‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 18 sur 46 · DIEU ET LA NATURE · texte numérisé non relu

DIEU ET LA NATURE

La hine sur les flots pâlissants se balance....

Mais que vois-je ! une larme a coulé sur ton sein !. . .

Courage , ô mon ami ! tou âme existe encore ,

Elle parle et se trouble, elle invoque, elle implore; Laisse-la savourer l’espoir délicieux D’arracher au néant un exilé des cieux.

•Filin i8a8.

DESIR

Je cherche uu bien inconnu dont le vague instinct me poursuit.

Chatëacb&iano, René.

DÉSIR

Objet chéri, vaine et douce chimère , Phare incertain vacillant dans la nuit; Toi , que j’ignore, et dont l’âme sincère Doit arrêter le bonheur qui me fuit ! •

DESIR

Ah ! le bonheur T... je m’abuse peut-être ; Oui, je m'abuse, il n’est plus ici-bas!...

Mais ce repos, qu’on appelle bien-être, Dernière fleur qui naquit sous ses pas,

Va-t-elle épandre un parfum salutaire?...

Dis-moi, bercé d’un souffle printanier.

Vais-je, penché sur l’urne funéraire ,

La couronner de myrte et de laurier?...

Seule au gazon , la rose épanouie Aux feux deté pâlit loin des ruisseaux;

Seul trop long-temps!... Quelle tige chérie M’abritera sous ses riants rameaux?...

Croissons ensemble, et balançons nos cimes; Aux noirs autans plions toujours unis,

Et suspendus sur le flanc des abîmes,

Laissons, flotter nos festons embellis.

Le chêne antique, au séjour du tonnerre Ose élever un front audacieux ;

Qu’est-il pourtant* 1 -.., un fils de la poussière ; Et notre germe , à nous,- est dans, les cieux!

Nourrissons-nous d’amour et d’espérance .

Me recevons que de chastes désirs;

Laissons glisser la barque. en assurance...

Endormons-nous sur la foi des aéphirs l. . .-

Mais sur les monts , quelles vapeurs funèbres ' Tombent soudain !... Adieu , trompeurs appas Seul , je me trouve entouré de ténèbres ,

Et nulle main ne vient guider mes pas !..

Flambeau des nuits , j’invoque ta lumière !

Dans ce moment, écoute et réponds-moi; Est-il un cœur isolé sur la terre Dont les soupirs montent aussi vers toi?

Dans son désert si sa pensée est pure Comme un rayon qui tombe de ton sein ;

S’il a senti l’âme de sa nature;

Si dans sa tombe il voit un jour serein ;

IOH

DÉSIR

S’il a du monde effacé sur sa rive L’écume impure et les tristes lambeaux ;

S’il sait qu’ici la vie est fugitive ,

Viens l’éraôuvoir de sentiments nouveaux !. . .

Qu’il craigne -aussi le retour de l’aurore; • - -

Qu’il aime aussi le silence des bois ;

Et que l’écho, plus doux et plus sonore ,

En un seul cri confonde nos deux voix!

Juin 1828.

ABANDON A LA PROVIDENCE

Que cherchez-vous autour d repos.

ABANDON A LA PROVIDENCE

Assez de (lots amers ont battu mon rivage ,■ Le ciel assez long-temps obscurcit l’horizon ; Sur une onde limpide, ô feuille du vallon.!

Tombe et glisse sans bruit étrangère à l’orage.

ABANDON A LA PROVIDENCE

Que sert rPappesantir le fardeau de nos jours?

Pour les biens ou les maux la prévoyance est vaine ; L’homme se plaint , se trouble , et sa vie incertaine De ses flots agités va terminer le cours.

De l’esquif imprudent laisse tomber la rame ;

Pour le sage ici-bas le présent eàt le port.

L’étoile brille au loin... il suffit , et son âme La fixe , et sans trembler sur l’avenir s’endort !

Imitons, imitons le lis de la vallée :

Sa neige , où hrille l’or, agitée au zéphir,

Se penche et se relève, et sa tige isolée IN’a pas tissu le lin qui devait la vêtir.

11 ne moissonne pas, l’oiseau, dans le feuillage,

Il ne connut jamais les soins ambitieux ;

L’haleine du matin peut flétrir son plumage ,

Et pourtant il existe, il chante, il est heureux !

Je ne veux rien prévoir au désert de la vie;

De mes désirs trompeurs étouffant le retour,'

tainDoi » ià jpkbvu>ear.K.

~ tu

. ( Je veux jd >u n nouveau Paul ranimant 1â folie ,

' Ai tendre comme lui mon pain <1© chaque jour.

- , ■ Salut £ soleil brillant dont mon front se colore ; Seul rôtis êtes à moi.i... le reste est, incertain *. ' Ma nuit arec la nuit peut tomber.:, et soudain

.• M'emporter par-delà les sources de banrere.

• - f ‘ - AT . . -

■" Copiez, rayons divins , ruisselez sur les fleurs ; v ■ Leurs trésors en naissant ont besoin de vos flammes ; .

\\ À besoin pour granjdtl célestes afdears. .

Le tâel semble rouler des ondes écutnantés i

Tantôt il laisse errer .stfr une mer d’azur '• .[ :

Les débris dispersés dé ses ondes flottantes. , 7*.

. Qimdie nosTàiWès eœürs-ce fidèle miroir

Reflète tour-à-tour le calme ét les tempêtes ; . ,

»• . . 1 . * • . - . *.■ a.: tl «.A a..! 1

• - .Je' n’espère plus rien, voici l'heure du soit? " ~~Y.IV’ *

- ' ' JuSll 1828.'

, • On croil entendre de toules paru les blés germer dans la tertc, cl '

. j, • le* vjànles «roîlrc. el se développer. De» voix inconnues sélèveut ' ». . dans le silence des bais, comme le chœur des anges champêtres dont - .

•' . ' -on a. imploré le Recoors.

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LES ROGATIONS A LA CAMPAGNE

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