‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 112 sur 170 · SECONDE SECTION · texte numérisé non relu

SECONDE SECTION

h — EXISTENCE DE CENTRES MOTEURS ET DE CENTRES PERCEPTIFS GÉNÉRAUX DANS LE CER- VEAU

(Localisations cérébrale)!))

Pour tous les physiologistes^ le problème de l'Ame, fonction du cerveau, est résolu. Un autre problème s'est posé : l'Ame pense, se souvient, veut etfnit mou-

voir les organes do la vie de relation; ces diverses facultés constituent-elles une fonction indivisible du cerveau toul entier, ou bien sont-elles localisées chacune dans un centre particulier?

D'abord on crut, d'après certaines expériences, reconnaître que les facultés de l'àme appartenaient indivisiblement à la substance cérébrale entière. Aujourd'hui il n'est plus possible de soutenir cette thèse.

Notice historî'iue. — « Jusqu'à ces dernières années, dit M. Gavoy ', un désaccord profond existait entre la physiologie expérimentale et l'observation clinique. La physiologie (école de Flourens) proclamait hautement l'inexcitabilité de la substance grise du cerveau et l'homogénéité fonctionnelle des hémisphères. La clinique, de son côté, apportait des observations précises de lésions limitées de l'écorce cérébrale qui avaient provoqué des troubles de la motilité ou des convulsions ; elle affirmait la diversité des fonctions des différentes parties des hémisphères.

La question en était là lorsque parut le travail du docteur Hughlings Jackson sur la pathogénie de l'asphj'xie, de la chorée et de l'hémiplégie. Fritsch et Hitzig, physiologistes allemands, en vérifiant ces théories, remarquèrent qu'un courant électrique traversant la tête, d'une apophyse mastoïde à l'autre, avait provoqué chez un homme des mouvements des yeux. Ils résolurent de mettre à l'épreuve l'exactitude de la théorie classique de l'inexcitabilité du cerveau.

1. Gavoy, Atlas d'annlomie typographique du cerveau et des lornliftations en-éhvales ^ préface, in-4o, 1882, chez 0. Doiu.

Des expériences furent faites sur des chiens on 1870 ; elles démontrèrent que certaines zones de Técorce grise sont excitables. Hitzig continua ses expériences sur le chien et sur le singe en recherchant les centres des mouvements volontaires ; il publia son mémoire en 1873 . La même année, en Angleterre, Ferrier fit des recherches sur le singe en se servant pour exciter les hémisphères d'une pile de Stohrer (zinc et charbon) et du courant induit de la seconde bobine de l'appareil magnéto-électrique de du Bois- Reymond. Le singe fut porté devant les membres de la SiDciété royale de Londres, qui furent émerveillés de la justesse avec laquelle tel mouvement annoncé d'avance , de la tête, des yeux et des membres était exécuté lorsqu'on touchait avec l'électrode telle ou telle partie de la substance corticale. Ces expériences furent bientôt suivies des recherches de Nothnagel, Schiff, Braun, Eckhart, Garville et Duret.

Tous ces expérimentateurs ont démontré l'excitabilité de certaines parties de l'écorce cérébrale à l'exclusion des autres, l'existence d'une zone dont l'excitation provoque des mouvements localisés dans le coté opposé du corps et dont la destruction amène une paralysie plus ou moins persistante.

La détermination du siège de ces centres moteurs a occasionné cependant quelques dissentiments. Hitzig \ les restreint, Ferrier les étend; Gharcot, Garville et Duret leur assignent une situation intermédiaire ^

1. Il n'est pas étonnant qu'en une matière aussi difficile il y ait des dissentiments sur les limites des centres moteurs; ce

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Ces expôrionco> physiologiiiues n'auraient pas entraîné la conviction si elles n'avaient pas été en concordance avec l'observation clinique. La physiologie ex\^érimentale laissait des doutes ; la clinique avec autopsie devait les dissiper. Les observations multiples publiées par le professeur Charcot ont apporté des documents irrécusables qui sanctionnent le principe des localisations cérébrales motrices. »

Mode de la localisation. — La Localisation des opérations cérébrales correspond-elle à des ilôts corticaux topographiquement séparés?

Ou bien correspond-elle à des mécanismes distincts de cellules et de fibres, lesquels mécanismes existeraient d'une manière plus ou moins diffuse et entremêlée ?

11 semble que ce soit le second mode d'arrangement qui soit le vrai mode de localisation. L'existence d'un arrangement de cette nature aiderait à jeter quelque lumière -sur les résultats obtenus par Flourens et à concilier ceux-ci avec les doctrines aujourd'hui régn-antes. On sait qu'au temps de Flourens, l'analyse microscopique du tissu cérébral était à peine ébauchée. Aujourd'hui les travaux exécutés en Allemagne, en Angleterre et en France ont considérablement accru Sur ce point nos connaissances.

sera l'œuvre de Tavenir de dissiper ces obscurités. Mais, au point de vue du problème philosophique, à savoir : la détermioation de la nature de l'âme, il importe peu de connaître les confins exacts des centres, il suffit qu'il y ait des ilots alfeclés aux fonctions particulières qui composent la fonction générale (In cerveau.

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11 résulterait de ce mode de localisation que si certaines parties du cerveau ont la prédominance dans l'accomplissement de tel ou tel acte psychique, cette action prédominante n'exclurait pas le concours des autres parties corticales, lesquelles agiraient synergiquement selon la nature du genre de cellules qui les composent. Par exemple, il est admis unanimement que les lobes antérieurs président à l'accomplissement des opérations intellectuelles; mais si dans les actes intellectuels leur activité est prépondérante, il n'en est pas moins vrai qu'ils prendraient aussi part, quoique à un moindre degré, à l'exécution d'autres opérations mentales, lesquelles dépendent particulièrement de l'activité fonctionnelle des autres parties cérébrales, telles que les lobes pariétaux, temporaux, occipitaux, isolés ou combinés.

1° Localisation des centres moteurs. — Les expériences de physiologie ont démontré que l'excitation de points limités à la surface des circonvolutions provoque des mouvements localisés dans un groupe de muscles déterminé du côté opposé du corps; que l'excitation d'autres régions est sans effets appréciables. De plus, si l'on détruit les premiers points explorés, il survient une paralysie dans ces mêmes groupes de muscles, tandis que la destruction des seconds ne donne lieu à la manifestation d'aucun symptôme.

Les régions excitables sont dites zones motrices;

Les régions inexcitables sont dites zones latentes.

La destruction des régions latentes n'est suivie de l'apparition d'aucun symptôme appréciable du côté de

la motricité. Les rochcrcheshislologiques ont démontré que les cellules pyramidales géantes, lesquelles sont les cellules motrices, n'existent pas ou sont très peu développées et en très minime proportion dans les couches corticales prises en dehors de la zone motrice.

La découverte des régions excitables et des régions inexeitables de l'écorce cérébrale a donné l'explication de la divergence dans les manifestations qu'avaient données certaines lésions limitées de la surface du cerveau ; les unes avaient occasionné des paralysies ou des convulsions; les autres ne s'étaient révélées au dehors par aucun symptôme du côté de la motilité.

L'expérimentation indique comme régions inexcitables :

1° La partie antérieure des V, 2" et 3® circonvolutions frontales ;

2° Une partie des lobes pariétaux ;

3° Toute l'étendue du lobe occipital et sphéno-temporal ;

4° Les lobules orbitaires;

o" La face interne de l'hémisphère, à l'exception du lobule paracentral ;

L'observation clinique et anatomo-pathologique démontre que les lésions irritatives ou destructives qui siègent sur ces régions ne donnent lieu à aucun trouble moteur ^ »

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