LA CONSERVATION DE L*ÉNERGIE
ments anticipés de la création universelle, théorie qu'il effacerait bientôt par une appréciation plus large, mais relativement encore aussi incomplète que la première. Telle est, ô hommes ! l'image de votre science toute spéculative...
11 est un fluide éthéré qui remplit l'espace et pénètre les corps ; ce fluide, c'est la matière cosmique primitive, génératrice du monde et des êtres. A l'éther sont inhérentes les forces qui ont présidé aux métamorphoses de la matière, les lois immuables et nécessaires qui régissent le monde. Ces forces multiples, indéfiniment variées suivant les combinaisons de la matière, localisées suivant les . masses, diversifiées dans leur mode d'action suivant les circonstances et les milieux, sont connues sur la terre sous le nom de pesanteur, cohésion, affinité, attraction, magnétisme, électricité ; les mouvements vibratoires de l'agent sont ceux de : son, chaleur, lumière, etc..
Or, de même qu'il n'y a qu'une seule substance simple, primitive, génératrice de tous les corps, mais diversifiée dans ses combinaisons, de même toutes ces forces dépendent d'une loi universelle diversifiée dans ses effets que l'on trouve à leur origine, et qui, dans les décrets éternels, a été souverainement imposée à la création pour en constituer l'harmonie et la stabilité permanentes.
La nature n'est jamais opposée à elle-même. Le blason de l'univers n'a qu'une devise: Unité. En remontant réchelle des mondes, on trouve Vunité d'harmonie et de création, en même temps qu'une variété infinie dans cet immense parterre d'étoiles ; en parcourant les degrés de la vie, depuis le dernier des êtres jusqu'à Dieu, la grande loi de continuité se fait reconnaître ; en considérant les forces en elles-mêmes, on peut en former une série dont la résultante, se confondant avec la génératrice, est la loi universelle...
Toutes ces forces sont éternelles et universelles comme la
iOnSTRATIOX exrCnlHBNTAtE de l'igtMOBTALITR
I ; Otaht inhérentes au (luido cosmique, elles ; nécessairement en tout et partout, modifiant Lion par leur simultanéité ou leur succession ; Inant ici, s'ufTaçant plus loin, puissantes et acti- ;ertains points, latentes ou secrètes en d'autres ; nalement pi-éparant, dirigeant, conservant et ,nt les mondes dans leurs diverses périodes de vernant les travaux merveilleux de la nature en point qu'ils s'exécutent, assurant à jamais ile splendeur de la création.
difficile de mieux dire et d'exprimer d'une iu83i élevée que concise tous les résultats science nous fait connaître .
ist pas au pouvoir dé l'homme de créer de ie ou de détruire celle qui existe ; tout ce mt faire, c'est de transformer un niouve- )n un autre. Le monde de la mécanique m une manufacture créant de l'énergie, dit ■ St6wart(l), mais une sorte de marché où lOUvoQs apporter uae espèce particulière jie et l'échanger contre un équivalent d'un jenre d'énergie qui nous convient davan-
Si nous arrivons sans rien dans la main, )mmes certains de revenir sans rien.
t absurde, dit le père Secchi, . d'admettre
mouvement dans la matière brute puisse l'autre origine que le mouvement lui-même.
i, l'énergie ne peut pas être créée, et il est ju'elle ne peut se détruire. Là où un mout cesse, apparaît immédiatement la chaleur,
une forme équivalente de ce mouvement.
Tour Stpiv;irt, la Coiiservalion de l'Energie.
LA CONSBRVATIO?f DK t'ÈNERGnS 337
C'est cette grande vérité qui a été formulée sous le nom de loi de la conservallon de Vénergie, identique â la loi de conservation de l ^ matière.
De même que la matière ne peut être anéantie et passe seulement par des transformations, de même l'énergie est indestructible et n'éprouve que des changements de forme. Jusqu'au XIX® siècle, la pratique journalière semblait fournir, en apparence, des motifs pour croire que l'énergie était partiellement supprimée.
La gloire d'avoir démontré expérimentalement que pas une seule fraction d'énergie n'est perdue, et que la quantité totale d'énergie d'un système fermé est invariable, appartient à J.-R. Mayer, médecin à Heilbronn (royaume de Wurtemberg), au Danois Colding et au physicien anglais Joule. Cette démonstration, connue sous le nom de théorie mécanique de la chaleur^ est une des œuvres les plus admirables et les plus fécondes de notre siècle.
Eu découvrant à quelle quantité exacte de chaleur correspond tel travail, c'est-à-dire telle quantité de mouvement, la science a fait faire à l'industrie mécanique des pas de géant ; en appliquant ces données à la chimie, elle a permis de la ranger dans les sciences finies, c'est-à-dire dans celles dont tous les phénomènes peuvent être réduits en formules mathématiques ; enfin, en physiologie, ces notions nouvelles ont permis de trouver une mesure précise de l'intensité de la force vitale.
Mais là ne s'est pas bornée l'étude expérimen-
338 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l'iMMORTALITÉ
taie de Ténergie, on a pu démontrer que toutes les formes différentes qu'elle affecte : chaleur, lumière, électricité, etc., peuvent se transformer les unes dans les autres, de manière que Tune quelconque de ces manifestations peut engendrer toutes les autres.
De ces découvertes expérimentales, il découle que les forces naturelles, ainsi qu'on les appelle encore aujourd'hui, ne sont pas autre chose que des manifestations particulières de l'énergie universelle, c'est-à-dire, en dernière analyse, des modes de mouvement. Le problème de l'unité et de la conservation de la force a donc été résolu par la science moderne.
C'est dans l'univers entier qu'il a été possible de constater l'unité des deux grands principes : force et matière.
La lunette et le télescope ont fait voir que les planètes solaires sont des mondes comme le nôtre par leur forme, leur constitution et le rôle qu'elles rempli*^sent. Mais ce n'est pas notre système seulement qui obéit à ces lois, l'espace céleste tout entier est peuplé de créations semblables, qui établissent la sim litude d'organisation des masses totales de l'Univers, en même temps que l'uniformité sidérale des lois de la gravitation.
Les soleils ou étoil s, les nébuleuses et les comètes, ont été étudiés par l'analyse spectrale, qui a démontré que ces mondes si divers sont composés de matériaux semblables à ceux que nous connaissons sur notre terre; la mécanique chimique et physique des atomes est la même que celle
d'ici-bas, c'est donc bien, en tout et partout, Tunité fondamentale, incessamment diversifiée.
Quelle magnifique confirmation de cette voix de l'espace annonçant, il y a cinquante années, que la force est éternelle et que les séries dissemblables de ses actions ont une résultante commune, se confondant avec la génératriov,, c'est-à-dire avec la loi universelle !
Ainsi donc force unique, matière unique, indé- Animent variéeâ dans leurs manifestations, sont les deux causes du monde visible. En existe-t-il un autre invisible el sans poids? Interrogeons encore nos instructeurs de rau-delà ; ils répondent affirmativement, et nous croyons que là encore la science ne les démentira pas.
Le fluide cosmique universel est, ainsi que cela a été enseigné, la matière élémentaire primitive dont les modifications et transformations constituent l'innombrable variété des corps de la nature. En tant que principe élémentaire universel il offre deux états distincts : celu d'éthérisation ou d'impondérabilité, que l'on peut considérer comme l'état normal primitif, et celui de la matérialisation ou de pondérabilité, qui n'est en quelque sorte que consécutif. Le point intermédiaire est celui d la transformation du fluide en matière tangible ; mais là encore, il n'y a pas de transition brusque, car on peu considérer nos fluides impondérables comme un terni moyen entre les deux états...
(1) Allan Kardec, Genèse, ch. XIX, p. 292 et suivantes.
340 BftMONSTRATrON EXPeRCMENTALB DR L'iMMORTAUTfi
A l'état d'éthérisation, le fluide cosmique n'est pas uniforme ; sans cesser d'être éthéré, il subit des modifications aussi variées dans leur genre, et plus nombreuses peut-être qu'à l'état de matière tangible.
Ces modifications constituent des fluides distincts qui, bien que procédant du même principe, sont doués de propriétés spéciales, et donnent lieu aux phénomènes particuliers du monde invisible.
Tout étant relatif, ces fluides ont pour les Esprits une apparence aussi matérielle que celle des objets tangibles pour les incarnés, et sont pour eux ce que sont pour nous les substances du monde terrestre ; ils les élaborent, les combinent pour produire des effets déterminés, comme font le.^ hommes avec leurs matériaux, toutefois par des procédés différents.
Mais là, comme ici-bas, il n'est donné qu'aux Esprits les plus éclairés de comprendre le rôle des éléments constitutifs de leur monde. Les ignorants du monde invisible sont aussi incapables de s'expliquer les phénomènes dont ils sont témoins, et auxquels ils concourent souvent machinalement, que les ignorants de la terre le sont d'expliquer les effets de la lumière ou de l'électricité, de dire comment ils voient et entendent.
Ceci est admirablement juste, car, interrogez au hasard dix personnes qui passent dans la rue, et demandez-leur quelles sont les opérations successives dé la digestion ou de la respiration, vous pouvez être certain que neuf sur dix ne pourront vous répondre. Cependant l'instruction est déjà bien répandue à notre époque, mais combien peu se donnent la peine d'apprendre ou de réfléchir?
Les éléments fluidiques du monde spirituel échappent à nos instruments d'analyse et à la perception de nos
LB MONDE SPIBITUKL
sens, faits pour la matière tangible et non pour la matière éthérée. Il en est qui appartiennent à un milieu teliement différent du nôtre que nous n'en pouvons juger que par des comparaisons aussi imparfaites que celles par lesquelles un aveugle-né cherche à se faire une idée de la théorie des couleurs.
Mais, parmi ces fluides, quelques-uns sont intimement liés à la vie corporelle et appartiennent en quelque sorte au miheu terrestre. A défaut de perception directe, on peut en observer les effets, et acquérir sur leur nature des connais-sances d'une certaine précision. Cette étude est essentielle, car c'est la clef d'une foule de phénomènes inexplicables par les seules lois de la nature.
Le point de départ du fluide universel est le degré de pureté absolue, dont rien ne peut nous donner une idée : le point opposé est sa transformation en matière tangible. Entre ces deux extrêmes, il existe d'innombrables transformations, qui se rapprochent plus ou moins de l'un et de l'autre. Les fluides les plus voisins de la matérialité, les moins purs par conséquent, composent ce que l'on peut appeler l'atmosphère spirituelle terrestre. C'est dans ce milieu, où l'on trouve également différents dégrés de pureté, que les Esprits incarnés et désincarnés de la terre puisent lés éléments nécessaires à l'économie de leur existence. Ces fluides, quelque subtils et impalpables qu'ils soient pour nous, n'en sont pas moins d'une nature grossière, comparativement aux fluides éthérés des régions supérieures.
La qualification de fluides spirituels n'est pas rigoureusement exacte, puisque, en définitive, c'est toujours de la matière plus ou moins quintessenciée. Il n'y ade réellement spirituelle que l'àme ou principe intelligent. On les désigne ainsi par comparaison et en raison surtout de leur affinité avec les Esprits. On peut dire que
HSTBATION EXPÉRIHBIÏTALB DE t'iHMORT ALITÉ
atière du monde spirituel : c'est pourquoi on e fluides spirituels.
inalt, d'ailleurs, la constitution intime de ta ingible ? Elle n'est peut-être compacte que par nos sens, ce qui le prouverait, c'est la facilité :11e elle est traversée parles fluides spirituels (1) rits, auxquels elle ne fait pas plus d'obstacle rps transparents n'en font à la lumière.
5re tangible, ayant pour élément primitif le nique éthéré, doit pouvoir, en se désagrégeant, à l'état d'éthérisation, comme le diamant, te les corps, peut se volatiliser en gaz impalpable. ■ cation de la matière n'est, en réalité, qu'un itoire du fluide universel, qui peut retourner à •imitif quand les conditionn de cohésion cessent
même si, ù l'état de tangihilité, la matière susceptible d'acquérir une sorte ^d'éthérisation inerait des propriétés particulières ? Certains les qui paraissent authentiques tendraient a le oser. Nous ne possédons encore que des jaonde invisibla, et l'avenir nous réserve sans connaissance de nouvelles lois qui nous nt de comprendre ce qui est encore pour nous ■e.
i maintenant, au moyen des découvertes
s, si ces conceptions sont exactes.
JUS pouvons igouter aujoiinl'hui, par les r:iyons X. douter lit' la cluirvoyanci^ do nos guides spirituels nous prêchaient, il y a si longtemps, ce que la science 'ulement inainl(!n;inl ?
l'Énergie et les fluides.
Jusqu'alors, la science officielle a nié l'existence d'états impondérables de la matière, et l'hypothèse de l'éther était loin d'être unanimement admise, malgré sa nécessité pour faire comprendre les modes divers de la force. A l'heure actuelle, la Déflation ne serait peut-être plus aussi absolue, car toute une catégorie de phénomènes nouveaux sont venus nous montrer la matière revêtue de propriétés que l'on était loin de lui soupçonner.
La matière radiante des tubes de Crookes révèle les énergies intenses qui semblent attachées aux dernières parties de la substance ; les rayons X, qui prennent naissance à l'endroit où les rayons cathodiques viennent frapper le verre de l'ampoule, sont encore plus singuliers, pui-qu'iU se propagent à travers presque tous les corps et qu'ils ont des propriétés photogéniques, sans être visibles par eux-mêmes. Enfin, les expérienceb spirites de Wallace, de Beattie, d'Aksakof nous montrent photographiés, ces états de la matière invisible qui concourent à la production des phénomènes spirites.
Le D' Baraduc, M. le commandant Darget, le D*" Adam, le D'" Luys, M. David et lep> expériences de M. Russell (1), mettent en évidence ces forces matérielles qui émanent constamment de tous
(1) Voir la Revue scientifique et morale du Spiritisme, 2« année, numéro de juiUet 1897 et numéros de mai, juin, juillet
344 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l'iMMORTAUTÉ
les corps, mais surtout des corps vivants, et les clichés qu'on obtient sont des témoins irrécusables de Texistence des fluides (1).
Nous assistons donc, à Theure actuelle, à la démonstration scientifique de ces états impondérables de la matière, si obstinément repoussés jusqu'alors. Il se trouve, une fois de plus, que l'enseignement des Esprits se confirme, et que la preuve de la véracité de ces révélations est fournie par des chercheurs qui ne partagent pas nos idées, et qu'on ne peut, par conséquent, suspecter de complaisance.
Lorsque nous parlons des fluides, il est nécessaire que le public s'habitue à voir dans cette expression autre chose qu'un terme vague, destiné à masquer notre ignorance. Il est nécessaire que l'on soit bien persuadé que nous sommes constamment dans une atmosphère invisible, intangible pour nos sens, mais qui est aussi réelle, aussi existante que l'air lui-même.
N'avons-AOus pas vu les plus grandes intelligences du siècle, les plus habiles analystes, chimistes et physiciens, vivre en contact continuel avec l'argon, ce nouveau gaz qui fait partie intégrante de;rair, sans qu'ils en soupçonnassent la présence? Ce» exemple doit inspirer de la modestie à tous ceux qui proclament orgueilleusement qu'ils savent toutes choses, et que la nature n'a plus de mystère pour eux. Hélas ! la vérité est que nous som-
(1) Revue scientifique, 25 décembre 1897. — Inlluence des métaux sur la plaque photographique, à distance et dans Tobseu ri té.
LE MONDB SPIRITUEL 345
mes encore bien ignorants, et que notre existence s'écoule dans un milieu dont nous ne connaissons qu'une toute petite partie.
Ce dont il faut bien se pénétrer, c'est que Tatmosphère qui nous environne contient de^ êtres et des forces dont nous sommes incapables d'apprécier la présence normale. L'air est peuplé de myriades d'organismes vivants, infiniment petits, qui n'en troublent pas la transparence. Dans l'azur translucide d'un beau jour d'été voltigent une innombrable quantité de semences végétales qui iront féconder les fleurs ; en même tpmps Tespace est encombré par des milliards d'êtres, auxquels on a donné le nom de microbes.
Tous ces êtres évoluent au milieu de gaz dont rien ne nous révèle l'existence. L'acide carbonique, produit par tout ce qui est vivant ou se consume, se mélange aux gaz constitutifs sans qu'il soit possible de le soupçonner. Presque tous les corps émettent des vapeurs qui se noient dans ce laboratoire limpide, et l'œil est aveugle pour tous ces corps si divers, qui ont chacun leurrôle et leur utilité.
Nos sens ne nous avertissent pas davantage de ces courants qui sillonnent le globe et qui afïolent la boussole pendant les orages magnétiques.
L'électricité ne se manifeste que rarement sous une forme saisissable pour nous. Elle n'existe pas seulement au moment où la foudre sillonne la nue, où les grondements de tonnerre se répercutent au loin, elle agit perpétuellement par de lentes décharges, par des échanges sans cesse renouvelés
346 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l'IMMORTALITÉ
entre tous les corps de températures différentes, La lumière, elle-même, n'est perçue par nous que dans des limites étroites. Ses rayons chimiques, qui ontjune action si intense, échappent complètement à notre vue. I;
Nous sommes baignés,pénétrés partons ces effluves au milieu desquels nous nous mouvons, et l'humanité a vécu bien longtemps avant de soupçonner ces faits, qui ont cependant toujours existé. Il a fallu toutes les découvertes de la science pour nous créer des sens nouveaux plus puissants, plus délicats que ceux que nous devons à la nature. Le microscope nous a révélé l'atome vivant, rinfiniment petit; la plaque photographique est à la fois un tact et une rétine d'une finesse et d'une acuité de vision incomparables.
Le collodion enregistre les vibrations éthérées qui nous parviennent des planètes invisibles, perdues dans les profondeurs de l'espace, et nous décèle leur existence. Il saisit les mouvements prodigieusement rapides de la matiè' e quintessenciée ; il reproduit fidèlement cette lumière obscure que tous les corps rayonnent la nuit. Si notre rétine avait cette exquise sensibilité, nous verrions la nuit aussi bien que le jour, puisque nous serions impressionnés par ces ondes ultra-violettes, comme nous le sommes par la partie visible du spectre.
Eh bien ! cette plaque précieuse nous rend encore le service de nous faire connaître les fluides qui émanent de notre organisme, ou qui y pénètrent. Elle nous montre, avec une irrésistible certitude, qu'il existe autour de nous des forces.
c'est-à-dire des mouvements de la matière subtile, qui se différencient les uns des autres par des caractères particuliers, par une signature spéciale. Il n'est plus possible de douter à présent de ces modalités, de ces avatars de la matière.
Il y a autour de nous une atmosphère fluidique incorporée dans l'atmosphère gazeuse, la pénétrant de toutes parts. S(îs actions sont ininterrompues ; c'est tout un monde aus^^i varié, aussi divers dacis ses manifestations que Test la nature physique, c'est-à-dire la matière visible et pondérable. Il y a des fluid s grossiers comme il en existe de quintessenciés. Les uns et les autres ont des propriétés inhérentes à leur état vibratoire et moléculaire, qui en font des substances aussi distinctes que peuvent Tètre, pour nous, les corps solides ou gazeux.
Mais quelles énergies se manifestent dans ce milieu ! Quels changements à vue, quelle mobilité, quelle plasticité de cette matière subtile ! Combien elle diffère de la lourde, compacte et rigide substance que nous connaissons. L'électricité nous permet déjuger de l'instantanéité de ses transformations : c'est un prodige, une fièvre perpétuelle. Voilà bien la fluilité idéale pour les créations si légères, si vaporeuses, si instables de la pensée. C'est la matière du rêve dans son impalpable réalité.
En étudiant la matière gazeuse nous arrivons à nous figurer ces états transcendants. Déjà, sous la forme radiante, nous voyions les atomev se mouvoir avec des rapidités fantastiques, produire des
34S DËMONSTRATIOH KXPËRIIIENTALB SE L'iHMOILTALITe
phénomènes doot rint«nsitè, eu égard à la masse de matière mise en jeu, est réellement formidable, et cette énergie nous fait comprendre la force dans se' manifestations supérieures de lumière, d'électricité, de miguétisrae. qui sont dues aux. ondulations si rapidt?a de l'éliier.
Il devient adini-sible que ces atomes, animés de vitesses rectllignes énormes, tournant s;ir eux-mêmes avec une rapidité vertigineuse, développent une force centrifuge qui annule l'attraction terres re. Oui, il est plus que probable qu'ih se diflérencient entre eux par la quantité de force vive qu'ils contiennent individuellement, et nous pouvons entrevoir l'iriépuisabie variété de groupements qui se produisent entre ces innombrables formes de la substance.
C'est le monde spirituel, celui qui nous entoure, nous pénètre, dans lequel nous vivons; c'est avec lui que nous entrons en rapport par notre organisme'fluidique ; c'est parce que nous possédons un périsprit qu'il nous est possible d'agir sur ce monde invisible à la chair; c'est par notre constitution spirituelle que les Esprits ont prise sur nous et peuvent nous iuiîuencer. Mais ce n'est guère que de nos jours qu'il a été possible de nous rendre compte expérimentalement de ces réalités.
ÉTUDE SDR LES FLT)1DE3.
La démonstration de l'existence des fluides estai importante pour la compréhension des phéuomè-
LE MOlfDE SPIRITUEL 349
nés du monde spirituel, que nous devons examiner ce problème sous tous ses aspects. L'expérience spirite nous a démontré que Tâme est revêtue d'une enveloppe matérielle, mais invisible et intangible à l'état normal, et qu'elle se meut dans un milieu physique qui ne pèse pas ; il est donc urgent que nous présentions toutes les raisons qui tendent à établir ce fait capital de l'existence d'un monde impondérable, aussi réel que celui dans lequel nous vivons.
Jadis, on croyait que la lumière, l'électricité, la chaleur, le magnétisme, etc., étaient des fluides tout à fait distincts les uns des autres, ayant une nature propre, spéciale, qui les différenciait complètement. Cette conception a été démontrée fausse par les recherches contemporaines.
Dans les premiers âges de la science, non seulement les forces semblaient séparées, mais leur nombre était multiplié presque à l'infini. Chaque phénomène spécial était considérô^ comme la manifestation d'une force particulière. Mais peu à peu on reconnut que des effets différents peuvent tenir à une cause unique ; dès lors le nombre des forces qu'on admettait diminua considérable oGent. La pesanteur et l'attraction furent identifiées par Newton, qui reconnut, dans la pomme qui tombe et dans Tastre retenu dans son orbite, les effets d'une même cause : la gravitation 'universelle. Ampère démontra que le magnétisme n'était qu'une forme de Téleetricité. La lumière et la chaleur sont depuis longtemps considérées comme les manifestations d'une même cause : un mouvement
350 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE l'IMMORTALITÉ
vibratoire extrêmement rapide imprimé à Téther.
De nos jours, une conception .grandiose est venue encore changer la face de la science. Toutes les forces de la nature se réduisent à une seule. L'énergie, ou la force (les deux termes sont synonymes), peut revêtir toutes les apparences : elle devient tour à tour chaleur, travail mécanique, électricité, lumière ; elle donne naissance aux combinaisons chimiques et aux décompositions. Parfois la force semble se cacher ou se détruire, mais jee n'est qu'une apparence, on peut toujours la retrouver et la faire passer de nouveau par le cycle de ses transformations.
Inséparable de la matière, la force est indestructible comme elle ; et Ton doit appliquer à toutes les deux ce principe absolu : rien dans la nature ne se crée ni ne se perd.
• Cela est si vrai, que lorsqu'un mouvement est brusquement arrêté, immédiatement quelque chose de nouveau apparaît, c'est la chaleur. C'est ainsi qu'un morceau de plomb posé sur une enclume sera violemment échauffé sous les coups successifs du marteau du forgeron; qu'un boulet frappant contre une cible de fer pourra atteindre la température du rouge ; que les roues d'un train en marche jettent des étincelles quand on serre brusquement les freins. Si le mouvement de la terre autour du soleil était instantanément arrêté, Helmholtz nous apprend que la quantité de chaleur engendrée serait telle, qu'elle ferait passer toute la masse terrestre à l'état de vapeur.
Ainsi donc, chaleur et mouvement sont deux
LE MONDE SPIBITUEL 354
formes équivalentes de l'énergie qui se remplacent mutuellement, Tune devenant visible lorsque l'autre disparaît. On a établi exactement à quelle quantité de chaleur correspondait telle quantité de mouvement, cette mesure se nomme Véquivalent mécanique de la chaleur .
Il devient dès lors facile de comprendre que, chauffer un corps, c'est augmenter son mouvement interne, c'est-à-dire celui de ses molécules. Nous savons que depuis Tatome invisible jusqu'au corps céleste perdu dans l'espace, tout est soumis au mouvement. Tout gravite dans une orbite immense ou infiniment petite Maintenues à une distance définie les unes des autres, en raison même du mouvement qui les anime, les molécules présentent des rapports constants qu'elles ne perdent que par l'apport ou la soustraction d'une certaine quantité de mouvement. En général, Taccélératîon du mouvement des molécules agrandit leurs orbites et les éloigne les unes des autres, autrement dit accroît le volume des corps. C'est justement à ce titre que la chaleur apparaît comme une source de mouvement.
Sous son influence, les molécules, s'écartant de plus en plus, font passer les corps d»^ l'état so ide à celui de liquide, puis de gaz. Ces gaz, à leur tour, se dilatent indéfiniment par l'apport de nouvelles quantités de chaleur, — c'est-à-dire de mouvement, — et si Ton veut s'opposer à cette expansion, le gaz exerce sur les parois du vase qui le contient une pression co^tsidérab'e ; c'est ainsi que les molécules des gaz ou des vapeurs, captives
35â DÉMONSTRATION EXPÉRIMBNTALJB DE L'iMMORTALITË
dans les cylindres des locomotives, communiquent au piston cette force qu'on emploie à produire la traction des trains, c'est-à-dire du travail mécanique.
Donc, lorsque les mouvements moléculaires d'un corps seront groupés de manière à présenter, les uns par rapport aux autres, des centres d'orientation fixes, nous dirons que ce ?orps est solide ;
Lorsque les mouvements moléculaires d'un corps sont groupés de manière que les centres de ces groupes sont mobiles les uns par rapport aux autres, ce corps est liquide ;
Lorsque les molécules d'un corps se meuvent dans tous les s^ns et entrent en collision les unes avec les autres, et cela des millions de fois par seconde, ce corps est appelé gaz (1).
Il est utile de remarquer qu'au fur et à mesure que la matière passe de Tétat solide à Tétat liquide, le volume augmente, puis de l'état liquide à l'état gazeux, la dilatation du même poids de matière devient encore plus grande, de sorte qu'en même
(1) JoiifTret, dans V Introduction à la théorie de l'Energie, page 67, dit :
On a calcuh' qu'à la pression barométrique de 760 miUimèlres, le nombre moyen des cbocs entre les molécules gazeuses serait :
1» Pour l'oxygène, par seconde, 2,065 millions ;
2» Pour Tair, par seconde, 4,700 millions ;
3" Pour l'azote, par seconde, 4,760 millions ;
4° Pour riiydrogène, par seconde, 9,480 millions.
Si la pression barométrique était cent mille fois moindre, c'est-à-dire égale à 0"'0076, vide que produisent à peine les meilleures machines pneumatiques, la moyenne de libre parcours deviendrait cent mille fois plus grande, c'est-à-dire égale à un centimètre environ; le nombre des chocs ne serait plus que de 4,700 par seconde.
tE MONDE SPIRITUEL 353
temps que le mouvement moléculaire se prononce, la matière se rare Qe. Un litre d*eau, par exemple, donne 1,700 litres de vapeur, c'est-à-dire occupe un volume 1,700 fois supérieur à celui qu'elle avait à rétat liquide ; dans ces conditions, les attractions mutuelles entr^ les molécules diminuent, et le mouvement oscillatoire des molécules devient plus rapide.
En effet, d'après des calculs de probabilités (1), les savants sont arrivés à admettre que Ton peut regarder la vitesse moyenne des molécules comme constan;te pour un même gaz, quelle que soit la direction du chemin parcouru. La valeur de cette vitesse moyenne j^ar seconde^ à la température de la glace fondante, c'est-à-dire à 0% et à la pression barométrique de 760 ^Z"" est de :
461 mètres pour les molécules de l'oxygène ; 485 — de l'air;
492 — de l'azote ;
1,848 — de l'hydrogène.
Ces vitesses sont comparables à celle d'un projectile à la sortie d'une arme à longue portée. La vitesse des molécules est d'autant plus grande que le gaz est plus léger, c'est-à-dire contient moins de matière dans l'unité de volume ; donc, si dans un tube fermé on fait le vide aussi parfait que possible, et que Ton oblige les molécules qui restent à se mouvoir en ligne d)*oite au moyen de Télectricité, on obtiendra l'état radiant découvert par Crookes.
(i) Deleveau, la Matière, p. 77, Briot, Théorie mécanique de la Onaceur, p. 143.
Comme Ton parle beaucoup de cet état spécial» expliquons clairement en quoi il consiste.
Nous savons que les gaz sont composés d'un nombre indéfini de petites particules, lesquelles sont sans cesse en mouvement et animées, suivant leur nature, de vitesses de toutes grandeurs.
Nous savons également que, par suite de leur nombre immense, ces particules ne peuvent se mouvoir dans aucune direction sans se heurter presque aussitôt à une autre particule.
Qu*arrivera-t-il si dans un vase clos on retire une grande partie du gaz que ce vase contient? Il est clair que plus le nombre des molécules du gaz diminuera, moins celles qui restent auront l'occasion de se heurter les unes contre les autres. On peut donc induire ceci : que dans un vase clos, où l'on fera un vide croissant, la distance qu'une molécule quelconque pourra parcourir sans se heurter contre une autre s'accroîtra ; théoriquement, la longueur de la course libre, c'est-à-dire la longueur de la distance qu'une molécule quelconque pourra parcourir sans entrer en collision avec une autre, sera en raison inverse des molécules restantes, ou, ce qui est la même chose, en raison directe du vide produit.
Comme, dans l'état gazeux ordinaire, les molécules sont continuellement en collision les unes avec les autres; comme cette collision continue est précisément ce qui détermine les propriétés physiques du gaz, il résulte de là que si les molécules parcourent des espaces plus grands sans se heurter, cette différence dans la manière d'agir
doit donner des propriétés physiques différentes, et par conséquent constituer pour la matière un état nouveau. Le quatrième état sera aussi éloigné de rétat gazeux que Tétat gazeux Tétait lui-même de rétat liquide. C'est ce que Grookes a démontré expérimentalement.
La loi que nous avons signalée, qui veut que plus la matière est raréfiée plus le mouvement moléculaire soit rapide, s'accuse ici nettement. La vitesse de ces dernières parties de la matière est telle que les métaux les plus réfractaires, soumis au bombardement des molécules, ne tardent pas à rougir, et même à fondre, si Taction est suffisamment prolongée. Dans cet état, la matière, bien qu'excessivement rare, a encore un poids appréciable, non par la balance, mais pour le raisonnement. Le vide produit est tel, que si Ton suppose la pression barométrique ordinaire représentée par une colonne de mercure haute de 4,800 mètres, la pression de la matière radiante ne pourra équilibrer qu'un quart de millimètre de mercure ! Elle a donc encore un poids, ce qui explique qu'elle conserve ses propriétés chimiques, car il n'y a pas dissociation .
Mais si nous suivons la science dans ses inductions, il nous sera possible de concevoir un état où la matière sera si raréfiée que son mouvement moléculaire l'affranchira de l'attraction terrestre. C'est l'éther des physiciens qui réalise d'abqrd cette conception. Pour comprendre les divers aspects de l'énergie, on a supposé que l'univers était rempli par une substance impondérable, parfaitement élas-
356 DÉMONSTRATION EXPÉRIMENTALE DE L'iMMORTAUTÉ
tique, qui, grâce à sa subtilité, pénétrait tous les corps. Suivant que cette matière vibre plus ou moins rapidement, elle donne naissance aux phénomènes qui se traduisent pour nous par les sensations de chaleur pourles vibrations les plus lentes, d'électricitépour celles qui sontplus accentuées, de rayons obscurs pourractivitéchimique,enfinaux vibrations excessivement rapides de la lumière visible et invisible.
Mais est-ce là la limite extrême que Ton ne saurait dépasser dans les recherches ? Non, car nous savons, par Texpérience spirite, que les Esprits ont un corps fluidique qui n'est affecté par aucune des formes de Ténergie. Les froids intenses des espaces interplanétaires, qui s'abaissent jusqu'à 273 degrés au-dessous de zéro, ou la température de plusieurs millions de degrés des soleils, sont incapables d'influencer la matière périspritale . C'est que cette enveloppe de l'âme est puisée dans le fluide universel, c'est-à-dire dans la substance sous sa forme primitive. Aucun changement ne saurait l'atteindre; elle est immuable dans son essence. Elle n'estpas soumise aux décompositions, car elle ne pourraitse simplifler, étant l'état initial, le dernier terme où doivent fatalement aboutir tous les changements. Lepérispritestmélangéplus ou moins aux fluides de la planète sur laquellel'Esprit est attaché. Le travail de l'âme est justement de débarrasser son corps fluidique de toutes les scories qui y ont été mélangées dès l'origine de son évolution.
Entre cet état parfait, — où le minimum de matière est animé du maximum de force vive, — et
LE MOm>R SPIRITUEL 357
rétat solide, à — 273° — où le maximum de matière contientle minimum de mouvements vibratoires, — ' ily a une infinité de degrés qui forment l'échelle de to utesies modalités possibles de la matière. Nous sommes donc scientifiquement autorisés à dire que les fluides ne sont pas de simples créations de l'imagination, mais qu'ils correspondent dans le monde physique à des réalitéspositives,!àdes états non encore découverts, — mais que la matière radiante, les rayons X, le fluide qui impressionne les plaques photographiques etl ether, — nous autorisent pleinement à concevoir comme existant réellement. Il n'est pas douteux que les recherches ultérieures feront découvrir plus tard ces modifications si variées des états de la substance primitive, à mesure que nos moyens d'investigation se perfectionneront, et que la science tournera ses vues vers l'invisible et l'immatériel, au lieu de se cantonner systématiquement sur le domaine grossièrement tangible, dont le territoire est si limité. D'ailleurs, la force d'évolution oblige fatalement les retardataires à ouvrir leur intellect aux nouvelles conceptions. La photographie de l'invisible, soit qu'elle opère sur les insondables profondeurs de rétendue, soit qu'elle pénètre à l'intérieur des substinces opaques, montre à l'esprit des possibilités qui auraient été traitées d'utopies superstitieuses il y a seulement quelques années. Il faut que l'humanité s'affranchisse des énervantes affirmations matérialistes. L'heure est venue où le voile qui obstruait la vue nette de la nature doit tomber. '
ATION EXPËRIHENTALB DE l'iMMORTALITB
8 théories les plus bizarres, forgées ler les phénomènes spirites sans l'in- 6s Esprits, la vérité se montre dans son lendide. Oui, nous avons une âme imli, les vies successives sur la terre ou e ne sont que des étapes sur l'intermi-
du progrès, et nous sommes bien eu ; des destinées plus hantes. Le sentiimortalité, qui s'est affirmé à tous les manité, qui s'est témoigné d'une maie, à toutes les époques, par des rnauimblables k celles que nous observons î, est prêt enfin à recevoir son expli- Ltiflque; alors s'affirmera nécessaiilendide morale de la solidarité, de la t de l'amour, qui est la conséquence ies successives et de l'égalité d'origiistinées. C'est parce que nous avons le ntense que l'heure est venue où la
s'unira la révélation, que nous faisons lour ajouter notre pierre à l'édifice. Il pour tout esprit indépendant que n'aie parti pris, que les découvertes con- ; apportent au spiritualisme ses plus
ilation.s précédentes sur la matière à , liquide ou gazeux, se justifient pleimme il est facile de le faire voir. Si nt les gaz sont formés d'atomes se ,ns tous les sens avec une rapiditéproest clair qu'en refroidissant ces gaz, en leur enlevant du mouvement, oo
doit rapprocher les molécules ; si, de plus, on aide à cette concentration par des pressions énergiques, le gaz doit passer à )*état liquide, et enfin se solidifier lorsque les molécules peuvent exercer leurs attractions mutuelles. C'est précisément ce qui a lieu.
Ce n*est que dernièrement que Ton est arrivé à constater ces résultats que la théorie faisait prévoir. Ainsi M. Gailletet a montré que Toxygèue se liquéfie à 29 degrés au-dessous de zéro, sous une pression do 300 atmosphères, ou bien, comme M. Wroblewski Ta établi, sous une pression de une atmosphère, mais en abaissant la température jusqu'à 184 degrés au-dessous de zéro. L'air que nous respirons devient liquide quand la température est de 192 degrés au-dessous de zéro; avec deux degrés en moins, l'azote devient aussi un liquide. Ainsi, si le soleil s'éteignait, c'est-à-dire s'il ne nous fournissait plus la chaleur qui maintient tous les corps terrestres dans leur état actuel, la terre serait inhabitable, car l'air serait probablement solidifié, comme l'hydrogène et tous les gaz; il n'y aurait plus d'atmosphère, et un froid mortel remplacerait l'animation et la vie.
Il règne incontestablement une continuité dans toutes les manifestations de la matière et de l'énergie. Tous les états, si divers, des substances se relient entre eux par des liens étroits ; il n'y a pas de barrière infranchissable qui sépare les gaz impalpables des matières les plus dures ou les plus réfractaires. En réalité, il existe une continuité parfaite, dans les états physiques ; ils peuvent passer
lATION KXPÉKIMEIrrALB DE l'i H MORTALITÉ
itre par des giadations si douces, qu'il 1 de les considérer comme des formes ipiicéesd'un même état matériel. Ceci plus exact qu'aucun état matériel ne iropriéto essentielle, qui n'appai'tieni autres.
i, sous de fortes pressions, s'écoulent iquides; et les gaz peuvent se cornue des corps solides peu compressi- 3sca, en soumettint le plomb à une 30 kilogramme'* par centimètre carré, er, avec une veine liquide, comme tondu. M. Daubrée (1) a produit des ^s arrachements dans desblocsd'acier, mce de gaz violemment comprimés.
i été .semblable à celle qu'aurait pro- ! d'un burin d'acier énergiquement
Dt de bien comprendre que ia granit produit par un corps est loin de au puids de ce corps. Ainsi une jaz extrêmement faible, dit M. Dauint de la dynamite, produit des effets t stupéfiants. Un poids de gaz de i et demi, agissant sur un prisme 4 centimètres carrés (ce qui corresjids de \G2 milligammes par milliy produit, à part différents aSbuilleice :
les ruptures, qu'opéreraient à peine
des pressions de 1 million de kilogrammes, c'està-dire la pression d'un poids six cent mille foi plus grand que celui du gaz cause de ces déchirements ;
2® Des écrasements^ qui ne peuvent correspondre à moins de 300 atmosphères.
Ces expériences, rapprochées des effets mécaniques produits par la foudre, montrent que les formes les plus hautes de l'énergie sont unies, toujours, à la matière de plus en plus raréfiée.
C'est donc par une induction absolument légitime que nous croyons à l'existence des fluides, c'est-à-dire d'états matériels où la force vive des molécules ou des atome.s va sans cesse en augmentant, jusqu'à l'état primitif, qui sera caracténsé par le maximum de force vive uni au minimum de matière. Entre la matière solide et le fluide universel, se trouve une immense série graduée de transitions insensibles, où le mouvement moléculaire va constamment en croissant. On peut résumer tout ce que nous avons vu par le tableau suivant :
l'unité de ▼olame : maximum de matière uni au minimum de force Tive, limite absolue :
273* au-dessous de zéro.
Matière à l'élat solide.
Matière à l'état liquide.
Minéraux, métaux, sels, etc. Orientation fixe de*» groupements n^lé-
culaires les uns par rapport îtux
autres Oscilla* ions restreintes et mourements
de libration des molécules.
L'eau, le Tin, l'alcoolietc.
Orientation mobile des groupement!
moléculaires les uns par rapport aus autres.
Oscillations lentes, mais commencement du mouvement de rotation des molécules sur elles-mêmes.
lÉl^
tAl'lUN llllP£lllllENTlUi un L'iUXUBTAUlâ
( fair, l-hjdrpgona, L'oiygena, eio.
' Uauteiueiil* da trautUliDU rapi4«>
Doûi^Be, ï uesuie ijui l> malier n.ri6e.
b« mauiestsul par let pIiÉnomi
LA. i'uND£RABILIT£.
lie le tableau précëdent, od peut se mmeiit il se t'ait que la matière puisse alus peser, c'Bst-a-dire devenir im- Nou» compreoous lauilemeut que la asse de l'état solide à la lorme gdzeuse lunie plus graud, puisque la chaleur l'augmenter l'amplituda des vibrais les parties inliuimeut petites qui I corps, mais il est clair que si l'on , le gaz produit par la irausformation Ude ou un corp^ gazeux, ce gaz pèsera ^mt poids que lorsqu'il était couceutré me matérielle. Il semble iucompréia maiièrepuisse ne piusp«ser,œème
eu la supposant aussi raréfiée qu'on le voudra ; cependant, il est certain que rélectricité ou la chaleur sont sans action sur la balance, quelle que soit la quantité de fluides qu'on accumule sur le plateau de l'appareil . Si ces manifestations de l'énergie sont bien dues à des mouvements très rapides de la matière éthérée, il nous faut chercher . à comprendre pourquoi cette matière ne pèse pas. Ici, nous devons prévenir le lecteur que uous avons recours à l'hypothèse, et que la manière dont nous résolvons le prob.ème nous est toute personnelle; si donc notre démonstration n'est pas concluaute, la taute nous en t st imputable et ne saurait être attribuée au spiritisme.
Pour s'expliquer ce qui se passe dans ce cas, il faut se souvenir que la pondérabilité n'est pas une propriété essentielle des corps. Ce qu'on appelle ici-bas le -poids d'un corps n'est autre chose que la somme desattractions exercées par la terre sur chacune des molécules de ce corps. Or, nous savons que l'attraction décroît assez rapidement, suivant l'éloignement, puisqu'elle diminue en raison du carré de la distance. Nous voyons donc qu'un corps pèsera plus ou moins suivant qu'il sera plus ou moins éloigné du centre de la terre. L'expérience montre qu'il en est ainsi. Si l'on pèse un morceau de fer à Paris et que son poids soit égal à deux kilogrammes, cela voudra dire que la force d'attraction dans cette viLe est égale à deux kilogrammes pour ce corps. Si nous transportons ce fer à l'équateur, il pèsera 5 gr. 70 de moins, et au pôle 5 gr. 70 de pius. Paris étaAtà peu près à égai©
distance du pôle et de l'équateur. Que s'est-îl passé ?
La masse de ce corps n'a évidemment pas changé pendant le voyage ; mais comme la terre est renflée à réquateur, ce morceau de fer était plus éloigné du centre de la terre, l'attraction a été moins forte, et cette diminution a été de 5 gr. 70. Au pôle, l'action opposée s'est produite, puisque la terre est aplatie à cet endroit, de sorte que la gravitation a été augmentée de 5 gr. 70.
Donc, en général, un corps varie de pesanteur suivant que sa distance au centre de la terre est plus ou moins grande. La pesanteur est une propriété secondaire qui n'est pas attachée intimement à la substance. Ceci bien compris, il devient plus aisé de concevoir comment la matière peut devenir impondérable. Il lui suffira de développer une force suffisante pour contre-balancer l'attraction terrestre.
Or, précisément, on a remarqué que les corps qui tournent autour d'un centre, comme la terre sur elle-même, développent une force à laquelle on a donné le nom de force centrifuge. Elle a pour effet de diminuer la pesanteur, c'est pourquoi, en mécanique, on définit !e poids d'un corps : la résultante de V attraction du centrée tey^estre, diminuée de l'action exercée par la force centrifuge. Elle est nulle au pôle et maximum à l'équateur. On a calculé que si la terre tournait 17 fois plus vite, c'est-à-dire si elle faisait sa rotation en 1 h. 24 minutes, la force centrifuge deviendrait assez grande pour détruire l'action de la pesanteur, de telle
sorte qu'un corps placé à l'équateur cesserait de peser.
Appliquons ces connaissances mécaniques aux molécules matérielles qui, nous le savons, sont animées d'un double mouvement d'oscillation et de rotation, et il nous sera possible d'imaginer pour chacune d^elles un mouvement de rotation assez ra • pide pour que la force centrifuge développée annule la force de gravitation. A ce moment, là matière devient impondérable. Cette hypothèse s'accorde bien avec les faits, puisque, au fur et à mesure que la matière devient plus raréfiée, nous l'avons constaté pour les gaz, ses mouvements moléculaires augmentent de rapidité. La grande loi de continuité nous fait admettre que l'état gazeux n'est pas la dernière limite à laquelle on doit s'arrêter ; la matière fluidique est celle où, la rapidité du mouvement moléculaire gazeux se prononçant davantage, la raréfaction s'accentue, la rotation des molécules développant une force centrifuge croissante, la matière passe à l'état invisible et impondérable.
Dans son discours sur la genèse des éléments, Crookes est conduit à soulever la question de savoir s'il n'existe pas d'éléments à poids atomique plus petit que zéro, c'est-à-dire ne pesant pas. Il rappelle qu'au nom de la théorie, le D' Carnelay a réclamé un tel élément, une telle « non-substan- Ualîté ». Il cite également cette opinion de Helmholtz : que Télectricité est probablement atomique comme la matière. Ces choses posées, il se demande si l'électricité n'est pas un élément négatif, et si
S66 DÊHOIfSTRATIOIf BXPfiRimiTAtB W L'HIMORTALITÊ
réther lumineux n'en est pas un autre. -« Une substance d'un poids négatif n'est pas impossible â concevoir >, déclare-t-il. Avant lui, M. Airy, dans sa vie de Faraday, avait écrit : « Je puis aisément concevoir qu'il y ait abondance autour de nous dé corps non soumis à cette action inter-mutuelle, et '
par conséquent non soumis à la loi de gravitation ». I
Arrivés à ce point, nous pouvons nous deman**der si la matière primitive est rigoureusement impondérable, c'est-à-dire absolument affranchie de toute action d-î la gravitation?
Evidemment, nous savons que les mouvement* de la matière connus sous le nom de lumière, chaleur, électricité, etc., sont sans action sur la balance la plus sensible, mais n'y a-t-il pas, malgré tout, unA attraction pour retenir ces formes de la matière autour de la terre, de manière à lui cons* tituer une enveloppe fluidique permanente? Nou$ croyons que telle est la réalité, et nous allons dire sur quelle raison nous nous appuyons pour émet-^ tre cette hypothèse.
Si nous examinons notre système solaire, l'astro^ nomie nous apprend que, primitivement, le soleil et toutes les planètes formaient une immense nébu^ leuse de matière diffuse, telle que noui^ en voyons, encore actuellement dans l'espace. Avant que la condensation de cette matière en foyers distincts se soit opérée, quelle pouvait être la densité de cette matière? Consultons Camille Flammarion, il va nous répondre exactement (1): « Supposons,
(1) Camille Flammarion, le Monde avant la création de l'homme'' la Genèse des Mondes, p. 40. — Ouvrage que nous
L« MOÎfDR SPtnlttJfiL
<îit le ^rand écrivain, toute la matière du soleil, <Jes planètes et de leurs satellites, uniformément répartie dans l'espace sphérique embrassé par l'orbite de Neptune, il en résulterait une nébuleuse gazeuse, homoo^ène, dont il est facile de calculer la densité.
« Comme la sphère d'eau d'un pareil rayon au-
^^it un volume égal à plus de 300 quatrillions de
fois le volume terrestre^ la densité cherchée ne
^^ï'ait plus qu'un demi-trillionième de la densité
"® l'eau. La nébuleuse solaire serait 400 millions
®ft>is moins dense que l'hydrogène à la pression
l*dinaire, lequel est, comme on le sait, le plus
léger de tous les gaz connus. (Il pèse 14 fois moins
que l'air: dix litres d'air pèsent 13 grammes, dix
litrt^s d'hydrogène ne pèsent pas 1 gramme.) »
On voit donc que cette matière nébuleuse atteint un tel degré de raréfaction que l'imagination ne peut le concevoir; cependant, la matière dans cet état ultime pèse encore. Ce point est bien établi par l'étude des comètes, qui sont des amas nébuleux d'une densité extraordin ai rement faible, et qui cependant obéissent aux lois de l'attraction. Ceci nous montre que les fluides qui forment notre atmosphère terrestre ont une densité, aussi faible que l'on voudra, mais suffisante pour les retenir dans notre sphère d'attraction. Il en résulte en-
ne saurions trop recommander à nos lecteurs pour sa science et la clarté lumineuse de son exposition. Les plus difficiles questions toiicivant nos origines y sont expliquées de manière à être 'Comprises par les plus ig^norants, dans ce noble langage qui est 'a gloire de l'auteur.
LATION BXPfiBIMBNTALE VB l'iMORTAUTË
; important, c'est que l'àme, revêtue s fluidîque, ne peut pas s'échapper
au moment où la mort terrestre la s entraves charnelles. Ce n'est que
évolution terrestre est finie, c'est-àle périsprit est suffisamment dégagé grossiers qui l'alourdissent, que l'esvitei" vers d'autres régions et quitter irceau comme l'oiseau, déployant ses t hors du nid où il a reçu le jour, ents.quel'on pourrait multiplier, mon*
science spéculative ne s'oppose en ière à l'existence des fluides, et que Ji les Esprits nous ont aussi bien et nt renseignés qu'il était possible de le nstructeurs de l'espace se révèlent ns chimistes et d'éminents physiciens, a action des forces et des lois qui nous ;ouvrir, aussi bien dans les phénomèrts que pour produira ces merveillalisations, qui ont pour résultat d'eniporairement, tout ou partie d'un être
I l'accord soit complet entre le monde i science pour amener la transforma- I humanité rétive qui s'enlise chaque ge dans la négation de toute spirituaitioti de la Providence se fait sentir, et ions supra-terrestres viennent secouer a? laquelle les peuples s'endormaient.
ligeuces s'éveillent et veulent savoir ce derrière ces apparitions, ces maisons
^^^ntées, ces phénomènes spirites qu'on leur avait Pi^ésentés comme de vulgaires superstitions; le jour est proche où la foule apprendra, avec une ^®%ieuse émotion, que rame est immortelle et <iue le règne de la Justice immanente de l'au-delà s'établit sur les bases inébranlables de la certitude scientifique.