‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 35 sur 99 · APPARITION OBJECTIVE AU MOMENT D'UN DANGER · texte numérisé non relu

APPARITION OBJECTIVE AU MOMENT D'UN DANGER

M'°VRandolph Lichfied, Cross Deeps, Twicken-

ham (1) :

Nous abrégeons un peu le récit, en supprimant ce qui n'est pas indispensable.

(i) Hallucinations télepathiques, p. 315.

152 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l' IMMORTALITÉ

« J'étais assise dans ma chambre, un soir, avant mon mariage, près d'une table de toilette, sur laquelle était posé un livre que je lisais; la table était dans un coin delà chambre, et le large miroir qui était dessus touchait presque le plafond, de sorte que Tirnage de toute personne qui se trouvait dans la chambre pouvait s'y refléter tout entière. Le livre que je lisais ne pouvait nullement affecter mes nerfs, ni exciter mon imagination. Je me portais très bien, j'étais de bonne humeur, et rien ne m'était arrivé depuis l'heure où j'avais reçu mes lettres, le matin, qui eût pu me faire penser à la personne à laquelle se rapporte l'étrange impression que vous me demandez do raconter.

« J'avais les yeux fixés sur mon livre. Tout à coup je sentis, mais sans le voiry quelqu'un entrer dans ma chambre. Je regardai dans le miroir pour savoir qui c'était, mais je ne vrs personne. Je pensais naturellement que ma visite, me voyant plongée dans ma lecture, était ressortie, quand, à mon vif étonnement, je sentis sur mon front un baiser, un baiser long et tendre. Je levai la tète, nullement eff'rayée, et je vis mon fiancé debout derrière ma chaise, penché sur moi comme pour m'embrasser de nouveau. Sa figure était très pâle et triste au delà de toute expression. Très surprise, je me levai et, avant que j'aie pu parler, il avait disparu, je ne sais comment. Je ne sais qu'une chose, c'est que, pendant un instant, je vis bien nettement tous les traits de sa figure, sa haute taille, ses larges épaules, comme je lésai toujours vus, et le moment d'après, je ne vis plus rien de lui.

< D'abord, je ne fus que surprise ou, pour mieux dire, perplexe; je n'éprouvai aucune frayeur; je ne crus pas un instant que j'avais vu un Esprit; la sensation qui s'ensuivit fut que j'avais quelque chose au cerveau, et j'étais reconnaissante que cela n'eût pas amené une vision terrible au lieu de celle que j'avais éprouvée et qui m'avait été fort agréable. »

La narratrice raconte alors qu'elle n'a pas eu de nouvelles de son fiancé pendant trois jours; un soir, elle crut sentir son influence, mais elle ne le vit pas, malgré son attente; enfin, elle apprit qu'il avait été victime d'un accident en voulant dresser un cheval fougueux; la pensée de ce Monsieur se porta immédiatement vers sa fiancée, et il dit, au moment de perdre connaissance : « May, ma petite May, que je ne meure pas sans te revoir. » Ce fut pendant cette nuit qu'il se pencha vers la jeune fille, et Tembrassa.

Nous voyons, encore, l'apparition ressembler traits pour traits au vivant, se déplacer quelle que soit la distance, et témoigner d'une manière effective de sa corporéité, en embrassant sa fiancée. Quelque rôle qu'on veuille faire jouer à l'hallucination, elle ne nous semble pas en mesure d'expliquer ce qui s'est produit là.

Voici encore un autre exemple de matérialisation de l'enveloppe fluidique.

154 UËMONSTHATIO.I EXPÉRIMENTALE DE l'IIIHOHTALITË ' UN DOUBLE MATÉRIALISE.

Les Annales Psychiques de septembre-octobre 1866, sous le titre : « Formation d'un double ». page 361, racontent le fait suivant, traduit du Borderland d'avril 1896.

M. Stead rapports qu'il est en relation avec une M°" A. dont l'état de santé lui inspirait à cette époque de vives inquiétudes. En causant, M, Stead avait recommandé à M"' A. de venir assister aux offices du dimanche; mais celle-ci, assez sceptique, n'avait pas répondu à son désir. Sur ces entrefaites, elle tomba sérieusement malade et fut obligée de s'aiiter.

Le dimanche soir, \'i octobre, M. Stead fut surpris de voir W^' A. entrer dans le temple et 3'installer sur un banc. La lumière était suffisante pour lui permettre de la très bien reconnaître. — Un membre de la congrégation lui otïrit un livre de prières, qu'elle prit mais n'ouvrit pas. Alors l'ouvreuse lui donna un livre qu'elle prit aussi d'un air distrait, et laissa sur l'appui d«vant elle. Elle resta assise, pendant tout le service, jusqu'au dernier hymne, qu'elle écouta debout. Pendant le second et le troisième hymne, elleieva quelquefois son livre, mais ne parut pas chanter. Après le dernier verset, elle posa brusquement son livre, et, descendant rapidement la nef, elle disparut.

Des témoins nombreux aÉBrment avoir vu M™ A, et l'avoir parfaitement reconnue comme la même dame qui y était venue antérieurement. Sa toilette

LE DÉDOUBLEMENT DE l'ÊTRB HUMAIN 455

élégante, mais excentrique, la désignait à Tattention. M. Stead se rendit le lendemain chez M°*A., elle était encore fort souffrante, couchée sur une chaise longue. Elle affirma n'être pas sortie la veille et les témoignages du docteur, de la femme de chambre, de deux amies, confirmèrent absolument ses assertions. La distance qui sépare Thabitation de M"* A. du temple est assez considérable ; or, en comparant les heures où elle est apparue et le moment où elle fut vue, soit par le médecin, soit par ses amies, il est établi qu'il lui aurait été impossible d'accomplir le voyage en état de somnambulisme, ce que sa santé lui eût d'ailleurs interdit.

C'est encore là une preuve manifeste de cette action tangible du corps fiuidique matérialisé. Un point à noter, c'est la très grande durée du phénomène, qui a été d'une heure et demie.

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