Voir le chapitre VI L'unité du moi est ime résultante
termes, que ces phénomènes étaient soumis à trois lois :
1'^ Loi. — La dissolution complète de la substance cérébrale, chez un homme, est suivie constamment de la dissolution complète des fonctions intellectuelles et morales de cet homme. « Suhlatâ causa, tollitur effectus, »
Cette loi est prouvée partons les faits que donnent :
A, Les formes extrêmes de FAliénation mentale : paralysie générale, démence.
B. La phase extrême de l'Alcoolisme : alcoolisme chronique ;
G, Les degrés extrêmes de Tldiotie et du Crétinisme : diotie et crétinisme complets,
i° Loi. — Les variations en plus ou en moins dans les troubles de la substance cérébrale, chez un homme, sont suivies constamment de variations en plus ou en moins dans les troubles des fonctions intellectuelles et morales de cet homme. « Variante causât variatur effectus. »
Cette loi est prouvée par les faits que donnent :
A. Les premières formes de l'Aliénation mentale : manie, lypémanie, hallucinations, illusions ;
B. Les premières phases de l'Alcoolisme ; ivresse simple, alçoolism£ aigu ;
C. Les premiers degrés de l'Idiotie et du Crétinisme : imbéciles, crétineux.
3° Loi, — Le retour de la substance cérébrale à l'état normal, chez un homme, est suivi constamment du retour des fonctions intellectuelles et morales à
l'iHat normal, chez cet homme. « Reâinlegranle causa, redïntegratur effeclus. »
Cette loi est prouvée par les nombreux faits de guérison que donnent les cas d'Aliénation mentale, d'Alcoolisme, d'Idiotie et de Crétinisme.
La conclusion naturelle et nécessaire qui se dégage de ces trois lois, c'est que l'ensemble des fonctions intellectuelles et morales, en unseul mot philosophique, Y Ame est la fonction générale du cerveau.
§ ÏP Dans la seconde section du chapitre. —
Après avoir résumé les expériences faites par les savants contemporains sur l'animal le plus voisin de l'homme, c'est-à-dire sur le singe, nous avons produit un certain nombre de faits pathologiques humains, authentiques, exacts, au-dessus de toute contestation.
Ces faits pathologiques, choisis comme types, démontrent avec une évidence absolue cinq choses, à gavoir :
d** Il existe dans le cerveau des centres perceptifs généraux, entre autres et surtout un centre général pour les perceptions de la vue, et un centre général pour les perceptions de l'ouïe ;
2** Ces centres perceptifs généraux se subdivisent eux-mêmes en centres partiels ;
3° Le langage articulé a lui-même son centre moteur ;
4" Chacun de ces centres peut être paralysé sans que les autres cessent de fonctionner;
.5'' Ces centres sont à la fois autonomes et solidaires.
De ces cinq constatations, il résulte que la fonction générale du cerveau n'e?t pas une fonction indivisible ; que son caractère essentiel n'est pas Tunité simple ; mais, au contraire, que son unité provient de l'association, du conflit et de la combinaison d'unités composantes (centres généraux et centres partiels). Par conséquent, la fonction générale du cerveau est une résultante. Or la fonction du cerveau est ce qu'en langage philosophique on appelle l'Ame; donc ïAme est une résultante.
% IIP Résumé des conquêtes faites par la phy siologie expérimentale et confirmées par la pathologie naturelle. — Il y a un peu plus d'un siècle, l'Ame était considérée comme ayant exclusivement :
1° Le pouvoir de susciter les mouvements et de les diriger k son gré ;
2° Le pouvoir de sentir et de percevoir ;
30 Le pouvoir de juger et de raisonner. Tous ces pouvoirs étaient en elle indivisibles, car l'Ame était une substance essentiellement une et simple.
Par des travaux conduits avec la plus rigoureuse méthode, laphysiologie a démontré expérimentalement que cette unité simple était une illusion ; que mouvements, sensations, perceptions, jugement et raisonnement, étaient localisés dans des centres spéciaux, à la fois autonomes et solidaires; autonomes, parleur activité propre ; solidaires, par leurs étroites relations les uns avec les autres