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LA MOELLE EST UN NERF EXCITABLE

On sait que la moelle est composée de substance grise et de substance blanche ; la substance grise est à Tintérieur; la blanche la recouvre.

1° La substance grise de la moelle est inexcitable) comme l'est la substance grise des autres centrés nerveux. C'est là une loi générale qui ne présente qu'une exception pour les centres moteurs de la substance grise des circonvolutions.

On peut varier les expériences qui prouvent l'inexcitabilité de la substance, sa déchirure, sa cautérisation lorsqu'elle est mise à nu, ne provoquent chez

l'animal aucune réaction, soit au point de vue du mouvement, soit à celui de la sensibilité.

2° Les cordons formés de libres blanches sont tous excitables, et les excitations portées sur eux produisent des phénomènes indiquant que certaines fibres conduisent la sensibilité aux centres nerveux (fibres centripètes), etque d'autres sont conductrices de l'incitation des mouvements volontaires (fibres centrifuges.)

ir — LA MOELLE CONDUIT LES IMPRESSIONS SENSITIYES

Lorsqu'on divise la moelle complètement en travers, l'animal devient absolument insensible aux excitations des parties animées par les nerfs qui naissent au-dessous de la division. La moelle est donc un organe conducteur des impressions sensitives.

A. Quelles sont les parties de la moelle qui conduisent les impressions sensitives ?

1° La substance grise est le grand conducteur de la sensibilité.

2° Les cordons postérieurs et les fibres postérieures des cordons latéraux conduisent aussi les impressions sensitives. Mais comme ces fibres mettent en communication deux régions de la substance grise et qu'en définitive ils se perdent dans la substance grise, il s'ensuit que toute excitation de ces fibres, pour arriver au cerveau, doit traverser la substance grise de la moelle. Celle-ci reste donc le grand conducteur de la sensibilité.

B. Comment se propage la sensibilité?

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ol

Il e^ît probable qiio rexcitatiou des fibres sensitives des nerfs rachidiens ou des fibres sensitives des cordons de la moelle met en jeu l'activité des cellules nerveuses, et que cette excitation se propage de bas en haut, de cellule en cellule. Faites une demi-section de la moelle, l'animal conservera la sensibilité audessous et des deux côtés. Faites une demi-section à droite, puis plus haut une demi-section à gauche, de manière à dépasser chaque fois le sillon médian, vous êtes certain d'avoir divisé toute la substance grise à deux hauteurs différentes; cependant l'animal conserve la sensibilité pourvu qu'il n'y ait pas solution de condîiuité dans la substance grise.

Ul" — LA MOELLE CONDUIT LES INCITATIONS DES MOUVEMENTS VOLONTAIRES

Lorsqu'on coupe transversalement la moelle en deux, l'animal ne peut exécuter aucun mouvement volontaire dans les muscles situés au-dessous de la section. La moelle transmet donc les ordres du cerveau aux racines antérieures des nerfs rachidiens.

Les parties de la moelle qui jouent le rôle conducteur des mouvements volontaires sont :

1" Les cordons antérieurs;

2'' Les trois quarts antérieurs des cordons latéraux.

Il suit de là qu'au point de vue du rôle fonctionnel, les fibres de la substance blanche de la moelle se classent de la manière suivante :

o2 L'AME EST LA FONCTION DU CERVEAU

1'' J.es cordons antérieurs sont composés de fibres centrifuges (motrices volontaires) ;

2° Les cordons postéineurs sont composés de fibfes centripètes (sensitives), qui établissent des communications longitudinales entre les diverses régions de la substance grise ;

3° Les cordons latéraux sont formés en grande partie de fibres ce/î^r2*/w^es (motrices volontaires), en partie de fibres centripètes (sensitives).

n° — LA MOELLE EST UN CENTRE NERVEUX SPÉCIAL QUI,, SANS LE SECOURS DU CERVEAU, PRÉSIDE A UN GRANDD NOMBRE DE MOUVEMENTS RÉFLEXES.

Les mouvements volontaires sont ceux qui exigenti l'intégrité du cerveau. Il existe une autre catégorie dee mouvements à la production desquels la volonté ne participe nullement. Ces mouvements involontaires sont appelés mouvements réflexes. Les mouvements réflexes typiques sont ceux qu'on provoque dans let membres des animaux décapités.

1° Mouvements réflexes typiques. — Décapitez une grenouille ou tout autre animal ; puis excitez l'ex trémité d'un membre, vous verrez se produire dan; ce même membre un mouvement proportionné ai degré de l'excitation. Si l'excitation est forte, le; mouvements se manifestent dans les deux membre: symétriques. Si elle est énergique, les quatre mem bres sont mis en mouvement. Comme l'animal es

anatomil: kt PHYSiOLoniE :\)

privé de cerveau, il faut bien admettre que la moelle est le centre producteur de ces mouvements.

Ce qui prouve bien que la moelle est le lieu où les excitations centripètes se transforment en excitations centrifuges, c'est que les mouvements réflexes ne se produisent plus si l'on détruit la moelle dans les points où s'insèrent les nerfs sensitifs de la région qu'on excite.

11° Conditions de la production d'un mouvement RÉFLEXE. — Pour qu'uii mouvement réflexe se produise, il faut :

1° Un point impressionable, le plus souvent la peau ou une muqueuse;

2° Un nerf centripète^ sensitif ou sensorial, qui mette en relation le point impressionné avec la moelle :

3° Un réseau de cellules^ qui transmette l'excitation à un nerf moteur ;

4° Un nerf moteur^ qui conduise cette excitation aux muscles ;

o° Un ou plusieurs muscles, qui entrent en contraction sous l'influence de l'excitation

On donne le nom d'excito-motrice à cette propriété que possède la moelle de produire des mouvements réflexes, lorsqu'elle est excitée.

Certaines impressions qui produisent des mouvements réflexes sont parfaitement perçues; en voici plusieurs exemples :

A. La pupille se contracte à la lumière (sensation perçue) ;

Si- L'AME EST LA FONCTION DU CERVEAU

B. La toux est produite par la sensation d'un corps étranger dans les voies respiratoires ;

C. L'éternuement succède à une irritation de la muqueuse pituitaire.

Malgré ces exceptions, on peut dire que la plupart des actes réflexes se manifestent à la suite de mouvements dont le cerveau n'a pas conscience.

Parmi les mouvements réflexes les plus, communs, on peut citer les mouvements involontaires produits par le chatouillement de la plante des pieds et des côtes; par la toux, l'éternuement et le vomissement; une violente douleur fait pâlir la face en produisant la contraction réflexe des fibres musculaires des artérioles; le froid produit la chair de poule; la chair de poule est la saillie des bulbes pileux sous l'influence des faisceaux musculaires qui y sont annexés. t

IIlo Intensité de l'excitabilité réflexe de la MOELLE. — Certaines causes augmentent l'excitabilité réflexe de la moelle ; certaines autres la diminuent.

A. La section même de la moelle augmente son pouvoir excito -moteur au-dessous de la section.

Certains poisons, la strychnine par exemple, augmentent considérablement l'excitabilité réflexe de la moelle.

B. Les excitations prolongées des racines des nerfs rachidiens diminuent l'excitabilité réflexe de la moelle.

Il en est de même dans quelques cas de commotions violentes et de chocs sur la tête et la colonne vertébrale.

Les anesthésiques l'abolissent momentanément.

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IV Durée de l'excitakilité réflexe de la moelle

APRÈS LA MORT BRUSQUE DE l'iIOMME. — Los mOUYG-

inents réflexes de la moelle persistent environ une heure chez un homme décapité.

Chez les mammifères adultes, ils ne durent pas au- (h^là de quelques minutes; mais chez leurs petits, au moment de leur naissance, ils persistent pendant un quart dheni'o.

Y° Action réflexe permanente de la moelle ou TONICITÉ des muscles. — La tonicité musculaire est sous la dépendance de la moelle. Les muscles noncontractés sont constamment dans un état de demitension, comme des ressorts tendus ; ce qui fait que leur section, sur le vivant, est suivie d'un retrait considérable des deux bouts du muscle. Cette demi-tension, qui n'est pas la contraction, est nommée tonus musculaire ou tonicité. C'est un acte réflexe qu'on fait disparaître en détruisant la moelle ou les racines des nerfs rachidiens.

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