Pathologie expérimentale, 427; voir aussi
I. Méthode de vivisection. — A. L'ablation ou la >ection d'un organe : sublatà causa.
On observe quelle est la fonction supprimée.
B. Ses lésions.: variante causa.
On observe quelles pcrturl)ations sont produites dans les fonctions.
Lorsque la guérison se fait, au variante causa s'ajoute le redinlegratâ causa ou rétablissement de la cause et de la fonction : c'est une contre-épreuve.
Lorsque la mort suit la lésion, au variante causa s'ajoute le sublatd causa ou suppression de la cause et de la fonction : c'est une autre contre-épreuve.
IL Méthode des poisons. — Les poisons opèrent la séparation des fonctions avec une précision à laquelle n'atteindraient ni les sections ni les lésions.
Bien entendu, les expériences de séparation faites avec les poisons sont astreintes rigoureusement aux trois règles de la Méthode expérimentale.
IIL Méthode électrique. — On a vu précédemment que le froid et la chaleur peuvent devenir des procédés de séparation, comme le sont les poisons spéciaux. Claude Bernard a su employer Télectricité au même usage. Il a reconnu qu'il faut une quantité d'électricité plus considérable :
1» Pour faire contracter directement un muscle que pour l'exciter par l'intermédiaire d'un nerf. L'irritabilité musculaire et l'excitabilité nerveuse sont donc deux choses distinctes;
2° Pour exciter un nerf sensitif que pour exciter un nerf moteur ;
122 i/ame est la fonction du cerveau
3° Pour exciter un nerf moteur de la vie animale que pour exciter un nerf moteur de la vie végétative*.
En multipliant les moyens d'analyse, le génie des physiologistes ouvre des voies nouvelles pour atteindre sûrement la vérité.
IV. Pathologie naturelle; Maladies, lésions accidentelles. — A. Les maladies sont des expériences précieuses qui, loin d'être inférieures en valeur physiologique aux expériences faites intentionnellement par la main de l'homme, leur sont souvent très supérieures; car la cause inconnue, qu'on a Thabitude de décorer du nom de Nature ou de hasard, établit l'expérience avec une délicatesse et donne aux manifestations pathologiques une originalité que le brutal scalpel du physiologiste est impuissant à produire.
B. Les lésions accidentelles, chutes, blessures, si fréquentes et si variées dans les batailles, sont pour le physiologiste un champ d'expériences toutes faites, aussi variées que l'imagination peut le désirer.
Il est permis de dire que la pathologie (maladies, lésions accidentelles) constitue une quatrième méthode opératoire, égale, sinon supérieure aux trois autres.
C'est à l'aide de ces quatre genres de procédés opératoires qu'en appliquant avec rigueur les règles de la méthode expérimentale, le physiologiste est parvenu à discerner les fonctions de chaque organe. 11 s'en faut beaucoup que l'édifice scientifique soit achevé; mais ce que l'on sait, on le doit aux règles