‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 2 sur 112 · SUR LE SERVICE DE DIEU · texte numérisé non relu

SUR LE SERVICE DE DIEU

. | C'est une réflexion bien solide et bien cunsolante pour nous, de penser qu'en servant le Seigneur nous servons tout à la fois le plus grand et le meilleur des maîtres. Quel engagement pour nous à le servir avec une inviolable fidélité et une sainte joie ! ° Il y a des maîtres dans le monde; des grands, des heureux dans le siècle ; des rois, des monarques dans les empires; ces différents maîtres, on les sert, et on s’estime houreux de les servir. Leur service a au dehors quelque chose d'apparent et de grand; l'éclat qui les environne frappe et peut éblouir. Mais dans le fond, que sont-ils en eux-mêmes? Ces grands font-ils personnellement leur grandeur ? Cesriches, que sont-ils sans leurs trésors et leur abondance ? Les rois mêmes, qui sont ce qu’il y a de plus grand dansle monde, que ne doivent-ils pas à l'appareil qui les environne? Et souvent à travers leur grandeur apparente, combien ne découvre-t-on pas de faiblesses réelles! Non, il n'est qu’un seul maître véritablement grand en ce monde, seul digne par lui-même del'être, seul capable de porter et desoutenir ce grand nom. Tous les AME ÉLEV. 1

autres sont faibles, défectueux , imparfaits : souvent ils ont eux-mêmes des maîtres ; et s'ils n'en ontpoint sur laterre, ils sont forcés d’eneconnaître‘un dans le ciel, qui règne sur eux, qui les assujettit et qui les domine.

Or, voilà le souverain Maître à qui nous avons la gloire et l'obligation de consacrer nos services : cen’est que pour cela qu’il nous a mis sur la terre ; et au moment même où

à, + il nous créa, il imprima dans la substance de notre âme ces

grandes paroles : Dominum Deum tuum adorabis (1), Vous adorerez le Seigneur, et vous ne servirez que lui seul, Etalli soli servies. En sorte que, dès ce premier instant de notre naissance, Dieu nous a comme scellés de son sceau et consacrés à sa gloire. Cette obligation indispensable a crû dans nous avec l’âge ; elle nous est aussi propre que notre être, aussi intime que notre vie, aussi ancienne que notre origine.

Et indépendamment même de cette obligation nécessaire que nous avons apportée au monde en naissant, il en est une autre volontaire que nous avons contractée nous-mêmes, au moment de notre baptême, par les engagements sacrés que nous avons pris dans cet heureux

jour par une bouche étrangère, et que nous avons ensuite .

ratifiés par un consentement libre. Dès lors nous sommes à Dieu, et Dieu peut nous dire plus spécialement que jamais : Vous êtes à moi. Dès lors nous ne portons point de titre dont nous soyons plus obligés de soutenir les droits, de remplir les obligations, de respecter la dignité, que celui de serviteur de Dieu. Qualité glorieuse qui nous consacre jamais à l'Etre suprême ; qualité éminente qui nous élève au-dessus du monde et de nous-miêmes ; qualité dominante que nous devons prendre pour l'âme de ‘toutes nos pensées, le mobile de toutes nos actions, la

| ace de toute notre conduite; qualité, par conséquent,

(1) Matth. IV.

si Do avoir toujo toutes sacrifi Tel

} dans } Com vous ?

allez- Je su de Ph 4 admir dema seule faire à gneur mes q point :

vienne nécessi gloire.

voilà n M ces ; je A dront d Lhomme Parmi de con pour n teur de es autr Mdeur, d oute

(1)Jon.

sont rre, ègne

loire pour 1e où Je Ces (1), seul, stant > son spenropre enne

éCest,il actée s enreux

suite .

1mes que point

les nité, nous e qui quae de s, la

ent, .

Bsi nous en connaissons tout le prix, que nous devons avoir toujours sous les yeux, toujours présente à l’esprit, toujours gravée dans le cœur : nous devons la préférer à toutes les autres, la rappeler dans toutes les autres, et sacrifier, s’il le faut, toutes les autres pour elles.

Tels étaient les sentiments du prophète Jonas. Il entre } dans un vaisseau pour faire voile pour Tarse en Cilicie, Comme il était inconnu, le pilote lui demande : Qui êtes vous ? quelle est votre profession ? d'où venez-vous ? où allez-vous ? Quod est opus tuum? quæ terru? quo vadis (1)? Je suis serviteur de Dieu, dit Jonas : mon emploi est de l’honorer et de le servir, Dominum cœli timeo. Paroles admirables ! s’écrie un saint Père. On fait à Jonas quatre demandes, et à ces quatre demandes Jonas ne fait qu’une seule réponse; et paf cette seule réponse il croit salisfaire à tout : Je suis serviteur de Dieu, je crains le Seigneur ; comme s’il eût dit : Toute ma profession, toutes mes qualités, tous mes titres, ne consistent qu’en ce seul point : Dominum timeo. Sentiments nobles! qu'ils conviennent bien à un Chrétien qui connaît l’indispensable nécessité où il est de servir Dieu, et la grandeur de la gloire qu’il trouve dans son service ! Serviteur de Dieu, voilà mon nom, mon surnom, mes titres, mes espéran-

Mces ; je ne suis que cela dans le monde : les autres pren-

dront des noms superbes, des titres pompeux. Parmi les

hommes, les uns seront appelés grands, riches, puissants.

[Parmi les monarques, ceux-là prendront le nom de héros, de conquérants, de vainqueurs ; je ne le leur envie pas; pour moi, tous mes titres se réduisent à celui-ci : Serviteur de Dieu. Parmi les vues et les projets que l’on forme, es autres en auront d'élévation, d’ambition, de gran-

* Mideur, de fortune : toute ma gloire est de servir Dieu ;

oute mon ambition, de le bien servir.

(1)Jon., 1.

Telle est la grandeur d'âme où le service de Dieu nous élève, et la noblesge des sentiments qu'il inspire; et cela dans quelque état que l’on soit. Dans quelque condition que l’on vivé, on peut tenir ce langage et s'élever à ces sentiments. Fussent-ils dans les états les plus bas, dans les conditionsles moins relevées, tous peuvent aspirer à cette gloire, et consacrer ainsi l'hommage de leur dépendance, en la relevant par leur dépendance envers Dieu : son service sanctifie tout, élève et consacre tout.

Un Chrétien peut servir des maîtres sur la terre, son état l'y engage, mais la vue de Dieu l'y soutient. Un père de famille-donnera à ses enfants son application, ses soins et sa vigilance ; mais, placé à la têle de tous,, il se souviendra qu'il tient la place de Dieu; il en prendra les sentiments, il en soutiendra les droits. Un fils'obéit à son père ; mais dans lui il reconnaît la personne du Père céleste, et il se souvient que son premier père c'est Dieu. Une épouse est somise à un époux ; mais dans cet époux elle honore, elle respectele céleste époux de son ‘âme. Un domestique est soumis à son maître, il le doit; mais dans ce maître terrestre qu'il voit, il honore lé maître invisible

qu'il sert, et cette vue lui adoucit toutes les peines de |

son état, et lui en présente la récompense. Un sujet sert

son roi, son devoir l’y oblige; il sert les hommes sur la: terre ; mais il sait qu’il doit et qu’il peut régner un jour À

dans lé ciel avec le roi même des rois. Quels sentiments ! quelle consolation ! quelle gloire!

Ah! si l’on connaissait bien le maître que l’on sert en servant le Seigneur, comment le servirait-on ! Combien estimerait-on la gloire de le servir! La langue aurait-elle assez d'expressions, le cœur assez de sentiments, la vie assez de dérée pour les lui consacrer! Avec quels soins,

quelle fidélité, quel zèle, .quel empressement, quelle

ardeur, ne lui dévouerait-on pas ses services ! Soin assidu » à connaître ses volontés adorables ; | fidélité inviolable à «

à Dieu nous ire; et cela » condition élever à ces as, dans les irer à cette épendance, Dieu : son

terre, son t. Un père 1, ses soins se souvienà les sentià son père ; re céleste, Dieu. Une époux elle âme. Un mais dans re invisible peines de | sujet sert mes sur la:

er un jour ntiments !

on sert en

Combien aurait-elle nts, la vie xels soins, t, quelle

oin assidu * violable à à

les accomplir au moment où elles sont connues; zèle à s'intéresser à tout ce qui est de sa gloire ; empressement à aller au-devant même de ses souhaïts; ardeur et courage à surmonter toutes les difficultés, à vaincre tous les obstacles, à faire tous les sacrifices. Est-ce ainsi que nous avons servi le Seigneur? Et à la place de ce soin, de cette fidélité, de ce zèle, de cet empressement, de cette ardeur, de ces généreux sentiments, qu'avons-nous souvent montré? que lâcheté, qu’inconstance, que négligence, que tiédeur, que langueur. Ne devons-noùûs pas avoir honte de le servir ainsi?

O mon Dieu, que vous êtes un bon maître, mais que vous avez de méchants serviteurs!

Les grands veulent être servis par des grands, et Dieu veut être servi par dés saints. A ce titre, pouvons-nous nous dire ses serviteurs? Ames Jâches, ou quittons-en le nom, ou prenons-en les sentiments; rougissons du moins de notre conduite, et réparons-la en rendant à Dieu de plus dignes hommages.

Vous avez encore, à mon Dieu, des serviteurs fidèles et dignes de vous; je ne me contenterai pas d’envier leur bonheur, je tâcherai d’imiter leurs exemples,

MÉDITATION

SUR LE MÊME SUJET

Et vous servant, à mon Dieu, nous avons le bonheur de servir le meilleur des maîtres; ne devons-nous pas vous servir avec une sainte joie? Eh! quoi de plus capable de nous engager à vous servir avec cette joie sainte, que les effusions ineffables de votre bonté pour nous? Nous les méditerons, nous les admirerons: et si jusqu’à présent elles ont échappé à nos esprits, dans la suite elles seront à jamais gravées dans nos cœurs.

Prosterné en votre présence, d mon Dieu! c'est le désir que je conçois en ce moment, et la grâce que je vous demande pour toute ma vie.

1° Bonté de Dieu à nous combler de bienfaits. Dieu semble n'être riche que pour nous enrichir de ses dons. Que de grâces, que de faveurs ne verse-t-il pas chaque jour sur nous ! Que de lumières pour nous éclairer ! Que de grâces pour nous toucher! que de secours pour nous sanctifier ! Y a-t-ilun moment dans notre vie qui ne soit marqué par quelque bienfait ? Et après toutes les grâces dont il nous a comblés, si ses grâces n'étaient pas inépuisables, y en aurait-il encore dans ses trésors? Ce qu'il y a de plus admirable, d mon Dieu, .c’est que vous nous comblez de bienfaits quoique nous en soyons indignes, quoique nous soyons ingrats, quoique vous prévoyiez que nous en abuserons et que nous les tournerons contre vous. Notre ingratitude ne ferme point votre main libérale ; notre cœur ingrat n’épuise poil les sentiments de votre cœur tout divin.

2° Bonté de Dieu à supporter nos défauts. Eh ! combien n’en trouve-t-il pas dans nous! Quel fonds inépuisable de négligences, d’infidélités, de lâchetés, de manquements, de misères! Si nous le prions, avec quelle tiédeur! si nous le suivons, avec quelle lenteur ! si nous le servons, avec quelle langueur ! Il voit, il supporte, il patiente, il attend. Le monde nous retient à son service, nous admet à à ses fêtes, tandis que nous sommes à la fleur de l’âge; mais après un temps, sur le retour des années, il nous force à l’abandonner et semble nous méconnaître. Pour vous, Ô mon Dieu, toujours bon, vous ne nous abondonnez point que nous ne vous forcions à nous abandonner. Nous vous sommes aussi chers à la fin de notre course qu’au commencement de notre carrière ; sur le déclin de l’âge, comme à l'aurore des plus beaux jours. Fussions-nous à la dernière heure, vous

|! c'est le ce que je

aits. Dieu > ses dons.

as chaque irer ! Que Jour nous jui ne soit les grâces

pas inésors ? Ce que vous ons indious préurnerons mt votre it les sen-

combien puisable manquetiédeur !

s le ser— e, il paservice, nes à la > retour le nous rs bon, Jus forsi chers le notre rore des re, Vous

recevriez encore avec consolation nos derniers soupirs. O mon Dieu, comment des serviteurs coupables, au moins inutiles, peuvent-ils vous être encore chers? En seriez-vous moins heureux, s'ils n'étaient à vous?

3° Bonté de Dien à pardonner nos péchés. C'est surtout ici qu’éclate cette bonté ineffable. Les autres maîtres pourront bien être indulgents a un certain point, pardonner les premières, les secondes fautes ; mais pardonneront-ils des fautes réitérées? Ne se lasseront-ils point de se voir mal servis? Bientôt ils se rebuteront, ils éclateront. Pour vous, à mon Dieu ! bon et patient comme à l’excès, vous excusez, vous dissimulez, vous pardonnez. Et combien de fois, et jusques à quand? Toutes les fois

que nous revenons. Peut-être dans tous les trésors des

bontés divines n’y a-t-il rien de si admirable.

Dans notre conduite, ce n’est souvent que chutes et rechutes, qu’inconstance et que changement. Dieu ne change jamais. Après tant d’infidélités à nos promesses, à nos résolutions, nous promettons de nouveau ; Dieu nous écoute encore. Dans nos confessions, nos accusations au sacré tribunal, quel est l'excès de notre misère ! Presque toujours mêmes fautes, mêmes infidélités, mêmes manquements, et dans Dieu toujours même miséricorde,

même bonté. Fussions-nous tombés mille fois, mille fois

il nous recevra avec tendresse, si nous revenons avec sincérité, et au lieu de plaintes et de reproches, jamais ilne nous fera entendre que cette consolante parole : Allez

en paix, Vade in pace (1). O mon Dieu, plus votre bonté se manifeste à moi, plus je sens augmenter mes regrets ; les reproches que votre cœur paternel vous empêche de me faire, je me les fais à moi-même ; mon âme n'aura d'autre mesure dans sa douleur que l” excès même de Ia bonté dont vous usez envers elle.

(1) Mare, v.

4° Que si, revenus à Dieu, nous faisons quelque chose pour lui, avec quelle bonté ne le récompense-t-il pas! Disons donc encore avec transport : Bonté de Dieu à récompenser nos travaux! Dans le service du monde, on s’épuise, on se consume, on se sacrifie. Qu'en revient-il bien souvent? À combien de personnes, dans le sein de leurs regrets et de leurs larmes, pourrait-on dire comme à ces infortunés dont parle l’Esprit-Saint : Vous avez beaucoup travaillé et peu recueilli! Dans le service du monde, combien de choses ne sont pas connues! Parmi celles qui sont connues, combien ne sont pas agréées ! parmi celles quii sont agréées combien ne sont pas récom: pensées, ou ne le sont pas selon leur mérite ! Dans votre service, à mon Dieu, il n’en est pas ainsi ; tout est connu, agréé, tout est récompensé ; rien ne se dérobe à vos yeux, rien n’échappe à votre cœur. Ce ne sont pas seulement. les grandes actions, les actions héroïques qui ont leur couronne; les plus petites choses, les sacrifices les plus légers ; le dirai-je, un verre d’eau donné en votrenom, aura sa récompense, et cela durant une éternité tout entière.

O mon Dieu! vous n’êtes point connu, surtout à l’égard de votre bonté. On a quelque idée de vos autres perfections, de votre puissance, de votre sagesse, de votre justice; mais votre bonté n’est point connue. Vous êtes bon, et bon dans tous les temps; vous l'avez été dès le commencement, el vous le serez au delà des siècles ; bon envers tous, vous faites pleuvoir et lever votre soleil sur le juste et sur l’injuste.

Oui, Dieu est bon ; et c’est surtout dans sa bonté qu’il -est incompréhensible plus encore que dans tous les mys- ‘ères. Quand on vient à penser à tout ce qu'il a fait pour les hommes :un Dieu descendre du ciel sur la terre, se revêtir de leur mortalité, se charger de ieurs misères, finir sa course sur une croix; et non conjfent de s'être immolé une fois pour eux sur la croix, tous les jours

ue chose t-il pas!

ieu à rénde, on evient-il > sein de comme Jus avez “vice du ! Parmi igréées !

récomns votre connu, DS YEUX,

ulement .

nt leur plus lém, aura entière.

ut à l’éautres sse, de e. Vous été dès siècles ; e soleil

té qu’il es mysit pour rre, se 1isères, e s'être s jours

M encore renouveler son sacrifice sur les autels! A la vue D de ces grands mystères, nous sommes é! :6s el surpris ;

et.c’est notre surprise même sur la b: :.é de Dieu qui marque que nous ne la connaissons pas ; car, pour comprendre toutes ces choses, il suffirait de dire que Dieu est bon : ce seul mot dirait tout. Nous mesurons la bonté de Dieu sûr nos faibles lumières; nous pensons en hommes, il agit en Dieu. Tout est expliqué par ce seul mot : Dieu est bon. Ce n’est pas même assez dire: il est tout bonté, il n’est que bonté, c’est la bonté même. |

Tel et plus grand encore est le maître que nous servons. Mais dès lors quel est mon bonheur d’être au service d’un maître si bon, si tendre, si compatissant, si libéral, si généreux, si parfait! Quel est mon bonheur, et quels devraient être mes sentiments! Avec quel plaisir, quelle consolation, quelle joie ne devrais-je pas le servir, estimer mon sort, bénir mille fois le ciel de mon partage! Toutes les pensées de mon esprit, toutes les affections de mon cœur, tous les moments de ma vie ne devraientils pas être sans cesse employés à me consacrer à son service et à me féliciter de mon bonheur ?

Mais, hélas! est-ce ainsi que nous vous servons, Ô mon Dieu! avec ces désirs, ces empressements, celte joie? On vous sert, mais comment ? On vous sert avec tiédeur, avec négligence, avec indifférence; est-ce là vous servir? On vous sert avec tristesse, avec abattement, avec dégoût ; on ports votre joug avec peineet de mauvaise grâce; est-ce là vous servir en Dieu? On vous sert, mais avec frayeur, avec crainte, et comme toujours tremblant en esclave: est-ce là vous servir? ou plutôt n’est-ce pas vous déshonorer? Quittons cet esprit de terreur et d’alarmes; prenons des idées plus dignes de Dieu et de sa bonté. Craignons, mais d’une crainte toute filiale qui dilate le cœur, et non d’une crainte servile qui captive les sentiments.

Servons le Seigneur, d mon âme! mais servons-le avec joie. Que cette joie sainte se montre et paraisse dans tout: qu'elle respire dans l’air ; qu’elle soit peinte sur le visage; qu’elleéclate dans toute la conduite. S'il y a un sacrifice à faire, faisons-le avec générosité; s’il y a une croix à porter, portons-la avec joie ; s’il y a une peine à essuyer, essuyons-la sans le témoigner ; faisons aimer, goûter le service de Dieu par la manière dont nous le servons : Servite Domino in lætitià (1), Servez le Seigneur avec joie, |

PRIERE

. Vous servir désormais, Ô mon Dieu ! c’est le sentiment que je vous consacre en ce moment, et la résolution que je forme pour toute ma vie. Vous servir, c’est là l’homme, c’est là tout l’homme. Hors de là, qu'y a-t-il de solide en ce monde? Vous servir, à vous le plus digne des maîtres, le plus sincère des amis, le plus tendre des pères, le plus fidèle de tous les époux. Vous servir, mais, hélas! voudriez-vous encore agréer mes services après que je les ai si longtemps profanés au service d’un monde trompeur ? Vous servir ; mais rendu une fois à vous, vous sérvir fidèlement, vous servir généreusement, vous servir cônstamment; c’est là notre gloire et notre bonheur, même dès cette vie; ce sera pour l’autre le gage du bonheur éternel. Voilà mes sentiments. et mes résolutions, à mon Dieu! la triste expérience que j'ai faite si souvent de mon inconstance dans votre service me fait trembler pour l'avenir. Daignez fixer cette légèreté de mon esprit et cette instabilité de mon cœur,et par là m’attacher inviolablement à vous pour toujours. . Ainsi soit-il.

PRATIQUES

1° Rappeler souvent l’oracle de Jésus-Christ, qu’il est impossible de servir deux maîtres.

20 Quand on éprouve quelqu: chagrin, quelque amertume au service du monde, se dire qu’on a si souvent et si mal servi le Seigneur.

30 Considérer que toutes les créatures inanimées servent à la gloire de Dieu selon leur destination ; abuserons-nous de notre raison et de notre liberté pour nous écarter de ses volontés et de son service ?

4° Penser souvent à tout ce qui nous est revenu de l'attachement que nous avons eu pour le monde, et aux regrets que nous en aurons à la mort. |

(1) Psalm, xcx.

ervons-le aisse dans nte sur le ilyaun l'y a une e peine à S aimer, t nous le Seigneur

ue je vous r toute ma ors de là, plus digne es, le plus ous encore és au ser- Dis à vous, servir concette vie; sentiments.

ai faite si bler pour tabilité de toujours. .

ossible de

u service 1r.

la gloire son et de ce ?

chement 1 aurons

Page 1