SUR LE SCANDALE
Quelque idée que nous nous formions du scandale, jamais nous ne pourrons comprendre toute l'horreur qu’il renferme. Péché détestable, qui s'élève tout à la fois et contre Jésus-Christ dont il renverse l'ouvrage, et contre l'Eglise dont il tait l'opprobre, et contre les âmes dont il cause la perte. Vous l'avez dit, adorable Sauveur, et l’oracle s’accomplit tous les jours: Malheur au monde à cause de ses scandales! Væ mundo à scandalis (1).
1° Pourquoi? parce que le scandale s'élève contre Dieu, dont il attaque la gloire. Tout péché a cela de commun avec le scandale, ilest vrai; mais ce que le scandale a de propre et par-dessus tous les autres péchés, c’est qu'il s'élève contre Dieu d’une manière plus ouverte et plus déclarée. Les autres péchés se tiennent comme ensevelis dans l’horreur des ténèbres qui les ont enfantés, mais le scandale lève hautement le masque, et ose se montrer au grand jour. Dans les autres péchés, on semble garder encore quelques mesures, et se prescrire quelques bornes dans leurs excès; on a encore quelque respect pour la grandeur souveraine de Dieu, quelque crainte de sa justice; on se trouble, on tremble, on rougit ; au lieu que le scandale foule aux pieds toutes les lois, et
(1) Matth., xvim.
semble étouffer tous les sentiments que la religion, la rai. son, la pudeur avaient inspirés; il semble s'armer d’audace contre le Tout-Puissant; et voilà ce qui blesse les intérêts de Dieu les plus chers, les intérêts de sa gloire, parce que c'est ce qui fait blasphémer son saint nom, Désordre éclatant que l’Apôtre déplorait si amèrement: Blasphematur inter vos regnum Dei (1). Blasphème contre sa saintelé, que le scandale déshonore; blasphème contre sa miséricorde, dont il abuse ; blasphème contre la Providence, qu’il fait révoquer en doute, Tant que le pécheur craint encore et se cache, il sent qu'il y a un maitre et un vengeur; sa crainte est encore
un hommage forcé qu'il lui rend; cette rougeur qui,
monte d’abord au visage, quand notre faute vient à la connaissance dés hommes, est une espèce d'amende honorable que nous faisons à Dieu malgré nous. Mais cette crainte, cette pudeur est-elle étouffée, le pécheur marche tête levée; il semble triompher dans le péché, et s'en faire même une gloire. N'est-ce pas là ajouter le mépris à l’audace? Mon Dieu, quel crime dans l’homme! et quel outrage pour votre gloire! Est-il possible que des Chrétiens, qui devraient s'aider, s’animer à vous servir, contribuent mutuellement à leur perte, et se prennent, pour ainsi dire, par la main, pour se précipiter dans l’abîme ?
2° Malheur au scandale : pourquoi? Parce qu’en s’élevant contre Jésus-Christ, il renverse, autant qu’il est en lui, son ouvrage. Jésus-Christ était venu sur la terre pour y établir le règne de Dieu, faire adorer son saint nom, inspirer la crainte et l'amour de Dieu, faire respecter la vertu, décrier et détruiie l'empire du vice; c'était là sa mission et le but de tous ses travaux. Le scandale a altéré son ouvrage, en a arrêté les progrès, en a comme renwersé le saint Gâifice, en autorisant le
(1) Rom., vi.
seins d anéanti mérites comme cher, e Aussi P sont coi Antichr un jour désordr parent | comme ; sédés de aux sen!
3 Ma s'élève « coupabl éclatant scandale filium m un sujet sons-n0] à son cc lorité, r son min dans ses sainte es
) Joan
la raiudace es ingloire, nom, ment:
phème phème à con- Tant it qu'il encore ur qui
à la mende s. Mais écheur ché, et hésr: le pomme | le que À vous
et se récipi-
s’éleest en a terre saint re resvice ; ux. Le r'ogrés, sant le
crime, en intimidant la vertu. Ainsi, adorable Sauveur, vous serez descendu sur la terre, vous aurez passé parmi nous une vie de douleur, vous aurez terminé votre course sur une croix, vous aurez versé jusqu'à la dernière goutte de votre sang, et tout cela dans la vue de consommer votre ouvrage ; et le scandale, ennemi de votre ouvrage, s’opposera à toutes vos vues, arrêlera les desseins de votre miséricorde, et autant qu’il est en lui, anéantira le mystère de votre croix, rendra stériles les mérites de votre passion, arrachera de vos mains, et comme de votre sein, des âmes qui vous avaient coûlé si cher, et pour lesquelles vous aviez versé votre sang! Aussi l’Apôtre ne craint-il pas de dire que les scandales sont comme autant d'Abtechriots sur la terre, Et nunc Antichristi mulli (1). En effet, si l’Antechrist doit être un jour regardé comme tel, parce qu’il portera partout le désordre, la désolation, le scandale, ceux qui lui pré parent les voies qui engagent au crime, ne sont-ils pas comme autant d'Antechrists, animés du son souffle, possédés de son esprit, et par là opposés en tout à L'esprit et aux sentiments de Jésus-Christ même?
3 Malheur encore au scandale : pourquoi ? Parce qu’il s'élève contre l'Eglise, dent il est l'opprobre. Pécheurs : coupables de ce crime, que faisons-nous par le désordre éclatant de notre conduite? Nous devenons un sujet de scandale aux enfants de cette mère commune, Adversus filium matris tuæponebas scandalum (2). Et en devenant un sujet de scandale aux enfants, quelle douleur ne causons-nons pas à la mère ? quelle plaie ne faisons-nous pas à son cœur ? Par nos scandales nous avilissons son aulorité, nous décrions ses pratiques, nous rendons stérile son ministère, nous portons le trouble et la désolation dans ses membres : et si on demande pourquoi cette cité sainte est désolée, ses habitants dispersés, ses places pu-
) Joan, 11, — (2) Psalm., xuix.
bliquescouvertes de deuil, son héritage dissipé, les pierres de sonsancluaire abattues, on pourradire que l'homme de scandale en a terni l’éclat, altéré la joie, et autant qu’il a été en lui, ébranlé l’édifice jusqu’aux fondements : en un mot, la guerre la plus dangereuse que l’enfer ait suscitée à celte Eglise sainte, c’est la corruption des mœurs qu’il a faitglisser dans tous les états par le moyen desscandaleux, et la séduction du scandale. Voilà le glaive de douleur quia plongé soncœur dans la plusgrande amertume, etqui tous les jours encoreexcile la voix de ses plaintes. C’eslune mère désolée, une Rachel éplorée, qui gémit sur la mort de ses enfants, Rachel plorans filios suos ; el qui refuse toute consolation parce que ses enfants ne sont plus, Noluit consolari quia non sunt (1). Tels sont lesscandaleux ; fils ingrats envers une tendre mère qu’ils ont affligée, ou plutôt vipères envenimées, qui ne sont dans son sein que pour la déchirer.
4° Malheur donc au scandale ? pourquoi encore ? Parce que, par un désordre qui, comble tous les autres désordres, il s'élève contre les âmes dont il cause la perte. Israël ! disait le Prophète accablé de douleur, qui me donnera des paroles de feu et des larmes de sang, pour ‘pleurer les morts d’entre les enfants de mon peuple, interf'ectos populi mei (2)? Perdre les âmes, devenir le séducteur, le meurtrier des ânes, précipiter des âmes dans le sein des enfers, quel crime! quelle horreur : Enlever les biens à un homme, quels qu’ils puissent être, c’est un péché ; lui ravir son honneur, c’est un forfait ; lui arracher la vie, lui enfoncer le poignard dans le sein, c’est un attentat dont la seule pensée fait horreur, et dont des monstres d’inhumanité seuls sont capables ; mais que sera-ce donc de Ini enlever, non des biens terrestres, non une réputation fragile, non une vie périssable, mais de sacrifier, d'immoler, de perdre son âme? Ah ! si votre frère
(1) Matth., ar. — (2) Jerem., 1x
a pé forlui âme € Perdi sterne luer & l’enfe apôtre mers, ges el leurs s'ils es ses SC:
d'âme quel
Chris:
devra reux !
au de:
assez vous vos fre s'élèv sea el fass fureur
suscitée rs qu’il a ndaleux, douleur ne, etqui C'estune la mort ni refuse lus, Noidaleux ; igée, ou sein que
e ? Parce s désorperte. O qui me 1g, pour le, intere séducdans le ever les c’est un lui arrac'est un ont des que sees, non mais de tre frère
a péché envers vous, prenez-vous-en à ses biens, à sa fortune; mais ne portez pas le traitempoisonné jusqu'à son âme et à son salut : Verumtamen animam illius serva (1). Perdre les âmes, celte pensée étonne, alarme et consterne : n'est-ce pas là faire l’office du démon, se constiluer son organe, devenir l’émissaire et l'instrument de l'enfer ? Hélas! les ministres de Jésus-Christ, les nouveaux apôtres, pour sauver des âmes, se transportent au delà des mers, aux extrémités de la terre, dans des régions sauvages et barbares, prêts à les arroser de leurs sueurs, de leurs larmes et de leur sang, et cela pour une séule âme, s'ils espéraient de la gagner à Dieu ; et un scandaleux, par ses scandales, séduira, pervertira, plongera des millions d’âmes dans les enfers. Il périra donc, ce frère pour lequel Jésus-Chrisi est mort, Peribit... propter quem Christus mortuus est (2), el ce sera à vos scandales qu'il devra, qu'il pourra attribuer sa perte éternelle. Malheureux ! craignez-vous donc de n'avoir pas assez de regrels au dernier de vos jours ? craignez-vous de n’avoir pas assez d’accusateurs devant Dieu, assez de bourreaux qui vous tourmentent dans les enfers ?. faut-il encore que vos frères, que vos frères mêmes, que vous aurez perdus, s'élèvent un jour contre vous ; que, comme autant d'implacables furies, ils s’'acharnent à aigrir vos tourments, et fassent couler dans votre cœur une partie du fiel que la lureur et le désespoir auront distillé dans le leur ?
MÉDITATION
SUR LE MÊME SUJET
Si j'ai quelque amour pour vous, Ô mon Dieu! si quelque zèle pour votre gloire m'anime, combien ne dois-je pas gémir de vous voir si souvent, si grièvement offensé par le scandale. Mais surtout, avec quelle douleur
(1) Job., 1, — (2) 1 Cor., vin.
ne dois-je pas déplorer les scandales que je puis avoir moi-même donnés? La voix de votre sang s'élève peutêtre ici contre moi et contre mes scandales ; j'implore celle de votre grâce et de votre grande miséricorde, pour en gémir sincèrement et en obtenir le pardon, dans la résolution absolue où je suis de les éviter dans la suite, et autant qu'il sera en moi, de les réparer.
PREMIER POINT
Considérons, ô mon âme! combien le scandale es! commun dans le monde, afin de nous mettre en garde contre la séduction.
Combien de scandales dans le monde, à mon Dieu! eten combien de manières ne le donne-t-on pas ! Quel déluge d’iniquités sûr la terre ! Ne dirait-on pas que les hommes ne vivent ensemble que pour se perdre mutuellement et se donner la mort éternelle par leurs scandales ? On le donne dans tous les temps, dans tous les lieux, dans tous les états, et en toutes les manières,
On le donne dans ces discours libres qui présentent sans déguisement le venin, ou dans ces discours équivoques et à double sens qui ne le déguisent que pour le rendre plus subtil, et par là même plus dangereux. Peut-on ignorer que, par la dépravation du cœur humain, toute parole à double sens est ordinairement prise dans le mauvais ?
On le donne dans ces livres pernicieux où, selon le prophète, la mort, entrant par les yeux, se glisse insensiblement dans les âmes. On ne s’en aperçoit pas, et le poison a déjà déchiré les entrailles. Combien d’âmes ont fait à cet écueil un funeste naufrage !
On le donne dans ces tableaux indécents, dans ces peintures qu'on étale aux yeux de la passion, et qui, à la honte du christianisme, sont souvent l’ ornement des appartements des chrétiens ?
semer avec n ma vi vant l Cor et tou Coi et pet de reli Cor réserv Dans le res
is avoir ve peutimplore je, pour dans la la suite,
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1 Dieu!
8 ! Quel que les lre murs SCantous les anières, sentent s équipour le gereux.
umain, se dans
elon le à insens, et le es ont
ns ces et qui, ent des
On le donne dans ces airs évaporés, dissipés et mondains, dans ces manières peu réservées, dans ces modes, ces parures immodestes et peu décentes, souvent tristes indices ei derniers soupirs d'une pudeur expirante,
On le donne dans ces maximes perverses qu'on débite, qu'on répand, qui se perpétuent, et qui font dans les âmes des plaies qui saigneront peut-être à jamais.
En quoi, dit-on, et comment donne-t-on le scandale ? Hélas ! en quoi et comment on le donne! On le donne à dessein formé, voyant bien qu’on le donne, et mettant en œuvre des moyens qu'on sait bien devoir le produire. On le donne dans le temps et dans les occasions où par emploi on est spécialement obligé de l'empêcher et de le proscrire. On le donne dans le temps où l’on est obligé et à ceux-là mêmes à qui, par élat, on est obligé de donner l'éducation e : -mple.
Mon Dieu: juste Dieu! de quel œil voyez-vous de tels crimes, et cependant des crimes si communs dans le monde? Hélas ! je déplore le scandale dans les autres, j'en gémis, j’en ai horreur : et que n’ai-je pas à me reprocher à moi-même? Combien ne me trouverai-je pas coupable et responsable en. ce point, si je m’examine sérieusement devant vous, à mon Dieu! si j'entre en jugement avec moi? combien de scandales n'ai-je pas donnés dans ma vie ! combien de fois n’ai-je pas laissé échapper devant les autres des paroles peu réservées et peu mesurées ?
Combien de fois, dans les entretiens, n’ai-je pas badiné et tourné en dérision les personnes de piété?
Combien de fois n’ai-je pas fait des railleries indignes et peu décentes sur certaines pratiques de dévotion et de religion ?
Combien de fois dans des manières trop libres et pet réservées, n'ai-je pas donné occasion à l’offense de Dieu ? Dans les églises, ai-je loujours été avec la modestie et le respect convenables? Dans les préceptes de l'Église,
ai-je toujours observé sans respect humain la sainteté de la loi?.
Combien d'âmes, peut-être, n’ai-je pas ou engagées au mal, ou arrêtées dans la pratique du bien ! Hélas ! peutêtre LA a-t-il quelque âme dont j'ai occasionné la perte, et
dont j'aurai à :e reprocher le malheur. Quel sujet, Ô
mon Dieu, de gémir devant vous!
SECOND POINT
Considérons quel est le malheur de ceux qui donnent aux autres des sujets de scandale, et quel redoutable poids de vengeance ils attirent sur eux. Pour le comprendre, à mon adorable Sauveur ! faut-il entendre d'autre anathème que celui que vous avez vous-même prononcé ? Væ mundo à scandalis / malheur au monde à cause de ses scandales! Il est nécessaire qu’il arrive des scandales dans le monde; mais malheur à celui par qui viendra
le scandale: il eût mieux valu pour lui qu’attaché à une pierre, il eût été précipité dans le fond des mers. Pécheur scandaleux ! ajoutez-vous, lu as causé la perte de ton frère, voilà la voix de son sang qui s’élève contre toi:
c'est ce sang que je te demanderai un jour; je t'en rendrai à jamais responsable ; tu en rendras compte âme pour âme: Sanguinem ejus de manu luû requiram (1). Ce sont à présent des jours de ténèbres, où l’ivraie croît avec le bon grain; mais viendra un jour, le jour des vengeances, où j’ordonnerai à mes anges, ministres de ma colère, de ramasser tous les scandales qui désolaient mon royaume, Colligent de regno omnia scandala (2). Il les lieront en faisceaux pour être jetés dans le feu, In fasciculos ad comburendum.
Mes enfants, disiez-vous encore à vos chers disciples, votre main droile vous est nécessaire, votre œil vous est
(1) Ézech., xxxin, — (2) Matth,
précie droite, n’hésit il vaut œil ou d'être Que et ann qu'il y scanda} augme qu'à p peine p ce qui d'avoir scandal bera ce Je n( mon Di confusic puisqu'i connu et n’en :
poids de charger
Quell
le scand
de donn galion i obligati jamais [ qu'il cr donné, (
itelé de
gées au | peuterte, et sujet, Ô
jonnent le poids ndre, Ô re ananoncé ?
ause de randales viendra é à une écheur de ton tre toi:
je t'en pte âme am (1).
ie croit our des stres de solaient ala (2).
feu, În
isciples, rous est
précieux ; mais je vous le dis en vérité, si votre main droite, si votre œil est pour vous un sujet de scandale, n'hésitez pas, retranchez celte main, arrachez cet œil ; il vaut mieux pour vous entrer dans le cielayant perdu un œil ou une main, que d’avoir vos yeux et vos mains, et d'être précipité dans les feux éternels.
Que pouviez-vous, à mon Dieu ! dire de plus formel et annoncer de plus terrible contre le scandale ? Et ce qu'il y a d'étonnant, c'est que, malgré cela, il y ait des scandale: dans le christianisme ; c’est que le scandale augmente encore tous les jours dans le monde ; c’est qu'à peine se reconnaît-on coupable de scandale, à peine pense-t-on à s'en accuser au sacré tribunal. Mais ce qu'il y a detriste et de déplorable pour moi, c’est d’avoir été si souvent coupable moi-même du péché de scandale ; et si je n'en gémis pas, c’est sur moi que tombera ce terrible anathème.
Je ne connaissais pas toute l'horreur de ce crime, à mon Dieu ! vous venez de me le faire connaître. Quelle confusion, quel regret doit-il exciter dans mon cœur, puisqu'il outrage si sensiblement le vôtre ! Si j'en avais connu toute l'énormité, n’en aurais-je pas évité l’occasion?
et n’en aurais-je pas craint jusqu'à l’ombre ? et, outre le
poids de mes propres péchés, aurais-je voulu encore me charger du poids des péchés des autres ?
TROISIÈME POINT
Quelle est obligation, etquels sont les moyens de réparer le scandale? c’est un grand crime et un grand malheur de donner des sujets de scandale, mais c’est aussi une obligation indispensable de le réparer après l'avoir donné ; obligation si absolue, que sans cela le scandale ne sera jamais pardonné, qu’il réclamera toujours devant Dieu, qu'il criera sans cesse vengeance contre celui qui la donné, et qu’il sera contre lui un titre de condamnation
AME ÉLEV. 11
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et de réprobation éternelle, si, pouvant le réparer, il a négligé de le faire.
Je sens toute mon obligation, à mon Dieu !en ce point; mais quel, moyen à présent de réparer les scandales que j'ai donnés dans ma vie ? la plaie est faite, quel moyen de la fermer ? le : ‘son est répandu, quel moyen d’en arrêter le venin « :2 cours? Ah! si le regret suffisait pour cela, de que! regret, dé quelle douleur mon cœur n'est-il pas pénétré à la vue et au souvenir des scandales que je puis avoir causés ? Mais non, jé comprends, à mon
Dieu que vous demandez autre chose de moi ; qu’autant:
que je le pourrai, je dois non-seulement déplorer le scan-
dale, mais le réparer. Voici donc à quoi je m'engage, et
ce que je tâcherai de pratiquer, pour remplir, autant
qu’il sera en moi, mon obligation, et réparer mes malheurs. | RÉSOLUTIONS ET PRATIQUES.
10 Je me condamnerai à une vie régulière, édifiante, exemplaire, ca-
pable d'effacer les impressions funestes que peut avoir faites dans les autres la vie peu régulière et peu chrétienne que j’ai menée jusqu’à
| présent.
20 Je tâcherai de porter les autres au bien, de les engager à la pratique de la piété ; je prendrai et emploierai pour cela tous les moyens que mon état pourra me permettre. Si j’ai éloigné des âmes de votre service, ne dois-je pas faire tous mes efforts pour en ramener à vous ?
30 Je prierai souvent et spécialement pour les âmes auxquelles j'ai donné sujet de scandale. Je demanderai pour elles toutes les grâces que je désire obtenir pour moi-même.
40 Dans les occasions, je ne craindrai, je ne refuserai pas de condamner devant les autres ma vie passée ; et, s’il le faut, de faire comme une amende honorable de ma conduite. Il m’en coûtera ; mais quand on veut se sauver, comme il me paraît que je le désire, on ne regarde plus ce qu’il en coûte, mais ce que l’on doit. Si j'ai eu le malheur de précipiter quelque âme dans les enfers, je l’ai mérité moi-même. A cette vue qu'ai-je à ménager ? qu’ai-je à craindre? Les terribles jugements de Dieu sur le scandale ne doivent-ils pas baunir de mon cœur toute autre crainte ?
PRIÈRE
Quel crime que celui du scandale, ô mon Dieu! quelles horreurs né présente-t-il pas à vos yeux ! et voilà cependant le crime dont j'ai été si
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quelles j'ai grâces que
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orreurs nË t j'ai été si
souvent coupable moi-même. Par où pourrai-je réparer mon malheur, et satisfaire à votre gloire outragée? Ah! Seigneur, ayez pitié de mon âme; son péché l’afflige et l’alarme : votre grâce lui inspire ces sentiments : elle ose donc encore en espérer le pardon, et vous promettre une vie plus chrétienne et plus exemplaire. J’en vois la nécessité, aidez-moi à en produire les fruits.
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