‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 5 sur 99 · LA CHINE · texte numérisé non relu

LA CHINE

Chez aucun peuple, peut-être, le sentiment de la survivance ne fut aussi vif que chez les Chinois. Le culte des Esprits s'imposa chez ces nations dès la plus haute antiquité. On croyait au Thian ou Changsi, nom qu*i!s donnaient indifiéremment au ciel ; mais on honorait surtout les Esprits et les âmes des ancêtres. Confucius respecta ces antiques croyances, et il admira un jour, au milieu de ceux

(i) Maspéro, Archéologie égyptienne, p. 108, et Histoire ari' cienne des peuples de l'Orient, p. 40.

is depuis plu3 d'or, dans le ;quellea élait

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substance des êtres, ils ne peuvent en être séparés. Us sont partout, au-dessus de nous, à notre gauche, ànotredroite; ils nous environnent de toutes parts Ces esprits, cependant, quelque subtils et imperceptibles qu'ils soient, se manifestent par les formes corporelles des êtres ; leur essence étant une essence réelle, véritable, elle ne peut pas ne pas se manifester sous une forme quelconque)^ (1).

Le bouddhisme pénétra en Chine et s'assimila les anciennes croyances, il continua les relations établies avec les morls.

Voici un exemple de ces évocations et de Tapparence prise par !'âme pour se faire voir aux yeux mortels.

M. Stanislas Julien, qui a traduit du chinois This» toire de Hiouen-ïhsang, lequel vivait vers Tan 650 de notre ère, raconte ainsi l'apparition de Bouddha, due à la prière faite par le saint personnage.

Après avoir pénétré dans la caverne où vécut le grand initiateur, animé d'une foi profonde, Hiouen- Thsang s'accusa de ses péchés avec un cœur plein de sincérité ; il récita dévotement ses prières en se prosternant après chaque strophe. Lorsqu'il eut ainsi fait cent salutations, il vit paraître une lueur sur le mur oriental.

Pénétré de joie et de douleur, il recommença ses salutations, et de nouveau il vit une lumière de la largeur d'un bassin qui brilla et s'évanouit comme un éclair. Alors, dans un transport de joie et d'amour, il jura de ne pas quitter cet endroit avant

1) Pauthier,. ouvrage cité, vn, p. 369»

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d'avoirvu l'ombre auguste de Bouddha. Il continua 863 hommages, et, après deux cents salutations, soudain toute la grotte fut inondée de lumière et Je Bouddha apparut, d'une blancheur éclatinte, se dessinant majestueusement sur le mur. Un éclat éblouissant éclairait les contours de sa face divine. Hiouen-Thsang contempla longtemps, ravi en extase, l'objet sublime et incomparable de son admiration. Il se prosterna avec respect, célébra les louanges du Bouddha, et répandit des ileurs et des parfums, après quoi la lumière céleste s'éteignit. Le brahmane qui l'avait accompagné fut aussi ravi qu'émerveillé de ce miracle. « Maître, lui dit-il, sans la sincérité de votre foi et l'énergie de vos vœux, vous n'auriez pu voirun tel prodige. »

Cette apparition rappelle la transfiguration de Jésus lorsque apparurent Moïse et Elle. Les esprits supérieurs ont un corps spirituel d'une incomparable splendeur, car leur substance (luidique est plus lumineuse que les plus rapides vibrations de l'éther, comme nous pourrons nous en assurer par la suite.

Dans l'ancien Iran, ou trouve une conception tout à fait particulière de l'àme. Zoroastre peut revendiquer la paternité de l'invention de ce que l'on appelle aujourd'hui le moi supérieur, et, à un autre point de vue, de la théorie des anges gardiens.

On connaît la doctrine du grand législateur :

au-dessous de l'Être incréé, éternel, il existe deux émanations opposées, ayant chacune une mission déterminée: Ormuzd est chargé de créer et de conserver le monde ; Ahriman doit combattre Ormuzd, et détruire le monde, s'il le peut. Il existe des génies célestes, émanés de TEternel, pour aider Ormuzd dans le travail de la création ; mais il y a aussi une série d'Esprits, de «génies » de féroûerSy par lesquels l'homme peut se considérer comme ayant en soi quelque chose de divin. Le féroiier, inévitable à chaque être, doué d'intelligence, était en même temps un inspirateur et un surveillant : inspirateur soufflant la pensée d'Ormuzd au cerveau de l'homme ; surveillant, gardien de la créature aimée du dieu. Il semble que les féroiiers immatériels existaient par la volonté divine avant la création de l'homme, et que chacun d'eux, à l'avance, savait le corps humain qui lui était destiné (I).

La mission de ce féroiier était de combattre les mauvais génies produits par Ahriman, de conserver l'humanité.

Après la mort, le féroûer demeure uni « à l'âme et à l'intelligence », pour subir un jugement, recevoir sa récompense ou son châtiment. Chaque homme, chaque Ized (génie céleste), et Ormuzd luimême avait son féroiier, son fravarskî, qui veillait sur lui, qui se dévouait à sa conservation (2).

On a pu déduire de certains passages de VAvesta qu'après la mort de l'homme, le féroiier retournait

(1) G. de Lifond, le Mazdéisme et VAvesta, pa^es 137 et 159.

(2) Mari us Fontanes, les Iraniens, pages 163 et 164.

88 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l'iMMORTALITÉ

âu Ciel pour'y jouir d'une puissance indépendante, plus ou moins étendue, suivant que la créature dont la charge lui avait été confiée avait été plus ou moins pure et vertueuse. Parfaitement indépendant du corps humain et de Tâme humaine, le féroiierest un génie immatériel, responsable et immortel. Tout être a eu ou aura son féroiier. Il y a un féroùer certain, c'est-à-dire quelque chose de divin, dans tout ce qui existe. UAvesta invoque les féroûers des saints, du feu, de l'assemblée des prêtres, d'Ormuzd, des amschaspands (anges célestes), des izeds, delà « parole excellente », des « êtres purs », de Teau, de la terre, des arhres, des troupeaux, du taureau-germe, de Zoroastre « auquel Ormuzd a pensé d*abord, qu'il a instruit par l'oreille et qu'il a formé avec grandeur au milieu des provinces de l'Iran » (1).

En Judée, l'idée d'une âme est parfaitement inconnue des Hébreux du temps de Moïse (2). Il faut que ce peuple aille en captivité à Babylone pour qu'il puise chez ses vainqueurs l'idée de l'immortalité, en môme temps que la véritable composition de l'homme. Les kabbalistes, interprètes de l'ésotérismejuif, appellent Nephesh le covps fluidique du Principe pensant.

(1) Eugène Burnouf, la Science des Religions, page 270. Voir îuissi pour les renseignements, An(fuetil,-T)upeiTon, Zend-Avestat. II, p. 83.

(2) A Maiiry, la Terre et rilonime, page 595: « Les Hébreux ne croyaient ni à l'àuie personnelle, ni à son immortalité »; P. Gêner, la Mort et le Diabète, page 75 : « Car c'est dans le sang qu'est la vie des êtres vivants » ; Lévitique, XVII; E. Reuss, rillst., t. II, p. 151.

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