‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 44 sur 112 · ET · texte numérisé non relu

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faut-il faire pour être saint? O hc:1mes formés pour le ciel! voulez-vous apprendre à devenir saints, et connaître la voie qui conduit à la sainteté? Ah ! si l'on disait aux personnes du monde: Voulez-vous apprendre le moyen de devenir riches, de vous rendre heureux sur la terre, avec quelle joie n’apprendrait-on pas cette nouvelle ! avec quelle avidité ne prêterait-on pas une oreille attentive? J’ai quelque chose de plus grand à annoncer, c'est le moyen d’être saint, c’est-à-dire d’être riche, d’être heureux pour le ciel : et ce moyen est d’autant plus consolant qu’il est plusassuré et plus infaillible. Car enfin que faut-il pour être véritablement saint? Le voici dans deux mots : il ne s’agit que de remplir fidèlement les devoirs de votre état ; les connaissez-vous, vous êtes savant : les remplissez-vous, vous êtes saint : Diey ne demande que cela de vous. La raison essentielle et fondamentale, c'est qu’en effet tous les états ont été établis par la Providence ; et la Providence ayant régléles états devait donner les moyens de s'y sanctifier : ces moyens de sanctification devaient être à la portée de tout le monde, dans tous les états, Or, quels moyens plus assurés, plus à la portée de

N tout le monde, dans chaque état, que l’accomplissement

des devoirs mêmes de cet état? donc, l'accomplissement

| deces devoirs devait être le moyen infaillible pour y être

saint. Ce que je dis, je le dis à tous, s’écrie le Sauveur : Omnibus dico (1).

Ainsi, grands du monde, voulez-vous être saints ? ne vous enflez pas de votre élévation ; elle vous rendrait odieux : images de Dieu sur la terre, ne faites sentir votre grandeur que par vos bienfaits ; vous ne serez grands que pour être saints.

Magistrats placés sur les lis, destinés à rendre la justice, et à décider du sort des hommes, tenez toujours.en main la balance égale ; que jamais l'intérêt ni la préven- (1) Marc., xiv.

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tion ne la fassent pencher. Souvenez-vousque vos arrêis et vos molifs seront pesés un jour dans la balance du s:nc- Pie luaire.

ARR | . ciel, Négociants occupés de votre commerce, que la probité Et en soit la base , le créditen sera le soutien, N'enviez pas |

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les grandes fortunes ; elles sont quelquefois suspectes de ee € grandes prévaricalions, et toujours sujettes à de grands .

revers. en Artisans, réduits à un travailconstant et pénible, ne le |

commencez jamais sans l’offrirà Dieu, pour attirer ses ee. bénédictions. Jésus-Christ même travailla sur la terre ; ba quel modèle pour sanctifier vos actions : quel motif pour .: " adoucir vos travaux ! ; sis Pères de famille, voulez-vous être saints ? élevez vos da enfants dans la crainte de Dieu ; laissez-leur du moins ce es î precieux héritage ; il vaut mieux que celui des trésors. "pe Mères chrétiennes, ne vous faites pas de la sainteté une Si idée éclatante et extraordinaire : veillez sur votre domes- = ce tique, ayez l'œil sur le détail du ménage et d’une famille ; hempl ne croyez pas ces soins indignes de vous : Ja femme forte k J'enten n’avait pasd'autres occupalions ; cependant l'Esprit-Saint D} ‘MM en a fait l'éloge, et c’est sous la noble simplicité de ces M YfUX € traits qu'il la représente. loyen, faudrai

Enfants, ayez pour vos parents le respect, la soumission, la tendresse ; ce n’est qu’à ces marques qu’on peut vous reconnaître pour enfants de Dieu.

Filles chrétiennes, voulez-vousêtre saintes ? conservez les bienséances de votre sexe et de votre élat; c’est-à-dire que la pudeur repose sur votre front, que la discrétion dicte toutes vos paroles, que la retenue dirige tous vos regards, que la modestie soit votre plus bel ornement : tels sont vos véritables avantages selon Dieu et selon le monde. |

Domestiques, car la sainteté se communique à tous, souvenez-vous que Jésus-Christ a servi ses apôtres lui-

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même ; servez donc vos maîtres avec exactitude et fidélité sur la terre ; à ce prix, vous régnerez un jour dans le ciel.

Enfin, chrétiens, qui ‘que vous soyez, vous ne pouvez être que dans un de ces deux états; ou dans la prospérité, ou dans l’affliction. Êtes-vous dans la prospérité, je n’ai que ce seul mot à vous dire : Défiez-vous de votre état ; il est dangereux, parce que d'ordinaire l’état de prospérité n'est pas celui qui forme les saints. Pour vous qui gémissez dans l’affliction, votre état est triste et pénible, il est vrai ; mais quand je considère le ciel, je vois que tous les saints ont marché dans ce chemin ; c’est donc le chemin du ciel ; marchez-y avec résignation, baisez la main qui vous frappe, offrez vos peines en esprit de pénitence pour vos péchés: vous voilà saints, un jour vous serez heureux.

Puisse donc ce sentiment êtreéternellement gravé dans nos cœurs ! Que faut-il faire pour arriver à la sainteté ? Remplir les devoirs de son état. Et quand je dis devoirs, j'entends les devoirs même les plus ordinaires et les plus communs, ceux que nous avons tous les jours sous nos yeux etentre nos mains : être bon père, bon ami, bon citoyen, bon parent: c’est-à-dire, que pour être saint, il faudrait souvent ne faire que ce que nous faisons, mais le faire autrement que nous le faisons : notre emploi, notre négoce, notre travail, nos prières, nos confessions, nos communions, en un mot, nos actions ordinaires ; mais notre emploi avec plus de fidélité, notre négoce avec plus de probité, notre travail avec plus d'assiduité, nos prières avec plus d'attention, nos confessions avec plus de douleur, nos communions avec plus de ferveur ; toutes nos actions avec plus d’ordre, d’exactitude, de pureté d’in tention : voilà ce qui fait les saints, et les grands saints. En quoi nous sommes bien coupables et bien à plaindre, de ce qu'ayant un moyen si aisé de Le devenir, nous le négligeons : c'est-à-dire, qu'ayant des trésors entre les mains,

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nous les laissons échapper, au hasard de les perdre à jamais. |

Elevons donc nos vues et nos sentiments: et dans quelque état que nous puissions être, consacrons-nous à la sainteté, et travaillons sans délai à devenir saints.

Mais saints en tout, et dans toutes les circonstances, et dans tous les temps.

Saints dans nos pensées, et que notre esprit n’en conçoive que de dignes de Dieu.

Saints dans nos affections, et que notre cœur, fait pour Dieu, soit fermé à toute affection trop humaine.

Saints dans nos actions : que la grâce en soit le principe, et que la piété en soil l’âme.

Saints dans loutes nos démarches; que toujours elles soient dirigées dans les sentiers de la justice.

Saints dans l’intérieur des maisons, pour y faire régner l'ordre, la concorde et la paix; et saints au dehors, pour y porter l’édification et le bon exemple,

Saints dans le mariage el dans le célibat,

Saints dans l’abondance et dans la diseite ; saints dans la consolation et dans les épreuves; saints dans les maladies et dans la santé; saints à la vie et saints à la mort; saints dans le temps et saints dans l'éternité. C’est l’heureux terme qui doit tous nous réunir, un jour dans la

plénitude des saints.

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