‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 85 sur 170 · DAGONn · texte numérisé non relu

DAGONn

LA PATHOLOGIE CÉRÉRRALE ET L'AME i9l

nomination de démence toutes les variétés de folie : on se sert de celte désii;*nation comme synonyme d'aliénation mentale; c'est une confusion regrettable. En effet, les autres formes de la folie autres que la paralysie générale sont guérissables : la démence ne Test pas. « La démence, dit Guislain, suit une marche croissante pendant laquelle on voit la dégradation des facultés intellectuelles s'opérer insensiblement jusqu'à ce qu'enfin le malade tombe dans un anéantissement moral plus ou moins complet ; l'intelligence s'use d'abord, puis l'instinct; l'homme ainsi réduit finit par n'être plus qu'un estomac*. »

6° V Hallucination. — L'Hallucination est la perception fictive d'un objet sans qu'aucun agent extérieur n'ait agi matériellement sur les sens de l'halluciné.

Voir courir des rats sur un mur, lorsqu'il n'y a pas de rats sur le mur, est une hallucination de la vue ; elle est fréquente chez les ivrognes.

T V Illusion. — L'Illusion diffère de l'hallucination en ce qu'elle nécessite toujours une impression réelle, modifiée ensuite par la réaction d'un cerveau en délire. C'est une impression vraie perçue d'une manière vicieuse.

Exemple historique i-Théodoric, roi des Visigoths, poursuivi par ses remords, prit pour la tête du sénateur Symmaque la tète d'un poisson servi sur sa table.

Une loueuse de chaises d'une église de Paris, nJ-

i . DA005ET, page !i?)8é

teinte d'une péritonite chronique, attribuait les douleurs qu'elle ressentait dans la région abdominale à la tenue d'un concile; elle prétendait sentir parfaitement les évêques marcher et gesticuler dans son ventre K

8° Infirmités : l Idiotie. — L'idiotie, mot substitué à idiotisme par Esquirol, désigne l'arrêt de développement de l'intelligence lié à un vice congénital ou accidentel du cerveau. L'idiotie diffère donc radicalement de la folie; ce n'est pas une maladie, c'est une infirmité.

A. Les idiots complets sont ceux qui présentent le plus haut degré d'abrutissement et sont réduits à l'automatisme. Etres inertes, dénués de sensibilité, sans idées morales, ils sont dépourvus même de l'instinct de la bête. Le regard est hébété et sans expression; ils n'ont ni goût ni odorat; ils ne savent pas manger seuls; il faut qu'on porte leurs aliments jusque dans la bouche et dans l'arrière-gorge pour provoquer la déglutition ^ D'autres mangent avec moins de difficulté, mais avalent indistinctement tous les objets qui se trouvent à leur portée, de la terre, des cailloux, du linge, des matières fécales.

B. Les idiots du deuxième degré ne possèdent guère que des instincts; les facultés de comparer, de juger, de raisonner, sont à peu près nulles.

G. Les imbéciles sont ceux qui possèdent des in-

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