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lieu éminent, estexposé à l'agitation et aux secousses des vents ; s’il résiste, il se fortifie et prend des racines plus profondes et plus assurées. Tel est l’effet des épreuves à l’égard de l’âme. Plantée dans une terre favorable , élevée à un état de grâces plus spéciales , les épreuves intérieures l'affermiront dans le bien; soit parce qu’alors Dieu lui donne plus de grâces, soit parce qu'ellemême devenue plus attentive et plus vigilante, s’arme contre ses ennemis, et réunit toutes ses forces pour se mettre en état de défense. Quand J'éprouve ma faiblesse, disait saint Paul, c’est alors que je trouve en moi plus de force ; parce que, dans cet état, convaincu de sa propre misère, on se réfugie dans Dieu ; et que ne peut-on pas avec son secours ?
4° Peut-être, par les épreuves, Dieu veut nous préparer à quelque grâce particulière, à quelque faveur spéciale dont il veut nous combler. Il commence à bien établir dans nous les fondements de l’humilité, sur lesquels doit s ’élever l’édifice de notre perfection.
Tèls sont les desseins de Dieu sur nous dans les épreuves qu’il nous ménage ; desseins toujours de miséricorde, de providence, de salut et de grâce. Hélas! souvent opposés aux desseins de Dieu, peu résignés à ses volontés, ennemis de notre propre bonheur , nous nous décourageons,
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ÉLEVÉE A DIEU. b57
nous nous inquiétons , nous nous laissons abattre et décourager , peut-être même nous nous plaignons et nous murmurons,
Car voilà ce qui n’arrive que trop souvent :
tandis que la grâce sensible nous soutient et nous porte, tandis que les douceurs du service de Dieu se font sentir dans nos cœurs , tandis que le miel des consolations coule dans nos âmes, nous marchons , nous nous soutenons.
Mais du moment que le ciel s’obscurcit, que le soleil de justice semble se cachér et s’éclipser à nos yeux, noscœurs abattus , nos âmes défaillantes ne sont plus capables de rien ; nousnous arrétons, nous reculons, nous nous mettons en danger de nous égarer.
Là dessus on se dégoûte de la prière, on néglige ses pratiques , on manque à ses communions, et par là on éloigne la grâce, on s’expose à perdre le mérite de tout.
Que faut-il donc faire pour mettre à profit les épreuves, et les rendre salutaires et méritoires ? |
Voici les vraies, les saintes , les solides dis— positions qu’il faut prendre, avec le secours de la grâce qui nous sera toujours assuré dans tous les temps, et plus encore dans celui des épreuves.
10 Reconnaître humblement devant Dieu
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qu’on a bien mérité ces peines, et qu'on les a attirées par sa faute : Peccavi,.
20 S’adresser à Dieu , recourir à la prière pour implorer son secours et son assistance plus spéciale : Vent, Domine.
30 S’armer de courage et de confiance, persuadé que Dieu est alors plus près de nous que jamais. Où étiez-vous, Seigneur, s’écriait saint Antoine au milieu des tentations terribles dont il était assailli? J'étais auprès de vous , lui dit le Seigneur; et une marque que j'étais présent , c’est que vous n’avez pas succombé, |
4° Loin de se négliger, de quitter les pratiques de piété, il faut s’y aflermir, les redoubler , y , ètre plus exact que jamais. Doit-on quitter les * armes dans le temps du combat ?
Sur toutes choses ,dans ces temps d'épreuves, de sécheresse, de délaissement, nous unir à Jesus- Christ notre divin modèle, Il a été comme délaissé lui-même de son Père céleste dans le fort de sa passion et de ses souffrances; il les offrait alors pour nous mériter les grâces et les secours dans le temps de nos afilictions ct de nos combats. |
Enfin dans les temps de nuages et d’obscurité, espérer des jours plus heureux ; après l’hiver le “printemps , après la tempête le calme, après les ténébres l'éclat des lumières. On goûtera mieux
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les douceurs de la paix après les horreurs du combat.
Ainsi ont été éprouvés tous lessaints ; tous ont marché par cette voie semée d’épines , souvent arrosée de leurs larmes, quelquefois mème inondée de leur sang. Avant que d’arriver à la terre promise , il faut avoir traversé le désert.
Lequel vaut mieux pour nous, lequel est plus
salutaire pour le bien de nos âmes , le temps de consolations , ou le temps des épreuves? Nous pouvons dire en général que celui que Dieu nous envoie , des que nous en ferons un saint usage, est le meilleur pour nous. Mais ce que nous pouvons ajouter , c'est que dans le temps des épreuves il y a pour nous moins à craindre et plus à mériter; et que dans le temps des consolations, au contraire, il y a moins à mériter et bien plus à craindre,
Encore une fois , laissons tout entre les mains de Dieu , prenons ce qu’il nous donne, recevons ce qu’il nous envoie, remettons-lui notre sort, tàchons de faire un saint usage de ce qu’il permet. S’il nous rend des visites consolantes, recevonsles avec reconnaissance ; s’il nous fait part des amertumes de son calice, recevons-le de sa main et de son esprit.
Soyons fidèles à sa grâce, abandonnons-nous à sa providence, espérons tout de sa miséricor—
b6o L’AMR ÉLEVÉE À DIEU.
de ; ilsait le chemin qui doit nous conduire au au bonheur, c’est à nous de suivre sans nous arrêter ; si la route est pénible , le terme dédommagera de toutes les peines.