‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 33 sur 99 · DÉDOUBLEMENT INVOLONTAIRB, MAIS CONSCIENT · texte numérisé non relu

DÉDOUBLEMENT INVOLONTAIRB, MAIS CONSCIENT

Le sujet est un jeune homme d'une trentaine d'années, artiste graveur de talent (1).

« Il y a peu de jours, me dit-il, je rentrais chez moi, le soir, vers 10 heures, lorsque je fus saisi d'un sentiment de lassitude étrange que je ne m'expliquais pas. Décidé, néanmoins, à ne pas me coucher de suite, j'allumai ma lampe et la laissai sur la table de nuit, près de mon lit. Je pris un cigare, le présentai à la flamme de mon carcel, et j'en aspirai quelques bouffées, puis je m'étendis sur une chaise longue.

«Au moment où j eme laissai aller nonchalamment

(l) D' Gibier, Analyse des Choses^ p. 142 et suivantes.

Mi DÉMONSTRATION EXPËRIHENTAU DE L'iJHHOKTALIrli

à la renverse pour appuyer ma tête sur le coussin du sopha, je sentis que les objets environnants tournaient, j'éprouvai comme un étourdissement, un vide; puis, brusquement, je me trouvai transporté au miiieu de ma chambre. Surpris de ce déplacement dont je ii'av;iis pas eu conscience, je regardai autour de moi, et mon ètonnement s'accrut bien autrement.

«Tout d'abord, je me vis étendusav le sofa, mollement, sans raideur, seulement ma main gauche se trouvait élevée au-dessus de moi, le coude étant appuyé, et tenait mon cigare allumé dont la lueur sevoyait dans la pénombre produite parl'abat-jour de ma lampe. Lapremière idée qui me vint fut que je m'étais, sans doute, endormi et que ce que j'éprouvais était le résultat d'un rêve, Néani^ioins, je m'avouais que jamais je n'en avais eu de semblable et qui me parût si intensivement la réalité. Je dirai plus, j'avais l'impression que jamais je n'avais été autantdans la réalité. Aussi, me rendant compte qu'il ne pouvait être question d'un rêve, la deuxième pensée qui se présenta soudainement à mon imagination fut que j'étais mort. Et, en même temps, je me souvins davoir entendu dire qui! y a des Esprits, et je pensai que j'étais devenu Esprit moi-même. Tout ce que j'avais pu apprendre sur ce sujet se déroula longuement, mais en moins de temps qu'il n'en laut pour y songer, devant ma vue intérieure. Je me souviens très bien d'avoir été pris comme d'une sorte d'angoisse et de regrets de choses inachevées; ma vie ra'apparut comme dans une formule...

« Je m'approchai de moi ou plutôt de mon corps ou de ce que je croyais être mon cadavre. Un spectacle que je ne compris pas tout de suite appela mon attention : je me vis respirant, mais, de plus, je vis l'intérieur de ma poitrine, et mon cœur y battait lentement par faibles à-coups, mais avec régularité. A ce moment, je compris que je devais avoir eu une syncope d'un genre particulier, à moÎDs que les gens qui ont une syncope, pensai-je à part moi, ne se souviennent plus de ce qui leur est arrivé pendant leur évanouissement. Et, alors, je craignis de ne plus me souvenir quand je reviendrais à moi...

« Me sentant un peu rassuré, je jetai les yeux autour de moi, m'e demandant combien de temps cela allait durer, puis je ne m'occupai plus de mon corps, de Vautre moi qui reposait toujours sur sa couche. Je regardai ma lampe, qui continuait a brûler silencieusement, et je me fis cette réflexion qu'elle était bien près de mon lit et pourrait communiquer le feu à mes rideaux : je pris le bouton, la clef de la mèche pour réteindre, mais, là encore, nouveau sujet de surprise I je sentais parfaitement le bouton avec sa molette, je percevais pour ainsi dire chacune de ses molécules, mais j'atais beau tourner avec mes doigts, ceux-ci seuls exécutaient le mouvement, et c'est en vain que je cherchais à agir sur le bouton.

« Je m'examinai alors moi-même et je vis que, hier que ma main pût passer au travers de moi, je m sentais bien le corps, qui me parut, si ma mémoire, ne me fait pas défaut sur ce point, comme revêtu

TION EXPËHIHENTALE DE L IHIIORTALITË

3 je me plaçai devant mon miroir, en eminée. Au lieu de voir mon image , je m'aperçus que ma vue semblait )lonté, et le mur, d'abord, puis laparre des tableaux et des meubles qui ion voisin, et ensuite l'intérieur de son m'apparurent. Je me rendis compte de lumière dans ces pièces où ma pourtant, et je perçus très nettement r'on de clarté qui partait de mon épiirait les objets.

vint de pénétrer chez mon voisin, que 16 connaissais pas et qui était absent moment. A peine avais-je eu le dé- 1 première pièce, que je m'y trouvais omment? Je n'en sais rien, mais il me ,i dû traverser ia muraille aussi facia vue la pénétrait. Bref, j'étais chez lur la première fois de ma vie. J'inambres, me gravai leur aspect dans t me dirigeai vers une bibliothèque uai tout particulièrement plusieurs jes placés sur un rayon à hauteur de

iger de place, je n'avais qu'à vouloir je me trouvais là où je devais aller, de ce moment, mes souvenirs Sont 6 sais que j'allai loin, très loin, en s, mais je ne saurais donner l'emimps. Oest comme si, n'ayant plus le oi-mème, n'étant plus maître de mes ) trouvais transporté ici ou là, selon

que ma pensée s'y dirigeait. Je n'étais pas encore sûr d'elle et elle me dispersait en quelque sorte avant que j'aie pu la saisir; la folle du logis, à présent, emmenait le logis avec elle.

«Ce que je puis ajouter, en terminant, c'est que je m'éveillai à cinq heures du matin, roide, froid sur mon sopha et tenant encore mon cigare inachevé entre leç doigts. Ma lampe s'était éteinte ; elle avait enfumé le verre. Je me mis au lit sans pouvoir dormir et je fus agité par un frisson. Enfin le sommeil vint ; quand je m'éveillai, il était grand jour.

« Au moyen d'un innocent stratagème, j'induisis mon concierge à aller voir dans l'appartement de mon voisin s'il n'y avait rien de dérangé et, montant avec lui, je pus retrouver les tableaux, les meubles vus par moi la nuit précédente, ainsi que les titres des livres que j'avais attentivement remarqués.

« Je me suis bien gardé de parler de cela à personne, dans la crainte de passer pour fou ou halluciné» >

Ce récit est éminemment instructif. D'abord il prouve que cette extériorisation de l'âme n'est pas le résnltat d'une hallucination ou le souvenir d'un rêve, parce que la vision de l'appartement voisin, que le graveur ne connaissait pas, et dans lequel il a pénétré pour la première fois pendant cet état particulier, est parfaitement réelle. En second lieu nous constatons que rame, lorsqu'elle est dégagée du corps, possède une forme définie et le pouvoir de passer à travers

DËHONSTRATION EKPÉRIIIEKTALK BK L'iHnORTALITe

bsfacles matériels sans éprouver de résistancp, >tnDté suliit à la transporter dans le lieu où lésire se trouver- Troisièmement, elle a une )Ius pénétrante qu'à l'état normal, puisque le ) homme voyait battre son cœur à travers sa ine(l).

conservation du souvenir des évéïiements mus pendant le dédoublement est ici très , mais elle peut être beaucoup moins vive et

l'agent, en se réveillant, ne saura plus s'il é, ou si son àme a bien quitté yon enveloppe que; enfin, le plus souvent, l'esprit oublie îDtrant dans son corps ce qui s'est passé mt le dégagement. Il faut bien se garder de ure — comme on le fait trop souvent — que sortie est une manirestation inconsciente de

; la vérité, c'est que c'est simplement la raéî de ce phénomème qui a disparu, maispenqu'H s'exécutait, l'àme en avait la parfaite , lissance.

sons une dernière remarque au sujet de assibîlité pour le jeune graveur de tourner iton de sa lampe, bien qu'il en perçût, pour dire, la texture intime. Cette impuissance, qui immune à tous les esprits dans l'espace, tient aréfaction du périsprit; mais il peut arriver que, grâce à un influx d'énergie emprunté

cUc. vision n'esl-cllp pas coinpnrublc à ctlle des soinnum- Et n'avons-noiLS pas rrfison <lc l'attribuer à l'àmt; ? En :hanl ce r6c\t du celui de Cromwel Varley, on constate icnt que rame ilégagikt du corps jouit des avantages de ipîrituellc. Ce ne ïont pas des théories : c'est la constapni'c cl sitnjilc des fails.

LE DfiOOUBLENENT OK L*ÊTRE HUMAIN 149

au corps matériel, l'enveloppe fluidique acquière un degré suffisant d'objeclivatioA pour agir sur des objets matériels. L'apparition de la mère d'Hélène (page 127), avait cette substanlialité.

Jusqu'alors, les apparitions, dites télépathiques, dont nous venons de parler n'avaient rien révélé sur leur nature intime; sauf les mouvements qu'elles exécutent et les portes qu'elles semblent ouvrir et fermer, on les prendrait pour des projections de la pensée, pour des images, pour des apparences seulement, et non pour des êtres vraiment matériels. Voici plusieurs cas ou la tangibilité s'accuse davantage.

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