FONCTIONS DU CERVEAU
II y a à peine quelques années, les physiologistes considéraient la substance grise corticale du cerveau comme un tout homogène, présidant uniquement aux fonctions intellectuelles; l'on ne distinguait dans cette écorce aucun département spécial. Aujourd'hui des travaux fort remarquables et très nombreux ont établi que :
1** Certaines parties de la sul)stance grise tiennent sous leur dépendance les mouvements volontaires ;
2° Certaines autres parties sont en rapport avec la sensibilité.
r — LA SUBSTANCE GRISE ET LES FACULTÉS INTELLEC- TUELLES
A. Ablation des hémisphères cérébraux. — Si l'on enlève à un animal les hémisphères cérébraux en ayant soin de ne pas léser les parties situées au-dessous des pédoncules cérébraux, à savoir, la protubérance annulaire, etc., on pourra constater que cet animal, qui continue à vivre, a complètement perdu l usage de ses facultés intellectuelles. Il voit,- il entend, il sent les
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odeurs et les saveurs, il a les sensations du toucher; mais il ne regarde pas, il n écoute pas, il ne flaire pas, il ne palpe pas. Voir, entendre, sentir des odeurs et des saveurs, avoir les sensations du toucher sont des actes absolument organiques où Tintelligence n'a aucune part. Au contraire, regarder, écouter, flairer, palper, sont des actes organiques augmentés d'un acte intellectuel. Puisque l'ablation des hémisphères supprime les actes intellectuels, c'est que rintelligence réside dans la substance grise corticale.
L'animal auquel on a enlevé les hémisphères cérébraux ne fait aucun mouvement pour fuir, même lorsqu'on l'excite; il conserve son attitude normale. ,
Cependant :
1" lisent, puisqu'il crie, si on l'irrite;
2° // voit, puisqu'il suit par un mouvement de tète une lumière qui passe devant ses yeux;
3° Il entend, puisqu'il ouvre les yeux et qu'il lève la tête lorsqu'on fait détonner une arme à feu, etc.
B. Pathologie des hémisphères. — Quels sont les effets de l'inflammation de la substance grise corticale? La production du délire et du coma, en un mot, la perversion ou Vabolition des facultés intellectuelles.
Dans l'état présent de la science, il n'est pas possible d'assigner un centre spécial à chacune de nos facultés.
Cependant on sait avec certitude que les lobes antérieurs du cerveau sont plus particulièrement affectés aux phénomènes intellectuels. On sait aussi que le travail intellectuel favorise le développement des lobes
frontaux; ce qui est conforme à la loi physiologique : L'exercice fortifie l'organe.
Chez les races avancées en civilisation, les lobes frontaux ont une prédominance marquée; on appelle ces races « races frontales ».
Chez les races encore à l'état sauvage, ce sont les lobes occipitaux qui prédominent; on appelle ces races « 7'aces occipitales ».
Gratiolet, à qui la science du cerveau est si redevable, a découvert que chez les races frontales ou civilisées, les sutures du crâne s'ossifient, se soudent d'arrière en avant, c'est-à-dire de l'occiput au front; il en résulte que les lobes frontaux peuvent s'accroître encore, alors que les autres lobes du cerveau ne le peuvent plus.
Par contre, Gratiolet avait observé que l'inverse a lieu chez les races barbares ou occipitales; l'ossification des sutures se fait d'avant en arrière, c'est-à-dire du front à l'occiput K