Dagunet
2" Le trouble ou mt^mc la destrnclîon totale de Vin telligence et de la îuoralité.
Tel est, à grands traits, le tableau général du méca nisme et des effets de l'Aliénation mentale.
§ III" Causes Générales de l'Aliénation mentale. — Les causes de l'Aliénation mentale se divisent en deux classes :
P Causes morales. — 1° Passions tristes;
2° Passions religieuses et politiques ;
3° Abus des travaux intellectuels.
Il" Causes physiques. — 1*" Mauvaise hygiène, maladies, cachexie ;
2° Accidents, lésions, blessures, etc. ;
3° Empoisonnements, alcool, opium, haschisch, etc.
IIP QUELLE QUE SOIT LA CAUSE DE L'aLIÉNATION MEN- ' TALE, LE MÉCANISME DE l'aLIÉNATION EST TOUJOURS
! PHYSIQUE. — Quel que soit le point de départ, causes morales ou causes physiques, c'est toujours et invariablement un mécanisme physique qui désorganise la substance cérébrale et par suite la fonction psychique. Pour une cause physique, la chose est évidente ; pour une cause morale, le fait n'en est pas moins certain.
.En effet, toute cause morale, peine, chagrin* passion. travail intellectuel, amène une hyperémie ; la persistance de la cause morale rend persistante Thyperémie ; avec celle-ci apparaissent les exsudats séreux, les hémorragies et leur inévitable cortège de désordres ;
i les désordres de la substance cérébrale entraînent fata-
> lement les désordres de la fonction psychique, amné-
sies, hallucinations, délire, manie, clémence. Il est certain que l'altération de l'âme a, dans ce cas, pour point de départ, une cause morale ; mais il n'est pas moins évident que les altérations psychiques apparaissent uniquement alors qu'il y a désorganisation matérielle delà substance cérébrale, c'est-à-dire qu'elles sont l'œuvre d'un mécanisme physique.
Si les causes morales, chagrin, passion, abus du travail intellecluel, n'amenaient pas une fluxion sanguine persistante ; ou bien encore, si la fluxion persistante ou soudaine n'était pas assez forte pour user, rompre ou enflammer les parois vasculaires ; en un mot, si la substance cérébrale n'est pas lésée par un mécanisme physique, les fonctions psychiques resteront inaltérées : il n'y aura ni amnésies, ni hallucinations, ni manie, ni démence.
I IV" Anatomie pathologique et thérapeutique.
' — P Hallucinations et illusions. — Le pronostic * des hallucinations dépend surtout des conditions pathologiques au milieu desquelles elles se développent. Liées à un état fébrile, à quelque afl'ection inflammatoire, ou à une intoxication, elles ont peu de gravité ; sauf quelques cas exceptionnels, elles disparaissent avec la cause qui leur a donné naissance. Nicolaï, membre de l'Académie de Berlin, qui était
1. LiT.iRK et RoHiN, t)icti07tnaire de médecine. Le pronostic est le jugement que porte le médecin sur les changements qui doivent survenir pendant le cours d'une maladie, sur sa durée et sa terminaison*
<iijet à des congestion? sanguines, négligea de se fAire -aigner : il se vit assailli de fantômes. Une application i!o sangsues fit disparaître les hallucinations '.
Guislain rapporte l'histoire d'une personne qui, ' haque fois qu'elle était constipée, avait des hallucinations auditives et visuelles; un purgatif, en faisant cesser la constipation, supprimait les hallucinations ^
Dans la manie, dans la mélancolie, le pronostic des hallucinations n'est pas autre que celui de la maladie première. 11 ne faut jamais oublier qu'au point de vue des actes qui peuvent en résulter, les hallucinations fiont une des formes les plus graves de la folie ; que le suicide, l'homicide, l'incendie, les mouvements de violence instantanés, font des hallucinés la catégorie d'aliénés la plus dangereuse de toutes ^
lEtskt anatomique de l'encépliale. — À la suite de violents chagrins, une femme tomba en proie à des hallucinations, mais surtout à des illusions. (( Placée dans mon service à la Salpétrière, dit M. Luys, elle a été pendant près de dix-huit mois soumise à mon observation, et j'ai pu suivre ainsi les troubles divers par lesquels elle a passé. A l'autopsie, je trouvai la couche optique fortement congestionnée. Il y avait à gauche, dans la portion centrale, deux anciens foyers hémorragiques, dont la coloration brunâtre attestait l'ancienneté.Dans les régions sous-méningées, les circonvolutions frontales présentaient une coloration jaune,
i. Dagonkï, 99.