‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 99 sur 112 · D'UNE AM · texte numérisé non relu

D'UNE AM

Ame pécheresse, âme pénitente, vous êles accal lée sous le poids de vos crimes, vous gémissez à la vue d" vos désordres et de vos excès; la justice divine paraît vous menacer et vous poursuivre partout, pour vous immoler et vous perdre : il n’est au monde qu’un asile pour vous ; venez donc vous jelcr au pied de la croix; venez-y répandre voire cœur affligé ; venez- y présenter vos plaies, et en demander la guérison au médecin charitable qui en voit toute la profondeur. Là, prosternée el pénétrée d’une juste douleur, diles-lui avec un saint pénitent, vrai modèle de la pénitence : Peccavi, j'ai péché; oui, mon Dieu, j'ai péché, j'ai grièvement péché ; j'ai péché durant bien des années; je le reconnais j'en gémis, je voudrais en mourir de regret. Enfin, éclairée de vos divines lumières, touchée de l'attrait de vos grâces, je reviens à vous, je viens implorer votre infinie miséricorde, Mis-rere tuei, Deus, secundüm magnam misericordiam tuam (1). Celui à qui j'ai donné la mort est le seul qui doit me ressusciler, Et secundüm multitudinem misrationum tuarum. Je ne kaurais connaître toute la grandeur et l'énorinité de mes crimes, mais j'en connais assez pour comprendre que mille fois j’ai mérité l'enfer, Iniquita- (1) Psalrm. L.

tem meam ego cognosco. Mon péché est toujours présent à mes yeux pour déchirer mon cœur, Peccatum meum contra me est semper. J'ai péché, et par mon péché je vous ai offensé, Ô vous que je devais servir et aimer “uniquement en ce monde, T'ibi soli peccaui. C'est devant vous, c’est en votre présence, el au moment même où vous me combliez de vos grâces, que je vous ai outragé, Et malum coram te feci.

O Dieu souffrant et agonisant! c'est pour moi, c’est pour mes péchés que vous souffrez et que vous mourez : votre cœur percé d’une lance perce le mien de la plus amère douleur ; ne rejetez pas un cœur contrit et humilié : si je ne l’ai pas, formez-le dans moi, pour le rendre digne de vous, Cor contritum et humiliutum. Dieu saint,

Dieu sauveur! vous trouverez en moi l’énormilé de tous

les péchés réunis : réunissez en ma faveur les trésors de toutes les grâces; glorifiez volre puissance, faites triompher votre miséricorde, et montrez dans un homme infiniment pécheur ce que c’est qu’un Dieu infiniment bon : si le sacrifice de ma vie pouvait satisfaire votre juslice, avec quelle joie ne vous offrirais-je pas le sacrifice de celle vie que j'ai si criminellement employée ! Si voluisses sacrificium dedissem uliquè. Ame pénitente! consacrez vos sentiments &u pied de la croix; entretenez-vous-y avec votre Dieu mourant pour vous donner une nouvelle vie. Dites-lui : Seigneur, je suis affligée à la vue de vos souffrances et de mes excès; mais ce qui m'afflige encore davantage, c’est que mon cœur est trop faible pour les haïr et les déplorer ; je voudrais avoir le cœur de tous les hommes et les larmes de tous les saints pénitents pour vous les consacrer. Seigneur mon D'ieu, créez en moi un cœur nouveau pour vous satisfaire et vous aimer. Ah! qui me donnera une fontaine de larmes qui ne tarisse jamais ? Que je serais heureux de voir sortir de mes yeux des torrents de pleurs pour les joindre aux torrents de

sang q et si v ne ser plaies vous c êlre p pleure:

pleure expire soit plu une val ne puis qui doit moi ; C’ le racon chera, e vos inefi béniron:

jours au:

0 cro à vos pi | j'espère mon sou etmone

Saint Vit trouva un, crimes, de l'exhorta à sit, il le pr seconda ses de la pénit Si profond expira à lil en larmes à douleur ave

La vue ©

ésent neum hé je 1imer evant 1e où ragé,

, c'est urez :

a plus humirendre saint, le tous sors de triomme int bon : uslice, fice de luisses sacrez

ous-Y puvelle de vos

encore pur les ous les s pour oiun . Ah!

arisse yeux ats de

sang que vous versez! Quelle vie que celle que j’ai menée! et si vos miséricordes n'étaient pas infinies, le désespoir ne serait-il pas mon partage ? Mais enfin, mon Dieu, les plaies sont faites; je ne puis que vous les présenter, et vous conjurer de les guérir. Je sais que tout ce qui peut êlre pleuré peut être pardonné. Tant que je vivrai, je pleurerai, je gémirai, je ne vivrai que pour gémir et pleurer au pied de la croix. Heureux si je pouvais y expirer de douleur ! Faites, à mon Dieu! que la vie ne soit plus pour moi qu’un gémissement continuel, la terre une vallée de larmes : je lai infectée de mes crimes, que ne puis-je l’arroser de mon sang ! Mais,non, c’est le vôtre qui doit tout purifier ; lavez-moi, purifiez-moi, sanctifiezmoi ; c’est le plus grand prodige de vos miséricordes. Je le raconterai à tous les pécheurs; mon exemple les touchera, et leur dira ce qu’ils peuvent et doivent espérer de vos ineffables bontés; tous de concert nous louerons, nous bénirons à jamais les grandeurs de vos miséricordes, toujours au-dessus de la grandeur de nos crimes. O croix de mon Dieu, de mon adorable Sauveur! c’est à vos pieds que je veux vivre; c’est entre vos bras que | j'espère mourir: soyez, durant ma wie, mon modèle et mon soutien ; mais surtout à la mort, soyez mon refuge et mon espérance, O crux, ave, etc.

HISTOIRE

Saint Vincent Ferrier, dans le cours de ses missions apostoliques, trouva un grand pécheur, qui jusqu'alors s’était livré à toutes sortes de crimes, de désordres et d’excès. Le saint touché de ce triste état, l'exhorta à penser au salut de son âme, et à revenir à Dieu ; il l'instruisit, il le prépara, et donna tous ses soins pour sa conversion. La grâce seconda ses efforts et son zèle. Ce pécheur se présenta au saint tribunal de la pénitence ; et là il fut touché, pénétré d’un regret si vif, si amer, si profond de ses péchés, qu'ayant reçu la grâce de l’absolution, il expira à l'instant de douleur aux pieds du saint, qui fondait lui-même en larmes à la vue d'une conversion si sincère et si édifiante, Quelle douleur avez-vous de vos péchés ?

La vue de la croix vous les présentera. Considérez ce qu’un Dieu

souffre, comme il souffre, et pour qui il souffre. Portez partout le souvenir de sa croix, de ses grâces et de vos pévhés. Demandez à Dieu Ja grâce d'y penser et de les déplorer toute votre vie.

Hélas ! vous êtes à présent au pied de sa croix, peut-être dans peu irez-Vous paraître autrib'nal de sa instice : vous avez été pécheur, disposez-vous à y paraitre en pénitent. Que Dieu est bon de vous accorder le temps! mais que vous seriez coupable d'en abuser :

Pensez-y ; ne vous contentez pas d’y penser, profitez de la grâce qui vous est offerte, pour produire des fruits de salut.

L’AME PÉNITENTÉ.

Page 1