APPARITION VOLONTAIRE
Ce cas (1) est intéressant, parce que deux personnes ont vu l'apparition volontaire de l'agent; le récit a été copié sur un manuscrit de M. S. H. B. ; il l'avait lui-même ^transcrit d'un journal, sur lequel il relatait les événements qui lui survenaient quotidiennement.
« Un certain dimanche du mois de novembre 1881, ver? le soir, je venais de lire un livre où Ton parlait de là grande puissance que la volonté humaine peut exercer. Je résolus, avec toute la force de mon être, d'apparaître dans la chambre à coucher du devant, au second étage d'une maison située 22, Hogarth Road, Kensington. Dans cette chambre couchaient deux personnes de ma connaissance : M"« L. S. V... et M"* G. E. V .., âgées de vingt-cinq et de onze ans. Je demeurais, à ce moment, 23, Kildare Gardens, à une distance de trois milles à peu près de Hogarth Road, et je n'avais parlé de l'expérience que j'allais tenter à aucune de ces deux personnes, pour la raison bien simple que l'idée de cette expérience me vint ce dimanche soir,- en allant me coucher. Je voulais apparaître à une heure du matin, très décidé à manifester ma présence.
(1) Les Hallucinations télépathiques, p. 38.
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< Le jeudi suivant, j'allai voir ces dames, et, au cours de notre conversation (et sans que j'eusse /ait aucune allusion à ce que j'avais tenté), Taînée lû^ i*aconta Tiiicident suivant :
« Le dimanche précédent, dans la nuit, elle m'avait aperçu debout près de son lit et en avait été très effrayée, et, lorsque l'apparition s'avança vers elle, elle cria et éveilla sa petite sœur qui me vit aussi.
« Je lui demandai si elle était bien réveillée à ce moment, elle m'affirma très nettement qu'elle l'était. Lorsque je lui demandai à quelle heure cela s'était passé, elle me répondit que c'était vers ^ne heure du matin.
< Sur ma demande, cette dame écrivit un récit de l'événement et le signa.
< C'était la première fois que je tentais une expénence de ce genre, et son plein et entier succès me frappa beaucoup.
< Ce n'est pas seulement ma volonté que j'avais fortement tendue, j'avais aussi fait un effort d'une nature spéciale, qu'il m'est impossible de décrire. J'avais conscience d'une influence mystérieuse qui cu'culait dans mon corps, et j'avais Timpression distincte d'exercer une force que je n'avais pas encore connue jusqu'ici, mais que je peux maintenant mettre en action à certains moments,
lorsque je le veux.
M. B... ajoute :
< Je me souviens d'avoir écrit la note qui figure dans mon journal, à peu près une semaine
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après révénement, et pendant que le souvenir que j'en avais était encore très frais. > Voici comment M"® Vérity raconte l'événement :
«Le 28 janvier 1883.
< Il y a à peu près un an qu'un dimanche soir, à notre maison de Hogarth Road, Kensington, je vis distinctement M. B... dans ma chambre, vers une heure du matin, .rétais tout à fait réveillée et fort effrayée ; mes cris réveillèrent ma sœur qui vit aussi l'apparition . Trois jours après, lorsque jo rencontrai M. B... je lui racontai ce qui était arrivé. Je ne me remis qu'au bout de quelque temps du coup que j'avais reçu, et j'en garde un souvenir si vif qu'il ne peut s'effacer de ma mémoire.
«' L.-S. VÉRITY. »
En réponse à nos questions, M"° Vérity ajoute :
< Je n'avais jamais eu aucune hallucination. >
Plusieurs circonstances de ce récit sont tout ât fait caractéristiques, et vont nous permettre d'asseoir notre opinion.
En premier lieu, il est bon d'observer que M*^' Vérity n*est pas un sujetmagnétique, qu'elle n'a jamais eu d'hallucinations , et que sa santé est nor— maie. L'apparition se montre à elle avec tous les caractères de la réalité, elle est si persuadée de la présence physique de M. B... dans sa chambre, qu'elle pousse un cri, lorsqu'elle le voit s'avancer vers son lit ; elle constate donc que le fantôme se déplace par rapport aux objets environnants, ee
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qui n'aurait pas lieu si sa vision était intérieure. A ce moment, sa sœur s'éveille, et voit aussi Tapparitioii.
Si Ton peut supposer, ce qui est déjà difficile, étant données les circonstances, une hallucination de M"« yérity, 11 est tout à fait improbable que la petite sœur fût aussi, en se réveillant, immédiatement illusionnée. Dans la vie ordinaire, il ne suffit pas de dire à quelqu'un : voici M. un tel, pour qu'une hallucination se produise aussitôt. Donc, puisque l'image de M. B. .. se déplace, qu'elle est perçue simultanément par les deux sœurs, c'est qu'elle a une existence objective, qu'elle se trouve positivement dans la chambre.
Quelles conséquences tirer de cette présence ejQTective ?
L'hallucination étaht écartée comme cause du phénomène, il nous faut admettre que M. B...
s'est dédoublé, c'est-à-dire que pendant que son corps physique restait chez lui, son â.me s'est transportée dans l'appartement de lîogarth Road, et a pu se matérialiser suffisamment, pour donner aux deux jeunes filles l'impression que c'était M. B... lui-même. Nous remarquerons que l'âme, dans cet état, reproduit identiquement la physionomie, la taille, les allures de l'être vivant. De plus, la distance qui sépare le corps de son principe intelligent ne paraît inûuer en rien sur le phénomène. Nous avons constaté que ces observations sont générales et s'appliquent à tous les cas spontanés que l'on a observés.
L'agent, ici> a pu se dédoubler volontairement.
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Dans le cas suivant, nous allons constater qu'il a besoin du secours d'autrui pour arriver au même résultat.