‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 88 sur 95 · EFFUSION DE COEUR · texte numérisé non relu

EFFUSION DE COEUR

Sur l’amour divin.

Prosterné en votre présence , à mon Dieu ! et en la présence de vos saints anges, à la face du : ciel et de la terre, je commence par reconnaitre que je ne suis au monde que pour vous aimer, que ce n’est que dans cette yueet à celte fin que vous m'avez donné l’être et Ja vi Je reconnais dans la douleur de mon âme et Je gémissement de mou cœur y que je ne vous ai pas aimé , et dès lors que j'ai perdu , que j'ai profané le temps de ma vie et les sentiments de mon cœur.

Je. desire enfin dés ce moment de vous aimer de toute l’étendue-de mon cœur , et ‘de, réparer par l’ardeur de cet amour la perte de tant d’années passées sans vous aimer.

. Voici donc l'amour que je vous Seal y et que je desire pouvoir vous offrir. Un amour parfait ; car je ne veux plus de bornes ni de par tage.

x° Amour vif et : scilabe) ; l'amour est un feu » et le feu est prêt à s'éteindre dès qu'il. languit. Aimer Dieu dans tont, avant. tout, par dessus tout ; que ce feu sacré allume. embrase, consume tout dans moi, mon esprit , mon cœur , mes affections, mes actions ; que mes paroles soient autant de paroles de feu , mes pensées autant de flammes ardentes ; mes desirs autant de soupirs embrasés ; que je ne vive que de ce feu ; que je ne respire que ce feu ; que ce feu soit mon aliment , l’âme de mon âme, la vie de mon cœur : henreuse vie que celle d’un cœur qe ne vit plus que d'amour.

2° Amour générepx: capable, s’il le faut j des plus grands salilites ; en état de tout'entre- … prendre, de'tout saêrit ensde tout perdre, et plus encore de tout souffrir, L'amour divin n’épargne pas ses victimes : c’est sur le Calvaire qu’il conduit les âmes, et là il leur présente le calice , il les abreuve des son amertume , il les arrose de

vous aimer de, réparer e tant d’an-

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our est un s.qu’il lantout, par "embrase , rit, mon ‘> que mes

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son sang. Mais ce calice, elles le vecoivent des mains d’un Epoux; cette amertume, il la change en douceur ; ce sang, il en fait un breuvage d'immortalité pour les âmes. Illes aime , mais il les purifie. Ce n’est pas sur le Thabor que se forment les saints, mais au pied de la croix ; c’est là qu’il les place; il y appelle les véritables amants: il n’y a que les cœurs généreux qui ly suivent et qui s'y arrêtent; les autres tremblent et s’enfuient ; et la, à mon Dieu ! Dieu d’amour ! Dieu souffrant et mourant ? vous restez presque seul :: j'y serai avec vous, souffrant pour vous , et mourant avec vous. Hélas ! on veut aimer ,'et on ne voudrait rien souffrir. Gémir ; souffrir et mourir, voila le partage de ceux qui aiment. Les autres loin d’en avoir les sentiments en connaissent à peine le nom.

30 Amour efficace , qui se produit par les œuvres. Aimer Dieu, ce n’est pas dire simplement qu’on l’aime ; aimer Dieu, ce n’est pas seulement desirer de l’aimer ; aimer Dieu , ce n’est pas purement éprouver quelque sensibilité passagère de cœur. Aimer-Dieu , c’est mourir à soi-même , c'est se détacher du monde , c'est renoncer à tout , de cœur , d’esprit » et d'effet , quand il le demande. Aimer Dieu , c’est observer ses commandements ; c’est se résigner à ses volontés ; c’est s’abandonner à s1 providence ,

c’estsouteuir ses épreuves. Aimer Dieu, c’est dominer ses passions, combattre ses goûts, vaincreses répugnances ; c'est mourir à tout. Voilà amour eflicace. Tout le reste , dire, desirer , projeter , et s’en tenir là , c’est un langage ; une illusion, un fantôme d’arour ; ce n’est pas l’a-

mour. Si on aime bien, ce n’est pas la. bouche

qui le dit , c’est le cœur , ce sont les œuvres et les sacrifices ; voila son langage : il parle par les eflets,

Ainsi ont aimé les saints , les apôtres -transportés aux extrémités de la terre ; les confesseurs dans le sein des cachots; les martyrs au milieu des brasiers ; les vierges avec leurs roses teintes du sang de l'Agneau ; ; les solitaires au foud des déserts. Ab ! que ceux-là diseut qu’ils

aiment : mais moi, Ô mon Dieu ! quand jedis, que

je vous aime ; osé-je le dire , quand mes actions ou se taisent, ou le démentent ? Donnez-moi cet amour , et mon cœur le dira , et vous l’entendrez. :

4° Amour pur et désintéressé. Oui, aimer Dieu , mais uniqueméf tpour lui-même; parce qu'il est bon , aimable , parfait , parce qu ‘il est Dieu. Aimer Dieu ,et ‘ans. Dieu n’aimer, ne goûter que Dieu seul ; ne chercher ni ses dons ni ses consolations , ni ses récompenses , mais lui- même , sa bonté, sa beauté, ses grandeurs , ses

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amabilités infinies. Non , dans l’amour point d'autre récompense , que d’aimer toujours davantage. Loin de nous ces cœurs bornés, ces cœurs intéressés, ces cœurs mercenaires, ils sont indignes d’aimer , ils ignorent ce que c’est que l’amour ,ils en déshonorent et profanent Îles sentiments. Montrez-vous à nous, Ô mon Dieu ! bonté suprême , beauté souveraine ! et faites dis paraître tous les vains objets, comme la venue du soleil fait disparaître et obscurcit tous les astres. Vous seul , Ô mon Dieu ! vous seul , en tout , par tout , pour toujours. Que cherchons: nous, que desirons-nous davantage ? un Die'ne

suffit-il pas à nos cœurs ? et nos cœurs sont-ils

à grands pour un Dieu.

5o Amour durable et constant :'je n'ai qu’une étincelled’amour, et je voudrais un brasier immense; cette faibleétincelle s’allume de témps en témps et s’éteintbientôt, et je voudraisun incendie per— manent, Mon Dieu, vous êtes toujours aimable : pourquoi ne vous aimé-je pas toujours ? pourquoi ces vicissitudes ,ces tiédeurs, ces langueurs ? Il y a certains temps oùil méparaitque je vousaime , certains moments, touché de votre grâce, je vousdis ce me semble, de cœur : mon Dieu, je vous aime ! Jours heureux ! moments délicieux ! mais ces temps sont si variés, ces moments sont si courts, cet amour est si peu constant et si peu assuré.

On vous aime un jour , à mon Dieu ! et l'autre on ne vous aime pas;on vous cherche un jour et le suivant on vous perd de vue ; on nous aime un temps, et ensuite ou semble oublier qu’on vous a aimé ; et qu’a-t-on trouvé dans vous pour se dégoûter ? et que trouve-t-on hors de -vous pour s’y attacher ? beauté toujours ancienne et toujours nouvelle ! perdez-vous quelque chose de vos attraits? vos attraits ne sont-ils pas capables d’exciter sans cesse de nouvelles ardeurs ?

Telle est, à mon Dieu ! l’unique chose que je vous demande, cet amour saint, célesteet parfait. Non, je ne vous demande ni la santé, ni la vie, ni aucun bien périssable, Je vous demande votre saint amour : je sais que je ne le mérite pas, que je m'en suis rendu indigne , que j’ai profané mon cœur ; je ne le mérite pas cet amour, mais vous le demandez , vous le méritez, je le desire je ne vous ai pas aimé ; mais jevis, mais je respire encore ; je suis encore en. état de vous aimer. Je puis encore dire de cœur :

mon Dieu je vous aime. Eh bien ; je vous le dis de toute l’étendue de mon cœur et de ses sentiments ; peut-être est-ce pour la première fois de ma vie je vous le dirai jusqu’au derniér soupir. :

l'autre jour et le ime un n vous à ir se déus pour toujours e vos atès d’exci-

se que je t parfait.

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