SUR L’ABANDON TOTAL ENTRE LES MAINS DE DIEU
Considérons les fondements sur lesquels il est établi, et les sentiments qu'il doit produire dans nous.
Voici, d mon âme ! les grandes vérités qui doivent servir de fondement et de base : à l'abandon total entre les mains de Dieu: demandons la grâce de les établir solidement dans nous, et disons:
1° Je suis assuré que tout ce qui arrive en ce monde arrive, ou par un ordre exprès, ou par une permission particulière de Dieu : il dispose si bien toutes choses, que, pourvu que nous ne mellions aucun obstacle à ses desseins, il fera tout servir à sa gloire et à notre sanctification, Cela est de foi : Diligentibus Deum omnia cooperanlur in bonum (1).
2 Ilest sûr que Dieu sait mieux ce qui nous convient
(1) Rom., vins.
que nous-mêmes : il connaît notre naturel, nos penchants, nos besoins, notre faiblesse, nos misères; et c’est là-dessus qu’il règle tout, quand on le laisse régler, Ipse cognouit figmentum nostrum (1).
3° Ilest sûr qu’il arrive souvent que les moyens qui, selon nos vues humaines, paraissent tout contraires à nos avantages et à notre salut, sont ceux qui nous y conduisent plus sûrement, quand Dieu seul conduit. Témoins Job sur son fumier, Joseph dans .sa prison, Daniel dans la fosse, Moïse sur l’eau, et tant d’autres monuments éternels érigés à la gloire de la Providence divine et dela conformité à ses ordres.
4 Il est sûr que Dieu nous a tracé à chacun un chemin particulier et personnel, par lequel il veut nous conduire au ciel ; c'est une suite d'événements, un enchaînement de grâces et de secours, qu'on ne peul interrompre sans troubler l’ordre de la Providence ; Dieu seul connaît ce chemin, et seul il peut y conduire.
9° Cet abandon tolal que nous ferons de nous-mêmes “entre les mains de Dieu sera pour lui un motif pressant de nous conduire à l’heureux terme. Peut-il abandonner une âme qui se remet de tout entre ses mains? Un père peut-il ne pas recevoir un enfant qui.vient se jeter entre ses bras?
Ces vérités:sont constantes, aussi évidentes que la lumière, aussi certaines que la foi, aussi immuables que l'Étre de Dieu ; j'en suis pénétré, et me les appliquant à moi-même, je me dis en esprit de foi :
1° Ilest donc vrai que tout ce qui arrive, arrive par une permission particulière de Dieu ; pourquoi donc m'’inquiéter de ce qui pourra m'arriver en ce monde? Dieu le veut ou du moins il le permet ; il sait pourquoi. Laissons-le donc. maître absolu de-tout : ce qui est entre
(1) Psalm. x.
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ses mains paternelles, pourrait-il jamais nous éloigner de son cœur divin ?
2° Dieu sait mieux ce qui me convient que moi-même : pourquoi donc ne pas me reposer sur lui de mon sort ? Que dirait-on d’un homme sur mer qui ôlerait le gouvernail de la main du pilote pour conduire le vaisseau ? serait-il bien éloigné d’un triste naufrage, d’autant plus
malheureux, qu il se $ serait attiré lui-même son propre
malheur ?
3° Souvent les moyens qui paraissaient les plus contraires à mon bien sont ceux qui m’y conduisent le plus sûrement ; j'en ai des preuves bien convaincantes dans le cours de ma vie. Quand je me rappelle tout ce qui m'est arrivé, que d'événements singuliers ! que de traits de miséricorde ! que de prodiges d’une Providence marquée! pourrai-je m'en défier après ce qu’elle a fait pour moi ? et combien d’autres traits qui me sont inconnus, et qui sont peut-être encore plus admirables dans les vues de Dieu ! Je les connaïîtrai un jour, et je l'en bénirai à jamais.
4° Dieu a tracé à chacun de nous un chemin particulier pour nous conduire au ciel ; le mien est marqué de sa main: ne craindrais-je point, en voulant me conduire moi-même, de m'égarer, de quitter celle voie qui doit conduire au salut, et de prendre quelque sentier détourné qui ne pourrait aboutir qu’à quelque précipice ? Hélas! ma volonté serait comme ces feux nocturnes et trompeurs qui brillent aux yeux et qui entraînent enfin dans l’abime,
5° Cet abandon total que je ferai de moïentre les mains de Diéu sera pour lui un nouveau motif de me conduire au terme; et dès lors quel nouveau motif pour moi de m'abandonner entièrement à sa conduite! Dieu ne se laisse pas vaincre en libéralité, et à son égard, plus on donne, plus on reçoit. Si je me livre donc sans réserve à sa conduite, que n’aurai-je pas à espérer de sa bonté!
AME ÉLEV. 13
Établie sur ces fondements inébranlables, à mon Dieu ! ma conformité pourrait-elle n’être pas entière, mon abandon Lotal à jamais sans réserve? Voici donc les sentiments que je. forme, et l'acte que mon cœur vous offre ; daignez le recevoir : c’est à votre cœur et à votre amour que je le consacre à jamais.
SENTIMENTS D'UNE AME QUI S’ABANDONNE ENTIÈREMENT ENTRE LES MAINS DE DIEU.
Mon Dieu, mon Sauveur et mon Père, je viens faire de moi-même un abandon total entre vos mains, c’est-à-dire, dans le sein de votre ineffable bonté. Je sais que vous êtes infiniment sage, et que vous connaissez tout le bien ; infiniment bon, et que vous ne voulez que le bien ; infiniment puissant, et que tout le bien est entre vos mains. Je sais que vous savez mieux que moi-même ce qui me convient. Je vous abandonne donc dès ce moment tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que j'espère ; mon esprit et toutes ses pensées, mon cœur « toutes ses affections, ma vie et tous ses moments, mon espérance méme et tous ses désirs. Je veux tout ce que vous voudrez; jene veux que ce que vous voudrez, que comme vous le voudrez, qu’autant de temps et de la manière que vous le voudrez.
Tout ce qui me viendra de vos mains me sera, sinon agréable, du moins respectable ; tout ce que vous permettrez de la part des créatures me trouvera soumis. Si vous me donnez des consolations, que votre saint nom soit béni ; c’est une faveur que je ne mérite pas. Si vous me ménagez des épreuves et des.croix, que votre saint nom soit encore béni : ce sont des punitions que je n'ai que trop justement méritées, Vous êtes le maitre absolu de mon sort, de mes biens, de ma réputation, de ma santé, de ma vie; je vous remets tout, rien n’est plus à moi ; dès ce moment je vous en confie le dépôt pour toujours. Disposez en souverain de moi pour la prospérité et pour l’adversité, pour la pauvreté et pour l'abondance, pour la malad'e et pour la santé, pour la vie et pour la mort, pour le temps et pour l'éternité. L’abandon que je vous offre, Ô mon Dieu ! et que je vous demande, est un abandon total et absolu ; un ab:adon continuel et de tous fes instants, un abandon éternel etirrévocable ; qu’il commence dès cet instant, qu'il dure autant que ma vie, qu'il se renouvelle au moment de ma mort, qu'il soit ma dernière pensée, mon dernier sentiment, mon dernier soupir ; et qu'il remette non âme entre vos mains, pour vous bénir, vous louer, €t vous aimer à jamais. Ainsi soit-il,
PRATIQUE
1o Former souvent des actes d’un saint abandon. 20 Dans toutes les croix et les afllictions de la vie, se dire à soi méme : Dieu le veut, et s’en tenir là.
30 D que Die .alorsp 40 Ce sans ce tenter I 5° Se don est Jante, e
IL y:
rappel léger, puisse rien de sible,
Et d par ses grands lusion, Quel fo
est dis fautes, insensil glige, o combat demain une infi lui sucd cueillen répugni
son Dieu!
ère, mon c les senous offre ; tre amour