‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 74 sur 170 · Cl. Behnahu, Science expérimentale y · texte numérisé non relu

Cl. Behnahu, Science expérimentale y

En effet :

1° Gomme les autres organes et leurs fonctions, le cerveau et sa fonction sont subordonnés aux lois de la cu^culation et de l'oxygénation du sang;

2° Gomme les autres organes, le cerveau s'échauffe et s'oxyde lorsqu'il travaille; la chaleur et l'oxydation sont proportionnelles au travail effectué ;

3° Comme chez les autres organes, l'exercice accroît le volume du cerveau, le non-exercice l'atrophie; la loi est la même pour tous .les organes ;

4° Les rapports réciproques entre l'état du cerveau et sa fonction sont les mêmes que les rapports entre l'état des autres organes et leurs fonctions ;

5° Gomme les autres organes et leurs fonctions, le cerveau et sa fonction sont soumis à l'action de la température et selon les mêmes lois ;

6^ Gomme les autres organes, le cerveau, lorsqu'il agit, est en état d'hyperémie ; comme les autres organes, le cerveau, lorsqu'il se repose (sommeil) est en état d'anémie;

7° Enfin on détermine la fonction du cerveau par la même méthode et avec les mêmes procédés qui servent à déterminer la fonction respective des autres organes :

1" Positâ causa, ponitur effectus; étant donné un cerveau, il y a perceptions, jugements, mémoire, instincts, intelligence;

2» Sublalâ causa,, tollitur effectus; lorsqu'on supprime le cerveau, on supprime !e^ perceptions, les jugements, la mémoire, les instincts, l'intelligence.

Contre-épreuve : Redintegratà causa, redintegratur ffectus; lorsque le cerveau est rétabli, il y a rétablissement des perceptions, des jugements, de la mémoire, • les instincts, de Tintelligence ;

S** Variante causa, variatur effectus; lorsque le cerveau est lésé et passe par des phases successives de Tétat morbide à l'état normal, les perceptions, les jugements, la mémoire, les instincts, rintelligence, passent par les mêmes phases d'éclipsé morbide et de retour à l'état normal.

La déduction évidente , nécessaire , de l'examen comparatif ainsi que de l'application des règles de la méthode expérimentale est la suivante : Le cerveau est l'organe dont le fonctionnement produit les perceptions, les jugements, la mémoire, les instincts et l'intelligence.

Or, les perceptions, les jugements, la mémoire, les instincts et l'intelligence sont, dans leur ensemble, la : manifestation extérieure de ce que tout le monde, phi- \ losophes et savants, appellent Vâme.

Donc, lame est la fonction du cerveau.

« Il faut, dit Claude Bernard, renoncer à l'opinion que le cerveau forme une exception dans l'organisme ; qu'il est le substratum de l'intelligence et non son organe. Cette idée est non seulement une conception surannée, mais c'est une conception anti-scientitique, nuisUjle aux progrès de la physiologie et de la psychologie. Comment comprendre, en effet, qu'un appareil quelconque du domaine de la nature brute ou vivante puisse être le siège d'un phénomène sans en I. H

être l'instrument? On est évidemment influencé par des idées préconçues dans la question des fonctions du cerveau, et on en combat la solution par des arguments de tendance. Les uns ne veulent pas admettre que le cerveau soit l'organe de l'intelligence, parce qu'ils craignent d'être engagés par cette concession dans des doctrines matérialistes; les autres, au contraire, se hâtent de placer arbitrairement l'intelligence dans une cellule nerveuse, ronde ou fusiforme, pour qu'on ne les taxe pas de spiritualisme.

« Quant à nous, nous ne nous préoccupons pas de ces craintes. La physiologie nous montre que, sauf la diff'érence et la complexité plus grande des phénomènes, le cerveau est l'organe de l'intelligence au même titre que le cœur est l'organe de la circulation, que le larynx est l'organe delà voix. Nous découvrons partout une liaison nécessaire entre les organes et leurs fonctions; c'est là un principe général auquel aucun organe du corps ne saurait se soustraire.

« La physiologie doit donc, à l'exemple des sciences plus avancées, se dégager des entraves philosophiques qui gêneraient sa marche ; sa mission est de rechercher la vérité avec calme et conflance; son but, de l'établir d'une manière impérissable sans avoir jamais à redouter la forme sous laquelle elle peut lui apparaître ' . »

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