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Ah! s’ilsavaient su combien votre service est doux, votre joug consolant, avec quelle joie l’auraient-ils porté ! Au lieu qu’en continuant à se liv'r au monde, ils n'ont formé que des regrets sté:iies, ils n’ont versé que des larmes de désespoir ; c!, après avoir goûlé quelque douceur apparente, ils sont tombés dans le gouffre de tous les malheurs.
TROISLÈME POINT.
Qu'on est coupable de 1ltacher au mondel c'est le troisième abîme qui s'ouvre sous les pieds des mondains, un abîme de crimes et de péchés ; et n'est-ce pas déjà un crime bien grand ‘le s'attacher ainsi aux créatures préférablement à son Créateu:? N'est-ce pas par là même manquer au premier et au plus essentiel des préceptes ? Quel crime d'élever ainsi antel contre autel dans son cœur !
On sait qu’on avait solennellement renoncé au monde dans son baptême, et qu'on n’estchrétien qu’à ce titre de renoncement : quel crime de violer ainsi ses enjagements !
On sait qu’on ne peut s'attacher au monde sans parliciper à ses maximes, à ses exemples, à sa contagion ; sans négliger ses devoirs, sans étouffer les remords, sans profaner son encens, quel crime de s’y exposer.
On sait que le monde est ennemi de Dieu et frappé de ses anathèmes ; qu'ainsi on ne peut s'attacher au monde sans devenir ennemi de son Dieu : quel crime d’egcourir
le ia sement sa disgrâce :
On sait surtout qu’il est impossible de servir deux maitres, et qu’il faut nécessairement en servir un et abandonner l’autre, s’attacher à l’un et renoncer à l’autre : quel crime de s'attacher au service du, monde, puisque c’est en quelque manière renoneer à celui de Dieu ! Qu'arrive-t-il donc? C’est que, malgré ses engage-
ments, ses promesses, tous ses devoirs, on s’est attaché au monds, on s’est éloigné de Dieu, on a négligé le salut de son âme, on a livré son cœur à la séduction, son esprit à l'erreur; et en conséquence, grâces violées, conscience combattue, remords étouffés, devoirs oubliés, crimes accumulés : voilà l’abîme où le monde conduit ; voilà le fruit de malédiction qu'a produit cetteterre, elle-même maudite. Ne devrait-elle pas, pour un chrétien, être une terre étrangère ? Et qu'est-ce qu’un chrétien dévoué à Dieu devrait avoir de commun avec le mondequi le méconnaît.
Cependant il faut quitter un jour ce monde pervers, s’arracher à ses faux attraits, à ses charmes trompeurs ; dire un éternel adieu à ses pompes, à ses spectacles, à ses assemblées : disons mieux, à ses prestiges et à ses illusions. Qu'en restera-t-il alors ? Que pensera-t-on de soi, de sa vie, de son aveuglement ? Que reviendra-t-il de tout ce qu’on a été, de tout ce qu’on a goûté ? Que deviendront ces espérances dont on s'était nourri, ces délices qu’on s'était promises, cette longue perspective d’années, d’amusements, de plaisirs, de beaux jours, qu’on s'était présentée à soi-même ? La trame sera coupée, le prestige dissipé. Le monde s’enfuit avec le temps, et l'éternité ouvre à jamais ses abîmes.
Etait-ce pour cela, grand Dieu, que vous nous aviez mis sur ia terre, et avec ces sentiments que nous devions aller un jour paraître devant vous?
PRIÈRE
C’est donc à vous seul que je veux m'’attacher désormais, Ô mon Dieu !
Le monde ne mérite ni mon cœur ni mes hommages ; c’est parce qu’on ne le connaît pas qu’on s’y attache, et ce n’est qu'après une triste et funeste expérience qu’on revient de son illusion. Je ne l’ai que trop éprouvé pour mon malheur. Heureux encore que vous ayez daigné m'éclairer et m’ouvrir les yeux comme tant d'autres, j'aurais persévéré dans mon égarement et dans mon malheur. Je reviens à vous, Ô le Dieu de mon cœur ! le monde n'aura plus de part à mes sentiments. Je sais qu’un jour il faudrale quitter ; je n’attendrai pas que la mort vienne
. m'en arracher, dès ce moment je fais un divorce éternel avec lui; mon
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PRATIQUES
1° Renouveler souvent l’engagement qu’on a pris à son baptême, de
ME renoncer au monde.
2° Quand on a des chagrins à essuyer dans le monde, les offrir en
UE expiation des péchés qu’on y a commis.
30 Écouter les plaintes que font si souvent les personnes du monde qui en jugent par leur expérience, et profiter de leur exemple pour ne pas participer à leur malheur.
40 Regarder le monde comme une figure qui passe, et qui est déjà passée : qu’y a-t-il de solide en ce monde ? et pourquoi s'attacher à ce qui doit finir ? :