‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 25 sur 112 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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son éternité. Peut-être celui qui doit le suivre, c'est moimême. Ÿ pense-t-on ? la terre entière n'est qu’un vaste théâtre toujours couvert de quelque cadavre nouveau, et un abîme immense qui s'ouvre pour l’engloutir ; et ce. pendant, cet arrêt porté contre nous, qui est celui d’entre nous qui se donne le temps de l’écouter, de le méditer, de l’approfondir ? Hommes mortels et toujours mourant, nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir ; nous éloigncns même la pensée de la mort, comme si en en éloignant. la pensée nous en évitions les horreurs. Aussi vivons-nous dans l'oubli de tout, quand nous avons tout à craindre.: semblables à ces victimes infortunées qu’on conduit à l’autel, qui ne savent craindre la mort qui les menace que lorsqu'elles sentent le coup qui les frappe. 2° Nous mourrons tous ! Formés de la même boue,

nous tendons tous à la même fin : la mort nous citera tous à son tribunal, et nous appellera tous par notre nom :

vous tel jour, vous tel autre; vous telleannée, vous la suivante ; vous demain, vous peut-être aujourd’hui. Dans un certain nombre d années, il y aura dans les villes des hommes nouveaux ; dans lesmaisons, de nouveaux habitants ; dans ce monde, un monde nouveau. Ceux qui l’habiteront diront alors ce que nous disons aujourd’hui : Nous mourrons tous. On viendra méditer sur notre tombeau : on fera sur nous les mêmes réflexions que nous faisons sur les autres : les fera-t-on avec plus de fruit ? en deviendra-t-on plus chrétien? Selon les apparences, il en sera d’eux romme de nous. On entendra ces vérités, on en sera touché : on fera des résolutions et des propos ; après quoi on se retirera, on se dissipera ; de nouvelles idées effaceront ces idées salutaires ; et quand la mort viendra, on sera presque aussi surpris que si jamais on n'en avait entendu parler.

3° La mort renversera tous nos projets et dissipera

toutes nos pensées : car voilà où nous en sommes ; dans

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comme si en reurs. Aussi S avons tout unées qu’on mort qui les es frappe.

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dissipera ; dans

nous, tout est projets : ous en formons un, un autre le suit de près : un troisième lui succède bientôt : la mort en forme un quatrième tout opposé, et les renverse tous à l'instant. Ce jeune homme à la fleur de son âge n'a l'imagination remplie que de jeux, de divertissements, de plaisirs : il voit s'ouvrir devant lui une carrière immense ; la mort le laisse avancer quelques pas, et, fondant tout à coup sur lui, elle l’arrête au commencement de sa course, et, par une fin imprévue, peut-être tragique, elle porte la consternation dans ceux de-son âge, tout effrayés d'entendre dire : Un tel est mort quand ils pensaient à nouer une partie de plaisir avec lui. Et vous, personne mondaine , tout occupée de vous-même, du monde, d’ornements, de parure, que faites-vous ? Vous parez la victime ; la mort est prête à l’immoler.

Vous vous contemplez dans le miroir que vous présente la vanité,et vous ne voyez pas derrière vous la mort qui vous menace : elle tient le trait vengeur suspendu ; elle attend quela victime soit parée pour l’immoler ; etau milieu de cet étalage de vanité, de mondanité, cette victime va tomber toute tremblante, toute palpitante.

O homines! quel aveuglement est le nôtre! Nous concevons que notre vie n’est qu’un souffle, et sur un fondement si fragile nous voulons élever des édifices immenses. Nous portons nos vues bien loin .au delà de nous, audessus de nous; et nous ne voyons pas le tombeau qui s'ouvre sous nos pieds. Hélas! ne formons-nous des projets que pour les voir renversés ? n’ourdissons-nous une trame que pour la voir coupée? Nous nous répaissons d'idées flatteuses, d'objets chimériques ; toute notre vie se passe en projets; et quand il faudra sortir de ce monde, nous aurons encore entre les mains les vues, les projets, les désirs du temps. Quels préparatifs pour l'éternité !

4° La mort nous dépouillera de tout : honneurs, richesses, plaisirs, emplois, dignités, amis, liaisons, il

faudra tout quitter. Tout homme se trouvera réduit au terme du prophète Job, et pourra s’écrier avec lui : De tout ce que j'avais sur la terre, il ne mereste que le tombeau pour partage : Et solum mihi superest sepulcrum (1).

Pour tout le reste, il faudra dire et prononcer cette parole triste et lugubre : Je laisse, je laisse. Ah ! dites plutôt, on -m'’enlève, on m'arrache. Il faut tout quitter, et tout quittersans délai, ettout quitter sans partage, eltout quitter sans retour. La bière et le tombeau, les verset les cendres, . c’est tout ce qui nous reste : E1 solum superest sepulcrum. Hommes insensés, était-ce donc pour cela qu'il fallait former dansle fond du cœur tant de désirset tant de projets : dans le sein des familles, se livrer à tant de sollicitudes et de sou: ; dans le sein des Etats, allumer tant de guerres, livrer tant de combats, répandre tant de sang, désoler, ravager tant de provinces et tant de nations ? A quel terme tout eela devait-il aboutir un jour? ou plutôt dans quel abîime, dans quel gouffre tout cela devait-il être englouti à jamais ?

9° Enfin la mort décidera de tout pouritoujours, l'arbre tombera un jour ; il tombera à droite ou à g he, selon la pente qu’ilaura prise durant la vie : voil ..stre image. Toute l'éternité nous serons ce que nous aurons été au moment de la mort. Mourons-neus en état de grâce, notre sort est fixé ; nous voilà heureux pour toujours. Mourons-nous en état de péché, notre malheur est assuré, et l’est à jamais. La mort n’est qu’un moment, et ce moment fatal décide d’une éternité! O moment! moment terrible ! qui pourra balancer ton poids? qui pourra mesurer ta durée ? qui pourra mesurer tes conséquences terribles ?

O mort! disait le prophète, que ta balance est équitable! Que ton jugement ést solide et tes conseils salutaires ! O

(1) Job., xvir.

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