CHAPITRE VI
l'unité du moi est une résultante
Exemples empruntés à la physique et à la chimie, les-* quels montrent : 1° Comment certaines unités résultantes ont été longtemps cousidérées comme étant des unités simples; 2° comment les modificatioDS que subissent les unités chimiques ont les plus saisissantes analogies avec les rbodifications que subit l'unité du moi. 357
1° Constitution élémentaire du moi: 1° Groupe des faits sensibles; 2° groupe des faits intellectuels; 3» groupe des faits moraux 360
II» Importance comparative de chacun des éléments au point de vue de l'essence du moi; ils se classent ainsi : 1° les faits sensibles; 2° les faits intellectuels; 3* les faits moraux 361
111° Ce qui distingue le moi d'un homme du moi d'un autre homme, ou ce qui est le caractère distinctif de la personnalité, c'est la manière propre dont chaque homme sent, juge et veut 365
IV° La pénétration réciproque et la combinaison mutuelle des sensations, des sentiments, des connaissances, des jugements et des volitions, font de l'unité du moi, non pas une unité collective, mais une résultante. - Preuves tirées : 1» de l'influence de l'éducation sur moi; 2° de rinfluence des passions sur le moi; 3° de l'entrée successive d'éléments nouveaux dans le moi durant le jeune âge ; 4° de la disparition successive des éléments composants du moi durant la vieillesse. Résumé. . . . 371
V° L'homme n'est jamais, à aucun moment de sa durée, identique à lui-même: 1° Le corps entier est en état continu de rénovation; 2° les organes et les fonctions sont soumis à la triple loi de la croissance, du maximum de vigueur, puis de la décroissance; 3" les évolutions des molécules de l'organe cérébral entraînent
les évolulions des sensations, des sentiments, des jugements, des volitious, c'est-à-dire de la fonction psychique; or, le Moi, c'est l'âme en tant qu'elle a conscience d'elle-même; il s'ensuit que la résultante actuelle ou Moi évolue sans trêve en une suite de jésultantes modifiées 378
VI» Ce qu'on appelle vulgairement le sentiment de l'identité personnelle est chez chaque individu : 1» Ait point de vue du corps entier, le témoignage de la mémoire attestant que l'état présent du corps se rattache à des états antérieurs par une suite ininterrompue d'états intermédiaires, dont elle a gardé le souvenir; 2° Au point de vue de la fonction particulière appelée Ame, le témoignage de la mémoire attestant que le moi présent se rattache à des états antérieurs de l'âme par une suite ininterrompue d'états intermédiaires dont elle a gardé le souvenir 381
VU" A travers l'évolution continue qui se fait de la naissance à la mort : 1° Ce qui persiste le plus dans le corps, c'est le type figuré; 2° ce qui persiste le plus dans la fonction particulière appelée Ame, c'est le type moral ou caractère. — Preuves de ces deux faits tirées de l'évolution des molécules corporelles et de l'évolution de l'âme durant le cours de la vie, de l'enfance à la vieillesse. — Le plus important des deux types, au point de vue de l'identité personnelle, est le type corporel. Il serait utile de consacrer le nom d'identité personnelle au type corporel, et de réserver à l'identité particulière du type moral ou caractère le nom d'identité du moi. 382
VU!" De l'analyse du moi ainsi que de la définition de l'identité personnelle et de l'identité du Moi, il résulte qu'un même individu peut avoir à la fois conscience de son identité* personnelle (un seul type corporel) et conscience de l'alternance en lui de deux Moi distincts (deux types moraux). Ces déductions sont confirmées par les faits; entre autres, par l'histoire de Rl"« R. L., et par celle de Félida X 387
IX» Histoire de ilf"« R. L. recueillie par le docteur Dufay : 1" Description de la première forme de l'accès hystérique; 2' Description de la deuxième forme de l'riccès hystérique. Alternance de deux Moi dans le même corps ; le Moi normal ignore le Moi hystérique.
ses actes et ses pensées; le Moi hystérique connaît très nettement le Moi normal, ses actes et même ses pensées intimes; le Moi hystérique est de beaucoup supérieur au Moi normal, au point de vue de l'intelligence et du fonctionnement des cinq sens; il a même du dédain pour le Moi normal. . 391
X° Dans l'hypothèse spiritualiste d'un Moi, substance spirituelle, une et simple, logée dans le cerveau, tous les faits concernant M''« R. L. sont inexplicables et incompréhensibles 397
XI" Dans l'hypothèse physiologique d'un Moi, simple résultante des modifications du cerveau, tous les faits concernant M"" R. L. se comprennent et s'expliquent. 399
XII" Histoire de Félida, recueillie par le docteur Azam : 1' Caractère de Félida dans l'état naturel ou état premier; 2" description de la crise qui fait passer Félida de l'état premier à l'état second ou état hystérique; 3" caractère de Félida dans l'état second; tableau comparatif du Moi de l'état premier et du Moi de l'état second : les deux Moi sont diamétralement opposés; 4» forme et genre de l'amnésie de Félida dans l'état premier: deux exemples remarquables; 5» marche de la duré respective de l'état premier et de l'état second chez Félida; 6° influence funeste produite sur l'esprit de Félida par l'amnésie qu'amènent les retours de l'état premier; T les f;iits concernant Félida se classent en quatre groupes principaux. » p . 401
XIII" Dans l'hypothèse spiritualiste d'un Moi, substance spirituelle, une et simple, les quatre groupes de faits concernant la vie de Félida sont inexplicables et incompréhensibles 411
XIV Dans l'hypothèse physiologique d'un Moi, simple résultante des modifications nerveuses, les quatro groupes de faits se comprennent et s'expliquent. — Résumé général 413