‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 31 sur 99 · GŒTHE ET SON AMI · texte numérisé non relu

GŒTHE ET SON AMI

Wolfgang von Gœthe se promenait un soir d'été pluvieux avec son ami K. . ., revenant avec lui du Belvédère à Weimar. Tout à coup le poète s'arrête, comme devant une apparition, et allait lui parler.

STBATIOH EXPËR1HEKT*LI! DE L IMMORTILITË

e se doutait de rien. — Soudainement ci'ia : « Mon Dieu ! si je n'étais sûr que •"rédéric est en ce moment à Francfort,

que c'est lui !.... » Knsuite il poussa un i éclat de rire : — « Mais c'est bien lui..,. iFrédédc!..,. Toi ici à Weimar?.... Mais

de Dieu, mon cher, comme te voilà abillé de ma rob: de chambre. . . . avec met de nuit avec mes pantourtea aux

. ici sur la grande route î.... » K....,

viens de le dire plus haut, ne voyait t rien de tout ceci, et s'épouvanta,

poète ;itteiat subitement de folie. Mais îoccupè seulement de sa vision s'écria il les bras : « Frédéric ! où as-tu passé.,..

ieu? mon cher K. n'avez-vous pas

é où a passé la personne que nous ve-

rencontrer? » — K.... stupéiait, ne rien. Alors le poète tournant la tête de ilés, s'écria d'un air rêveur : « Oui ! je

ids.,.. c'est une vision cependant

iut être la sigoiflcation de tout cela ?..,

serait-il mort subitement?.... serait-ce

esprit î.... »

s Gœthe rentra chez lui, et trouva Frénaison, . . Les cheveux se dressèrent sur arrière fantôme! » s'écria-t-il en recucomme un mort. « Mais, mon cher, estleil que tu (ais à ton plus fidèle ami t. .. » 3tte fois » s'écria le poète riant et pieu.

}is, ce n'est pas un esprit, c'est un être

et d'os >, et les deux amis s'embrasse-

is

rent avec effusion. — Frédéric était arrivé au logis de Gœthe trempé par la pluie et s'était revêtu de vêtements secs du poète ; ensuite il s'était endormi dans son fauteuil et avait rêvé qu'il allait à la rencontre de Gœthe et que celui-ci Tavait interpellé avec ces paroles : ^ Toi ici à Weimar?. .: quoi... avec ma robe de chambre... mon bonnet de nuit... et mes pantoufles, sur la grande route ?. . . » — De ce jour le grand poète crut en une autre vie après la vie terrestre (1).

Ce cas est intéressant à plus d'un titre, car i) établit qu'une apparition, même invisible pour un tiers, peut cependant n'être pas une hallucination télépathique, du moins dans le sens que l'on a donné à ce mot.

Iei,nous assistons bien à une sorte d'hallucination télépathique, puisque Gœthe, seul, voit le fantôme, mais cette image est extérieure, elle n'est pas logée dans son cerveau, comme le serait une véritable hallucination, car il résultf du témoignage de Frédéric qu'il est allé en rêve au devant de son ami ; et ce qui établit que son extériorisation est objective, c'est que les paroles qu'il a entendues sont exactement celles prononcées par l'illustre écrivain. Nous voyons que ce que Frédéric prend pour un rêve est le souvenir d'une action réelle <iui s est passt^e durant son sommeil : c'est son âme <l^i s'est dégagée pendant que son corps reposait ®^ni a entendu et retenu les paroles de Gœthe. Faisons, à ce propos, une remarque très importa) J^sychische studien, mars 1897.

HIHENTALE DE l.'lJlMORTAI.ITfi

l'était pas souvenu d ss évésqu'il sommeillait, les memrechen-.hes psychiques au- :(ion ûo ia. conscience subtic'est-à-dire à la mise en jeu onde de ce sujet. Or il paiMÎt ; toujours la même personl'elle a conscience de ce, qui il peut arriver qu'elle ne se ■s de ce qu'elle a lait pendant Btte perte du souvenir n'est autoiisfi' les psychologue?, ionttraité deriiièrement ces re qu'il y a en nous des peritent et s'ignorent mutuelle-

)ui nous semble logiquement idmet que notre personnalité .'état de veille — est séparée <endant le sommeil, par une i qui rie sonfplus conscients 3 deux iodividualités dans le ilement deux états différents

. — extraits de la déposition lar M. Cromwel Varley, ingéjneï télégraphiques de l'Anmité de la Société Dialectique

Pforeeilinga, fa Ciinucience sublit aussi : I'. .liinct, V iutomalianm ii-l, lei AUéralioHi île la Pi-rson-

LE DÉDOLBLEMÉxM DE l'ÊTRE HUMAIN 137

de Londres — sont tout à fait typiques, ils montrent exactement les rapports qui existent entre la même individualité pendant le sommeil ou la

veille.

DÉPOSITION DE CROMWEL VARLEY Ingénieur en chef des lignes télégraphiques de l'Angleterre

Voici un quatrième cas dans lequel je suis le principal acteur (1). J'avais fait des expériences sur la fabrication de la faïence, et les vapeurs d'acide fluorhydrique dont j'avais fait un large emploi m'avaient causé des spasmes de la gorge. J'étais très séiieusement malade et il m'arrivait souvent d'être réveillé par des spasmes de la glotte. On m'avait recommandé d'avoir toujours sous la main de l'éther sulfurique pour le respirer et me procurer un prompt soulagement. J'y eus recours six ou huit fois, mais son odeur m'était si désagréable, que je finis par me servir du chloroforme. Je le plaçais à côté de mon lit, et lorsque je devais m'en servir, je me penchais au-dessus de lui dans une position telle que quand l'insensibilité survenait, je retombais en arrière, tandis que l'éponge roulait à terre. Une nuit cependant je me renversai sur le dos en retenant Téponge, qui resta appliquée sur ma bouche.

M""" Varley, nourrissant un enfant malade, était dans la chambre au-dessus de la mienne. Au bout de quelques instants je pris conscience de ma

(1) Report vu Spiritualisme, pag. 157, traduit dans la Revue scientifique et morale du Spiritisme, février 1898.

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438 DÉMONSTRATION EXPfiRIMRIH'ALE DE L'iMHORTALITâ

situation : je voyais ma femme en haut, moi-même couché sur le dos avec Téponge sur la bouche et dans l'impossibilité absolue de faire aucun mouvement. J'appliquai toute ma volonté à faire pénétrer dans son esprit une claire notion du danger que je courais. Elle s'éveilla, descendit, enleva aussitôt réponge et fut grandement effrayée. Je fis tous mes efïorts pour lui parler et je lui dis : « Je vais oublier tout ceci et ignorer comment ceci s'est passé si vous ne m^e le rappelez dans la matinée ; mais ne manquez pas de me dire ce qui vous a fait descendre et je serai alors capable de me souvenir de tous les détails. » Dans la matinée suivante elle fit ce que je lui avais recommandé, mais je ne pus rien me rappeler d'abord. Cependant je fis tout le jour les plus grands efïorts et j'arrivai enfin à me souvenir d'une partie et à la longue de la totalité des faits. Mon esprit était dans la chambre près de j^mo varley lorsque je lui donnai conscience de mon danger.

Ce cas m'a aidé à comprendre les moyens de communication des esprits. M""® Varley vit ce que mon esprit demandait et elle éprouva les mêmes impressions. Un jour, étant tombée en transe, elle me dit : « Actuellement ce ne sont pas les esprits qui vous parlent: c'est moi-même et je me sers de mon corps de la même façon que font les esprits lorsqu'ils parlent par ma bouche. »

J'ai observé un autre fait en 1860. Je venais d'établir le premier câble atlantique. Lorsque j'arrivai à Halifax, mon nom fut télégraphié à New-York, M. Cyrus Fied transmit la nouvelle à

LE DÉDOUBLEMENT DE l'ÊTRE HUMAIN 439

St-John et au Havre : de telle sorle que quand j'arrivai, je fus cordialement reçu partout et qu'au Havre je trouvai un banquet tout préparé. Plusieurs discours furent prononcés et Ton s'attarda beaucoup. Je devais prendre le steamer qui partait dans la matinée suivante et j'avais la vive préoccupation de ne pas m'éveiller à temps. J'employai donc un moyen qui m'avait toujours réussi jusquelà : c'était de formuler énergiquement en moimême la volonté de m'éveiller en temps utile. Le matin vint et je me voyais moi-même profondément endormi dans mon lit.

J'essayai de m'éveiller, mais je ne le pus.

Après quelques instants, comme je cherchais les moyens les plus énergiques pour me tirer d'affaire, j'aperçus une cour dans laquelle se trouvait un gi'and tas de bois dont deux hommes s'approchaient. Ils montèrent sur ce tas et en enlevèrent une lourde planche. J'eus alors l'idée de provoquer en moi le rêve qu'une bombe était lancée contre moi, sifflait à sa sortie du canon et qu'elle éclatait et me blessait à la face, au moment oii les hommes jetaient la planche du haut du tas. Celi me réveilla en me laissant le souvenir b'en net des deux actes : le premier consistant dans l'action de mon être intellectuel commandant à mon cerveau de croire à la réalité d'illusions ridicules provoquées parla puissance de volonté de l'intelligence. Quant au second acte, je ne perdis pas une seconde pour sauter à bas du lit, ouvrir la fenêtre, et constater que la cour, la pile de bois, les deux hommes étaient bien tels que mon esprit les avait vus. Je

n*avais auparavant aucune connaissanco de la localité ; U faisait nuit, quand j'arrivai, la veille, dans cette ville et je ne savais pas du tout qu'il y avait là i.ne cour. U est évident que mon esprit vit tout cela, tandis que mon corps gisait endormi. Il m'était impossible de voir la pile de bois sans ouvrir la fenêtre (1).

Dans le récit suivant, c'est la même personne qui se dédouble à plusieurs reprises, et cela, sans aucune participation consciente ou volontaire de sa part.

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