‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 84 sur 112 · MEDITATION SUR LES MOYENS DE PERSÉVÉRER DANS LE BIEN · texte numérisé non relu

MEDITATION SUR LES MOYENS DE PERSÉVÉRER DANS LE BIEN

Je lecomprends, à mon Dieu, mon Sauveur, mon souverain bienfaiteur! tons les motifs m’engagent à une sainte persévérance dans votre service. Vous avez déployé sur moi toute l'étendue de vos grandes miséricordes. De ma part, je ne désire rien tant que de m’attacher pour loujours à vous, et de prendre pour cela tous les moyens qui dépendront de moi, de ma fidélité, de mes soins, de | ma vigilance. Voici en particulier ceux que je suis résoln d'employer et de consacrer à la reconnaissance que je () Matth., xvir.

vous dois. Éclairez-moi dans mes vues, soutenez-moi dans mes résolutions, aidez-moi à remplir mon cngagement.

Le premier moyen que j'emploierai, ce sera la prière, Je sais que la persévérance est un don, un don des plus précieux qui soient puisés dans les trésors de vos grâces: personne ne peut la inériter dignement ; tous doivent la demander ardemment. Je vous la demanderai tous les jours de ma vie, je vous la demande dans ce moment même dans toute l'étendue de mes sentiments. C'est une grâce que je ne puis recevoir que de vos mains, accordezla à mon humble prière. Vous m'ordonnez vous-même de vous la demander : c’est une marque que vous désirez plus ardemment de me l’accorder, que moi-même de l'obtenir. Je la regarderai comme la plus grande des grâces, le plus précieux des trésors, le bonheur qui me prépare un bonheur suprême. Exaucez ma prière, vous comblerez mes désirs. -

Deuxième moyen. Je ferai les réflexions les plus sérieuses et les plus solides pour m’animer à la persévérance: je me dirai à moi-même: Les motifs qui m'ont engagéà me donner à Dieu, à revenir à Dieu, ne sont-ils pas toujours les mêmes ? Le Dieu que je sersn’est-il pas toujours également grand, également bon, également saint et parfait, également digne de mon cœur et de mes hommages ? L’évangile que je professe n'est-il pas toujours la loi sainte, la règle assurée qui doit m'éclairer et me conduire jusqu'à la fin? Les grandes vérités qui m'ont touché, ont-elles changé ? Les ombres de la mort qui m'environnent sans cesse, les terreurs d’un jugement redoutable où je puis être appelé à tous les instants, une éternité de bonheur ou de malheur, ou je doisun jour aboutir, tous ces grands objets ne doivent-ils pas être toujours présents à mes yeux, et diriger constamment tous mes pas dans les voies du salut? Fespère que des

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réflexions si solides m'affermiront dans le bien, et m’armeront contre ma faiblesse et mon inconstance, Memorare novissima tua (1).

Troisième moyen. La vigilance sur moi, sur mes sens, sur mon cœur, sur mes mauvais penchants, sur mes passions malheureuses, sur toutes mes démarches, sur toutes les actions de ma vie, sur les illusions, les tentations du démon, de peur que cet ange de ténèbres ne se déguise en ange de lumière. Je sais que j'ai tout à craindre de moi, es ennemis de mon salut; sans une attention continuelle sur moi, je serai dans un conlinuel danger de perdre la grâce de mon Dieu et de me perdre moi-même à jamais. Sainte vigilince, vous ouvrirez sans cesse mes yeux sur tous ces dangers; et à la faveur de vos divines lumières, je lâcherai d'éviter les piéges qui me sont tendus de toutes parts pour me perdre, Vigilate et orate (2).

Quatrième moyen. La fuite des occasions. Ce moyen est absolument et indispensablement nécessaire pour moi. Une triste expérience a dû me faire connaître, me faire

craindre ma propre faiblesse. Oui, mon Dieu, je le com-

prends, je le sens, je le vois; malgré toutes mes promesses, mes résolutions, mes propos, si je m’expose à l’occasion, l’occasion me perdra ; parce que, d’une part, l'occasion me présentera toujours les mêmes objets; et de l’autre, j'aurai toujours dans moi le même fonds de misères. Ainsi les mêmes objets feront à peu près les mêmes impressions, et les mêmes impressions me précipiteront dans les mêmes malheurs. Oui, fussions-nous aussi sages que Salomon, aussi forts que Samson, dans l'occasion nous succomberons. Hélas ! les plus fortes colonnes ont été ébranlées. Tremblons pour nous, faibles et timides roseaux ; et soyons assurés que, surtout dans certaines occasions, il n’est que la fuite qui puisse soute-

(1) Eccles., var, — (2) Matih., xxvr.

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nir et mettre à couvert du danger, Qui amat periculum, peribit in illo (1).

Cinquième moyen de persévérance. Me mettre au-dessus des jugements, des discours, des mépris du sonde. Funeste respect humain, à combien d’âmes n’as-tu pas fait faire un déplorable naufrage! A certains moments où la grâce parle au cœur, on regarde le monde d’un œi de mépris ; on dit avec l’Apôtre dans l’aboudance de son cœur, que ni les discours, n1 les railieries, ni les persécuiions du monde, ni toutes les créatures coniurées er.seinble ne pourront nous arracher à la grâce : Cerfrre sum (2). Hélas ! il n'est pas nécessaire que toutes les créutures se liguent contre moi; un mot, une raillerie, un rien, c'en est souvent assez pour arrêter, pour ébranler tous mes projets de salut. Monde pervers, jusqu’à quand, par de fausses terreurs, ébranleras-lu la confiance des enfants de Dieu ? Adorable Sauveur, vous l'avez dit : Si quelqu'un rougit de moi devant le monde, je rougirai moi-même de lui devant mon Père céleste. Le monde est votre ennemi : puis-je ne pas m'en défier et ne le pas craindre ?

Sixième moyen. La fréquentation des sacrements. Oui, mon Dieu, c’est là la source salutaire où j'irai puiser les forces qui me sont nécessaires. C'est l’unique moyen, ou du moins le moyen le plus efficace pour me soutenir. Si on se néglige en ce point, on risque de se démentir en tout. On attend d'un jour à l’autre, d’un mois à un autre: plus on diffère, plus on veut diflérer ; et quand on a différé un certain temps, on ne peut presque plus se déterminer. En attendant, privé de ce secours, et livré à sa propre faiblesse, on en éprouve bientôt les tristes effets. La ferveur se ralentit, la vigilance sur soi diminue, les mauvaises inclinations se réveillent ; et s’il survient quelque occasion malheureuse, on est en danger de tomber

(1) Eccles, — (2) Rom., var.

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TRENTE-QUATRIÈME LECTURE. 301 dans quelque nouvel abîme, pour ne s’en relever peutêtre jamais. O mon âme ! ne vous éloignez plus de ces sources de salut et de vie, de peur de vous priver des secours que la grâce vous y prépare, et de vous livrer comme sans défense, aux ennemis conjurés contre vous.

| hoxrrissez-vous de ce pain de vie, du pain même des anà ces, si vous voulez vivre de la vie de Dieu.

Septième moyen. La dévotion à Marie, à la Reine des arges. O0 mon âme! comment pourriez-vous jamais manquer à ce doux sentiment de confiance envers la plus ten-

| dre des mères ? vous en avez si souvent éprouvé les salu-

aires effets! Or, si jamais vous avez eu besoin de réclamer sa puissante prolection auprès de Dieu, n'est-ce pas surtout pour : obtenir par son intercession la grâce des srâces, celle d'une sainte persévérance jusqu’à la fin ! Demandez-la tous les jours de votre vie ; demandez-la à celte tendre et divine mère avecla vive instance, et dans toute l’ardeur dont vos sentiments sont capables ; elle vous ouvrira lesentrailles de sa miséricorde, elle voustendra une main secourable, elle vous obtiendra l'abondance des secours célestes. Animée des sentiments de cette confiance, dès ce moment même donnez-lui-en des marques ; demandez par son intercession cette sainte persévérance qui fait l’objet de vos réflexions et de vos désirs.

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