SUR LA MANIÈRE DE SE SANCTIFIFR DANS SON ÉTAT ET SELON SON ÉTAT
Il faut convenir que c’est une idée bien fausse que celle que le monde se forme de la sainteté, en la représentant comme quelque caose de dur, d’austère el d’impraticable, où il est à peine permis d’aspirer. On s’imagine que la vie des personnes de piété est toujours plongée dans lesein de la mélancolie ; que leur visage est toujours couvert de nuages sombres, que leur cœur ne s'ouvre jamais à la joie, que jamais des jours sereins et tranquilles ne se montrent à eux : idée fausse, injuste, que la raison n'a jamais dictée, que la vérité désavoue, que l’amourpropre s’est formée lui-même pour avoir un prétexte d'abandonner la sainteté, en se la représentant comme au-dessus de ses forces. Non, la sainteté n’est point telle qu’onse l'imagine, toujours sauvage et enfoncée dans les forêts, toujours sangiante et hérissée d’épines, toujours triste, et couverte de cendres et de cilicès; elle se trouve dans les villes comme dans les déserts, sur le trône comme dans l'obscurité et dans la poussière, et elle n’est pas moins sous la pourpre que sous les haïllons.
O Israëi ! disait autrefois le Prophète à son peuple, ne pensez pas que la loi sainte que Dieu vous impose soit éloignée de vous, et au-dessus de vos forces. Non, pour l’observer, il ne faut ni errer dans les déserts, ni grimper sur les montagnes, ni passer au delà des mers ; vous le pouvez sans sortir de votre patrie, sans renoncer à vos biens, sans prodiguer et exposer votre vie; Dieu qui connaît votre faiblesse, a mis la sainteté à votre portée;
et elle ne se fera jamais chercher longtemps, si vous la cherchez avec sincérité.
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