‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 46 sur 112 · D RU NUS · texte numérisé non relu

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honneurs; ous aurons tenu un rang dans le monde ; allons donc avec cela rous présenter au tribunal du souverain juge, et à ces titres demandons-lui ses récompenses destinées aux saints.

Ah! qu'on comprendra bien alors la vérité immnable de cetoracle du sage: Vanité des vanités, tout n’est que vanité sur la terre! Vanité des biens qui périsseni; vanité des hommes qui éblouissent ; vanité des plaisirs qui séduisent, vanité du monde qui trompe, vanité de la vie qui passe, vanité de tout homme qui n'est pas saint.

O mon âme! la grâce ne vous l’a-t-elle pas dit mille fois? mille fois la voix de la conscience ne vous l’a-t-elle pas annoncé, qu’un jour viendrait que vous seriez détrompée de vos folles erreurs? Semblable à un homme qui sort d'un profond sommeil, vous serez tonte surprise, tout alarmée de voir tout passer comme un songe : vous avez refusé de le croire durant votre vie, la mort viendra le graver <ur les cendres de votre tombeau, et vous arracher, malgré vous, ce triste, ce dernier et ce funeste aveu, qu’il fallait être saint, et que, pour n’avoir pas été saint, on sera éternellement malheureux.

L'arrêt sera porté un jour; peut-être cet arrêt éternel est-il déjà suspendu sur nos têles, et viendra-t-il bientôt retentir à nos oreilles ; et nous ne pensons pas à en mériter les faveurs ou à en prévenir les rigneurs; et il viendra nous surprendre avant que nous ayons mis la première main à ce grand ouvrage de notre sainteté. Elle sera vengée ; et si nous lui avons refusé notre cœur et nos soins dans le temps, elle nous arrachera es regrets et des larmes dans l'éternité.

O mon Dieu! où en suis-je? Et quel éciat de lumière vientf rapper mes yeux? éclairez-les sur mes fautes, de peur qu'ils ne se ferment sur mes malheurs : la sainteté se présente encore à moi; je vais lui ouvrir mon cœur, lui consacrer les jours qui me restent à vivre. Heureux s’il

m'en reste assez pour commencer, continuer et finir ce grand ouvrage, qui aurait dû m'occuper durant toute ma vie!

L'AME ÉLEVÉE A DIFU,

Nous lisons souvent la vie édifiante des saints; nous en sommes touchés, nous les admirons : quand est-ce que nous les imiterons? Point de famille qui n’ait donné quelque saint au ciel, et où l’on ne puisse dire : Nous sommes les enfants des saints. A-t-on conservé le précieux héritage de leurs exemples et de leurs vertus ?

C’étaient des saints, dit-on souvent dans le monde, quand on entend raconter leurs grandes actions ; et que prétendons-nous donc être nousmêmes? voulons-nous n'avoir de part qu'avec les rénrouvés ? nous voulons vivre selon notre condition, et nous ne pensons pas que la première de toutes, c’est d’être saint.

Scrons-nous un jour au nombre des saints ? Chacun de nous a parmi eux une place marquée; aurons-nous le bonheur de l’occuper un jour ? »u notre infidélité nous en exclura-t-eile à jamais ?

Ou dit qu’il en coûte pour être saint; et voudrions-nous nous sanctifes :°rs qu’il nous en coûtât rien ?

I! eu coûte pour étre saint, adorable Sauveur! il faudra donc que vous portiez tout seul le fardeau de la croix ! On craindra de se charger de la moindre partie pour vous l’adoucir ; on voudrait avoir part à votre gloire sans en avoir aucune à vos souffrances ei à vos douleurs,

PRIÈRE

Dicu de bonté et de sainteté, en méditant les grands obiets que la sainteté nous présente, nous en sommes touchés, pénétrés. Rien de si vrai, nous disons-nous ; si nous pensions à ces grandes vérités, nous serions tous des saints. Mais pourquoi, Ô mon Dieu ! n’y pensons-nous pas ? À quoi pensons-nous donc ? et quand est-ce que nous y penserons ? Est-il r'en de plus intéressant pour nous ? Ah ! je le comprends ; si nous méditions profondément ces grandes, ces immuables vérités, elles produiraient dans nous les impressions les plus salutaires; elles éclaireraient nos esprits, elle: touch ‘raient nos cœurs, elles nous détacheraient du monde et de nous-mêmes ; elles rectifieraient nos idées, elles réformeraient notre conduite et nos mœurs ; elles nous convaincraient, nous convertiraient ; nous serions en effet tous des saints, et le changement admirable qu’elles opéreraient dans nous vous ferait bénir, à Dieu des miséricordes ! au lieu qu’en les éloignant, nous restons ioujours plongés dans nos anciennes misères, au risque de devemir les victimes de vas vengeances, pour n'avoir pas voulu servir de monument à la grâce.

C’est est donc fait, 6 mon Dieu! je vais me rendre & la sainteté : je l'ai trop longtemps négligée, je vais lui consacrer mon cœur, mes soins, tous le:jours de ma vie. O heureux jours! jours précieux! si je les

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