenteront dans toute leur force. Le pécheur croira ; mais hélas ! comme les démons, il ne croira que pour trembler , pour frémir et pour s’alarmer.,
Il craint un avenir proch ain. Durant sa vie il avait tâché d’en éloigner le souvenir et l’idée ; il se flattait d’une longue course , il ne voyait cet avenir que comme dans une longue perspective , qui iportait bien loin ses regards et ses espérances ; mais enfin cet avenir avance, ilest à la porte, il arrive, il est venu. Le pécheur sent que le Dieu vengeur va courer la trame de ses tristes jours, qu’il
l'appelle, qu'il va le citer à sou tribunal, et le transporter dans le vaste sein dé cet immense avenir. Ah ! quand on voit les choses de près, qu'elles fout des impressions bien différentes de vellesqu’on voit encore éloignées ! Mane adstabo tibé ‘, se dit-il: dans peu, demain, peut-être, je paraiîtrai devant Dieu, et videbo, je verrai et que verra-t-il, que des péchés accumulés des grâces violées , un juge inexorable, ct vengeur ?
Il craint un avenir terrible, qui va décider de tout, Durant sa vie il avait comme fermé les yeux craignant de trop voir et de peur de troubler sès plaisirs ; il était étourdi sur ces grands objets : à présent il en voit toutcs les suites, toutes les conséquences, toutes les horreurs. Terrible vue que celle d’un avenir où l’on va entrer sans autre préparatifqu’une vie coupable , ct n'ayant à présenter que des péchés qu'on a commis, et des grâces dont on a abusé ! Qu'il est affreux de tomber entre les mains d’un Dieu vivant, c’est à dire d’un Dieuirrité et vengeur ! Horrendum est incidere in manus Dei viventis?.
ILcraint un avenir inévitable; la main de Dieu est levée sur lui, et qui pourra le soustraire à cette main vengeresse ? Nemo est qui de manu
: Psalm. 5. — ? Hebr. 10.
lLua mou traits ombr parts mée :
péché cœur.
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1, Jol
al, et le immense de près, ntes de adstabo ut-être , je verrai cumulés ble, ct
cider de les yeux ibler sès jets : à les convue que s autre Là préet des ux de s C'est endum
e Dieu raire à manu
tua possit eruere ?, Non, mon Dieu, le pécheur mourant ne saurait se mettre à couvert de vos traits ; l’avenir va l’envelopper de ses tristes ombres ; votre vengeance l’investit de toutes parts , et nul asile ne se présente à son âme alarmée : c'était a vous qu’il devait recourir, et ses péchés lui semblent avoir fermé l’entrée de votre cœur. Vous l’avez poursuivi toute sa vie, pour le toucher et le ramener ; comme un Jonas rebelle, il s'est enfui de devant votre face : vous l’atteignez en ce moment, le trait vengeur à la main pour le frapper ; il tremble sous cette main qui le menace, et qui va porter sur lui le dernier coup pour l’immoler et le perdre.
Il craint un avenir éternel ; c’est le point de vue le plus redoutable. S’il n’y avait qu’un nombre d’années ou de siècles à gémir , à souffrir , il verrait enfin un terme à ses tourments et à son malheur, mais une éternité qui commencera tou- Jours et ne finira jamais! non, une fois entré dans le sein de cette éternité redoutable, il n’y aura plus de retour, plus de miséricorde ; elle a cu son temps ; le règne de la justice commence, pour durer à jamais : In inferno nulla est redemptio.
Quels frémissements, quelles agitations , quel-
1, Job. 10,
474 L’AMF
les alarmes ces terribles objets doivent-ils porter dans le cœur de cet homme mourant, s’il est en état de penser et de réfléchir ?
H pourrait revenir à Dieu, et profiter des moments que Dieu lui laisse ; il le devrait sans doute, et ses regrets seraient encore reçus s'ils étaient sincères ; mais hélas ! dans l’état de trouble et d’alarmes où il se trouve, de quoi peut-on être capable ? Le chaos de sa conscience est si grand, l’horreur de sa vie si affreuse, la grieveté de ses crimes siénorme, qu’il ne sait comment s'y prendre, et par où commencer ? D’ailleurs c'est souvent une punition terrible et une vengeance redoutable de Dieu, qui livre le pécheur à lui-même et à son sens réprouvé. Accablé de douleurs, épuisé de forces, peut-être même désespérant de son salut, il se précipite en aveugle dans le sein de cette éternité, sur laquelle son irréligion et son impiété jettent peut-être encore les doutes de l’endurcissement et de ses horreurs; mais ces doutes mêmes de quoi sont-ils capables , que de l’alarmer ? aussi le voit-on quelquefois dans des troubles, des agitations, des convulsions, des frémissements, des transports jusqu’à effrayer ceux qui l’environnent : on s’imagine que c’est l’effet de la maladie et de ses douleurs ; on se trompe ; c’est souvent l’état et le frémissement de son âme alarmée aux approches de sa fin der-
pe nière et du jugement redoutable qu’elle va subir ;
we sont M vs w préludes et les annonces des | ourments des damnés. Il expire, il meurt, il be > n’est plus, son sort est déjà décidé, et son âme potes ile précipitée dans l'enfer.
+ pat 0 mon Dieu ! queile mort ! qu'elle est triste ! d'tochen qu'elle est déplorable ! Préservez-moi d’une fin ere si funeste ; punissez-moi en cette vie, et n’attenla grièveté dez pas à la mort à me faire éprouver la rigueur La AR de votre justice. Je vais travailler toute ma vie à | adilleurs mériter un sort plus heureux. ' une veni- | e pécheur ccablé de même dc- '
n aveugle quelle son tre encore horreurs; capables, uelquefois nvulsions, squ’à efjagine que leurs ; on
issement sa fin der-
MÉDITATION
Sur la mort du Juste.
19 Il meurt sans regrets sur ce qu'il quitte. 2° Il meurt plein de confiance sur ce qu’il attend. | 7 Qu'il est heureux, 6 mon Dieu ! de finir ainsi sa course mortelle, pour entrer enfin dans la région des vivants ! J’ai été créé pour le même bonheur ; mais hélas ! une vie stérile en bonnesœuvres est-cile une digne préparation à la mort ? Aidez-moi, Ô mon Dieu ! à consacrer le reste de ma vie à mériter une mort heureuse ; j’ose encore l'espérer de votre bonté.
PREMIER POINT
Le juste meurt sans regret sur ce qu’il quitte. Personne ne peut s'assurer d'être juste devant Dieu et aux yeux de Dieu, parce que personne ne peut savoir s’il est digne d'amour ou de haine ; la foi nous Papprend. Cependant, quoiqu’on ne puisse avoir une assurance positive de son état, on peut par une détesiation sincère de ses péchés, par le témoignage intime de sa con-
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scienæ, par une sainte confiance en Dieu, espérer de trouver grâce à ses yeux, n’ayant rien d’essentiel à se reprocher devant lui. C’est en ce sens que l’homme peut être appelé juste ; et c’est de celui-là seul que l’on dit qu’il meurt sans regret sur ce qu’il quitte, et quel regret pourrait-il avoir ?
19 Il quitte le monde ; et que quitte-t-il en le quittant? Monde trompeur! monde injuste !
monde ingrat et perfide! quand on l'a connu, que peut-on regretter ? et quel autre regret peuton avoir que celui de s’y être attaché, d’avoir trop longtemps suivi ses illusions, ses erreurs, ses maximes , ses exemples et ses scandales ? Le cœur du juste était déjà mort au monde, et depuis un temps le monde n'était plus rien pour lui. On ne perd rien quand on est détaché de tout.
20 IL quitte ses biens, la mort l’en dépouille;. mais ces biens, il n’y ‘était pas atiaché, et ne tenait à rien ; il.les possédait comme ne les. possédant pas ; ces biens , il les avait déja quittés de
.cœur et d'esprit, il ne les regardait plus comme
des. biens ; il en fait avec joie le sacrifice à son Dieu ; il voudrait qu’ils fussent plus grands, pour avoir à lui offrir un plus grand sacrifice ; la mort ne le dépouille de rien que de la prison de son corps , toute autre possession lui était étrangère.
30 Il quitte des parents, des amis; sacrifice sensible, il est vrai; mais il savait qu’il devait
478 L'AME les quitter un jour ; mais il sait qu'il ne doit pas les quitter pour toujours ; il sait qu’itles laisse entre les mains de Dieu. Tendres enfants, épouse chérie, amis sincères , il faut nous quitter, Dieu le veut; espérons de nous réunir un jour dans le ciel. Il quitte tout, mais son Dieu lui tient lieu de tout , et il doit un jour retrouver tout dans Dieu : ce n’est pas les perdre , c’est s’en séparer pour un temps, après quoi on doit se réunir pour ne se quitter jamais; il va leur préparer les voies, et les attendre dans le sein de Dieu même.
.° I} quitte la vie; mais hélas! vie triste, vie périssable, vie sujette à tant de misères, de chagrins, et plus encore sujette à tant de tentations et à tant de dangers; où l’on n’est si souvent exposé à offenser Dieu et à lui déplaire! Non, il n’a point de regret à la perdre; il a une vraie consolation d’en offrir le sacrifice à Poffreen esprit de pénitence pour ses péchés ; il l'offre en esprit de dépendance au souverain Etre; il l'offre en esprit de conformité et d’union avec Jésus-Christ mourant ; il voudrait avoir mille vies pour les offrir dans ces sentiments.
‘Loin donc de craindre la mort, il la desire, il l’attend , il soupire après elle. Ainsi David sc plaignait-il de là longeur de son exil : Heu müihi,
quiæ incolatus meus prolongatus est 1! Ainsi Æ.
" Psalm. 119.
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fin « . M disp Cons Cutre tempx transp Hé vivre s attache nous P HOUS ar lumièr a Sanctifié Pour n
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| la desire, | David se Heu mini, st 1! Ainsi
ÉLEVÉE 4 DIEU, saint Paul desirait-il
de la prison de
être délivré
lélas! qu'est-ce que notre vie? Nous croyons vivre, et nous ourons chaque jour : nous nous attachons à cette vie Périssable qui passe, et nous perdons de vue celle vie véritable où
touchez nos cœurs ” Sanctifiéz tous nos moments, Pour nous comme auta
SECOND POINT
Le juste meurt espère,
Îl'attend de trouver un D ‘ordieux , au lieu d’ Il attend un
Plein de confiance Sur ce qu'il
ieu Père et miséri—
Il espère une place parmi les élus, et ik espère, non sur ses mérites, mais de la ru infinie de
son Dieu.
Il espère, en sortant de ce lieu d'exil de voir Dieu , de posséder Dieu, d’être à jamais réuni à son Dieu. Le ciel semble s’ouvrir à ses yeux; les saints lui tendre les mains ; lui ouvrir sonsein pour le recevoir.
Non, non , la mort n'est point une mort pour lui , c’est le commencement d’une vie immortelle et durable, c’est la fin d’un triste pèlerinage et d’un exil languissant ; c’est le port assuré après tant d'orages et de tempêtes ; c'est l’heureuse région des vivants; c’est la véritable et céleste patrie où il va se rendre,
O mort! que ton souvenir est amer à l’homme quia mis son cœur dans ses possessions, dans les plaisirs , dans les illusions de la vie ! mais que ta pensée est douce à celui qui vivait comme ne vivant pas, qui ne vivaitque d’une mort continuelle à lui-même et à tout.
Que la vue du port est aimable, après une lon. gue course sur une mer orageuse ! que la liberté est précieuse, après une triste et douloureuse prison! que la paix est délicieuse, après mille ct mille combats.
Qu'on se sait alors bon gré d’avoir renoncé at monde, sacrifié ses plaisirs, mortifié ses pas-
"éternité bienheureuse
it espère, nfinie de
il de voir is réuni à yeux; les nheureuse
mort pour immortelle lerinage ct ssuré après ureuse ré—
et céleste
à lhomnic is, dans les mais que ta
comme ne
continuelle
ès unc lon:
e la liberte louloureust rès mille et
M renoncé ai ié ses pi”
ÉLEVÉE A DIFU. -__ 48x
sions, travaillé à l’unique affaire qui intéressait sur la terre! qu’on recueille avec joie le fruit des combats » des peines, des arértumes de cette vie ! qu’on éprouve bien alors la vérité d ce grand oracle : la mort du juste est rt aux yeux du Seigneur : Pretiosa in conspectu Domini mors Sanctorum ejus ! s
Je sais, encore .uue fois , que le juste ne peut se répondre et être assuré de son sort ; qu'il doit craindre ses péchés, craindre les jugements de Dieu. Mais enfin ces péchés , il les déteste plus dr pupors que jamais. Les à de
ieu ; il a tâché e s'y pré sal Dieu toute sa confiance, à 0 me pans de lui-même sil espère tout de sa miséricorde et “ sa bonté ; il se jette entre ses bras, il lui offre so dernier sacrifice avec le dernier soupir. C’en si fait, le moment est venu, il faut donc mourir; mais non ; mon Dieu, il faut vivre et aller à vou : qui êtes la vie véritable; il faut sortir de ce lien
; #14 d’exil, pour entrer dans le séjour des vivants. O
séjour des élus! à terre promise!
Allez donc, âme j ; e ju * rare j : juste, entrez dans le sein es am; allez vivre avec les élus de la vie véritable, allez prendre possession de l’héritage céleste qui vous était réservé : et vous, à
1 Psalm. 115,
Dieu saint) 6 Dieu des miséricordes ! venez lui D de Fr ier passage : venez la soutenir dans issés du dernier combat ; venez recevoir
et consacrer ses derniers soupirs. Elle n’attend
que le moment de sa délivrance, pour entrer dans l’heureuse liberté des enfants de Dieu.
PRATIQUES
Que faut-il pour mourir ainsi de la mort des saints? Il faut vivre de la vie des saints , nous préparer saintement à la mort ; toute notre vie mourir à nous-mêmes et à tout; nous détacher de ce monde , et le quitter avant que la mort nous en arrache ; regarder chaque jour comme
pouvant être le guer de nos jours ; demander
souvent à Dieu la grâce d’une sainte mort, l’espérer de sa bonté infinie ; offrir notre sacrifice en union de celui de Jésus-Christ, enfin non seulement nous y préparer, mais être prêts à tous les instants.
PRIÈRE
Vous lavez dit, Omon Dieu! la mort des justes est précieuse à vos yeux. Maïs pour mourir de la mort des justes, il faut avoir vécu de la vie des justes, À yant été si éloigné d’une vie sainte,
venez lui tenir dans Z recevoir > n'attend ur entrer ieu.
mort des ints , nous notre vie détacher > Ja mort r comme demander ort, l’esacrifice en ion seulea tous les
de la vie » sainte,
nort des r mourir
ÉLEVÉR A DIEU.
puis-je encore avoir quelque espérance de cette mort précieuse? Ce n’est que dé votre bonté infinie que je puis l’espérer. Mon Dieül ayez pitié de mon âme , ne me délaissez pas dans ces der— niers moments ; ne me livrez pas aux amertumes etaux angoisses de la mort des pécheurs; venez à mon aide dans ce terrible combat. Vous êtes mort pour moi, faites que je vive désormais pour vous, afin qu’à ma dernière heure je puisse trouver grâce à vos yeux, et rendre entre vos mains mes derniers soupirs, Que mon âme meure de la mort des justes: Moriatur anima mea morte justorum . Ainsi soit-il.
Num. 23.