‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 23 sur 46 · SÎ · texte numérisé non relu

SÎ

nie voix.

Je ne m’étonne plus si sans croire et sans craindre Tu lèves vers le ciel un front plein de lierté ,

Des palmes du néant quand la mort doit le ceindre Il lui sied de rêver à l’immortalité!

Mais si tu sais pourtant que ton âme est de boue, Comment au sein des nuits, épouvanté soudain, >

Te dresses-tu séant, essuyant sur ta joue Une froide sueur qui glaee encor ta main?

Pourquoi pâlit ton front sous un coup de tonnerre?

Ballotté par les flots, que te font leur fureur?

Às-ty donc peur de perdre un souffle , un peu de terre?

Ou serait-ce une voix qui s’agite en ton cœur?

, Voix sonore ou sansbruit, qu’on aimeou qu’on redoute , » Qùi nous laisse toujours ou pires ou meilleurs.

Qui nous parle à mi-mots et sème sur la route De* échos qui devront se réveiller ailleurs.

UNE VOIX

C’est elle qui prépare un baume à nos blessures ^ Comme une douce amie au bord de notre lit,

Elle lave du temps les profondes injures,

Et tu trembles tandis qu’un ange nous sourit.

FéTiicr i8uÿ.

l.'BrERNITÉ.

Si nous voyons toujours tromper nos espérances. Nous pouvons à bon droit accuser le destin ;

Aussi l’accuse-t-on. Une voix unanime S’élève des hameaux, des camps et des cités.

Un jour luit-il plus pur? la douleur l’envenime, Réclamant la rançon de nos prospérités.

Mais quel est le coupable, et d’où naît le désordre? Ame libre en tes fers, souffle sacré de Dieu,

Sous une cendre impure est-il éteint ce feu,

Ce feu qui peut briller, et tout rentre dans l’ordre? Sors de ce tas poudreux qui souille ta splendeur, Élance tes rayons vers ces globes sublimes,

Fille de l'Infini, plane sur les abiraes, ;

Tout être limité n’est pas à ta hauteur;

Puis alors abaissant un regard sur la terre,

TV» pourras contempler la pompeuse misère

Traînant un char orné d’esclaves malheureux;

Tu connaîtras enfin ce que c’est qu 'espérance,

Et tes vaines erreurs se dissipant d’avance.

Tu jouiras du monde en n’aimant que les cieux.

février 1829.

UNE VOIX

' lumière que Dieu donne à l âme au moment de la mort, la lire

<lc «on assoupissement.

- * NiroLLK , Essai de Morale.

■ jSfc *■ -

UNE VOIX

Pourquoi toujôursseplaîre aux tableauxles plus sombres? Dès sa plus tendre aurore est -ce vers le tombeau Que gravite le cœur?... et le séjour des ombres Promet-il à la vie un royaume plus beau?

ONE VOIX

Insensé qui des jours méconnaissant les charmes,

Les laisse se flétrir pour un soleil lointain !

Soleil que l’œil ne voit qu’au travers de ses larmes,

Qui cache ses rayons sous un voile incertain !

Si la vie est une onde, au moins que sur sa rive Notre tremblante main sème et cueille une fleur;

Que notre lèvre ardente, à cette eau fugitive,

Se penche, et goûte aumoins quelque peu de fraîcheur.

Vivre, aimer! vivre encor, jouir! vivre sans cesse !

C’est là le vœu de l’âme — Est-ce bien là le tien,

Homme amoureux du monde, épris de sa sagesse,

Et qui souris d’orgueil à la foi du chrétien?

Nous sommes malheureux, dis-tu ; notre existence

Se traîne dans l’oubli de douleur en douleur;

Souffrants, abandonnés, une folle espérance

Nous berce dans nos maux d’un avenir meilleur.

Eh bien, oui, je le veux : nous souffrons, et les peines Semblent se faire un jeu de s'épuiser sur nous;

USB VOIX

Du banquet des plaisirs les coupes toujours pleines Épanchent pour toi seul le nectar le plus doux.

Et nous n’avons pour nous que le fiel et la lie ! - Courbés d’un poids d’opprobre, amaigris par la faim, A peine, à peine, hélas ! si notre ignominie Sous la table a trouvé quelques miettes de pain !

Et nous nous sommes dit en dévorant nos larmes : Qu’ai-je fait plus que lui pour être moins heureux? Sa vie est un tissu de jours exempts d’alarmes,

Et la mienne est un cours de moments douloureux ! •

Et nous marchons ensemble , et la mort en silence Nous range tous couchés comme en un long sommeil. Peut-êtrenousdormons!..Maisdanslanuitimmense

Dis. qui t’a révélé qu’il n’est plus de réveil?...

On te l’a dit,... tu sais cette énigme profonde?...

Ce cœur qui connut Dieu, qui soumit l’univers,

Qui ne put s’assouvir de tous les biens du monde. Meurt, et gît à jamais dans la terre et les vers !...

isî ' €»e voix . «

Je ne m’étonne plus si sans croire et sans craindre Tu lèves vers le ciel un front plein de fierté.

Des palmes du néant quand la mort doit le ceindre

il lui sied de rêver à l’immortalité!

Mais si tu sais pourtant que ton âme est de houe, Gomment au sein des nuits, épouvanté soudain,

Te dresses-tu séant, essuyant sur ta joue Une froide sueur qui glaee encor ta main?

Pourquoi pâlît ton front sous un coup de tonnerre ? Ballotté par les flots, que te font leur fureur?

As-tn donc peur de perdre un souffle, un peu de terre? Ou serait-ce une voix qui s’agite en ton cœur?

, Voixsonoreousansbruit,qu’onaimeou qu’on redoute, » Qui nous laisse toujours ou pires ou meilleurs.

Qui nous parle à mi-mots et sème sur la route Deè échos qui devront se réveiller ailleurs.

UNE VOIX

C’est elle qui prépare un baume à nos blessures - r Comme une douce amie au bord de notre lit, Elle lave du temps les profondes injures,

Et tu trembles tandis qu’un ange nous sourit.

Février

Du moment où l'homme croit sérieusement à une destinée éternelle ( et s’il n'y croit pas il s’en déclare indigne) , ne doit - il pas romprendre qn’eiceplé ce tpii peut y conduire, le reste est nécessairement petit?

La Harpe.

« Quelle est donc cette voix misanthrope et sévère «Qui, s’élevant du sein de sdn obscurité,

» Mêle aux chants consolants d’une gaîté sincère •«Un ton lugubre et détesté? • •

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