‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 4 sur 99 · LES CROYANCES ANCIENNES · texte numérisé non relu

LES CROYANCES ANCIENNES

La nature intime de Tâme nous est inconnue.

Quand on dit qu'elle est im?natérielle, il faut entendre ce mot dans un sens relatif et non absolu, car l'immatérialité parfaite serait le néant; or rame ou Tesprit (1) c'est quelque chose qui pense, qui sent, qui veut ; il faut donc entendre par Texpression « immatérielle » que son essence est tellement différente de ce que nous connaissons physiquement, qu'elle n'a aucune analogie avec la matière .

L'âme ne peut se concevoir sans être accompagnée d'une matière quelconque qui l'individualise; car, sans cela, il lui serait impossible d'entrer en rap-

Nous prévenons le lecteur que nous considérons les rpots âmp ou esprit, comme des expressions équivalentes,

H> DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l' IMMORT ALITÉ

port avec le monde extérieur. Sur la terre, le corps humain est ce médium qui nous met en contact avec la nature ; mais après la mort Torganisme vivant étant détruit, il faut que Tâme ait une autre enveloppe pour être en relation avec le nouveau milieu qu'elle doit habiter. Cette induction logique a été fortement sentie de tout temps, d'autant mieux que les apparitions de personnes mortes et qui se montraient avec leur forme terrestre, venaient fonder cette croyance.

Le plus souvent, le corps spirituel reproduit le type que Tesprit avait dans sa dernière incarnation, et c'est probablement à cette ressemblance de l'âme que sont dues les premières notions de l'immortalité.

Si l'on veut bien songer aussi que dans les rêves, on revoit souvent des parents ou des amis qui sont morts depuis longtemps ; que ces personnages causent et semblent vivre comme jadis ; on pourra trouver, peut-être, dans ces faits, les causes de cette foi générale à une autre vie, qui était celle de nos ancêtres.

On constate, en effet, que les hommes de l'époque préhistorique, à laquelle on a donné le nom de mégalithique, ensevelissaient les morts et plaçaient dans les tombeaux des armes et des parures. Il faut donc penser que ces populations primitives avaient l'intuition d'une existence seconde, succédant à la vie terrestre. Or, s'il est une conception opposée au témoignage des sens, c'est bien celle d'une vie future. Lorsqu'on voit le corps physique demeurer insensible, inerte, malgré toutes les

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stimulations que Ton peut employer ; lorsqu'on le voit se refroidir, puis se décomposer, il est difficile de supposer que quelque chose survit à cette désagrégation totale. Mais si, malgré cette destruction, on constate la réapparition complète du même être, s'il manifeste, par des actes et des paroles, qu'il vit encore, alors, même chez les êtres les plus frustes, la conclusion que l'homme n'est pas mort tout entier s'impose avec une grande autorité. C'est probablement après beaucoup d'observations du même genre que s'établirent le culte rendu à la dépouille mortelle et la croyance qu'une autre \ie serait la continuation de celle-ci.

l'inde.

De nos jours encore, les peuplades les plus sauvages croient à une certaine immortalité de l'être pensant (1), et les récits des voyageurs sont d'accord pour constater que, sur toutes les parties du globe, la survivance est affirmée unanimement. En remontant aux plus antiques témoignages que nous possédions, c'est-à-dire jusqu'aux hymnes du Rig Véda, nous voyons que les hommes qui vivaient au pied de l'Himalaya, dans le Sapta Sindhou (pays aux sept rivières), avaient des intuitions claires sur le lendemain de la mort.

(1) Ferdinand Denis, Univers pittoresque. — Voir pour ces croyances les travaux publiés sur les peuplades de l'Océanie, de l'Amérique, de l'Afrique, t. 64-65. — Consulter aussi Taylor, Civilisations primitives y t. I. p. 485 ; Taplin, Folklore Manners of the Australian aborigènes.

TTtLE HiP. l'.'HMORT ALITÉ

iritions naturelles , les iècles, arrivèrent à co- I sera cette existence? Un lureusement le ciel véve des dieux immortels, 3lle, origine et base de uie constante, de plaisirs accomplissent dès qu'ils ivra d'une éternelle vie. »

fut conçu en tant que ' l'être humain, ia quesiavoir comment l'homme ut », et comment, avec serait « capable de vivre '. Est-il possible que le ii fermement à la terre, 1 léger comme un nuage, rendre, de lui-même, à la X? Il faudrait qu'un miiracle ne s'est jamuis pro- I donc que ie séjour divin spi'0dige,quel corps phypre poids ? De ce mystère, git, en quelque sorte, la is destinées de la matière 'ivance d'une partie de la plus antique que l'on ux au-dijlà.

é par la mort, retourne vers qui participèrent à du regard, matière luœioleil ; ie souffle, prêté par

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les airs, retourne aux airs ; le sang, sève universelle, va vivifier les plante^ ; les muscles et les os. réduits en poussière, redeviennent terreau. «L'œil retourne au soleil ; le souffle retourne à Vayou ; le ciel et la terre reçoivent chacun ce qui leur est dû ; les eaux et les plantes reprennent les parties du corps humain qui leur appartenaient. » Le cadavre de l'homme est disp^^rsé. Les matières qui composaient le corps vivant, privées de la chaleur vitale, retournées au grand Tout, serviront à former d'autres corps ; rien n'est perdu, rien n'est pris par le ciel.

Et cependant l'Arya mort saintement recevra sa récompense ; il s'élèvera vers les hauteurs inaccessibles; il jouira de sa glorification. Comment cela? Voici: la peau n'est que l'enveloppe du corps, et lorsque Agni, le dieu chaud (1), abandonne le moribond, il respecte l'enveloppe corporelle, peau et muscles. Les chairs, sous la peau, ne sont que matières épaisses, grossières, constituant une seconde enveloppe vouée au travail, assujettie à des fonctions déterminées. Sous cette double enveloppe de la peau et du corps, il y a l'homme vrai, l'homme pur, l'homme proprement dit, émanation divine susceptible de retourner aux dieux, comme le regard de l'œil retourne au Soleil, le souffle à l'air , la chair à la Terre. Cette âme, après la mort, revêtue d'un corps nouveau, lumineux brouillard resplendissant, de forme

(l) Feu aérien. Le feu était représenté sous trois modalités: Agni, feu terrestre ; Sourya ou Indra, le soleil : Vayou, feu aérien. Rig. Véda^ 51H, n'^ 4, traduction A. Lan^-lois.

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éclatante, n et que son éclat même dérobe à la faible vue des vivants », cette àme est transportée 'ivin si^jour (1).

le dieu a été satisfait des offrandes de l'Arya pé de mort, il vient lui-même donner « l'enppe lumineuse » dans laquelle l'âme sera Un hymne exprime rapidement la '. snus la forme d'une prière : « Déve- ■e, ô Dieu , tes splendeurs , et donne au t, ainsi, le corps nouveau dans lequel l'âme tran sportée à ton gré ! » (ï) .

l'on réfléchit que ces hymnes étaient écrits, a ;i500 ans environ, dans la langue !a plus e et la plus harmonieuse qui ait jamais té, on ne peut supputer à quelles périodes liées remontent ces notions, si précises et presjustes, sur l'âme et son enveloppe.il fautioute orancB de notre époque grossièrement matésie pour contester une vérité aus-i vieille que ïnsée humaine, et qui se reirouvo chez tous peuples. Nos expériences modernes sur les its, qui se font photographier ou qui se matésent temporairement, comme nous le verrons tard, montrent que le périsprit est une réalité îiqne aussi indéniable que le corps matériel nême. C'était delà la croyance des antiques haats de la vallée du Nil, et c'est un (ait bien re-

Marins Fontamw, lade Vàliqiie. p. 327 l't suivimtcs. uLcs clianls vêiliqiies f!ïpriiii«iit à li'iir opijjini' une con-

i peu s'alliTent sous'l'intlufnci' sucorUoUU^ » A. Langlois, Véda,l t, puecâ4.

marquable qu'à Taurore de toutes les civilisations, on trouve des croyances fondamentalement semblables, alors qu'il n'existait entre les peuples aucun moyen de communication.

L'ÉGYFl'E.

Aussi loin qu'il soit possible d'interroger les Égyptiens, on les entend affirmer leur foi à la seconde vie de l'homme, en un lieu d'où nul ne peut revenir, où séjournent les ancêtres. Cette idée, immuable, traverse intacte toutes les civilisations égyptiennes ; rien ne peut la détruire. Au contraire, ce qui ne résiste pas aux influences venues de toutes parts, et diverses, c'est le « comment » de cette immortalité. Quelle est dans l'homme la partie durable qui résiste à la mort ou qui, revivifiée, va continuer une autre existence?

La croyance la plus ancienne, celle des commencements (5000 ans av. J.-C), ne faisait de la mort qu'une suspension de la vie; le corps, immobile pendant un temps, reprenait le « souffle », allait habiter bien loin à l'ouest de ce monde. Ensuite , mais très anciennement encore , et peut-être même antérieurement aux premières dynasties historiques , l'idée fut émise d'une « partie de l'homme » seulement, allant vivre une seconde vie. Ce n'était pas une àme, c'était un corps, autre que le corps premier, mais en provenant, plus légef", moins matériel. Ce corps; presque invisible, issu du premier corps momifié, était

«STB.ITIUN E^ll'ËBIHENTALË VB L lUMORTALITË

toutes les exigences de l'existence ; il iogei", le nourrir, le vêtir; sa forme, dans londe, par la ressemblance, reproduisait iv corps. C'est le ka, ou double, auquel, ucieu Empire, s'adressait le culte des i04-;iOG'i av. .J.-C.^ emière modification lit du «double», — du

corps moins grossier que ne l'était celui mière conception. Le deuxième corps ne

qu'une « substance » — bi , — une I » — Mi — et enfin une lueur, <.<■ une paplamme », de lumière. Cette formule se la dans les temples et dans les écoles. Le ni, s'en tenait à la croyance simple, origi-

l'homme composé de deux parties : le l'intelligence, — hàou , — séparables. Il ic, un instant, à l'approche de la XVllI" surtout, des croyances diverses coexiscroyait en même temps ; au corps double la substance lumineuse ou ba, bai, à l'ine ou lihou, et c'étaient trois âmes, t ainsi, et sans dommage, jusqu'au moment mation d'un corps sacerdotal nécessitant rine, imposant un choix, il fallut pr'endre rmiuation. C'estàiafin delà XVlIPdynas- -170;i avant J.-C.) que les prêtres, très mt, pour ne froisser aucune croyance, concilier toutes les opinions, conçurent me où toutes les hypothèses purent entrer, l'sonne humaine fut dite composée de larties : le corps, le double {/la), la subitelligente {k/iou), et l'essence lumineuse

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ipa ou baî) ; mais ces quatre parties n'en firent réellement que deux, en ce sens que le double, ou ka, était partie intégrante du corps pendant la vie, comme Tessence lumineuse, ou My était contenue dans la substance intelligente ou hhou. Et c'est ainsi qu'à la fin de la XVIII® dynastie, pour la première fo's, quoique sans en comprendre la théorie vraie, l'Egypte eut, en réalité, la notion de l'être humain composé d'une seule âme et d'un seul corps. La théorie nouvelle se simplifia encore en ceci, que le corps, avec son double, fut considéré comme demeurant à jamais dans le tombeau, tandis que l'âme-intelligence, « servant de corps à 1 essence lumineuse », allait vivre la seconde vie avec les dieux. L'immortalité de l'àme se substituait ainsi à l'immortalité du corps, qui avait été la première conception égyptienne (1) .

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