L’ATTENTE
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» Que nous font les faveurs d’uoe terre inconnue ?
» Nous connaissons (lesbiens , nous voulons en jouir ;
» Elle est d’un grand secours l’espéranCe si nue • De l’insensé qui dit,; Anathème au plaisir!
«Si tu veux qu’on t’écoute, accorde enfin ta lyre » A l’unisson de nos concerts joyeux;
» Oublie à nos accents le mode qui t’inspire ,
»Qu’une nouvelle flammé étincelle en tes yeux;
«Sinon, retire-toi, garde au moins le silence. »
Je le garde aussi bien que la mort qui s’avance Et qui se rit de vous. Ce n’est pas le bonheur D’un monde passager que ma muse déroule;
Plus passager encor, comme une onde il s’écoule , i Et né laisse après lui que le fiel et l’horreur.
Vous ne trouverez point l’éloge de vos fêtes ,
Amis, vous vous trompez ; vos couronnes de fleurs Qui coûtent tant de frais , pâliront sur vos têtes Sans que sa froide inain ranime leurs langueurs;
Digiftecd by C^OOgle
L’ATTfcJkTE
Elle n’enflamme point ce vain désir de gloire Qui ne jouit jamais et qui souffre toujours.
Qui rêve de son nom l’éternelle mémoire,
Pafce qu’un faible écho le redit quelques jours.
Elle n’encense pas l’autel de la fortune ,
Dont tout l’or prodigué n’a fait que des ingrats ;
Aux portes des grandeurs, au pouvoir, aux sénats , Elle n’adresse point une plainte importune ;
Si, dans l’ombre et sans bruit, marchant vers l’avenir.
Elle cueille une fleur rêveuse et solitaire,
Elle aspire un parfum qui ne peut la distraire, Parce qu’elle sait bien qu’il va s’évanouir.
Etrangère en tout temps aux passions humaines , Leurs soinsetleurs projets, leurs travaux, leurs efforts C’est le tableau bruyant de ces vagues lointaines Qui viennent en écume expirer sur nos bords.
Et n’attribuez pas à la mélancolie
Ce dégoût des faux biens, ce mépris de la vie
Qui vous paraît injuste à l’âge des plaisirs ;
Les plaisirs n’auront rien de commun avec elle ,
11 est vrai, mais aussi leur caresse cruelle Ne préparera point ses tristes repentirs.