LE BULBE EST SENSIBLE ET CONDUCTEUR DE MOUVEMENTS
A. L'excitation des pyramides antérieures produit des mouvements conductifs, et peut-être un peu de douleur.
B. Les pyramides postérieures sont sensibles et excito-motrices.
G. On ne sait rien touchant les olives et les faisceaux latéraux.
D. Le corps restiforme est sensible et excito-moteur.
Gomme les cordons principaux de la moelle s'entrecroisent dans le bulbe, il en résulte que toutes les lésions unilatérales de l'encéphale donnent une paralysie du mouvement et de la sensibilité dans le côté opposé du corps.
11° — LE BULBE EST UN CENTRE d'aCTIONS RÉFLEXES.
i'* Le bulbe renferme un centre réflexe des mouvements de la respiration; ce centre a été appelé par Flourens le nœud vital, parce que sa lésion produit la mort immédiate. Le nœud vital correspond au noyau d'origine réelle du pneumo-gastrique, nerf sensitif des bronches.
La section du nœud vital tue l'animal par cessation de la respiration; ce qui le prouve, c'est qu'on peut entretenir la vie de l'animal en pratiquant la respiration artificielle.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE o7
2" Le bulbe renferme un centre réflexe des mouvements du cœur. Ce centre agit sur le cœur par l'intermédiaire du pneumo-gastrique. Celui-ci, en ciïet, est un nerf modérateur du cœur.
3° Le bulbe renferme le centre réflexe des mouvements de la déglutition. Ce centre agit par Tintermédiaire du nerf glosso-pharyngien et du nerf pnewnogaslrique.
Autant de nerfs moteurs dans le bulbe ^ autant de centres réflexes.
Comme on l'a vu précédemment, le bulbe renferme l'origine de neuf paires de nerfs, à savoir :
1° La 3" paire ou nerf oculaire moteur commun;
2" La 4^ paire ou ner^ pathétique ;
3<^ La S*' paire ou nerf trijumeau;
4° La G'' paire ou nerf moteur oculaire externe;
5° La 7^ paire ou nerf facial;
G** La 9'^ paire ou nQYÎ glosso-pharyngien;
7° La 10° paire ou ner^ pneumo-g as trique;
8° La 11° paire ou nerf spinal;
9° La 12" paire ou nerf hypoglosse.
\\o FONCTIONS DE LA PROTUBÉRANCE
1° — LA PROTUBÉRANCE AGIT COMME CENTRE DE LA LOCOMOTION ET DE LA STATION.
Les expériences suivantes prouvent l'action qu'exerce la protubérance sur la locomotion et la station : 1° Otez à un poisson le cerveau entier, mais laissez
îiS L'AME EST LA FONCTION DU CERVEAU
la protubérance intacte, le poisson nagera comme si son cerveau était intact.
2° Enlevez le cerveau à une grenouille, mais laissez la protubérance intacte, la grenouille restera immobile dans son attitude naturelle ; excitez-la, elle fait un saut (mouvement réflexe), puis elle reprend sa première attitude. Jetez-la dans l'eau, elle nagera jusqu'à ce qu'elle rencontre un obstacle; elle se mettra de nouveau à nager si de nouveau vous la mettez dans l'eau.
3° Enlevez le cerveau à un pigeon, mais laissez la protubérance intacte, le pigeon se tient debout; excitez-le, il fait quelques pas; jetez-le en l'air, il ouvre les ailes, et il exécute les mouvements du vol jusqu'à ce qu'il tombe à terre.
Contre-épreuve. — Détruisez la protubérance sur un animal, l'animal sera incapable de se tenir debout et de faire un mouvement.
Dans les expériences qui précèdent, l'excitation vo^ lontaire normale du cerveau est remplacée par des excitations extérieures, contact de l'eau pour le poisson et la grenouille qui nagent, etc.
Ces expériences prouvent que le cerveau proprement dit n'est pas indispensable dans les mouvements de la locomotion, et que la protubérance est le foyer de cette fonction. On peut appliquer ces données à l'homme. La volonté a une influence sur la locomo* tion, sur la marche, ce n'est pas douteux ; mais l'action du cerveau est faible, et elle n'est pas indispensable; car après la première impulsion donnée par le cerveau, la locomotion se soutient, sans sa participation, par
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE oÔ
un mouvement réflexe que produit le seul contact du sol. C'est ce qui se passe chez l'individu qui réfléchit en marchant et qui finit par oublier même qu'il marche.
II'' — LA PROTUBÉRANCE EST LE CENTRE PERCEPTIF DES IMPRESSIONS SENSITIVES.
La protubérance est le centre perceptif des impressions sensitives. Longet et Vulpian en ont fait le sensorium commun.
Otez le cerveau à un animal, mais laissez-lui la protubérance; puis pincez-lui fortement le nerf trijumeau ou excitez fortement un de ses membres, l'animal poussera des cris plaintifs et prolongés qui indiquent qu'il soufl're.
Détruisez la protubérance, l'animal ne poussera plus de cris plaintifs.
Le cri plaintif ne doit pas être confondu avec le cri sec, unique, court, véritable cri réflexe, que Ton produit en excitant un animal auquel on a enlevé l'encéphale, excepté le bulbe rachidien ^