‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 6 sur 112 · SUR LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

SUR LA CONSCIENCE

Il n’est point de connaissance si nécessaire à l’homme que la connaissance de soi-même ; et la connaissance de soi-même, c'est la connaissance de son cœur et de sa conscience, : c’est là l’homme, c’est là tout l’homme.

La conscience peut se trouver en quatre situations différentes : conscience droite, conscience douteuse, conscience erronée, et conscience aveugle. Dans la connaissance de ces quatre consciences différentes, l’homme lrouvera cette connaissance parfaite de ce qu’il est et de ce qu’il doit être.

1° La conscience droite est le témoignage de la droite raison ; c'est le jugement pratique qui dicle ce qui est per-

mis et ce qui ne l’est pas ; c’est la voix de Dieu qui se fait entendre dans nous, et qui nous parle en son no ; c’est un rayon émané de la lumière éternelle qui nous éclaire et qui nous dirige. Telle est la conscience de tout homme en général. Dans le pécheur, la conscience est un miroir

fidèle qui représente les taches dont l’âme est souillée ; PA

c'est le livre divin où une main invisible écrit nos péchés à mesure que nous les commettons ; c’est un tribunal secret que Dieu élève dans l’âme, où, dès que nous péchons, nous sommes cités : où, étant cités, nous trouvons un témoin; et le témoin que nous trouvons, c’est nous-mêmes.

Dieu a créé l’homme avec une conscience naturellement droite. Tant qu’il marchera à la lueur de ce flambeau, il ne saurait s'égarer des voies du salut, où la conscience, aidée de la grâce, conduit tous nos pas. Nous dirons en détail quelles sont ses fonctions, et quel est l'emploi auquel Dieu le destine envers nous.

2° La conscience douteuse est celle qui se trouve comme en balance et en suspens ; incertaine si telle chose est permise ou ne l’est pas, si telle action est défendue ou licite : de part et d'autre elle voit des raisons plausibles qui font impression, mais parmi ces raisons, aucune qui emporte le poids etsur laquelle elle puisse se décider. Ainsi, flottante entre ces raisons différentes et opposées, elle reste indécise, et n'ose se” déterminer, craignant de se tromper et de pécher.

Jamais il n’est permis d'agir avec une conscience douteuse ; il faut s’éclaireir ets'instruire, si on le peut : que si dansle moment même il faut agir, et qu’on n'ait ni le moyen ni le temps de s’instruire et de consulter, il faut pour sortir du doute et se former une conscience, considérer et examiner devant Dieu ce qui, dans la circonstance présente paraît être convenable : prier le Seigneur de nous éclairer, et alors se décider et agir, sauf dans la suite à s’éclaircir et à revenir, s’il y avait eu quelque chose qæi ne fût pas en règle. Ce n’est plus alors agir dans le doute, parce que la vue de ce qui parait plus convenable, en a fait sortir ; alors on peut se tromper, mais on ne peut pécher.

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La conscience timide et timorée est celle d’une âme Me craint non-seulement le péché, mais encore tout ce Qi peut avoir la moindre ombre et la plus légère appa- Bnce de péché : heureuse la conscience ainsi dis-

TROISIÈME LEHCTURE.

M Quand une âme se fait des peines et des doutes sans au- (@un fondement légitime et sans aucun motif raisonna- Wble, c’est alors une conscience scrupuleuse, tourment fntinuel des âmes qui sont en cet élat, et souvent de Bux qui les dirigent. Le scrupule peut venir detrois soures différentes : ou du côté de Dieu, et ce sont des épreues auxquelles il faut se soumettre ; ou du côté du démon, Bt ce sont des tentations dont il faut se défier ; ou de no- Dre part, de nous-mêmes, d’un fonds de caractère timide, énible, ombrageux, dont il faut s’humilier. Mais de Quelque source que viennent les scrupules, le sage el resque l’unique conseil qu’on puisse donner aux perpnnes qui y sont sujettes, c’est la soumission et la docié; on ne saurait trop le leur prescrire et le leur recomrander, sans quoi elles souffriront et feront souffrir une spèce de martyre : souvent même elles seront en danger le s’égarer et de se perdre.

| 3° La conscience erronée est celle qui, en matière de Honduite et de mœurs, porte un jugement faux, et qui

Cast

Mhgil en conséquence de ce jugement. La conscience dou-

Meuse n’est que dans l'incertitude ; celle-ci est dans l’égaement et l'erreur. La conscience peut être erronée en Jeux manières. Il faut distinguer si l'erreur est coupable Hpu non coupable, si l'ignorance est volontaire ou invo- Maire, Elle est coupable, si ayanteu des peines et des doutes raisonnables, on ne les a pas éclaircis ; si on à Eégligé de s’instruire quand on le pouvait et qu’on le levait ; elle n’est point coupable, quand on n’a eu aucun Bnotif de douter, aucun moyen de s’instruire. Par exemple, n héritier de bonne foi possède un bien laissé par ses

ancêtres qui l’avaient autrefois mal acquis : cet bé n’a jamais eu aucune connaissance ni aucun doute s 4 cette acquisition injuste ; il croit çet héritage légitime À en cela il est dans l'erreur ; mais cette erreur est invÆ lontaire et n’est point coupable. Que s’il venait ensuite# découvrir le vice de l’acquisition, et qu’il continuâl 4 posséder, ce serait alors une conscience erronée, ma volontairement et criminellement efronée, contra:

4° Quand la conscience reste ainsi, et agit dans l’erre volontaire et connue, c’est ce qu’on appelle une Cou science fausse, aveugle, égarée, par conséquent coupabll et détestable aux yeux de Dieu. Et voilà l’état le plu

triste, le plus funeste où une âme puisse tomber ; pari k

que cette conscience donne dès lors dans tous les crimel tous les désordres, tous les excès ; et devient tout à}

foi, dans le pécheur, une source de péché, une sourci

d'aveuglement d'esprit, d’endurcissement de cœur, & enfin de réprobation malheureuse, si on persévère dant cet état.

Revenons àla conscience droite, et rendons-nous ses divines lumières.

La conscience droite, comme députée de Dieu, exerce: envers nous quatre fonctions différentes : elle nous éclaire, elle nous reprend, elle nous juge, elle nous punit : ap

Griger ite, € jutes ée dar ons,

mais à la bonne foi et à toutes les lumières de la conscienchA

j ise la la ri foix, q

à ses d

Drescri l’agirc

règle, notre premier casuiste et le guide fidèle que nou + devons suivre. En matière de salut, ilest des voix droite pli

et sûres ; mais il est aussi des voies obliques, des voishe détournées et trompeuses qui peuvent égarer ; c’est à la d elle x

conscience droite à les discerner et à nous y conduire, c’est À le flambeau sacré qui nous éclaire, c’est la régle sûre qui

nous fixe, c’est le rayon céleste qui brille à nos yeux pour Rs

est u:

jriger toutes nos démarches ; elle veille sur notre conite, elle est altentive à toutes nos actions ; elle préside à utes nos pensées à tous nos sentiments : toujours éclaie dans ses lumières, toujours invariable dans ses décions, toujours inflexible dans ses arrêts, elle ne sait ce | continuêt (4 Que c'est que de flatter, de dissimuler, de mollir, de se erronée, ma Mrésenter, de s’accommoder au tempset aux circonstances; ée, contrai 4 mais d’adoucissement et de condescendance qui favoa consciench£ise la nature : ; toujours un langage sincère qui s’en tient dans l’erre la rigueur ‘de la loi. Heureuse l’âme qui écoute sa lle une cork l foix, qui ne se conduit que par ses conseils, qui s’en tient aent coupabll à ses décisions, qui ne s’écarte jamais du sentier qu’elle l’état le plu prescrit ! Prenons garde de lui résister, de la contrister, mber ; ; Par agir contre ses lumières ; n’ayons jamais notre conscience 1s les crime Montre nous, et nous aurons toujours Dieu pour nous. vient tout à BDuand l'univers nous croirait coupable, et s’élèverait > Une Sourtäontre nous pour nous accuser, si notre conscience ne de cœur, hous reproche rien, nous serons tranquilles, et nous rsévère dan Mbourrons goûter la paix intérieure de l'âme ; parce qu’après tout nous sommes devant Dieu, et Dieu ne nous juge ue selon nos lumières et notre conscience.

2° Elle nous reprend. Non, la conscience n’est jamais omplice de nos désordres ; elle les désapprouve. Dr moment que nous nous écartons, ou que nous sommes sur le point de nous écarter, la voix de la conscience est à la porte de notre cœur pour nous dire de la part de Dieu âme : Non licet (1) ; non, il ne vous est point permis de re, première faire cette action, d'entretenir cette liaison, de dire cette le que nowBMparole, de vous arrêter à cette pensée. Ne lisez pas ce voix droil&Blivre, il est dangereux ; ne fréquentez pas cette personne, es, des vois EMeelle est suspecte, ne‘ vous exposez pas à celte occasion,

s : cet hérite | cun doute 4 age légitime 4 ‘reur esti inv enait ensuite j

aons-nous

s punit : ap nous ne

; c’est à hÈ Q 4 duire, c’est

gle sûre qui S yeux pour |

elle vous sera funeste ; ce procès est injuste, ce contrat est usuraire, ce profit est illégitime. Si, malgré les avis de

(1) Matth., xiv.

AME ÉLEV,

notre conscience, nous allons en avant, à l'instant ell Mlle co s’élève contre nous, elles’écrie : Quid fecisti (1)? qu'ave. Mporta vous fait ? Vous avez péché, vous avez offensé votre Dieu. Mémoi vous avez transgressé sa loi, encouru sa disgrâce : obja Merrit de sa colère, vous vous êtes exposé à toute la rigueur d/#isonne sa justice et de ses vengeances. Ainsi David coupabk/iiet de entend une voix qui lui reproche son crime, et le présent: 44 u'op sans cesse à ses yeux : Peccatum meum contra me ei fout à semper (2). Ainsi l'homicide Caïn sent toute l'horreur d Qu son attentat : Major est iniquitas mea (3), Ainsi le perfidehgprenn Judas entend la voix du sang qu'il a livré : Peccavi, tra-Migeur ? dens sanguinem justum(4). Mious | Ainsi tout pécheur est-il comptable de sa conduite à sbirèts d conscience : Arrèêtez-vous, dit-elle, vous êtes sur le bord 4 ani de l'abime ; la loi le défend sous peine de mort, voushivers |

en répondrez devant Dieu. Non, jamais il n’y aurait desants ( péché, si jamais il n’y avait de résistance à la voix inté-M syndé rieure de la conscience. rayeu 3 Elle nous juge. À l'instant que le péché est commis Mi la contre Dieu, l'arrêt de notre conscience est porté contre Mila mo nous. Vous avez péché, vous méritez l'enfer ; si vousM (grond mourez dans cet état, vous êtes damné ; le moment de hi pr mort commence à exécuter la sentence. Dans cette voix de Malevé, la conscience, Dieu, souverain juge, a fait ertendre sa MYPemMe voix et porté son jugement ; la conscience n’en est que (A plus linstrament et l'organe ; elle prononce en son nom et qui L avic

juge sous son autorité souveraine. C’est en ce sens que b: l'on dit quenoussommes nous-mêmes nos premiers juges pa parto et que le premier tribunal où nous sommes cités, c’esl ris

celui de notre conscience, sans que nous puissions ni en Mur éviter la présence, ni en suspecter l'équité, ni en éluder Wn Anti ies arrêts. Jugement équitable ! jugement formidable ! BE 4 il jugement sans appel ! la seule pénitence peut en arrêter ne

(1) Reg., a. — (2) Psalm., L, — (3) Genès, iv. — (4) Matth, xxvi. M VEni

le cours et l’effet, d'autant plus que notre conscience, en portant le jugement sur nous, devient en même temps un émoin contre nous, et rend un témoignage d’autant plus ferrible, qu’il est intime, qu’il est éclairé, qu’il est perla rigueur &/@isonnel. Ah! qu'il est triste d'être condamné par soi-même, vid coupabk!hMiet de n’avoir rien à opposer à cette condamnation ! Et et le présent #qu'opposer, en effet, quand notre propre conscience est mtra me ex -Mout à la fois accusateur, juge et témoin ? l'horreur d Que reste-t-il donc, si ce n’est que notre conscience nsi le perfidlprenne et exerce encore contre nous la qualité de ven- Peccavi, tra-Wigeur ? Ministre terrible et plus formidable encore que tous les autres, elle nous punit. Dieu lui confie les intérêts de sa justice et de sa vengeance ; et en combien de anières n’exerce-t-elle pas cette redoutable fonction en-

l'instant el M (1)? qu'avez % é votre Dieu: A grâce : obju M

conduite à sh s sur le bord?®

mort, voushävers le pécheur après son péché, par ces remords cuin’y aurait deisants qui l’accablent, ce ver rongeur qui le déchire, cette a voix inté.-Misyndérèse continuelle qui le poursuit ; ces craintes, ces

rayeurs, ces alarmes continuelles dans lesquelles il vit! Si la moindre maladie, la moindre infirmité survient, Ja mort à l’instant se présente à ses yeux ; si le tonnerre igronde, si la terre tremble, s’il arrive quelque accident limprévu, il croit à tous les moments voir le bras de Dieu “levé, et les abîimes ouverts. Hélas ! faut-il au pécheur de

oment de la ette voix del

entendre sa peine plus terrible, de bourreau plus cruel, de vengeur en est que ÉAplus inexorable que sa propre conscience qui l'agite et on nom et Péqui le tourmente? Fallut-il autre chose pour tourmenter ce sens que David, que l'ombre sanglante d’Urie, qui se présentait miers juges M partout à lui? Fallut-il autre chose pour consterner l’im-

cités, c’est BMtpie Balthazar, que la vue de cette main qui sortait de ‘a sions ni en muraille, et qui traçait son arrêt ? Fallut-il autre chose à i en éluder We Antiochus, que l’image lugubre du temple de Jérusalem rmidable ! À [qu’il avait profané ? Pourquoi cela, si ce n'est parce que en arrêter Mh la conscience outragée et vengeresse leur rappelait sans cesse le souvenir de leurs crimes, et faisait servir ce souvenir à leur supplice et à sa vengeance,

atth., Xxvy11.

Que s’il y a des pécheurs qui n'éprouvent pas ces !M peines intérieures, hélas! ne peut-on pas dire qu ils n’en sont que plus à à plaindre et plus malheureux? Et si 4 leur état est une punition de Dieu, un abandon de Dieu, 4 une malédiction de Dieu, est-il de vengeance plus terri- ! ble, d’état plus funeste ? Et qu’annonce-t-il, qu'une con- 4! damnation, une réprobation éteruelle comme déjà con- M sommée ? ‘ 4 Écoutons la voix de notre conscience. N’étouffons pas \ “| ses remords, redoutons ses arrêts, apaisons ses cris ; C ‘est k l’unique moyen de rappeler le calme, et de rentrer dans le PE sein de la paix. L:

MÉDITATION

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