‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 113 sur 170 · Gavoy, AUas · texte numérisé non relu

Gavoy, AUas

Les régions excitables, sur lesquelles existent des centres moteurs sont :

1° La partie supérieure de la circonvolution ascendante ;

2° L'extrémité antérieure de la circonvolution pariétale supérieure, au point où les i/^ et 2^ pariétales! s'insèrent à la frontale ascendante ;

3" Le pli courbe ;

4° Le lobule paracentral ;

5° Le pli sourcilier de la 3" frontale de l'hémisphère gauche.

A. Lorsqu'on excite la région qui occupe le tiers supérieur de la frontale ascendante et la moitié antérieure du lobule paracentral, on provoque des mouvements dans le membre antérieur de l'animal (bras de l'homme).

B. Lorsqu'on excite la région qui occuJ)e la moitié supérieure de la pariétale ascendante, la moitié postérieure du lobule paracentral, et la partie antérieure de la pariétale supérieure, on provoque des mouvements dans le membre postérieur de l'animal (jambe de l'homme).

C. Lorsqu'on excite la racine de la première frontale, on provoque des mouvements de rotation de la tête et du cou ;

D. Lorsqu'on excite le point où la pariétale supérieure s'insère à la frontale ascendante, on provoque des mouvements dans les muscles de la face ;

E. L'excitation du pli courbe provoque des mouvements des yeux; }

F. Quant au pli sourcilicr, siège du langage articulé il en sera parlé ci-après '.

11° Localisation de centres perceptifs. — Supposons un armateur possédant un entrepôt situé dans un port de mer. Les travailleurs qui sont à son service lui envoient, les uns des pelleteries par la voie de FAmérique, les autres de l'ivoire par la voie d'Afrique, ceux-là des céréales par la voie d'Europe. Tous les objets envoyés vont se ranger dans des coins spéciaux de l'entrepôt. L'armateur les a tous à sa disposition ; il use des uns et des autres selon les besoins de son activité professionnelle.

Si l'on veut bien ne pas oublier que rinlelligonce est une fonction du cerveau, la fonction directrice, la plus haute de toutes, mais une simple fonction, l'allégorie de l'armateur peut servir à faire comprendre ce que les physiologistes entendent par centres pej'cepti/s, ainsi que le mécanisme de ces centres.

4° L'entrepôt est le cerveau; l'armateur est l'intelligence ;

2° Les travailleurs qui du dehors, envoient des marchandises sont les noyaux nerveux des cinq sens distribués à la périphérie du corps;

3" Les marchandises de nature différente envoyées à l'entrepôt cérébral sont les impressions visuelles, auditives, olfactives, gustatives et tactiles.

4** Les routes diverses suivies par chaque genre

1. Voir Physiologie du cerceau^ page 45, les délails compléji mentuires. — Voir daus G.wov, pages '1O-6I, les tlix-iieuf observatious typiques recueillies dans les hôpitaux, lesquelles

toi L'AME EST LÀ FUiNCTION DU CERVEAU

d'impressions sont les nerfs conducteurs de chaque appareil sensoriel qui transmettent les impressions à l'entrepôt cérébral;

5° Les coins spéciaux où se range chaque genre de marchandises sont les centres corticaux où s'emmaganisent, ici les perceptions visuelles, là les perceptions auditives, ailleurs les perceptions olfactives, etc. ; en deux mois, ces centres-magasins sont les centres perceptifs.

En continuant la comparaison, on pourrait ajouter ceci : De même que les magasins qui reçoivent les marchandises les plus nombreuses et les plus variées doivent être les plus larges de même les centres perceptifs qui reçoivent le plus d'impressions doivent être les plus larges. Par exemple, les impressions visuelles et les impressions auditives étant les plus nombreuses et les plus variées devraient avoir les centres perceptifs le^' plus étendus.

Cette théorie est celle qu'a exposée en janvier 1869 M. Brown-Séquard ^ Bien entendu, il faut à l'allégogorie précédente ajouter ceci : c'est que si les magasins de chaque genre de marchandises sont nettement séparés l'un de l'autre, il n'en est pas même des centres cérébraux, comme nous l'avons vu ci-dessus ^.

confirment lexistence des centres moteurs. J'ai cité cinq de ces cas, à la page 138 du chapitre consacré aux Conditions vitales du cerveau.

\. Journal of mental science, dans Cli. Bastian, lome II, 151.

2. Je ne parle ici que du côté passif des centres perceptifs alin de rendre plus clair l'exposé; dans le chapitre consacré à la Mcrnoirc, il sera longuement parlé du côté actif, à savoir : les ascociatiuus et les combinaisons des perceptions entre elles.

« Puisque nous avons certaines avenues de savoir (les cinq sens et les nerfs conducteurs); puisque les hémisphères cérébraux élaborent en perceptions les impressions sensitives reçues, nous [)oiivons bien comprendre que les impressions, entrant par une porte ou avenue sensorielle, peuvent passer à travers la substance des hémisphères jusqu'à leur surface, dans certaines directions définies et suivant des routes habituelles. Alors les impressions qui entrent par une autre porte desavoir ou avenue sensorielle, peuvent suivre et • suivent probablement une^ direction différente à travers la substance cérébrale; de manière qu'à la surface des hémisphères, les fibres et les cellules qui reçoivent es impressions et les élaborent en perceptions peuvent exister en quantité maximum dans différentes parties de la surface des hémisphères. Et ainsi de suite pour les divers organes des sens et leurs expansions ultimes, formant ce que j'appellerais centres perceptifs dans les hémisphères cérébraux... De même que certains de nos sens contribuent d'une manière prépondérante à édifier nos impressions mentales et les résultats volitionnels correspondants (par exemple, les sens ide la vue, de l'ouïe et du toucher), de même, nous pouvons imaginer que ces appareils sensoriels seraient ireliés intérieurement avec une aire comparativement étendue de la substance corticale de chaque hémisphère. On serait donc en droit de regarder comme •probable que les centres perceptifs pour les impressions visuelles et les centres perceptifs pour les impressions auditives ont un siège relativement vaste I. la

dans les hémisphères cérébraux, tandis que ceux appartenant aux sens gustatif et olfactif auraient une distribution plus Urnitée. »

Si les nombreuses observations de lésions corticales dans les maladies cérébrales n'ont pas abouti jusque-là à résoudre complètement le problème des centres perceptifs, cela tient à la nature double du cerveau et à la connexion de chacun des deux hémisphères avec les ganglions inférieurs (corps optostriés, etc.), lesquels reçoivent les nerfs des sens extérieurs. Voici ce qui résulte d'un tel arrangement anatomique :

Lorsqu'un hémisphère a subi une blessure ou est devenu malade, fort peu de temps après, l'autre hé* misphère est capable d'être mis en relation avec les impressions sensitives des deux côtés du corps. Alors, bien que les centres perceptifs de la vue, de l'ouïe et de l'odorat puissent être détruits dans les circonvolutions d'un hémisphère, il ne se produit, suivant les cas, ni cécité de l'œil opposé, ni perte unilatérale de l'ouïe et de l'odorat. Il peut se faire qu'il y ait tout d'abord quelque perte ou faiblesse unilatérale de l'un ou de l'autre des sens spéciaux, lorsque le centre perceptif de ce sens est endommagé dans les circonvolulutions; mais cette perte ou faiblesse peut aisément passer inaperçue dans leri premiers jours d'une maladie. Le défaut d'observation sur des points comme ceux-ci se présente très communément au début d'une maladie aiguë du cerveau, soit de la part du malade, soit de la part du médecin. On voit par làcom-

bien grande est la difficulté de pareilles recherches'. C'est en 1875 que le docteur Ferrier fit sa première îommunication touchant les centres perceptifs à la société royale de Londres. Dans ces expériences, Fer- 'ier est parti de cette idée qu'il existe dans Fécorce les hémisphères certains centres perceptifs, d'aire imitée et topographiquement distincts les uns des lutres. Or, comme on l'a dit plus haut, la doctrine [ui semble prévaloir est celle-ci : Les centres pereptifs ont un siège diffus (c'est-à-dire s'étalant sans .ontours définis) et entremêlés les uns avec les auti'es <omme dans une étoffe une série de fils blancs peut e croiser avec une série de fils noirs) ^. Quel que soit

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