‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 70 sur 170 · Cl, Biil'-MAhD, Scbmce «expérimentale^ 'M · texte numérisé non relu

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mie des sciences de Munich, avait enlevé les deux hémisphères. Larédintégration s'est faite au bout de cinq mois; le pigeon était revenu à son état normal. « Las d'observer ce pigeon plus longtemps, dit M. Voit dans une communication cà TAcadémie, je le sacrifiai au bout de cinq mois. Lorsque j'eus ouvert le crâne suivant la suture sagittale, je trouvai une masse blanche à l'endroit où j'avais enlevé le cerveau. Chez les pigeons que j'avais opérés antérieurement, cet espace était rempli d'un exsudât devenu fd^reux ou d'un liquide séreux, ou bien enfin, le cervelet était passé en avant et la voûte du crâne s'était déprimée. Ici les choses étaient toutes différentes. La masse blanche avait complètement Yaspect et la consistance de la substance blanche du cerveau; elle présentait une fusion continue et insensible avec les pédoncules cérébraux, les-

. quels n'avaient pas été enlevés. Cette même masse blanche présentait la forme de deux hémisphères, dans chacun desquels on voyait une petite cavité rem-

I plie d'un liquide, et entre eux se trouvait un septum.

■^ Mais ce qu'il y eut de plus remarquable, c'est que

la mas^e tout entière consistait en fibres primitives

parfaites, à double contour, et qu'on y trouvait aussi

) dans sa trame, des cellules ganglionnaires manifestes,

; ce dont a pu se convaincre également M. le docteur KoUmann. Ce cas est le premier qui ait présenté une

■ régénération de la masse cérébrale avec rétablissement de son activité; car je ne puis interpréter que

i de cette manière la guérison si surprenante de cet animal, tellement complète qu'il n'était guère pos-

sible de le distinguer d'un autre à l'état normal ^ w

G. Lésions des hémisphères cérébraux suivies de gué- 7'ison. — a Je mis à nu, dit Flourens, les deux lobes cérébraux à la fois sur une forte poule. Je fendis ensuite le droit en travers et le gauche en long; mais tous deux également dans toute leur étendue, dans toute leur profondeur, et tous deux également dans la région moyenne.

L'animal éprouva sur-le-champ les mêmes phénomènes que s'il eût été totalement privé de ses deux lobes, c'est-à-dire qu'il perdit aussitôt toute perception et toute faculté intellectuelle.

Durant les six premiers jours, il n'entendait, ni ne voyait, ni ne donnait aucun signe de volition. Presque toujours endormi ou assoupi, il ne bougeait qu'autant qu'on l'irritait. Les deux lobes étaient très tuméfiés.

Le septième jour, l'animal commençait à aller et venir de lui-même; il entendait déjà, quoique faiblement; il voyait un peu de l'œil droit c'est-à-dire de l'œil opposé au lobe fendu longitudinalement, mais il ne voyait point du gauche. La tuméfaction des lobes ^ avait diminué beaucoup.

Le huitième jour, la poule reprend l'usage de se sens et de ses facultés, avec une rapidité étonnante ; J elle entend déjà très bien; elle voit très bien de l'œil droit, mais non du gauche; elle marche beaucoup, est moins souvent et moins longtemps endormie : jus-j

1. Voit, Revue des Cours scientifiques, 1869, 20 mars, n» K!, page 256.

CONDITIONS VITALES DU r.KRVEAU {r^

qu'ici il avait fallu la nourrir, maintenant elle commence à chercher sa vie ; elle becqueté et boit. La tuméfaction des lobes est dissipée.

Le douzième jour, la poule a repris tous ses sens et toutes ses facultés, hors la vue de l'œil gauche.

Le cinquantième jour, la poule ne difjèreeni'ien d'une poule qui n aurait subi aucune opé7'atlon. Une seule chose lui manque toujours, c'est la vue de l'œil gauche; vue, qu'elle n'a jamais recouvrée, bien qu'elle ait survécu plus de six mois à l'opération ' . »

Il est impossible d'imaginer une application plus exacte, plus nette, et plus décisive de la 3® règle de la méthode expérimentale: Variante cauaâ, variatur effectus; les perturbations de l'organe et son retour graduel à l'état normal.

Le chapitre YIII des Recherches expérimentales de Flourens, renferme un assez grand nombre d'expériences qui reproduisent les phénomènes de perturbations et de rédintégration presque identiques à ceux de l'exemple précédent. Voici une expérience où l'évolution des phénomènes est exposée brièvement :

« Sur un jeune coq, je fendis longitudinalement et d'un bout à l'autre les deux lobes cérébraux.

Tout aussitôt ces deux lobes se tuméfièrent énormément, et l'animal perdit toutes ses facultés intellectuelles et perceptives.

Puis la tuméfaction se dissipa peu à peu ; l'animal reprit peu à peu toutes les facultés qu'il avait perdues :

\. Flourf.ns. Bec/ier^fies, 104.

au bout de sept à huit jours, il les eut toutes reprises *. »

Nous trouverons au chapitre consacré à la pathologie cérébrale, les mêmes effets produits chez l'homme par les maladies ou parles lésions accidentelles, au lieu de l'être par la main de l'homme lui-même.

D. Distinction entre la volonté de se mouvoir, qui est une fonction du cerveau^ et le mécanisme de la marche^ lequel est une fonction d'autres organes de l encéphale. — Dans un paragraphe ci-dessus, Flourensa dit : « Par la volonté, l'animal est maître absolu de se mouvoir ou de rester en repos, mais le mécanisme de la marche n'est pas sous la dépendance des lobes cérébraux ; il appartient à d'autres organes. » Au point de vue de la séparation exacte des fonctions et de la détermination des fonctions exclusives de chaque organe, il est utile de citer les expériences suivantes; elles ont été faites primitivement par Magendie et par Flourens, puis répétées par tous les physiologistes vivisecteurs.

1° Recul. — Lorsqu'on pique les pédoncules cérébelleux postéineurs d'un animal, l'animal se meut; mais il est contraint de se mouvoir en arrière, de reculer; le seul mouvement devenu possible est le recul.

2° Progression. — Lorsqu'on pique les pédoncules cérébraux d'un animal au point où les corps striés leur adhèrent, l'animal s'élance en avant. Le seul mouvement devenu possible, malgré la volonté, est la /9rogi^ession.

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