‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 17 sur 46 · DIEU ET LA NATURE · texte numérisé non relu

DIEU ET LA NATURE

Mais dont le vert rameau contraste avec l’image De ses jours usés et flétris.

Si son œil dessillé ne voit dans la nature Et son âme et son créateur,

En vain cherchera-t-il le calme et le bonheur,

La rose est sans parfum et l’onde sans murmure.

Tout est muet pour lui; les plus brûlants désirs Ne prêtent qu’un reflet à cette lampe éteinte;

De vibrer sous ses doigts si sa lyre est contrainte. Elle ne rend que des soupirs.

Que dis-je? Un'concert de louanges S’élève dans les airs sur l’aile des zéphirs ;

C’est leloge deschamps, desmoissons,des vendanges, Des nymphes , des bergers, des champêtres plaisirs.

Ainsi l’homme, toujours amoureux de lui-même Et toujours sous ses sens captivant sa raison , Méprise de ses ans la sévère leçon ,

Et pour changer d’objets son cœur reste le même.

Mais qu’il fait peine à voir l’aveugle du hameau Qui chante sur son luth les merveilles du monde ! Et quel effroi saisit, quand la voix moribonde S’entretient de la vie aux portes du tombeau !

Ah ! de nos bois obscurs si l’écho solitaire Portait à ton oreille un vœu plein de ferveur, Toi, qui, laissant le monde et toute sa misère , Cherches dans la nature un paisible bonheur;

Sous l’athéisme affreux n’étouffe' pas sa vie ,

Tu ferais un désert d’un séjour enchanteur;

Si de tes jeunes ans la vertu fut chérie.

N’entendis-tu jamais une voix dans ton cœur?

Eh bien ! c’est elle ici qui s’émeut et t’appelle ; Écoute.... chasse au loin tout sentiment impur; Vois l’étoile du soir vaciller dans l’azur; Dis-moi... ne sens-tu pas la céleste étincelle!"

Quel encens dans les airs! que le ciel est serein ! Pas un souffle léger — quel calme! quel silence !

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