‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 129 sur 170 · LOCALISATION DES SENSATIONS · texte numérisé non relu

LOCALISATION DES SENSATIONS

Les sensations, au point de vue physique du plaisir et de la douleur, ont pour centre la protubérance annulaire fLonget et Vulpian).

Iil° — LOCALISATION DES FACULTÉS INTELLECTUELLES ET MORALES

\" ].' Intelligence pure y faculté de comparer, déjuger, df raisonner, de vouloir (moralité) est localisée dans

la substance grise de l'écorce du cerveau et surtout dans celle des lobes antérieurs ^

2° Les Perceptions des cinq sens sont certainement localisées en des centres généraux, comme le prouvent les faits pathologiques, quoique la topographie de ces centres, chez l'homme, ne soit pas encore déterminée avec précision.

3° Le Langage articulé a un centre moteur qui est le pli sourciller de la troisième frontale gauche.

Tous ces centres sont autonomes, car ils ont chacun une fonction propre ;

Us sont solidaires^ car ils sont tous en relation étroite les uns avec les autres.

Le centre qui hiérarchiquement occupe la première place et remplit la fonction la plus noble est le centre de V Intelligence. Mais sa suppression, lorsqu'elle alieu dans la paralysie générale, la démence, l'idiotie, le crétinisme et l'alcoolisme chronique ou à la suite de blessures, n'entraîne pas la suppression de l'activité fonctionnelle des autres centres. Les mouvements, en effet, continuent d'être suscités et coordonnés par les centres moteurs ; les impressions, d'être transformées en sensations par la protubérance ; les sensations, d'être transformées en perceptions par les centres cérébraux ;

1. VuLPiAN, Leçons sur la Phisiologie, 703. « C'est dans la substance grise des lobes cérébraux que se forment les idées; que se gravent les souvenirs; c'est par son intermédiaire que s'effectuent tant de merveilleuses opérations : l'attention, la réflexion, l'imagination, la conception, le jugement, le raisonnement. C'est encore de la substance grise corticale qu'émanent toutes les voiitions, »

la parole eiitin ne cosse pas d'être réglée par la 3'^ circonvolution frontale gauche.

En général, lorsque la suppression d'un centre quelconque a lieu à la suite de maladies ou de lésions, cette suppression n'entraîne pas nécessairement la suppression de rintelligence ni celle de l'activité fonctionnelle des autres centres.

Il est clair que la suppression d'un centre quelconque, surtout d'un centre philosophiquement élevé, tel que l'est le centre perceptif de la vue ou celui de l'ouïe et a fortiori celui de l'intelligence, modifie profondément la qualité de la fonction générale du cerveau. Mais cette suppression ri*en change pas la nature ni l'essence : la fonction générale a un ou deux éléments composants en moins, voilà tout ; elle reste ce qu'elle était auparavant, à savoir : hB, résultante d'un certain nombre d'activités fonctionnelles particulières, à la fois autonomes et solidaires.

On le voit par ce résumé succinct et condensé : l'unité simple de la fonction générale du cerveau était une apparence, une pure illusion. Il en est de cette unité qui apparaît simple, comme de l'unité de l'eau ^ de l'alcool, etc., laquelle apparaît simple auîc yeux du vulgaire. Mais de môme que le chimiste dissipe cette erreur en dissociant, aux yeux stupéfaits du public ignorant, les éléments hydrogène et oxygène qui composent la résultante qu'on appelle eau, ou les éléments carbone, hydrogène et oxygène qui par leur combinaison donnent la résultante alcool^ de même aussi la maladie, incomparable chimiste, dissocie les fonctions

élémentaires qui par leur association et leur combinaison composent cette admirable résultante qu on^ appelle l'Ame.

Conclusion. — L'Ame est une résultante.

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