‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 37 sur 99 · QUELQUES REMARQUES · texte numérisé non relu

QUELQUES REMARQUES

Parmi les cas excessivement nombreux (que l'exiguïté de notre cadre ne nous a pas permis de reproduire) rapportés par les auteurs anglais, nous avons pris ceux qui mettent en évidence l'objectivité du fantôme vivant; si Ton peut admettre quelquefois l'hallucination pour cause du phénomène, bien que cette hypothèse ne soit pas suffisamment démonirée, il est hors de doute que le plus grand nombre ne peut se comprendre qu'en admettant la bi-corporéité de Tètre humain.

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Si l'on suppose que les différents faits que nous venons d'énumérer sont dus àriialluciiiation, nous sommes amenés à faire deux rem.irques qui sont très importantes. Pour que lo cerveau du sujet soit impressionné, en dehoi's des conditions habituelles, il faut que l'agent exerce, à distance, une action d'une nature spéciale, qui ne peut être assimilée à aucune force connue.

Tout d'abord, la distance n'affecte pas le phénomène; que l'agent soit à Melbourne et le sujet à Londres, Tapparition a lieu, donc les ondes qui transmettent la pensée n'ont rien do commun avec les ondes lumineuses, sonores, calorifiques; car elles se propagent dans l'esp^ace, sanss'alfaibUr et sans conducteur matériel. De plus, elles ne se réfractent pas en route, elles vont, à travers tous les obstacles, atteindre lo but qui leur est assigné.

Nous savons aujourd'hui quo l'électricité peut affecter la forme ondulatoire et se propager sans conducteur matériel {!). On pourrait donc admettre qu'il y a une similitude entre !a télégraphie sans fil et les phénomènes télépathiques. Il est évident que, s'il n'y avait qu'une simple transmission de sensations, on pourrait assimiler le fluide de la pensée au fluide électrique, et le cerveau du sujet qui voit à un récepteur télégraphique. Mais ici le phénomène est beaucoup plus complexe.

Si l'on réfléchit que l'agent n'a pas eu la volonté de se montrer, ildevientdifficiiedecroireque ce soit

les expériences de

sa pensée seulement qui ait, à son insu, cette singulière puissance. Si l'on tient compte que Timage est matérialisée suffisamment pour ouvrir ou fermer une porte, donner des baisers, tenir un livre de prières, causer, etc., il faut admettre qu'il y a autre chose dans ces faits qu'une simple impression mentale du sujet. Nous concevons mieux un dédoublement momentané de l'agent, dont le souvenir ne s'est pas conservé pour lui en revenantà la vie ordinaire. Alors, c'est l'âme de l'agent luimême qui se montre, et elle se meut dans l'espace comme le font les Esprits désincarnés.

Kn réunissant les caractères divers, propres à chacune de ces apparitions, on peut déjà formuler des remarques générales qui nous instruisent sur ces manifestations si peu connues, de l'activité psychique.

Pendant la vie, Tftme est unie intimement au corps et ne s'en sépare complètement qu'à la mort; mais, sous l'action de diverses influences: sommeil naturel, sommeil provoqué, troubles pathologiques ou d'une émotion forte, il lui est possible de s'extérioriser assez pour- se transporter presque instantanément dans un lieu déterminé; arrivée là, elle peut se rendre visible de manière à être reconnue. Nous avoAS vu deux exemples de ce genre d'action : ceux du fiancé de M""® Randolph Lichfîed et du jeune marin.

Le souvenir des choses perçues dans cet état peut être parfois conservé, comme cela est arrivé pour le révérend Newnham, pour le jeune graveur et pour Varley ; il faut pour cela que l'im-

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pression ressentie soit très vive. Il est posjsible aussi qu'il subsiste, parfois quelques réminiscences vagues, mais en général, il n'y a aucune conscience, au réveil, de ce qui s'est produit.

Cette lacune de la vie mentale est assimilable à l'oubli, pour les somnambules, de ce qui s'est passé pendant leur sommeil magnétique. Nous en avons donné ailleurs l'explication (1).

Il peut arriver encore que le dédoublement se produise, sans que la personne qui en est l'objet l'ait désiré; c'est le cas de cette dame qui s'est montîée à trois reprises différentes; son état maladif permet de supposer que l'âme, étant moins fortement retenue à son corps, a pu s*en dégager aisément; c'est un cas assez fréquent pour être signalé. En voici quelques exemples :

Leuret rapporte (2) qu'un honime, convalescent d'une fièvre, se croyait formé de deux individus, dont l'un était au lit, tandis que l'autre se promenait. Quoiqu'il n'eût pas d'appétit, il mangeait beaucoup, ayant, disait-il, deux corps à nourrir.

Pariset, ayant été affecté dans sa première jeunesse d'un typhus épidémique, demeura plusieurs jours dans un anéantissement voisin de la mort. Un matin, un sentiment plus distinct de lui-même se réveilla; il pensa, et ce fut comme une résurrection ; mais, chose merveilleuse, en ce moment il avait deux corps, ou du moins il croyait les avoir, et ces corps lui semblaient couchés dans des lits

(1) Voir l'Evolution aninilque, p. 173 et suivantes.

(2) Leuret, Fragments psychologiques sur la folie, p. 95

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différents. Eu tant que son àme était présente en l'un de ces corps, il se sentait guéri et goûtait un repos délicieux. Dans l'autre corps Tâme souffrait, et il se disait : « Comment suis-je si bien dans ce lit, et si mal, si accablé dans l'autre ? * Cette pensée le préoccupa longtemps, et cet homme, si fin dans l'analyse psychologique, m'a plusieurs fois raconté l'histoire détaillée des impressions qu'il éprouvait alors (1).

Cahagnet, le célèbre magnétiseur, fait aussi le récit suivant (2) :

< J'ai connu plusieurs personnes qui ont eu de ces vues (dédoublements ), qui, du reste, sont très fréquentes dans l'état de maladie. Le vénérable abbé Merice m'a assuré que dans une flèvie très forte qu'il eut, il se vit pendant plusieurs jours séparé de son corps, qui lui apparaissait couché auprès de lui, et auquel il s'intéressait comme à un ami. Ce monsieur se palpait et s'assurait, par tous les moyens qui déterminent la conviction, qu'il était bien un corps pondérable, quoiqu'il pût avoir la même conviction à l'égard de son corps matériel. »^

Nous voyons donc, d'une manière générale, qu'i faut, pour que l'âme puisse se dégager, que le corps soit plongé dans le sommeil ou que les liens qui l'y attachent ordinairement soient détendus par une émotion forte ou par la maladie. Les pratiques

(1) Gratiolet, Anatomie comparée du Système nerveux, t. II, p. 548.

(2) Cahagnet, la Lumière des Morts, p. 28. Belliére, éditeur, 1851.

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magnétiques ou les agents anesthésiques amènent le même résjuiltat (1).

Cette nécessité du sommeil pendant le dédoublement s'explique, d*abord, par ce fait que Tâme ne peut être simultanément en deux endroits différents; ensuite, elle peut se comprendre par la grande loi physiologique du balancement des organes, qui veut que tout développement anormal d'une partie du corps s'opère au détriment des autres. Si la presque totalité de l'énergie nerveuse est employée à produire, àTextérieur de l'être, une manifestation visible, le corps, pendant ce temps, est réduit à la vie végétative et organique ; les fonctions de relation sont temporairement suspendues.

On peut même, dans certains cas, établir un rapport direct entre l'intensité de l'action périspritale et l'état de prostration du corps, La plus ou moins grande tangibilité du fantôme est liée, d'une manière intime, au degré d'énergie morale de l'individu, à la tension de son esprit vers lin but déterminé, à son âge, à sa constitution physique, et sans doute à des conditions du milieu extérieur, qu'il faudra déterminer par la suite.

Dans tous les exemples cités plus haut, la forme visible de l'âme est la copie absolue du corps terrestre; il y a identité complète entre une personne et son double, et l'on peut affirmer que cette ressemblance ne se borne pas à reproduire les con-

(1) Gabriel Delanne, le Spiritisme devant ta Science, page 154 et suivantes.

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tours extérieurs de Têtre matériel, mais qu'elle se poursuit jusque dans l'intimité de la structure périspritale, autrement dit : tous les organes de l'être humain existent dans sa reproduction fluidique (1).

Nous avons remarqué, dans le récit concernant le jeune marin, que l'apparition parle, ce qui suppose qu'elle a un organe pour produire la parole, et une force intérieure qui met cet appareil en mouvement. La machine phonétique est la même que celle du corps^ et la force est puisée dans l'organisme vivant. Nous verrons dans le chapitre relatif aux matérialisation^ comment ceci peut avoir lieu.

Signalons encore, comme un des caractères les plus remarquables,le déplacement quasi-instantané de l'apparition. Nous voyons dans la même nuit l'âme du marin, dont le corps était en Australie, se manifester à sa sœur, en Angleterre. Dans tous les récits, l'apparition voyage avec une rapidité vertu gineuse; elle se rend, pour ainsi dire instantanénient, là où elle veut aller; elle semble se déplacer aussi vite que l'électricité. Cette vitesse considérable tient à la raréfaction des molécules dont elle est formée, avant la matérialisation plus ou moins complète qu'elle opère pour se rendre visible et tangible.

Nous terminerons cette trop courte exposition des faits, par trois cas typiques, dans lesquels nous trouverons réunis tous les caractères que nous

(4) Dassier, l'Humanité posthume. Voir les exemples nombreux où le spectre du vivant parle, mange, boit et manifeste sa force physique, dans un grand nombre de circonstances.

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avons constatés isolément, jusqu'alors, dans les apparitions de vivants.

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